La cote des thermique va-t-elle s'effondrer par surprise ?

Dernière modification : 08/09/2026 -  0

Allez, je vais encore me risquer à une petite spéculation, car il est toujours plus amusant d'essayer de voir ce qui peut arriver plutôt que de commenter après coup ce que tout le monde peut déjà constater. Evidemment, je n'ai pas de boule de cristal et seul Dieu sait précisément ce qui nous attend dans cinq ou dix ans... Mais il reste quand même possible de regarder les variables que nous avons sous les yeux et d'essayer de comprendre vers quoi elles peuvent nous emmener. Et justement, quelque chose commence à me titiller concernant la cote des voitures thermiques et électriques.

Comme vous le savez certainement, l'idée dominante actuellement consiste à penser que le thermique est une sorte de valeur refuge alors que l'électrique serait une machine à perdre de l'argent. Achetez une essence ou un diesel et vous dormiriez tranquille, achetez une électrique et vous la retrouveriez deux ans plus tard au prix d'un grille-pain sur Leboncoin... J'exagère à peine la caricature qui circule. Il y a évidemment une part de vérité car certaines électriques ont pris de sacrées déculottées ces dernières années, notamment celles dont les constructeurs ont brutalement baissé les tarifs neufs ou dont les caractéristiques techniques ont vieilli rapidement. Mais il me semble qu'on fait ici une erreur assez classique, celle qui consiste à regarder dans le rétroviseur pour essayer de savoir ce qu'il va se passer devant.

Car la cote d'une voiture ne dépend pas d'une vérité divine gravée dans le marbre. Elle dépend avant tout du nombre de personnes qui veulent l'acheter par rapport au nombre de personnes qui veulent la vendre. Et si cette relation commence à s'inverser entre thermique et électrique, les belles certitudes actuelles risquent de prendre un coup de pelle assez sérieux.

Acheter un thermique pour éviter la décote ?

Ce qui m'amuse le plus est de constater que beaucoup d'automobilistes achètent aujourd'hui un thermique précisément parce qu'ils craignent la décote d'une électrique. Ils veulent donc se protéger. Ce raisonnement paraît parfaitement rationnel si on regarde ce qui s'est produit ces dernières années, mais il contient aussi potentiellement son propre piège, car beaucoup de monde effectue exactement le même calcul au même moment.

C'est un peu le principe que l'on retrouve sur les marchés financiers. Quand toute la planète est persuadée qu'un actif va monter et que tout le monde l'a déjà acheté, il ne reste plus grand monde pour continuer à pousser le cours dans cette direction. A l'inverse, un actif délaissé peut brutalement remonter dès que la perception change, car les acheteurs reviennent alors sur quelque chose qu'ils avaient largement déserté. Je ne prétends évidemment pas qu'une Peugeot 3008 diesel est une action du Nasdaq, mais les êtres humains qui font les prix restent les mêmes créatures derrière les deux marchés...

Et il y a justement une variable qui pourrait changer la psychologie automobile bien plus rapidement qu'un règlement européen ou qu'une publicité avec des feuilles vertes qui volent autour d'une voiture.

Cette variable, c'est le prix du carburant.


Un contexte qui retourne le paradigme

On peut discuter pendant vingt ans de transition énergétique, de CO2, de particules, de batteries, de centrales nucléaires et de tout le reste. C'est passionnant mais, soyons sérieux deux minutes, ce n'est généralement pas cela qui fait basculer massivement une population. Ce qui fait changer les habitudes, c'est très souvent le portefeuille.

Tant qu'un plein reste raisonnablement supportable, beaucoup continuent avec ce qu'ils connaissent. Le thermique est familier, rapide à ravitailler, on sait comment ça marche et il n'impose aucun effort particulier. Pourquoi changer quelque chose qui fonctionne encore correctement ? La question est légitime.

Mais imaginons maintenant un gazole qui reste durablement très cher et une essence qui continue elle aussi sa progression. Là, on ne parle plus d'une taxe abstraite ou de quelques centimes dont on se plaint cinq minutes devant la machine à café. Pour quelqu'un qui roule 20 000 ou 30 000 km par an, on commence à parler de centaines puis de milliers d'euros supplémentaires engloutis chaque année dans un réservoir.

