C'est le 2 avril 1896 à Lille que les statuts de la "Société Automobile Peugeot" sont déposés au registre du commerce et des sociétés. Le commencement d'une longue route faite de bien des incertitudes. Pourtant, plus d'un siècle est passé et une multitude d'automobiles frappés du sceau du lion sillonnent encore et toujours les routes françaises, voire celles du monde entier. Une longue histoire donc avec ses multiples rebondissements, entre espoirs et doutes, succès commerciaux et échecs cuisants. Avec Renault et Citroën, Peugeot se présente comme le troisième fleuron de l'industrie automobile française. Une valeur sûre malgré le temps qui passe. Décidément, le vieux lion n'est pas mort...


Peugeot 403 vendue de 1955 à 1966.

Des débuts en fanfare avant le glas de la guerre...

L'aventure Peugeot débute sous les meilleurs hospices. A la pointe de l'innovation à l'ère glorieuse des pionniers, l'entreprise passe les années noires de la crise de 1929 grâce au succès de la 201, produite en série. Lorsque la guerre se profile en 1939, 25% des véhicules circulant dans l'hexagone sont estampillés Peugeot !
Mais cet incroyable essor connaît un sérieux coup d'arrêt avec le conflit mondial. La France occupée, les usines Peugeot sont réquisitionnées pour participer à l'effort de guerre de l'Allemagne nazie. La libération venue, le redémarrage de l'activité s'avère particulièrement compliqué. Pourtant, Peugeot pourra vite se targuer de lancer la première voiture diesel française, la 403. Voiture rendue particulièrement célèbre par un certain inspecteur... Columbo !
Si l'entreprise sochalienne entame une collaboration avec son concurrent Renault en 1966 (étendu à Volvo en 1971), le véritablement tournant de cette deuxième partie du XXe siècle est bien la fusion en décembre 1974 avec un autre dinosaure du paysage automobile français : Citroën.

PSA : un accouchement dans la douleur

Débutée en 1974, l'acquisition de la marque aux chevrons, alors en quasi faillite, aboutit à la création de la société PSA Peugeot-Citroën en avril 1976. Premier constructeur européen et quatrième au niveau mondial après le rachat de Chrysler (qui deviendra Talbot un an plus tard) en août 1978, PSA est confronté au second choc pétrolier et à une flotte automobile particulièrement vieillissante. Les désillusions s'enchaînent jusqu'au milieu des années 80 et la mise en place d'une stratégie de synergie entre les entités Peugeot et Citroën. Les résultats ne tardent pas à être au rendez-vous. Les modèles emblématiques se nomment 205, 309 et 405. Une renommée "boostée" par de grandes performances dans le sport automobile et, plus particulièrement, le championnat du monde des rallyes. Ils marqueront en tout cas durablement une génération jusqu'à la moitié des années 90.
Succèderont des modèles sur le même registre dont la popularité sur le marché français ne se démentira pas, on pense notamment à la 206 et à la 307. Parallèlement à ces "vieux pots" (dans lesquels ont fait les meilleures soupes !), Peugeot tente de s'imposer sur de nouveaux segments : les monospaces avec la 806, les ludospaces avec la Partner, les SUV avec la 4008, les crossovers avec la 3008 ainsi que les monospaces compacts en 5008. Sans parler de la spectaculaire RCZ coupé qui a vocation à taquiner les belles sportives italiennes ou allemandes. Un pari audacieux...

Une image à double tranchant

Des modèles standards, confortables mais sans luxe ostentatoire, fiables à défaut d'être surpuissantes, humaines plus que fantasmatiques, voilà la philosophie adoptée chez Peugeot. Toutefois, ce qui fait la force première de Peugeot en France est très certainement son talon d'achille à l'international. A l'image des problèmes rencontrés par Renault ou encore Citroën, si les modèles produits par Peugeot sont parfaitement adaptés au marché hexagonal, ils peinent en revanche à trouver leur place hors de nos frontières. La faute à une image trop lisse, quelque peu dépréciée par rapport aux berlines "premium" et autres sportives produites par l'industrie automobile allemande notamment. Si le luxe et l'audace de la production germanique séduit, la standardisation à la française ne fait pas recette. Dommageable à l'heure de la mondialisation. Il n'empêche que Peugeot a décidé de relever le défi de l'après pétrole avec le lancement de la 3008 Hybrid4 mais surtout de la Peugeot iOn, voiture garantie 100 % électrique, mise au point avec Mitsubishi et... Citroën !

