Ventes par marque mai 2026 : les français souffrent, les chinois montent, Porsche plonge

Dernière modification : 03/06/2026 -  0

Le marché automobile français a repris un peu de couleur en mai 2026, avec 128 484 immatriculations de voitures particulières, soit +3.7 % par rapport à mai 2025. Pris seul, le chiffre peut sembler rassurant. Mais dès qu'on prend un peu de recul, la lecture devient beaucoup moins flatteuse. En mai 2019, le marché français avait immatriculé 193 948 voitures particulières. Mai 2026 reste donc inférieur d'environ 34 % au niveau d'avant les grandes perturbations du marché automobile.

Le cumul donne la même impression. Sur les cinq premiers mois de 2019, le marché français totalisait 935 478 immatriculations. En 2026, il n'en compte plus que 668 379, soit environ 267 000 voitures de moins. La baisse atteint près de 29 % par rapport à 2019. La hausse de mai 2026 ne doit donc pas faire oublier que le marché tourne encore à un régime très affaibli.

Marché VP France Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Écart 2026/2025 Écart 2026/2019
Total marché 193 948 123 919 128 484 +3.7 % -33.8 %

 

Marché VP France Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026 Écart 2026/2025 Écart 2026/2019
Total marché 935 478 672 700 668 379 -0.6 % -28.6 %

La tendance du mois est donc assez simple à résumer sans la déformer. Le marché remonte un peu par rapport à 2025, mais il reste très loin de 2019. Et quand on regarde les marques une par une, on voit surtout un déplacement du marché. Certaines marques historiques perdent beaucoup de terrain, tandis que de nouveaux entrants, en particulier chinois, gagnent en visibilité.

Les groupes français restent puissants, mais bien plus faibles qu'en 2019

Le premier choc vient des groupes français. Ils restent encore très gros en volume, mais leur recul sur longue période est violent.

Le Renault Group totalise 31 873 immatriculations en mai 2026, contre 34 500 en mai 2025 et 49 028 en mai 2019. Le groupe recule donc de -7.6 % sur un an, et surtout de -35.0 % par rapport à mai 2019. Au cumul, il atteint 173 288 immatriculations, contre 182 661 en 2025 et 230 704 en 2019.

Stellantis, en additionnant les marques individualisées du groupe dans les données disponibles, tombe à 31 783 immatriculations en mai 2026, contre 34 441 en mai 2025 et 73 788 en mai 2019. La chute face à 2019 est ici énorme, avec -56.9 % sur le mois. Au cumul, le groupe passe de 353 638 immatriculations en 2019 à 185 131 en 2026, soit presque un marché divisé par deux.

Groupe Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 26/25 26/19
Renault Group 49 028 34 500 31 873 -7.6 % -35.0 %
Stellantis 73 788 34 441 31 783 -7.7 % -56.9 %
Volkswagen Group 23 386 19 713 20 023 +1.6 % -14.4 %
BMW Group 7 328 5 623 7 930 +41.0 % +8.2 %
Mercedes-Benz Group 6 846 3 201 3 827 +19.6 % -44.1 %
Toyota Group 9 408 7 781 8 111 +4.2 % -13.8 %
Hyundai-Kia 7 196 5 505 4 559 -17.2 % -36.6 %
Ford 6 541 3 121 1 999 -36.0 % -69.4 %
tesla 413 721 5 446 +655.3 % +1218.6 %
Groupes chinois principaux n.c. 4 150 7 577 +82.6 % n.c.
JLR/Tata 929 n.c. 118 n.c. -87.3 %
Volvo 1 454 833 838 +0.6 % -42.4 %

 

Groupe Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026 26/25 26/19
Renault Group 230 704 182 661 173 288 -5.1 % -24.9 %
Stellantis 353 638 187 866 185 131 -1.5 % -47.6 %
Volkswagen Group 114 016 99 671 97 261 -2.4 % -14.7 %
BMW Group 33 757 32 646 33 309 +2.0 % -1.3 %
Mercedes-Benz Group 30 216 15 404 16 345 +6.1 % -45.9 %
Toyota Group 44 166 50 756 45 414 -10.5 % +2.8 %
Hyundai-Kia 35 424 30 850 27 255 -11.7 % -23.1 %
Ford 34 785 15 790 12 823 -18.8 % -63.1 %
Tesla 2 445 8 277 21 220 +156.4 % +767.9 %
Groupes chinois principaux n.c. 17 807 27 250 +53.0 % n.c.
JLR/Tata 4 426 n.c. 522 n.c. -88.2 %
Volvo 8 447 4 200 4 246 +1.1 % -49.7 %

Les groupes français ne sont donc pas seulement en baisse ponctuelle. Ils ont perdu de la masse. Leur part reste importante, car ils gardent un réseau puissant, une clientèle fidèle, des achats professionnels et une présence historique sur les flottes. Mais cette fidélité masque une fragilité plus profonde. Les tarifs ont beaucoup monté, les produits paraissent parfois moins frais que la concurrence, et la valeur perçue devient plus difficile à défendre.

