
.jpg)
Audi vient donc de présenter le Q7 III, avec des commandes ouvertes en France en juin 2026 et des premières livraisons prévues en octobre. Il faut quand même bien poser les choses dès le départ, car le mot “nouveau” est toujours un peu glissant chez les constructeurs. Oui, la carrosserie change, l'habitacle change, l'électronique évolue et la voiture reçoit une bonne couche de gadgets modernes. Mais la base reste celle d'un gros SUV thermique à moteur longitudinal, avec la plateforme PPC (Premium Platform Combustion), qui prolonge grosso modo l'univers MLB du groupe Volkswagen. Donc on n'est pas devant un Q7 repensé comme une voiture électrique ou un objet vraiment neuf dans sa philosophie. Audi garde son vieux schéma premium, puis lui ajoute ce qu'il faut pour le rendre présentable en 2026...
.jpg)
Le Q7 n'est pas fait pour la France, et il faut arrêter de faire semblant. Déjà parce que le pays se paupérise à vue d'oeil (piloté d'une main de maître [et de fer ?] par nos "élites"), et ce n'est plus vraiment un mystère tant cela se voit dans les faits, dans les salaires, dans l'accès à la propriété, dans le coût de la vie et dans cette impression générale que tout ce qui dépasse un peu doit être puni. Les voitures premium étaient déjà en train de sortir du champ de vision de la population, mais un Q7, qui trône tout en haut d'une marque premium, devient carrément un objet extérieur au pays. Ensuite, les malus ont terminé le travail avec une efficacité presque sadique. Le diesel, pourtant assez logique pour déplacer ce genre de gros SUV sur autoroute, se fait massacrer au CO2, et même l'hybride rechargeable, censé trouver une porte de sortie administrative, se prend désormais le malus au poids (histoire qu'il n'y ait aucune issue, surtout ne laissons pas respirer le contribuable). En gros, le Q7 s'adresse surtout aux pays où les dirigeants accordent encore un peu de liberté et de considération à leurs citoyens, en leur laissant acheter une voiture chère sans les traiter comme des délinquants climatiques. Chez nous, il devient presque une provocation roulante, non pas parce qu'il est techniquement absurde, mais parce que la France actuelle n'a plus les moyens économiques ni la liberté fiscale d'accueillir ce genre d'engin.
.jpg)
La plateforme PPC n'est pas une mauvaise base, loin de là. Elle permet de garder un vrai moteur longitudinal, une transmission quattro, une boîte automatique Tiptronic et des motorisations thermiques ou hybrides rechargeables. C'est sérieux, solide dans l'idée, et assez logique pour un gros SUV de voyage. Mais il faut savoir ce qu'on regarde. Audi ne fait pas une révolution, il modernise une architecture ancienne, celle des grands modèles du groupe, dans l'esprit des Touareg, Cayenne et anciens Q7. En gros, on garde les fondations, on refait la façade, on change l'électricité et on explique que la maison est neuve. Ce n'est pas faux, mais ce n'est pas totalement vrai non plus.
.jpg)
Porsche semble avoir mieux compris le moment avec le Cayenne. La marque laisse encore vivre le thermique, mais elle pousse franchement l'électrique, ce qui donne à son SUV une logique plus actuelle. Audi, avec ce Q7 lancé d'abord en diesel en France, donne au contraire l'impression de défendre l'ancien monde avec beaucoup de technologie autour. Ce n'est pas idiot mécaniquement, car un V6 diesel reste cohérent pour voyager loin avec un gros SUV, mais c'est une proposition qui sent déjà le passé dans un véhicule de luxe vendu comme une nouveauté. Personnellement, je trouve désormasi totalement impertinente et incohérent d'associer luxe et thermique, sauf dans de très rares cas employant du Flat6, V8, V10 ou V12. Tout le reste sent la moisissure.

Le style du Q7 III donne une impression plus verticale et plus statutaire que celui de l'ancienne génération. La face avant monte haut, la calandre prend beaucoup de place, les flancs paraissent plus massifs et l'arrière adopte une posture plus droite, ce qui rapproche visuellement l'ensemble d'un Mercedes GLS. Pas dans les dimensions exactes, mais dans l'attitude. Audi semble avoir voulu épaissir son grand SUV pour lui donner une présence plus imposante, quitte à perdre un peu de la retenue froide qui faisait le charme du Q7 II phase 1. Avouons que c'est assez révélateur de l'époque, car même les marques réputées sobres finissent par dessiner des voitures qui veulent occuper l'espace avant même de rouler...