Et c'est à ce moment que beaucoup de grands défenseurs du moteur thermique pourraient découvrir soudainement les joies du kilowattheure...

On en a d'ailleurs déjà eu un aperçu assez parlant. Lors d'une forte remontée des carburants en 2026, les recherches de voitures électriques d'occasion sur La Centrale ont doublé en quelques semaines, tandis qu'une étude Kantar indiquait que 6 Français sur 10 envisageaient de changer de motorisation pour leur prochain véhicule. Il ne faut pas transformer quelques semaines de statistiques en prophétie définitive, mais cela montre quand même quelque chose d'important. La demande peut basculer très rapidement lorsque l'énergie devient pénalisante.


Regardons ce que ça donne concrètement

Prenons quelque chose de volontairement banal. Une voiture thermique qui consomme 6 litres aux 100 km, ce qui n'a franchement rien d'excessif, et un litre de carburant à 2,50 euros. Cela nous donne 15 euros aux 100 km.

Prenons maintenant une électrique qui demande environ 18 kWh aux 100 km et une recharge domestique à 0,25 euro le kWh. Nous arrivons à 4,50 euros aux 100 km. Evidemment, celui qui recharge exclusivement sur autoroute à prix fort n'obtiendra pas ce résultat, mais la majorité des propriétaires qui disposent d'une recharge domestique ne passent pas leur vie sur des bornes Ionity à 350 kW...

Utilisation Thermique Electrique
Consommation 6 l/100 km 18 kWh/100 km
Prix de l'énergie 2,50 €/l 0,25 €/kWh
coût aux 100 km 15 € 4,50 €
Coût pour 15 000 km 2 250 € 675 €
Ecart annuel   1 575 €

Avec cet exemple, nous avons déjà 1 575 euros d'écart chaque année. Sur cinq ans, cela commence à représenter une petite somme et on comprend mieux pourquoi le prix d'achat initial ne suffit pas à comparer intelligemment les deux technologies. Et si le litre monte à 3 euros, les calculs deviennent encore plus désagréables pour le thermique.

Vous pensez vraiment qu'un gros rouleur continuera éternellement à payer trois ou quatre fois plus cher son énergie uniquement pour pouvoir faire un plein en quatre minutes ? Certains oui. Beaucoup d'autres finiront probablement par sortir la calculatrice.

Le mécanisme du renversement

C'est ici que le scénario devient plus croustillant. Car il ne suffit pas que les gens aient envie d'acheter des électriques pour faire monter leur cote. Il faut également regarder ce qu'ils vont vendre pour financer cet achat.

Et que possèdent-ils aujourd'hui ? Très majoritairement des thermiques.

Le parc français compte encore autour de 40 millions de voitures particulières, et le diesel représente toujours environ 46 % du parc. C'est énorme. Nous avons donc des millions et des millions de voitures diesel détenues par des particuliers qui pourraient, si le prix du carburant devient suffisamment punitif, commencer à se demander s'il ne serait pas temps de passer à autre chose.

Pour le moment tout va relativement bien car le mouvement reste progressif. Mais imaginez que l'envie de sortir du thermique s'accélère brutalement. On pourrait alors voir apparaître énormément de véhicules essence et surtout diesel sur le marché de l'occasion, au moment même où le nombre d'acheteurs intéressés diminuerait.

Et là, désolé pour ceux qui pensent encore qu'une cote automobile relève d'une quelconque justice morale, mais ça fait généralement mal.

Une voiture n'a aucune valeur parce que son propriétaire estime qu'elle "les vaut". Elle vaut ce que quelqu'un accepte de payer. Si 200 personnes essayent de vendre le même type de diesel et qu'il n'y a plus que 100 acheteurs, les vendeurs devront commencer à se battre entre eux à coups de baisses de prix. C'est aussi bête que ça.