C'est encore plus visible avec Dacia. La marque a longtemps été le refuge du bon sens automobile, avec des voitures simples, rationnelles et abordables. En mai 2026, elle fait encore 11 562 immatriculations, ce qui reste solide, mais elle baisse de -2.9 % sur un an et de -12.4 % au cumul. Par rapport à 2019, le recul n'est pas aussi brutal que chez Renault ou Peugeot, mais l'essoufflement commence à se voir. Quand une marque populaire devient trop chère, elle perd une partie de sa magie.

Les marques françaises gardent du volume, mais perdent leur évidence

Renault reste la première marque française du tableau, avec 19 823 immatriculations en mai 2026. Mais elle était à 36 026 en mai 2019. Le recul atteint environ 45 % en sept ans. Peugeot suit la même pente, avec 15 933 immatriculations en mai 2026, contre 34 838 en mai 2019. Là aussi, le recul dépasse 54 %.

Citroën est peut-être le cas le plus parlant. La marque avait immatriculé 21 127 voitures en mai 2019. En mai 2026, elle tombe à 8 458. Le cumul est lui aussi très dégradé, avec 53 415 immatriculations en 2026 contre 104 227 en 2019.

Marque française Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Renault 36 026 22 255 19 823 169 585 120 146 118 326
Dacia 13 002 11 913 11 562 61 119 60 142 52 705
Alpine n.c. 332 488 n.c. 2 373 2 257
Peugeot 34 838 18 673 15 933 167 652 101 926 90 860
Citroën 21 127 9 155 8 458 104 227 50 202 53 415
DS 2 222 1 280 1 023 9 607 6 197 5 337

Le souci vient en partie de la montée en prix. Les marques françaises se sont éloignées de leur ancien rôle populaire, tout en n'ayant pas toujours gagné une vraie image premium en échange. On se retrouve parfois avec des voitures généralistes vendues très cher, des technologies imposées par la réglementation, des gammes plus complexes, et des clients qui comparent désormais avec des offres étrangères très agressives.

Il reste bien sûr une clientèle fidèle. Elle connaît les marques, les concessions, les habitudes de conduite, les remises, le SAV. Mais cette base ne peut pas tout absorber. Une marque automobile ne peut pas vivre éternellement sur la familiarité, surtout quand le marché se renouvelle par l'électrique, les écrans, les logiciels, l'autonomie, la recharge et les offres venues d'Asie.

Les allemands résistent mieux, mais pas tous

Les marques allemandes montrent une situation très contrastée. Volkswagen reste stable sur un an, avec 8 825 immatriculations en mai 2026, contre 8 815 en mai 2025. Mais elle reste loin des 11 487 de mai 2019. Audi progresse sur un an avec 3 811 immatriculations, mais demeure sous son niveau de 2019. Mercedes remonte aussi en mai, mais reste très loin de 2019.

Le cas le plus favorable est BMW, avec 5 806 immatriculations en mai 2026, contre 4 161 en 2025 et 5 568 en 2019. BMW est l'une des rares grandes marques à faire mieux qu'en mai 2019 sur le mois. Le cumul est aussi très stable, avec 23 437 immatriculations en 2026 contre 22 816 en 2019.

Marque allemande Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Volkswagen 11 487 8 815 8 825 61 266 45 276 43 759
Audi 5 281 3 548 3 811 22 957 17 972 19 016
BMW 5 568 4 161 5 806 22 816 23 390 23 437
Mercedes 6 201 3 154 3 725 26 994 15 008 15 983
Porsche 435 273 160 1 441 1 466 847
Opel 6 809 2 633 2 560 34 426 13 662 15 553
Mini 1 760 1 462 2 124 10 941 9 256 9 872
Smart 645 47 102 3 222 396 362

Porsche est en revanche dans une très mauvaise passe. La marque tombe à 160 immatriculations en mai 2026, contre 273 en 2025 et 435 en 2019. Le cumul est encore plus parlant, avec 847 immatriculations depuis janvier, contre 1 466 en 2025 et 1 441 en 2019.

