75 % des acheteurs de Lamborghini ne seraient pas assez riches pour les assumer ?!

Dernière modification : 16/12/2025 -  6

C’est une information qui fait sourire, puis réfléchir un peu plus longtemps. Elle provient d’une interview diffusée sur la chaîne The Iced Coffee Hour Clips, dans laquelle un ancien vendeur Lamborghini américain partage son expérience du terrain. Selon lui, environ 75 % des acheteurs de supercars ne seraient pas réellement assez riches pour assumer ce type de voiture sans se mettre en difficulté. Pas au sens où ils mangeraient des pâtes tous les soirs, mais au sens où l’achat repose largement sur du financement lourd, parfois très long, et sur des arbitrages financiers discutables.

Dit autrement, rouler en Lamborghini n’est pas forcément un signe de grande richesse. C’est parfois surtout le signe d’un très gros pari.

L’illusion de richesse qui entoure les supercars

Dans l’imaginaire collectif, la supercar reste associée à la réussite financière ultime. Une Huracan récente, une Aventador ou une McLaren flambant neuve donnent l’impression que le propriétaire nage dans l’argent. Selon le témoignage du vendeur, c’est souvent faux, et parfois très loin de la réalité.

Il explique que la grande majorité des supercars de moins de cinq ans sont financées, et pas par confort financier ou arbitrage intelligent, mais tout simplement parce que leurs acheteurs ne peuvent pas faire autrement. Lorsqu’il annonce que 75 % de ces voitures sont financées, il précise immédiatement que ce n’est pas parce que c’est la stratégie la plus rationnelle, mais parce que leurs propriétaires n’ont pas les moyens de les payer autrement .

Il faut toutefois replacer ce constat dans son contexte. Le témoignage concerne avant tout le marché américain, où le crédit long est culturellement beaucoup plus accepté qu’en Europe. Des financements sur 10, 12 voire 15 ans y sont monnaie courante, y compris pour des voitures de loisir. La tolérance à l’endettement y est plus élevée, et l’automobile reste un marqueur social très fort. En Europe, même si le crédit automobile s’est largement démocratisé, les montages les plus extrêmes restent moins répandus et socialement moins assumés.


Ceux qui “stretchent” sont les clients les plus motivés

Un point intéressant dans l’interview concerne le profil des acheteurs. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les clients capables d’écrire un chèque sans réfléchir sont souvent les plus difficiles à convaincre. Ils n’ont pas besoin de la voiture, ils peuvent attendre, comparer, ou simplement renoncer sans regret.

À l’inverse, ceux qui “stretchent”, c’est-à-dire ceux qui tirent au maximum sur leur capacité financière, sont souvent les plus déterminés. Ils savent que le dossier est compliqué, ils sont transparents sur leurs limites, et acceptent des montages financiers très longs. Le vendeur explique que ce sont souvent ces profils qui finissent réellement au volant de la voiture, parce qu’ils sont prêts à faire tous les compromis nécessaires.

Quand la passion prend le pas sur la raison

L’interview regorge d’anecdotes assez parlantes. L’une des plus marquantes concerne un client possédant un Aston Martin DB9 depuis longtemps, avec un financement démesuré par rapport à la valeur réelle de la voiture. Il devait environ 100 000 dollars sur une auto qui n’en valait plus que 50 000, conséquence directe de la forte décote d’Aston Martin.

Plutôt que de solder la situation, le client souhaitait repartir sur une voiture plus récente, en reportant une partie de cette dette dans le nouveau financement. Résultat, des montages sur 12 à 15 ans, avec une dette structurellement supérieure à la valeur du véhicule. Financièrement, c’est difficile à défendre. Emotionnellement, le client était ravi, et parfaitement conscient de la situation. Il savait qu’il allait payer longtemps, mais c’était “son truc”, et il l’assumait.

C’est là que la frontière entre décision absurde et choix personnel devient floue.

Supercar récente ou voiture de collection : deux mondes très différents

Un point intéressant soulevé dans la vidéo concerne la différence entre supercars récentes et voitures plus anciennes ou iconiques. Selon le vendeur, si quelqu’un roule dans une supercar récente, il ne faut surtout pas supposer qu’il est très riche. En revanche, une voiture de 20, 30 ou 40 ans, difficilement finançable, souvent payée comptant, est bien plus souvent le signe d’un patrimoine solide.

La logique est simple : les banques financent volontiers du neuf ou du récent, beaucoup moins des voitures de collection. La barrière à l’entrée n’est donc pas la même.

Les vrais riches roulent rarement en Lamborghini

L’interview revient aussi sur une idée bien connue, mais rarement acceptée : les véritables hauts patrimoines roulent souvent dans des voitures banales. Toyota, Honda, pick-up américains, voire Tesla Model 3 ou Model Y (j'ai personnellement une Y et une 3 ! Manque plus que les millions ... Mais je vous fais confiance pur venir souvent sur le site et désactiver vos bloqueurs de pubs !) chez les plus jeunes fortunés. Les supercars sont davantage un marqueur de statut social que de richesse nette.

Le vendeur rappelle d’ailleurs que les études montrant que les millionnaires roulent en voitures ordinaires sont biaisées par l’âge, mais que même chez les plus jeunes fortunés, la discrétion reste souvent de mise. La supercar n’est pas une norme, mais une exception très visible.

Une passion souvent coûteuse, parfois mal comprise

Dernier point intéressant, plus humain. Le vendeur insiste sur le fait que les supercars sont presque toutes lourdement financées, souvent peu fiables, et rarement parfaites, même quand elles sont neuves. Lui-même explique avoir possédé de nombreuses Lamborghini, toutes financées, toutes imparfaites, et souvent en panne. Et pourtant, il les utilisait vraiment, roulait beaucoup avec, acceptait les défauts, les impacts, les réparations.

À l’inverse, ceux qui achètent ces voitures comme des objets sacrés, intouchables, finissent souvent frustrés, stressés, et déçus. La supercar supporte mal d’être traitée comme un placement rationnel.

Conclusion

L’idée que 75 % des acheteurs de Lamborghini ne seraient pas assez riches pour les assumer peut sembler provocatrice. Elle est surtout révélatrice d’un malentendu profond entre apparence de richesse et réalité financière. La supercar moderne est moins un symbole de patrimoine qu’un symbole de choix, parfois assumé, parfois risqué, souvent passionnel.

Voir une Lamborghini passer ne dit finalement pas grand-chose sur la situation financière de son propriétaire. Elle dit surtout qu’il a voulu cette voiture, coûte que coûte. Et dans bien des cas, ce “coûte que coûte” est à prendre au sens très littéral.

Ce témoignage dit surtout quelque chose du rapport américain à la réussite, à la dette et à l’image sociale. Transposé tel quel en Europe, il perdrait une partie de sa portée, mais il reste un rappel utile : une voiture spectaculaire ne dit jamais toute la vérité sur la situation financière de celui qui la conduit.

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