CITADINES


La 205 a été produite entre 1983 et 1999, une très longue carrière grâce à son grand succès.
La GTI fait le bonheur des Yountimers de nos jours.


La 106 (ici avant restylage) est là pour proposer une offre plus petite par rapport à la 205.
Elle fut assemblée de 91 à 2003.


La 206 va battre le record de la 205 et devenir la Peugeot la plus vendue de tous les temps.
Sa carrière va de 1998 à 2006 et sera proposée en break SW ce qui est une nouveauté dans la
catégorie. Une version lowcost appelée 206 plus continuera d'être vendue malgré la sortie de la 207.


La 107 est destinée à ouvrir la marche, il s'agit en effet du plus petit modèle proposé par la marque.
Elle débute sa commercialisation en 2005


La 207 n'atteignit pas le nombre de ventes de la 206 car la concurence est de plus en plus féroce.
Elle démarre sa carrière en 2006 pour finir en 2012.


La 208 prend le relai sur la 207, elle reprend le même châssis pour faire des économies de
développement.

COMPACTES


La 306 gagne en polyvalence face à la 205. Il y a désormais tout un éventail d'offre avec la 106, 205 et
aussi 306. Elle s'est vendue entre 93 et 2002.


En 2001 débarque la 307 qui fait un bon en avant par rapport à la 306, nettement moins imposante
en terme de gabarit.


La 308 fait peu évoluer la ligne et prend donc peu de risque. Elle garde les mêmes qualités et se vend
plutôt bien. A partir de celle ci les nombres n'évolueront plus, il n'y aura pas de 309 mais une 308 II.

BERLINES DE TAILLE MOYENNE


La 309 s'est vendue de 1985 à 1993


Plus grande que la 309 cette 405 est d'autant plus adaptée aux petites familles.
Sa carrière fut de 1987 à 1997.


Version temps modernes de la 405. Le style reste assez consensuel mais les ventes au rendez-vous.
Sa carrière va de 1995 à 2004.


La 407 inaugure le nouveau style Peugeot. Moderne mais pas génial sous certains angles.
où les proportions sont moins flatteuses. Sortie en 2004 elle se verra arrêter sa carrière en 2011.


La 508 bouleverse un peu la lignée 405-406-407 puisque sa longueur se situe un cran au dessus.
Il s'agit donc désormais d'une catégorie batarde entre 407 et 607. Peugeot a misé beaucoup
sur la perception qualitative et lui a offert une finition bien supérieure à la 407.

GRANDES BERLINES


LA 605 fut distribuée entre 1989 et 1999, une berline statutaire mais manquant de caractère face
aux très désirables BMW Série 5 et Mercedes Classe E.


Arrivée pour succéder à la 605 cette 607 a su convaincre beaucoup de monde vu les belles ventes
dont elle a bénéficié. Sa carrière a été arrêtée en 2011 sans être vraiment remplacée car la 508
n'est pas aussi spacieuse et statutaire ...

MONOSPACES


Peugeot n'est arrivé qu'en 1994 pour commencer à proposer un monospace.Le 806 fut développé
en collaboration avec Lancia et Citroën
pour réduire les coûts de productions, une manière qui deviendra
une habitude puisque d'autres modèles seront développés de cette manière. Il s'arrêta d'être produit
en 2002.


Le 807 prend le relai sur le 806, il joue la carte de la continuité en améliorant principalement
la qualité perçue qui était loins d'être géniale sur le 806. De plus la marque pensera enfin
à proposer des moteurs décents. Il n'a pas arrêté de se vendre en 2012 car son remplaçant n'est
pas encore arrivé.