Le malus français pèse lourdement sur les modèles thermiques sportifs ou puissants. À ces niveaux de prix, l'acheteur peut encore payer, mais l'idée de verser une somme énorme à l'État en plus du prix de la voiture finit par casser une partie du plaisir. Et côté électrique, le problème n'est pas forcément le produit. Certaines Porsche électriques sont désirables techniquement et dynamiquement, mais le rapport prix, autonomie, recharge, décote et image devient plus difficile à défendre. Une Porsche électrique peut faire envie, mais elle doit convaincre face à des modèles parfois moins chers, plus efficients, ou plus simples à justifier.

Les marques italiennes reviennent un peu, mais restent minuscules

Le pavillon italien donne une impression curieuse. Fiat remonte fortement par rapport à 2025, avec 2 496 immatriculations en mai 2026, contre 1 460 en mai 2025. Mais face à 2019, le recul reste énorme, puisque Fiat était alors à 7 615 immatriculations sur le mois.

Alfa Romeo reste très bas, avec 338 immatriculations en mai 2026. Lancia progresse, mais sur des volumes encore symboliques, avec 92 immatriculations en mai. Abarth devient quasiment invisible, avec 18 unités.

Marque italienne Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Fiat 7 615 1 460 2 496 31 862 7 919 12 584
Alfa Romeo 289 408 338 1 487 2 994 2 271
Lancia n.c. 29 92 n.c. 379 701
Abarth n.c. 40 18 n.c. 293 134
Ferrari 29 35 n.c. 119 155 n.c.
Maserati 23 9 n.c. 148 36 n.c.

La situation italienne illustre bien un problème de gamme. Les marques existent, les noms ont une histoire, mais les volumes sont très loin de leur potentiel théorique. Fiat a longtemps vécu sur des petites voitures simples et sympathiques. Or ce terrain est devenu très compliqué avec l'électrification, les normes et la montée des prix.

Seat s'efface, Cupra ralentit, Skoda avance

Le groupe Volkswagen montre un phénomène intéressant avec ses marques latines et d'Europe centrale. Seat continue de s'affaiblir, avec 1 198 immatriculations en mai 2026, contre 3 024 en mai 2019. Cupra, qui a pris le relais plus dynamique et plus rentable, baisse aussi sur un an, avec 1 466 immatriculations en mai 2026, contre 1 824 en 2025.

À l'inverse, Skoda progresse très bien. La marque atteint 4 563 immatriculations en mai 2026, contre 4 019 en 2025 et 3 159 en 2019. Au cumul, elle passe de 14 172 immatriculations en 2019 à 20 860 en 2026. Skoda fait partie des rares marques qui ressortent vraiment renforcées de cette période.

Marque espagnole / tchèque Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Seat 3 024 1 234 1 198 14 180 6 472 4 956
Cupra n.c. 1 824 1 466 n.c. 8 981 7 823
Skoda 3 159 4 019 4 563 14 172 19 504 20 860

Skoda garde un positionnement plus lisible. Ce n'est plus vraiment une marque low-cost, mais elle conserve une image rationnelle, familiale et moins prétentieuse que Volkswagen ou Audi. Sur un marché où le client veut avoir l'impression d'en avoir pour son argent, cette cohérence paie.

Les chinois explosent, mais le plus important reste la tendance psychologique

Les marques chinoises montent très vite, même si les pourcentages doivent être lus avec prudence, car beaucoup partent de très bas. BYD passe de 938 immatriculations en mai 2025 à 2 585 en mai 2026, avec un cumul qui grimpe de 4 629 à 8 506. MG reste solide avec 2 682 immatriculations en mai et 11 729 depuis janvier. XPeng progresse à 682 unités en mai, Leapmotor à 604, et Jaecoo arrive déjà à 901 immatriculations sur le mois.

Marque chinoise Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2025 Cumul 2026
BYD n.c. 938 2 585 4 629 8 506
MG n.c. 2 576 2 682 10 721 11 729
XPeng n.c. 255 682 1 059 2 474
Leapmotor n.c. 187 604 1 160 2 424
Jaecoo n.c. n.c. 901 n.c. 1 883
Geely n.c. n.c. 111 n.c. 111
Lynk & Co n.c. 194 12 238 70

Le plus intéressant n'est pas seulement le volume actuel. En mai 2026, les marques chinoises principales du tableau représentent environ 7 577 immatriculations, soit près de 5.9 % du marché français. Au cumul, elles atteignent environ 27 250 immatriculations, soit un peu plus de 4 % du marché. Ce n'est plus un détail.

