

Le 1.2 PureTech du groupe Stellantis traîne une réputation particulièrement mauvaise. Consommation d'huile, dégradation de la courroie humide, perte de compression… Les retours négatifs ont fini par éclipser les qualités initiales du moteur.
Pourtant, ce bloc trois cylindres n'est pas irrécupérable. Ses faiblesses sont identifiées et, surtout, elles peuvent être corrigées. À condition de faire les choses sérieusement.
L'idée ici n'est pas de vendre du rêve, mais d'expliquer ce qui fonctionne réellement d'un point de vue mécanique.

La première mesure est simple : vidange tous les 10 000 km ou une fois par an maximum, filtre à huile compris. Pourquoi une telle rigueur ? Parce que la distribution repose sur une courroie qui baigne dans l'huile. Lorsque l'huile se dégrade, elle attaque la courroie. Des particules se détachent, circulent dans le moteur et peuvent obstruer la crépine ou les électrovannes de déphasage. La pompe à vide qui aide les freins est elle aussi touchée, ce qui a obligé le groupe à mettre en palce un rappel officiel (car lié à la sécurité).
Une huile renouvelée fréquemment limite fortement ce phénomène. Ce moteur est extrêmement sensible à la qualité du lubrifiant.
Les bougies doivent également être remplacées environ tous les 20 000 km. Une électrode usée peut créer des points chauds, perturber la combustion et finir par endommager piston et cylindre.
Cela peut paraître excessif, mais sur ce moteur, c'est la condition pour sa survie.
Le 1.2 PureTech utilise une courroie de distribution immergée dans l’huile moteur. Les premières versions de cette courroie se dégradaient prématurément : la matière se fragmentait, produisait des particules et contaminait le circuit de lubrification.
Les références actuelles ont évolué. La composition du matériau a été modifiée afin de limiter la désagrégation et la production de débris.

Si une intervention est prévue, il faut impérativement monter la dernière génération de courroie disponible en rechange. Il ne s’agit pas d’un détail : une ancienne référence augmente fortement le risque de contamination interne.
Sur un moteur ayant connu des intervalles de vidange trop espacés, un remplacement anticipé de la courroie est fortement recommandé.
Lorsque le moteur a consommé de l'huile, l'encrassement des soupapes peut devenir sévère (d'autant plus sur les moteurs à injection directe). La calamine accumulée crée des points chauds, perturbe la combustion et peut aller jusqu'à provoquer la casse d'une soupape.

La solution sérieuse consiste à déposer la culasse, remplacer les soupapes et effectuer un rodage correct.
L'objectif est de :
Cette opération n'est pas systématique, mais elle devient pertinente dès lors que la consommation d'huile a été importante.
L'autre véritable point faible structurel du 1.2 PureTech concerne les segments.
Avec l'usure, le jeu à la coupe augmente fortement. L'huile passe dans la chambre de combustion, la consommation grimpe et l'encrassement s'accélère.

Mais le problème ne s'arrête pas là.
De nombreux blocs présentent une ovalisation des cylindres. Le cylindre n'est plus parfaitement circulaire. Un simple remplacement de segments ne suffit alors pas.
La réparation cohérente comprend :
Le réalésage permet de retrouver un cylindre parfaitement circulaire. La compression redevient stable et la consommation d'huile est maîtrisée.
C'est la seule correction réellement durable.
Les électrovannes de déphasage variable peuvent se colmater à cause des résidus issus de la courroie ou d'une huile dégradée. En cas de défaut, un nettoyage peut suffire. Sinon, le remplacement s'impose.
Les déphaseurs peuvent également être affectés si les conduits internes sont obstrués.
Encore une fois, tout ramène à la qualité de l'huile et à la fréquence des vidanges.
Un 1.2 PureTech entretenu tous les 10 000 km, équipé d'une courroie récente et dont le bloc a été réalésé correctement avec pistons cote réparation peut dépasser 200 000 km sans dérive majeure de consommation d'huile.
En revanche, un moteur laissé avec des intervalles de 20 000 à 30 000 km finit presque toujours par présenter une usure accélérée des segments et une pollution interne importante.
Le problème de ce moteur n'est pas son architecture trois cylindres en soi. C'est la combinaison d'une courroie immergée, de segments peu tolérants à l'usure et d'intervalles d'entretien trop optimistes.
Une fois ces points corrigés mécaniquement et entretenu avec rigueur, ce bloc retrouve une cohérence technique. Il demande simplement plus de discipline que ce qui était annoncé au départ.
Et oui, ça reste un moteur qui aurait dû être conçu plus conservateur dès le début. Mais mécaniquement, il n'est pas condamné.
Un point rarement mis en avant concerne la dilution de l'huile par le carburant. Sur un moteur à injection directe comme le 1.2 PureTech, notamment en usage urbain ou sur trajets courts, une partie du carburant non brûlé peut contaminer le lubrifiant.
Une huile diluée voit sa viscosité chuter. Le film d'huile devient plus fin, la protection des segments et des parois de cylindre diminue, et l'usure s'accélère. Ce phénomène contribue à l'augmentation du jeu à la coupe des segments et à l'ovalisation progressive des cylindres.
C'est aussi un facteur qui accélère la dégradation de la courroie humide. Une huile plus fluide et chimiquement altérée attaque davantage les polymères.
Cela renforce encore la nécessité de vidanges rapprochées, surtout pour les véhicules utilisés majoritairement en ville.
Le 1.2 PureTech est un moteur compact, fortement chargé pour sa cylindrée, surtout en version turbo. Les températures de fonctionnement peuvent être élevées, en particulier au niveau des segments supérieurs.
Un segment soumis à des cycles thermiques importants perd plus rapidement ses propriétés mécaniques. S'il est combiné à une lubrification imparfaite, l'usure s'accélère.
La stabilité thermique du moteur, le bon fonctionnement du circuit de refroidissement et l'absence de surchauffe locale jouent donc un rôle direct dans la longévité du bas moteur.
La gestion des vapeurs d'huile via le système de ventilation de carter influence également la consommation d'huile.
Un reniflard partiellement encrassé ou un système de séparation d'huile moins efficace peut favoriser :
Sur un moteur déjà sensible aux segments, cela aggrave le phénomène.
Un contrôle du système de ventilation de carter lors d'une intervention lourde n'est donc pas superflu.
La dégradation de la courroie humide peut produire des particules qui migrent vers la crépine d'aspiration d'huile.
Un colmatage partiel entraîne une baisse de pression d'huile. Or une pression insuffisante accélère :
Même si le moteur ne déclenche pas immédiatement d'alerte, une lubrification affaiblie peut provoquer des dégâts progressifs.
Lors d'une remise à neuf sérieuse, un contrôle complet du circuit de lubrification est indispensable.
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