Le 5008 sorti en 2009 n'est pas la suite du 807 car il est un peu plus petit.
Cependant il bénéficie de nombreuses qualités qui vont faire décoller ses ventes.


Pas vraiment un monospace le 3008 s'en rapproche un peu. C'est tout simplement une des plus grosses
surprises de Peugeot ces dernières années puisque les ventes ont dépassé toutes les espérances.
Il est sorti à peu près au même moment que le 5008 à savoir en 2009.

LUDOSPACES


Après le succès du Renault Express PSA s'est mis à développer aussi un ludospace.
Voici donc le premier Partner (avant restylage) sorti en 1996 et qui a duré jusqu'en 2008
tout de même.


En 2008 ce Partner Teepe offre désormais un comportement routier plus convaincant.


COUPES


Dessinée par Pinin Farina cette 406 coupé avait eu à l'époque un énorme succès (d'image principalement)
Le designer n'y étant pas étranger puisque c'est le dessinateur des Ferrari


Cette suite n'a pas eu le succès escompté. Finition trop pauvre ou concurence trop supérieure aura
eu raison d'elle

Les années 2010 et le grand coup de frein


Après cette période de renouvellement assez intense, Peugeot entre dans les années 2010 avec une situation moins confortable qu'elle n'en donne l'impression. La marque reste puissante en France, elle conserve une vraie place dans le coeur des automobilistes, mais le groupe PSA traverse une zone de turbulences assez sérieuse. En gros, les volumes européens baissent, l'international ne compense pas assez, et la dépendance au marché français devient un vrai problème. Ce genre de situation rappelle une chose simple, une marque peut avoir de bons produits et pourtant se retrouver en difficulté si son organisation industrielle ne suit plus. Hélas, l'automobile ne pardonne pas longtemps les usines trop chargées, les coûts trop lourds et les gammes qui vieillissent en même temps. C'est là que Peugeot comprend qu'il ne suffit plus d'être une institution française, car le client, lui, compare avec Volkswagen, Hyundai, Kia, Toyota et les marques premium allemandes sans aucun sentiment patriotique.


La 208 arrivée en 2012 marque tout de même un vrai changement dans cette période assez tendue. Elle remplace une 207 devenue lourde et un peu pataude, et elle revient à quelque chose de plus léger, plus vif, plus simple à comprendre. Notez que c'est aussi avec elle que Peugeot pousse vraiment son i-Cockpit, avec ce petit volant et ces compteurs placés en hauteur qui divisent encore aujourd'hui les conducteurs. Pour ma part, je trouve que cette idée a eu le mérite de donner une vraie signature à Peugeot, même si elle ne convient pas à toutes les morphologies (ce qui agace vite quand on ne voit pas les compteurs). Mais au moins, la marque ose quelque chose, et ce n'est pas si courant chez les constructeurs généralistes, souvent obsédés par la peur de déplaire.


PSA sauvé par Dongfeng et l'Etat français

En 2014, PSA se retrouve dans une situation financière qui impose une vraie recapitalisation. Dongfeng et l'Etat français entrent alors au capital, pendant que la famille Peugeot perd une partie de son pouvoir historique. Avouons quand même que le symbole est fort, car Peugeot n'est pas seulement une entreprise automobile, c'est aussi un morceau d'industrie française qui a longtemps donné l'impression d'être solide par nature. En réalité, aucune marque n'est protégée par son passé, et c'est peut-être ce que cette période rappelle avec une certaine brutalité. Une entreprise peut avoir produit des 205 GTI, des 405 solides et des 406 Coupé magnifiques, cela ne paie pas les salaires du mois suivant. Il faut donc réduire les coûts, simplifier les bases techniques et retrouver une vraie discipline industrielle.