La progression devrait rester graduelle, car la vraie barrière n'est pas seulement commerciale. Elle est aussi mentale. Une partie du public associe encore les marques chinoises à des produits incertains, à une fiabilité supposée inférieure ou à une présence après-vente encore floue. Ces idées peuvent durer longtemps, même quand les produits deviennent compétitifs.

Mais le verrou saute petit à petit. Plus les voitures chinoises seront vues dans la rue, plus les clients auront des retours d'usage, plus les concessions s'installeront, et plus la défiance diminuera. C'est souvent comme cela qu'une marque devient normale. Elle ne convainc pas tout le monde d'un coup, elle cesse progressivement de faire peur.

Les japonais restent solides, mais la dynamique n'est pas uniforme

Les marques japonaises offrent une image plus stable, mais pas forcément très dynamique. Toyota reste très puissant, avec 7 653 immatriculations en mai 2026 et 43 358 au cumul. La marque progresse sur le mois par rapport à 2025, mais recule au cumul. Face à 2019, elle reste toutefois bien placée, car son cumul 2026 est supérieur à celui de 2019.

Nissan, Suzuki, Lexus, Honda et Mitsubishi sont plus fragiles. Nissan résiste sur le mois, mais le cumul baisse. Suzuki recule nettement. Lexus baisse aussi, ce qui montre que le premium japonais ne profite pas forcément du moment.

Marque japonaise Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Toyota 8 835 7 243 7 653 41 484 48 033 43 358
Lexus 573 538 458 2 682 2 723 2 056
Nissan 3 110 2 036 2 049 17 696 11 680 10 358
Suzuki 2 134 1 313 1 065 12 530 8 744 7 690
Mazda 873 404 743 5 011 3 039 2 903
Honda 554 362 328 3 523 2 095 2 095
Mitsubishi 498 92 74 2 484 532 505

Toyota reste sans doute le cas le plus solide, grâce à une stratégie hybride parfaitement installée. Quand le marché bascule vers l'hybride non rechargeable, Toyota n'a pas besoin de réapprendre son métier. Elle est déjà sur ce terrain depuis longtemps.

Les coréens souffrent malgré des produits attractifs

La baisse des marques coréennes est plus difficile à expliquer au premier regard. Hyundai tombe à 2 511 immatriculations en mai 2026, contre 3 087 en 2025 et 3 354 en 2019. Kia descend à 2 048, contre 2 418 en 2025 et 3 842 en 2019.

Marque coréenne Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Hyundai 3 354 3 087 2 511 16 273 17 469 14 681
Kia 3 842 2 418 2 048 19 151 13 381 12 574

C'est étonnant, car Hyundai et Kia proposent justement des gammes assez complètes, avec de l'hybride, de l'électrique, des SUV, des modèles rationnels et une image de fiabilité plutôt solide. Le problème vient peut-être d'un espace concurrentiel qui se referme. Toyota verrouille l'hybride, les chinois attaquent l'électrique avec des prix agressifs, les européens protègent leurs flottes, et Tesla aspire une partie de la demande électrique.

Les coréens sont donc bien placés sur le papier, mais ils se retrouvent pris entre plusieurs fronts. Ils ne sont pas aussi rassurants que Toyota pour l'hybride, pas aussi agressifs que les chinois sur les prix électriques, et pas aussi puissants que les marques européennes sur les réseaux historiques français.

Tesla explose, Ford s'effondre, Jeep résiste

Les marques américaines offrent le contraste le plus violent. Tesla passe de 721 immatriculations en mai 2025 à 5 446 en mai 2026. Par rapport à mai 2019, la progression est évidemment spectaculaire, puisque Tesla n'était alors qu'à 413 immatriculations. Le cumul 2026 atteint 21 220 unités, contre 8 277 en 2025 et 2 445 en 2019.

À l'inverse, Ford continue de s'effacer. La marque tombe à 1 999 immatriculations en mai 2026, contre 3 121 en 2025 et 6 541 en 2019. Au cumul, elle passe de 34 785 immatriculations en 2019 à 12 823 en 2026.

Marque américaine Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Tesla 413 721 5 446 2 445 8 277 21 220
Ford 6 541 3 121 1 999 34 785 15 790 12 823
Jeep 865 754 865 4 229 4 258 4 276

Tesla profite directement du basculement électrique du marché. La marque peut varier fortement d'un mois à l'autre selon les livraisons, donc il faut éviter de tirer une conclusion trop mécanique sur un seul mois. Mais le cumul montre bien une progression lourde. Tesla est passée d'une marque de niche en 2019 à un acteur central du marché électrique.

