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Dernière modification 26/09/2018

Entre moteur essence et diesel : quel est le plus fiable ?


En principe un diesel est plus fiable qu'un moteur essence

Avant il était plutôt justifié de dire qu'un moteur diesel était plus fiable qu'un moteur essence. Un diesel est en effet plus résistant car il doit subir plus de pression en son sein, il est donc renforcé par un bloc bien plus solide et épais (d'où le surpoids des diesels). De plus, il évite d'avoir besoin d'un allumage commandé, ce qui réduit sa complexité et donc les pannes potentielles à ce niveau là (bougies, bobines / tête de Delco, faisceaux etc.). Enfin sa vitesse de rotation est moins élevée ce qui réduit donc le nombre de cycles (admission /compression / combustion / échappement) dans sa vie par rapport à un essence (qui va donc voir ses cylindres faire bien plus d'allers-retours dans sa vie. C'est d'ailleurs pour cela que les boîtes ne sont pas tout étagées de la même manière entre ces deux types de carburation)
Mais au final il s'agit là de raccourcis intellectuels puisque la fiabilité d'un moteur ne dépend pas de sa technologie mais de sa conception ... En effet, mieux vaut un moteur essence bien conçu qu'un bloc diesel élaboré par des Bac-3 (mes excuses d'avance aux Bac-3 qui verront cet article, c'est une manière de parler).


Il faut donc comprendre la nuance : les diesels plus anciens (avant 2000) étaient dans le principe plus endurants et s'usaient moins par rapport aux essence, mais ils n'étaient pas forcément plus fiables : cela dépend de la qualité de sa conception. Et on peut d'ailleurs toujours affirmer qu'ils sont plus endurants, à quelques nuances près quand même ...

A lire aussi : les différences techniques entre essence et diesel


Pourquoi les diesels sont potentiellement devenus moins fiables que les moteurs essences ?

Notez bien que j'ai parlé de potentiel dans le titre, affirmer en bloc et sans nuance que les diesels modernes sont moins fiables que les essences modernes est un raccourci qu'il faut développer.
En réalité ce n'est pas la fiabilité des blocs moteur en eux-mêmes qui est à mettre en cause, mais tous les bricolages qui ont été faits dessus pour tenter de réduire les émissions de CO2 (tout en se fichant du reste au passage ... Seul le CO2 compte puisque les Etats se bornent à bloquer dessus).
Pour faire simple, il faut prendre en considération que les diesels modernes ont pris un peu d'avance par rapport aux essences modernes, et c'est cette modernité qui les a rendu fragiles.
En effet, l'injection directe est apparue plus longtemps après sur les essences, sachant donc que cette technique impose d'avoir bien plus de pression à l'injection (injecter du carburant dans une chambre sous pression est plus difficile que de le faire dans l'admission, ce qui était le cas des essences jusqu'à peu. Il faut donc un dispositif d'injection qui sera plus complexe et qui subira plus de contraintes).
Cette fameuse injection directe a amené aussi d'autres conséquences puisqu'il a fallu filtrer les particules et Nox parasites que cela induisait (car injection directe = baisse de la consommation = production de polluants bien plus néfastes). L'ajout du FAP et catalyseur SRC a donc été problématique car il peut se boucher dans certaines conditions et mener à d'autres dégâts collatéraux (quand la ligne se bouche, le turbo n'apprécie guère).
N'oublions pas non plus lé généralisation des volants moteur bi-masse destiné à améliorer le confort (vibrations du moteur provenant de l'axe du vilebrequin réduite par un volant moteur souple qui les atténue).

Concernant les vannes EGR, elles équipent les essences et diesel. Mais comme les diesels génèrent un peu plus de suies grasses, cette fameuse vanne a alors plus facilement tendance à être coincée par l'accumulation. D'où le fait qu'on ait plus de problèmes sur diesel qu'essence.


Résumer de l'évolution des technologies

Bref, si on devait résumer grossièrement, on pourrait dire qu'avant 2000 les diesels étaient plus résistants aux assauts du temps et des kilomètres. Mais à la fin des années 90 est apparue la généralisation de l'injection directe, FAP, volant moteur BM et turbos haute pression, ce qui a commencé à entamer la fiabilité de ces derniers. A ce moment là les essences restaient encore en grande majorité à injection indirecte, et donc ils s'en sortaient bien.
Désormais, les essences qui sortent sont bien plus proches des diesels avec : injection directe haute pression, FAP et turbo (et donc d'ailleurs ils émettent aussi des particules fines très néfastes, on avance dans le bon sens à ce que je peux voir ...). Et en réduisant leur cylindrée il se coltinent plus de contraintes mécaniques dans moins de volume (on demande désormais 110 ch pour sur des 1.0 litres tandis que les diesel voient leur taille minimale stagner vers les 1500 cm3).
Il faut donc tabler sur le fait que les essences vont baisser un peu en fiabilité, même si les mauvaises expériences vécues sur le diesel (principalement de 2000 à 2010) par les ingénieurs devraient leur faire éviter de  reproduire les mêmes erreurs (conception des vannes EGR et autres organes afin de limiter les pannes).

Fiabilité par rapport au contexte

Prenons aussi en compte que l'ajout de ce genre de technologie ne pénalise parfois la fiabilité que dans certains contextes : exemple avec les diesels en ville qui voient leur FAP vite se colmater ou encore la conduite trop anémique qui va avoir tendance à encrasser le moteur (c'est pareil avec les essences mais ça arrive moins vite). On a alors des contours de soupapes qui ont de la suie et qui ne peuvent donc plus parfaitement se fermer (conséquence : baisse de compression et donc de rendement moteur = pollution, consommation et fumées)

Conclusion ?

Pour résumer, on ne peut donc répondre grossièrement par un oui ou un non, comme le fait d'ailleurs la presse en comparant très sommairement essence et diesel (alors que tout change d'une technologie à l'autre : indirecte / directe, présence ou pas de dispositifs d'anti-pollution etc.). Il faut se pencher plus en détail sur les aspects techniques et il faut aussi prendre en compte que la durée de vie d'un moteur dépend aussi grandement du cahier des charges imposé aux ingénieurs. Quand un constructeur demande un moteur qui va tenir 400 000 km (ce qui est généralement le cas) alors les prestataires doivent fournir un moteur qui tiendra cette durée. Hélas l'Homme n'est pas Dieu et il fait des erreurs, chose qu'on a pu largement voir pendant les années 2000 avec les nombreux problèmes connus sur les diesels (technologies immatures ? Cahier des charge trop souple ? Trop peu de moyens financiers mis dans le développement des moteurs par les marques ? ...).
Pour ma part je constate de mes propres yeux (et grâce à vos nombreux avis et témoignages) qu'on a presque autant de moteurs essences à problème que de diesel ... Et c'est souvent lié à une petite faiblesse localisée et qui vient gâcher tout le tableau (parfois un moteur est fiable à 99% mais un seul petit élément fragile vient pourrir sa pérennité. Il acquiert alors une très mauvaise réputation alors que c'est au final un peu exagéré).
Et plus globalement, la fiabilité générale est en hausse, que ce soit côté essence ou diesel.

N'hésitez pas à partager et dire ce que vous penser de tout cela. Sachant aussi qu'il y a certainement d'autres choses à ajouter (je fais confiance aux spécialistes pour cela).

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