Le diesel pourrait se prendre la première gifle

Je pense d'ailleurs que le diesel serait probablement le premier à souffrir sérieusement si ce scénario se mettait en place. Et c'est assez ironique car il garde encore aujourd'hui une cote souvent solide, justement parce qu'il devient rare dans le neuf alors que beaucoup de gros rouleurs continuent à le rechercher.

Mais cette rareté constitue aussi quelque chose d'assez trompeur. Le diesel a pratiquement disparu des immatriculations neuves alors qu'il reste ultra majoritaire dans certaines générations du parc existant. Nous avons donc une technologie qui n'entre presque plus dans le parc mais qui y est encore présente par millions.

Cela peut fonctionner pendant longtemps tant qu'il reste suffisamment d'acheteurs. Mais si le gazole devient durablement cher, une partie de ces acheteurs peut disparaitre beaucoup plus vite que les voitures elles-mêmes.

Et il ne faudra pas forcément attendre vingt ans.

C'est ça qui me paraît sous-estimé. Les gens raisonnent souvent comme si le parc automobile se transformait tranquillement, modèle après modèle, année après année. En réalité, la psychologie peut parfois changer beaucoup plus vite que le parc physique. Les voitures restent là, mais les acheteurs n'en veulent soudainement plus au même prix.

C'est exactement de cette manière que se produit une décote.

Pendant ce temps, le marché électrique d'occasion commence à se réveiller

Et pendant qu'on continue à répéter que personne ne veut d'électriques d'occasion, les chiffres deviennent quand même un peu gênants pour cette belle certitude. Au deuxième trimestre 2026, plus de 72 000 voitures électriques d'occasion ont changé de propriétaire en France, soit une progression d'environ 42 % par rapport au trimestre précédent.

Encore plus amusant, leur délai moyen de revente est tombé autour de 138 jours contre environ 142 jours pour les thermiques dans le baromètre concerné. Nous ne sommes donc plus vraiment dans le scénario de la voiture radioactive que personne ne veut toucher avec un bâton.

Les écarts de décote se resserrent également fortement sur certains modèles récents. On trouve désormais des cas où la perte de valeur d'une électrique est équivalente à celle de son équivalent thermique, voire légèrement meilleure selon la période et la manière dont on compare les prix neufs.

Cela ne veut évidemment pas dire que toutes les électriques sont devenues de formidables placements financiers. Certaines décotent encore comme des enclumes jetées d'un pont, notamment lorsque le constructeur décide de réduire fortement son prix neuf ou lorsqu'une évolution technique rend l'ancienne génération nettement moins séduisante. Mais justement, le thermique aussi peut subir un changement extérieur brutal. Et dans son cas ce changement pourrait s'appeler 2,50 ou 3 euros le litre.

Le vrai danger pour le thermique vient peut-être de ceux qui ont essayé l'électrique

Il y a un autre détail que beaucoup négligent et qui me paraît pourtant fondamental. Les conducteurs qui passent réellement à l'électrique ont généralement très peu envie de revenir au thermique.

Une vaste enquête internationale menée auprès de plus de 23 000 conducteurs électriques dans 18 pays indiquait que 92 % souhaitaient rester sur une voiture zéro émission lors de leur prochain achat, tandis qu'environ 1 % seulement envisageaient un retour à l'essence ou au diesel.

Alors bien évidemment, ce genre d'étude porte sur des gens déjà convertis et il faut donc éviter d'en faire une religion. Mais même en tenant compte d'un biais de sélection évident, un taux pareil raconte quand même quelque chose.

Pour ma part, ça ne me surprend absolument pas. Une fois qu'on s'est habitué au silence, à l'absence de vibrations, à la réponse instantanée du moteur, à la possibilité de repartir chaque matin avec la batterie chargée et à l'absence d'une quantité invraisemblable d'organes mécaniques destinés à tomber en panne, revenir volontairement au thermique peut sembler assez curieux.

Oui, il y a les longs trajets. Oui, il y a ceux qui ne peuvent pas recharger chez eux. Oui, il y a les bornes parfois pénibles et les tarifs qui peuvent devenir grotesques sur certains réseaux. Je connais les objections et certaines sont parfaitement valables.