Ford montre presque l'inverse. La marque a perdu sa place naturelle dans le paysage français. Elle n'est plus vraiment généraliste populaire, pas vraiment premium, pas vraiment low-cost, et pas toujours bien placée dans l'électrique. C'est le genre de positionnement intermédiaire qui devient dangereux quand le marché se contracte.

Les britanniques et Volvo restent très affaiblis

Le pavillon britannique est difficile à lire, car certaines marques ne sont pas individualisées dans tous les fichiers. Land Rover n'affiche que 118 immatriculations en mai 2026, contre 621 en mai 2019. Volvo reste stable sur un an avec 838 immatriculations, mais reste très loin de ses 1 454 unités de mai 2019.

Marque britannique / suédoise Mai 2019 Mai 2025 Mai 2026 Cumul 2019 Cumul 2025 Cumul 2026
Jaguar 308 n.c. n.c. 1 496 n.c. n.c.
Land Rover 621 n.c. 118 2 930 n.c. 522
Volvo 1 454 833 838 8 447 4 200 4 246

Ces marques souffrent d'un problème de prix, de malus pour certaines versions thermiques, mais aussi d'une concurrence très forte sur les SUV premium. L'électrification devait être un tremplin, mais elle impose aussi de convaincre sur l'autonomie, la recharge, la décote et le logiciel. Sur ce terrain, les clients comparent beaucoup plus qu'avant.

Les données détaillées montrent surtout un marché fragmenté

La lecture marque par marque montre un marché très différent de celui de 2019. À l'époque, les grands généralistes faisaient encore la loi. Renault, Peugeot, Citroën, Volkswagen, Ford, Fiat ou Opel formaient une base très large du marché. En 2026, beaucoup de ces marques ont perdu une part énorme de leurs volumes.

Le marché ne s'est pas seulement contracté. Il s'est fragmenté. Une partie des volumes part vers l'électrique, une autre vers l'hybride, une autre vers les marques chinoises, une autre vers Tesla, tandis que les généralistes historiques tentent de défendre leurs prix avec des produits qui n'ont pas toujours la fraîcheur ou le rapport valeur/prix nécessaire.

Le cas français est le plus sensible. Les marques nationales gardent encore une grande place, mais elles semblent vivre en partie sur leur inertie. Le réseau, la fidélité, les habitudes et les flottes les maintiennent très haut. Mais si l'on regarde l'évolution depuis 2019, la baisse est trop forte pour être ignorée.

La hiérarchie automobile française est en train de changer

Mai 2026 ne montre pas seulement un marché en légère hausse. Il montre une redistribution silencieuse des cartes. Les groupes français restent puissants mais affaiblis, les allemands résistent mieux dans le premium, BMW ressort particulièrement bien, Porsche plonge, les coréens patinent, Ford décroche, Tesla explose et les chinois deviennent de plus en plus visibles.

Le plus inquiétant pour les marques historiques est que cette évolution ne ressemble pas à un accident isolé. Les chiffres de 2025 à 2026 montrent déjà des mouvements forts, mais la comparaison avec 2019 est encore plus sévère. Elle rappelle à quel point le marché français a changé de taille, de structure et de logique.

Une marque ne peut plus seulement compter sur son nom, son réseau ou ses anciens clients. Le client compare davantage, regarde les loyers, les équipements, l'autonomie, les aides, la fiscalité, la décote, et parfois même l'image technologique. Sur ce terrain, les anciennes marques ne partent plus avec autant d'avance qu'avant.

La progression des marques chinoises doit aussi être regardée avec calme. Elles ne dominent pas encore le marché, mais elles avancent. Et dans l'automobile, la confiance se construit lentement. Une fois qu'une marque devient visible dans la circulation, qu'elle a des concessions, des retours clients et des prix bien placés, elle cesse d'être exotique. Le vrai danger pour les marques européennes n'est donc pas seulement le volume chinois de mai 2026. C'est la trajectoire.

Le marché français de 2026 reste donc fragile en volume, mais surtout beaucoup plus instable dans sa hiérarchie. Les anciennes positions ne sont plus garanties. Et quand un marché se contracte tout en se transformant, ceux qui perdent du terrain ont parfois beaucoup plus de mal à le reprendre ensuite.


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