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Dernière modification 20/04/2016

Principe et méthode du double débrayage

Qui n'a pas déjà entendu parler du fameux double débrayage ? Une expression qui rime d'ailleurs souvent avec voiture de collection ou même compétition automobile  ... Essayons de faire le point, dans cet article, sur cette technique et son utilité.
Sachez que connaitre la manière dont fonctionne une boîte de vitesses est ici assez important : voir ici si ce n'est pas le cas.


En quoi consiste la technique ?

Le double débrayage était nécessaire sur les vielles autos qui n'ont pas de bague synchroniseur dans le baladeur de leur boîte de vitesse. En effet, quand on change de rapport, on met en lien un pignon lié au moteur et un autre lié aux roues. Cependant, les vitesses de ces deux là ne sont pas les mêmes quand on change de rapport  ! Du coup, les pignons se lient difficilement et les dents frottent les unes contre les autres : la boîte se met alors à craquer. L'objectif de cette technique, dans le cas des vieilles voitures, consiste à se débrouiller soi-même pour que la vitesse des deux pignons soit la plus proche possible (pour limiter le craquement donc). Voici donc les étapes à suivre lors d'un rétrogradage :


Situation initiale

Je suis à vitesse stabilisée en 5ème, à 3000 t/min. J'appuie donc un peu sur l'accélérateur pour garder mon allure. Notez que sur les schémas, j'indique que la pédale est appuyée lorsqu'elle est en gris clair. En noir il n'y a pas de pression dessus.
Dans cette situation (prenons le cas d'une boîte à deux arbres), le moteur est relié à l'embrayage qui est lui-même relié à l'arbre primaire. L'arbre primaire est alors relié à l'arbre secondaire (sur le rapport voulu, donc par le biais d'un pignon ou d'un autre) par le biais d'un baladeur. L'arbre secondaire est relié de manière permanente aux roues.
Pour résumer nous avons cette chaine : moteur / embrayage / arbre primaire / arbre secondaire/ roues. Tous ces éléments sont liés : si vous ralentissez jusqu'à l'arrêt dans toucher à rien (à part lâcher l'accélérateur) la voiture calera car le moteur ne peut pas tourner à 0 tour/minute (logique ...).

Etape 1 : débrayage

Si on veut baisser d'un rapport, la vitesse du pignon moteur sera alors différente de celui qui est connecté aux roues. La première chose à faire quand on change de vitesse c'est de lâcher l'accélérateur. Ensuite on débraye (le fait d'appuyer sur la pédale d'embrayage) et on se met au point mort au lieu d'enclencher directement le rapport inférieur (comme on le ferait normalement).
Si je cherche à enclencher le rapport à ce moment là je vais avoir beaucoup de mal, car le régime moteur sera bien inférieur à la vitesse des roues. Ce différentiel de vitesse empêche donc les pignons de s'accorder avec facilité ...


Etape 2 : coup de gaz

Je suis toujours au point mort. Pour que le régime moteur s'approche de la vitesse des roues (ou plutôt de l'arbre secondaire de la boîte ...), je vais alors faire monter le moteur en régime en donnant un grand coup de gaz sur l'accélérateur. Le but ici est de lier l'arbre primaire (moteur) à l'arbre secondaire (les roues) via le baladeur avec le plus de délicatesse possible.
En donnant de "l'élan"/de la vitesse à l'arbre primaire, il va se rapprocher de la vitesse de l'arbre secondaire. Attention, si vous donnez le coup de gaz débrayé cela ne sert à rien puisque le moteur n'est alors pu relié à l'arbre primaire (vous donnez alors juste un coup d'accélérateur dans le vide) ...

Etape 3 : passage au bon moment

Je viens de donner le coup de gaz, le moteur se met alors à redescendre en régime (car je ne reste pas appuyé sur la pédale d'accélérateur). Quand le régime (qui descend) correspond à celui de l'arbre secondaire (les roues) je passe ma vitesse sans faire craquer la boîte ! En fait, le rapport aura tendance à rentrer tout seul quand les fréquences de rotation entre arbre primaire et secondaire seront corrélées.


 Etape 4 : tout est fini

Je me retrouve à l'état initial sauf que je suis ici en 4ème vitesse à allure stabilisée. Tout est fini et il faudra refaire la même chose si je veux descendre en 3ème. Les anciennes voitures n'étaient donc pas aussi facile à conduire que les modernes ...

 


 Autres utilités ?

Certains utilisent encore cette technique en compétition automobile pour contrôler de manière plus maitrisée le frein moteur. Notez que les voitures de sport intègre cette fonction avec leur boîte robotisée, en mode sport (on entend alors le coup de gaz lors des rétrogradages).
L'utilisation de cette technique sur une voiture moderne permet aussi de ménager les bagues de synchro dans les baladeurs de la boîte de vitesses.

Si vous avez d'autres éléments à apporter à l'article, n'hésitez surtout pas à utiliser le formulaire en bas de page !

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