.jpg)
Dimensions du Q7 : 5,06 m de long, 2,01 m de large, 1,76 m de haut et 2,998 m d'empattement.
Le Q7 reste heureusement utile, car sinon l'affaire deviendrait vraiment difficile à défendre. Il est proposé en 5 places de série, mais peut aussi recevoir une configuration 6 places avec deux sièges individuels au deuxième rang, ou une configuration 7 places plus classique. Audi indique que la deuxième rangée peut accueillir trois sièges enfants côte à côte, et ça, pour une famille, c'est plus important que tous les effets lumineux du monde. Le coffre atteint 670 litres en version 5 places, puis 2 075 litres une fois les sièges rabattus. En 7 places, on parle de 581 litres derrière la deuxième rangée et jusqu'à 1 980 litres quand tout est replié.
.jpg)
Donc oui, ce Q7 sert à quelque chose. Il transporte du monde, il avale des bagages, il peut remplacer un grand monospace que personne ne veut plus acheter parce qu'un monospace, paraît-il, ce n'est pas assez valorisant. C'est toujours la même histoire... On préfère un SUV plus lourd, plus cher, moins rationnel, mais plus flatteur pour l'ego. Le Q7 a au moins l'honnêteté d'être vraiment grand et vraiment pratique, ce qui n'est pas le cas de tous les SUV qui se prennent pour des voitures familiales.
.jpg)
A l'intérieur, Audi met évidemment beaucoup de numérique, avec un grand affichage panoramique, un écran passager, des éclairages d'ambiance, deux chargeurs sans fil, des prises USB-C puissantes et plusieurs inserts décoratifs. Il y aura sûrement de quoi impressionner en concession. Mais pour ma part, je reste prudent, car Audi a déjà commencé à perdre quelque chose sur la qualité ressentie. Le Q7 II phase 1 avait encore cette impression de solidité sérieuse, presque épaisse, qui faisait partie de l'identité de la marque. Le Q7 II restylé avait régressé sur ce point, avec plus d'écrans mais une planche de bord qui a presque perdu toutes ses plumes en terme de qualité perçue.
.jpg)
C'est un problème assez fréquent aujourd'hui. On retire des boutons, on ajoute du noir brillant, on met des animations lumineuses, puis on explique que la voiture est plus luxueuse. En réalité, elle est souvent plus spectaculaire, pas forcément mieux finie. Il faudra donc juger ce Q7 III en vrai, car à 99 150 euros avant malus, Audi n'a pas vraiment le droit de servir une ambiance luxe de pacotille, ce qu'elle fait pourtant depuis un certain temps sur tous ses modèles. Un vrai Q7 doit donner une impression de sérieux, pas seulement une impression de technologie.
.jpg)
L'habitacle a au moins le mérite de remettre un peu de chaleur dans une Audi, et ça fait franchement plaisir de revoir du bois dans une marque qui s'est parfois un peu trop perdue dans le noir brillant et les surfaces froides. Ici, la grande baguette horizontale en bois redonne une ambiance plus cossue, presque plus domestique, ce qui va bien à un Q7 qui reste avant tout un grand salon roulant. J'ai toutefois de gros doute sur la qualité des matériaux avec ce qu'Audi fait ces derniers temps...
.jpg)
Le Q7 III reçoit le nouvel ensemble numérique Audi, avec un combiné d'instrumentation de 11,9 pouces, un écran central tactile de 14,5 pouces et un écran passager de 10,9 pouces. Dit comme ça, cela paraît moderne, et ça le sera sans doute pour celui qui vient d'une ancienne Audi avec un MMI plus classique. Mais pour un SUV de luxe vendu à ce niveau de prix, je trouve l'ensemble assez timide. Le problème n'est pas que les écrans soient mauvais, c'est qu'ils restent assez limités dans leur logique. Le conducteur a son écran, le passager a le sien, et l'écran central reste finalement une dalle de taille moyenne, alors que certaines autos assument une vraie tablette centrale, plus grande, plus lisible et plus polyvalente pour gérer la navigation, les médias, les menus du véhicule ou les applications. En gros, Audi fait propre, bien intégré, assez élégant, mais pas vraiment spectaculaire ni franchement efficace pour exploiter tout ce qu'une voiture moderne peut afficher aujourd'hui.