Mais pour celui qui recharge tranquillement chez lui, le thermique finit assez vite par ressembler à une complication dont on avait simplement pris l'habitude.

Et c'est ici que l'effet boule de neige peut commencer

Essayons maintenant de mettre toutes les pièces du puzzle ensemble. Le carburant devient cher, donc davantage de gens s'intéressent à l'électrique. Une partie passe à l'achat et découvre qu'au quotidien cette motorisation lui convient finalement très bien. Comme le taux de retour vers le thermique semble extrêmement faible, cette clientèle est alors pratiquement perdue pour les voitures essence et diesel.

Donc à chaque vague de conversion, le réservoir potentiel d'acheteurs de thermiques diminue.

Pendant ce temps, les anciens véhicules thermiques de ces nouveaux convertis doivent être revendus quelque part. Nous augmentons donc l'offre de thermiques d'occasion tout en réduisant progressivement le nombre de personnes intéressées par eux.

Je vous laisse deviner dans quel sens cela pousse les prix...

Et dans l'autre direction, nous obtenons exactement l'inverse. Le parc électrique d'occasion reste encore relativement petit puisqu'il dépend des ventes neuves réalisées plusieurs années auparavant. Si la demande grimpe brusquement, impossible de fabriquer instantanément un million d'électriques d'occasion de trois ans.

Nous pourrions donc nous retrouver avec trop de thermiques à vendre et pas assez d'électriques disponibles.

Voilà le fameux retournement.

Le piège pourrait même contaminer les LOA et les LLD

Il y a aussi un mécanisme beaucoup moins visible mais qui pourrait renforcer tout cela. Les sociétés de financement ne calculent pas les mensualités d'une LOA en lançant des dés sur une table. Elles anticipent la valeur de la voiture à la fin du contrat.

Si elles pensent qu'un véhicule acheté 40 000 euros vaudra encore 25 000 euros quatre ans plus tard, le client n'a grosso modo que 15 000 euros de dépréciation à financer pendant la période. Mais si elles commencent à penser qu'il ne vaudra plus que 18 000 euros, il faut alors financer 22 000 euros de perte de valeur.

Résultat, les loyers augmentent.

Et si les loyers des thermiques augmentent parce que les organismes commencent à anticiper une mauvaise valeur résiduelle, ils deviennent moins intéressants à acheter neufs. La demande baisse alors davantage, ce qui peut encore détériorer les valeurs résiduelles. Vous voyez la petite machine infernale...

A l'inverse, si les électriques commencent à mieux tenir leur cote, les financeurs peuvent relever leur valeur résiduelle prévue et donc proposer des mensualités plus basses. Elles deviennent alors plus faciles à vendre neuves, ce qui améliore leur diffusion, leur image et la profondeur du marché d'occasion.

Les marchés adorent ce genre de cercle autoalimenté. Dans un sens comme dans l'autre d'ailleurs.

Une cote peut s'écrouler sans que la voiture soit devenue mauvaise

Il faut vraiment comprendre ce point car il évite beaucoup de raisonnements erronés. Si demain votre diesel perd 30 % de valeur supplémentaire, cela ne signifiera pas que son moteur est devenu moins fiable pendant la nuit.

Il continuera à démarrer exactement de la même manière, à consommer exactement la même quantité et à rendre exactement les mêmes services.

Ce qui aura changé sera simplement le prix que les autres sont prêts à mettre dessus.

Prenons une berline diesel bien entretenue, 80 000 km, capable de parcourir encore 200 000 km sans difficulté particulière. Aujourd'hui quelqu'un peut accepter de mettre 20 000 euros dedans. Mais si dans trois ans son coût annuel de carburant devient supérieur de 2 000 ou 3 000 euros à celui d'une électrique équivalente, l'acheteur pourra très bien estimer qu'elle ne vaut plus que 14 000 euros.

Le propriétaire pourra toujours répondre qu'elle est impeccable, qu'elle a toutes ses factures et qu'il vient de changer les quatre pneus. C'est très sympathique mais le marché s'en fiche royalement.

C'est brutal mais c'est comme ça que fonctionne une cote.

Et si les électriques finissaient presque par devenir les valeurs refuge ?