L'arrivée de Carlos Tavares à la tête de PSA change justement la tonalité du groupe. Le discours devient plus froid, plus financier, parfois moins attachant, mais il faut reconnaître que la méthode fonctionne assez vite. Peugeot se remet à gagner de l'argent, PSA se redresse, et les plateformes communes deviennent le centre de la stratégie. En gros, on arrête de disperser les moyens dans tous les sens, ce qui permet de produire des voitures plus rentables et mieux construites. Bien évidemment, cette rationalisation a aussi son revers, car plus les marques partagent leurs organes, plus elles doivent se battre sur le style, l'ambiance intérieure et le réglage de conduite pour ne pas devenir de simples variantes maquillées. C'est un jeu dangereux, mais Peugeot va plutôt bien s'en sortir.

La 308 II et le retour d'une Peugeot plus sérieuse

La 308 de deuxième génération, lancée en 2013, montre assez bien le changement de mentalité. Peugeot ne cherche plus à faire une compacte originale à tout prix, comme la 307 qui jouait presque au petit monospace, mais revient à une voiture plus basse, plus propre, plus proche de la Golf dans l'esprit. Vous pensez que c'est moins audacieux, et vous n'avez pas totalement tort... Mais c'est aussi ce que le marché attendait, car une compacte doit rassurer avant de faire le spectacle. En 2014, la 308 est élue voiture européenne de l'année, ce qui confirme que Peugeot a réussi à reprendre au sérieux un segment où Volkswagen régnait tranquillement. Ce modèle remet aussi en avant la qualité perçue, la sobriété de présentation et une conduite assez précise, trois choses qui vont devenir centrales dans la nouvelle image Peugeot.


Ce repositionnement est important car il montre que Peugeot veut sortir de l'image de la voiture française correcte mais un peu molle. La marque commence à parler de toucher de route, de qualité intérieure, de design plus tendu et de montée en gamme. Il faut savoir que cette montée en gamme est toujours un exercice un peu hypocrite dans l'automobile, car tout le monde veut vendre plus cher sans forcément offrir une vraie rupture technique. Mais dans le cas de Peugeot, il y a quand même une cohérence, car les habitacles deviennent plus travaillés et les lignes plus affirmées. Le lion n'est plus seulement posé sur le capot d'une voiture familiale, il commence à redevenir un signe de style. Ce n'est pas rien, car l'image compte presque autant que la fiche technique dans un showroom.

Le virage des SUV avec 3008 et 5008

Voyons maintenant le grand tournant des SUV, car il a probablement sauvé l'image moderne de Peugeot. Le premier 3008 de 2009 avait déjà bien fonctionné, mais il restait un engin un peu hybride, entre monospace, crossover et break haut perché. La deuxième génération change tout en 2016, avec un vrai style de SUV, un habitacle spectaculaire et une présentation nettement plus valorisante. En 2017, le 3008 est élu voiture européenne de l'année, ce qui est assez rare pour un SUV à cette époque. Avouons quand même que Peugeot a senti le vent tourner au bon moment, car les monospaces étaient en train de se faire enterrer par des SUV souvent moins malins, mais beaucoup plus flatteurs pour l'ego. C'est triste pour la logique pure, mais l'automobile n'a jamais été un monde parfaitement rationnel.


Le 5008 suit ensuite la même logique en abandonnant son ancienne silhouette de monospace pour devenir un grand SUV familial. Ce choix peut faire grincer des dents ceux qui aiment les voitures vraiment pratiques, car un monospace reste souvent plus intelligent pour transporter une famille. Mais Peugeot comprend que les clients veulent une position haute, un style plus solide et une voiture qui donne l'impression d'avoir davantage de statut. C'est pour cette raison que le 5008 devient un SUV à sept places plutôt qu'un monospace classique. En gros, Peugeot ne vend plus seulement de l'espace, il vend une allure. Et dans les années 2010, cette nuance fait toute la différence.

La 508 II et la fin des grandes berlines à l'ancienne

La 508 de deuxième génération arrive avec une ambition assez claire, redonner du caractère à la berline Peugeot. La première 508 était sérieuse, bien construite, mais assez sage, presque trop raisonnable pour marquer les esprits. La seconde prend le chemin inverse avec une ligne plus basse, des portes sans encadrement et un style de coupé cinq portes qui tranche avec l'ancienne tradition des grandes routières françaises. Pour ma part, je trouve que c'est l'une des Peugeot les plus réussies de l'époque moderne, car elle assume enfin de ne pas vouloir copier les Allemandes trop frontalement. Le problème, hélas, c'est que le marché des berlines fond au profit des SUV. Peugeot fait donc une belle voiture, mais dans une catégorie que beaucoup de clients ont déjà quittée.

Cette 508 montre aussi une limite de la montée en gamme française. Une Peugeot peut être belle, bien finie et agréable, mais elle se heurte encore à une question d'image quand les prix montent. Beaucoup de clients acceptent de payer très cher une Audi, une BMW ou une Mercedes, parfois même quand le produit n'est pas si supérieur que cela. En revanche, ils hésitent plus facilement devant une Peugeot coûteuse, comme si le badge devait rester à une certaine place dans l'échelle sociale. C'est assez injuste, mais c'est comme ça que fonctionne le marché. Le premium n'est pas seulement une question de cuir ou de plastique moussé, c'est aussi une histoire de regard social, et ce regard-là est souvent d'une bêtise assez tenace.

La 208 II et l'électrique qui entre dans la gamme

La deuxième génération de 208, lancée en 2019, confirme la nouvelle assurance stylistique de Peugeot. Elle adopte une ligne plus agressive, des griffes lumineuses très visibles et une version électrique e-208 proposée dès le départ. C'est un choix important, car Peugeot ne présente plus l'électrique comme un modèle à part, un peu bizarre, mais comme une motorisation normale dans une gamme classique. En 2020, la 208 est élue voiture européenne de l'année, ce qui vient confirmer ce retour en grâce. Grosso modo, Peugeot réussit alors à faire ce que beaucoup de constructeurs cherchaient à faire, proposer une citadine thermique ou électrique sans donner l'impression que l'une est la vraie voiture et l'autre la version punitive. C'est assez malin, même si les prix de l'électrique restent encore difficiles à avaler pour une bonne partie des clients.


La gamme Peugeot s'électrifie ensuite par touches successives, avec les e-2008, e-308, e-3008, e-5008 et des versions hybrides sur plusieurs modèles. Il faut savoir que cette transition repose beaucoup sur les plateformes du groupe, ce qui permet d'aller vite et de limiter les coûts. Le revers, comme souvent, c'est que les voitures électriques issues de bases multi-énergies ne sont pas toujours les plus optimisées en poids ou en efficience. Peugeot cherche donc à corriger cela avec la nouvelle plateforme STLA Medium, utilisée notamment par les E-3008 et E-5008. Les autonomies annoncées sur les versions Long Range deviennent enfin plus rassurantes, avec jusqu'à environ 700 km WLTP pour l'E-3008 et 668 km pour l'E-5008 selon Peugeot. Bien évidemment, en usage réel, il faudra toujours retirer une bonne marge, surtout sur autoroute, car la physique ne lit pas les brochures commerciales.

Peugeot dans Stellantis

En 2021, PSA fusionne avec Fiat Chrysler pour former Stellantis, et Peugeot change encore d'échelle. La marque se retrouve dans un groupe immense, aux côtés de Citroën, DS, Opel, Fiat, Alfa Romeo, Jeep, Dodge, Maserati et plusieurs autres. Sur le plan industriel, cela permet de partager les plateformes, les moteurs, les logiciels, les usines et les investissements, ce qui devient presque indispensable avec le coût de l'électrification. Mais il y a aussi un danger très concret, celui de voir les marques perdre leur personnalité en se contentant de changer les logos et quelques panneaux de carrosserie. Peugeot doit donc rester Peugeot, avec son toucher de route, son style plus félin et son habitacle assez singulier. Sinon, elle deviendrait seulement une marque parmi d'autres dans un catalogue trop grand, et ce serait franchement dommage.