Je vais pousser la spéculation un cran plus loin car c'est finalement le coeur de cet article. Nous pourrions arriver dans quelques années à une situation totalement opposée à celle que beaucoup imaginent aujourd'hui.

Les thermiques, et surtout les diesels, pourraient être considérés comme risqués à cause de leur coût énergétique et d'une demande qui s'érode rapidement. Les électriques récentes dotées de bonnes batteries, d'une recharge rapide correcte et d'une efficience convenable pourraient au contraire devenir recherchées, simplement parce qu'elles permettent de réduire fortement le coût d'usage.

Et là, le discours collectif changera très vite.

Car les gens adorent expliquer après coup qu'ils avaient tout compris depuis le départ. Aujourd'hui beaucoup répètent qu'une électrique est invendable. Si dans quelques années une Model 3 ou une Renault 5 E-Tech tient mieux sa cote qu'une berline diesel équivalente, vous verrez probablement les mêmes expliquer que c'était parfaitement logique puisque "l'avenir est électrique".

L'être humain est fantastique...

Attention quand même, toutes les électriques ne seront pas sauvées

Je ne voudrais pas non plus tomber dans l'excès inverse. Il serait idiot d'affirmer que toutes les électriques vont devenir des lingots d'or pendant que tous les thermiques finiront invendables.

Certaines électriques resteront probablement de très mauvaises affaires en occasion. Une batterie trop petite, une recharge lente, une efficience médiocre ou une architecture rapidement dépassée peuvent faire très mal à la valeur. Les constructeurs eux-mêmes peuvent aussi détruire la cote de leurs anciennes voitures en baissant brutalement les prix du neuf, chose qu'on a déjà vue.

Les sportives thermiques, véhicules de collection et moteurs particulièrement désirables suivront également une logique différente. Celui qui cherche un flat-six atmosphérique ou un V8 Ferrari ne fait pas son achat après avoir comparé le prix du kilowattheure avec celui du gazole chez Total...

Mais les voitures du quotidien ne fonctionnent pas comme cela. Elles sont avant tout achetées pour transporter des gens dans de bonnes conditions avec un coût acceptable. Et c'est sur ce gigantesque marché que le retournement peut être spectaculaire.

Finalement, ceux qui veulent aujourd'hui éviter le risque prennent peut-être le mauvais risque

C'est probablement ce qui me fascine le plus dans cette histoire. Beaucoup achètent actuellement un thermique pour se protéger de l'incertitude qui entoure l'électrique. Ils choisissent donc la technologie ancienne parce qu'ils pensent qu'elle représente le choix prudent.

Mais le vrai risque a peut-être simplement changé de côté sans que tout le monde s'en rende encore compte.

Le risque de l'électrique était jusqu'ici principalement technologique. Batteries qui progressent vite, prix neufs instables, autonomie qui augmente, recharge qui évolue et modèles qui vieillissent parfois prématurément.

Le risque du thermique pourrait devenir énergétique et commercial. Et une technologie parfaitement mature ne vaut plus grand-chose si le nombre de gens qui veulent l'acheter s'effondre.

Encore une fois, je ne prédis rien avec certitude. Une chute durable du pétrole peut calmer tout le phénomène, la fiscalité peut évoluer, l'électricité peut devenir beaucoup plus chère et certains gouvernements peuvent changer complètement de politique. Ceux qui prétendent connaître précisément le marché automobile de 2035 devraient probablement jouer au Loto plutôt que donner des conseils...

Mais avec les variables actuellement visibles, je trouve tout à fait crédible que la décote moyenne des thermiques finisse par devenir supérieure à celle des bonnes électriques. Et plus le prix du carburant augmentera brutalement, plus le basculement pourra lui aussi devenir brutal.

Le plus ironique serait évidemment que cela arrive rapidement.

Car tous ceux qui achètent aujourd'hui du thermique en pensant éviter la terrible décote de l'électrique pourraient alors découvrir qu'ils étaient simplement positionnés du mauvais côté du marché.

Et comme en Bourse, une fois que tout le monde l'aura compris... il sera déjà trop tard.


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