Dans cette nouvelle organisation, Peugeot occupe une position plutôt confortable mais pas simple. Elle doit être plus valorisante que Citroën, plus généraliste que DS, plus européenne que Fiat, et plus rationnelle qu'Alfa Romeo. C'est une place assez fine à tenir, car le moindre dérapage de prix peut la mettre en concurrence avec les marques premium, tandis qu'une finition trop moyenne la ramènerait vers le bas. Encore une fois, tout repose sur l'équilibre. Peugeot a longtemps été la marque française du bon sens bourgeois, solide sans être arrogante, confortable sans être molle, sérieuse sans être triste. Il faut maintenant conserver cet esprit dans un monde où l'écran central, la batterie et le logiciel prennent parfois plus de place que le plaisir de conduire.

Le sport automobile comme vitrine

Peugeot n'a jamais totalement abandonné le sport automobile, même si la marque a connu des périodes de retrait. La 205 Turbo 16, les victoires en rallye, les succès au Dakar et les prototypes d'endurance ont laissé une vraie trace dans l'imaginaire des passionnés. Plus récemment, Peugeot est revenue en endurance avec la 9X8, une Hypercar hybride au style spectaculaire et à l'aérodynamique très particulière. Ce retour est important pour l'image, car il rappelle que Peugeot ne se limite pas à produire des SUV familiaux et des citadines rationnelles. Le sport automobile ne vend pas directement des millions de voitures, bien évidemment, mais il donne une épaisseur à une marque. Et dans une époque où beaucoup d'autos deviennent silencieuses, lourdes et très connectées, cette part de passion n'est pas un luxe inutile.

Quel avenir pour Peugeot ?

Peugeot arrive donc dans les années actuelles avec une image bien plus solide qu'au début des années 2010. La marque a retrouvé du style, elle a réussi ses SUV, elle a relevé la qualité perçue et elle possède une gamme électrifiée assez large. Pourtant, rien n'est gagné, car le marché automobile devient presque brutal. Les voitures coûtent de plus en plus cher, les normes compliquent tout, les Chinois arrivent avec des produits très agressifs, et les clients européens ne savent plus toujours s'ils doivent acheter thermique, hybride ou électrique. Peugeot doit donc rester lisible, car une marque qui devient trop compliquée finit par fatiguer l'acheteur. Et l'acheteur fatigué, en général, va voir ailleurs.


Pour ma part, je pense que Peugeot a surtout besoin de ne pas trahir ce qui a fait sa force. La marque doit continuer à fabriquer des voitures agréables à conduire, assez bien finies, joliment dessinées et encore accessibles à une classe moyenne qui commence franchement à regarder les prix avec inquiétude. C'est peut-être là le vrai défi du lion, car monter en gamme est flatteur pour les marges, mais cela peut aussi éloigner les clients historiques. Une Peugeot ne doit pas devenir une imitation de premium allemand, car ce combat-là est souvent perdu d'avance. Elle doit rester une Peugeot, avec cette forme d'intelligence pratique, un peu de caractère, et cette capacité à faire des voitures qu'on achète d'abord pour les utiliser, puis qu'on finit parfois par aimer. Bref, le vieux lion est encore debout, mais il doit faire attention à ne pas se prendre pour un animal de salon...

Derniers articles sur Peugeot :


Ecrire un commentaire

Ce site est le vôtre ! Interrogation, complément d'information, conseil, anecdote etc... Toutes vos remarques sont les bienvenues.

Pseudonyme :


Mail (facultatif / être prévenu d'une réponse) :


Votre commentaire :



Sondage au hasard :

La chaîne Vilebrequin a-t-elle fait une erreur en arrêtant ?

Mon point de vue / Information complémentaire :
(votre commentaire sera visible sur la page de résultats)


Sur le même sujet

Dernières fiches Peugeot :

Nouveautés auto

Choisir une voiture

Fiabilité / Entretien

Avis auto

 

© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales

Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.