C'est d'autant plus dommage que le logiciel, lui, progresse enfin. Les nouvelles Audi utilisent désormais un système basé sur Android Automotive OS, ce qui change beaucoup de choses par rapport aux anciens MMI plus fermés. Cela permet d'intégrer une boutique d'applications directement dans la voiture, sans passer obligatoirement par le téléphone, avec des apps de musique, vidéo, jeux, navigation, stationnement, recharge, météo ou actualités selon les marchés. YouTube peut ainsi être utilisé via l'écosystème embarqué, comme d'autres services de streaming, et l'idée est enfin de rendre l'Audi un peu moins enfermée dans son propre petit monde logiciel.
En France, le Q7 III démarre avec un seul moteur, le V6 3.0 TDI de 299 ch et 630 Nm. Il reçoit une micro-hybridation MHEV plus, une boîte automatique Tiptronic à 8 rapports et la transmission intégrale quattro. L'assistance électrique peut apporter ponctuellement 24 ch et 370 Nm, tandis qu'un compresseur électrique aide le moteur à répondre plus vite à bas régime. Ce n'est pas idiot du tout. Pour déplacer un SUV de ce format, un V6 diesel coupleux reste même l'une des solutions les plus cohérentes si l'on roule beaucoup sur autoroute.
Mais la France adore transformer une solution logique en faute morale. Avec des émissions autour de 185 à 209 g/km de CO2, ce Q7 peut prendre jusqu'à 80 000 euros de malus. Ajoutez cela aux 99 150 euros du prix de départ et vous obtenez une voiture qui devient presque une plaisanterie fiscale. Le plus absurde, c'est qu'on ne parle pas d'un moteur délirant. C'est un diesel raisonnable pour la taille de l'engin, compatible HVO, donc capable en théorie de réduire fortement son empreinte carbone si le carburant est disponible. Mais peu importe, la grille administrative tombe, et avec elle toute chance de vente normale.

Les versions hybrides rechargeables arriveront ensuite, avec 395 ch et 490 ch. Elles devraient utiliser une batterie d'environ 25,9 kWh bruts, soit 22 kWh nets, pour environ 85 km d'autonomie électrique. Là, le Q7 aura probablement beaucoup plus de chances en France, car son malus CO2 devrait être nettement plus doux que celui du diesel. C'est pour ça que le titre “invendable en France” n'était pas totalement juste si on parle de toute la gamme. Le diesel sera presque condamné, mais le PHEV pourra encore exister.
Attention quand même, car il restera le malus au poids. En 2026, il commence dès 1 500 kg, et un hybride rechargeable avec plus de 50 km d'autonomie électrique peut retrancher 200 kg de sa masse taxable. C'est mieux que rien, mais sur un Q7 qui devrait tourner autour de 2,4 à 2,5 tonnes, cela reste presque symbolique. En gros, on peut imaginer un malus masse autour de 15 000 à 16 000 euros selon la version exacte. Ce sera beaucoup moins violent que les 80 000 euros du diesel, mais ça rappellera quand même que l'administration n'oublie jamais un SUV lourd, même quand il porte une prise.
La suspension pneumatique permet au Q7 de varier assez largement sa hauteur de caisse, ce qui est indispensable sur un engin qui veut à la fois faire SUV de luxe, routière autoroutière et faux baroudeur du dimanche. En mode Lift, la carrosserie peut monter de 60 mm, tandis que les modes Offroad / Offroad+ la relèvent de 35 mm et que le mode Balanced ajoute encore 15 mm. A l'inverse, le mode Dynamic abaisse l'auto de 15 mm, et le niveau Autobahn la descend de 30 mm pour favoriser la stabilité et l'aérodynamique à haute vitesse. En gros, le Q7 triche avec sa hauteur selon les besoins, car il sait très bien qu'un SUV aussi gros doit parfois se faire plus haut pour passer, puis plus bas pour moins ressembler à une armoire normande lancée à 130 km/h...
Les autos sortent de plus en plus avec des gadgets et des options inédites, parfois utiles, parfois juste là pour faire parler. Le Q7 III n'échappe pas à cette mode, et il a quelques trouvailles assez croustillantes. Les portes peuvent s'ouvrir et se fermer électriquement, avec détection d'obstacle pour éviter de cogner une voiture voisine, un mur ou un cycliste qui passe au mauvais moment. Les phares Digital Matrix LED peuvent projeter des informations sur la route, comme des repères de voie ou des alertes. Les clignotants projetés au sol sont présentés comme une première mondiale, et pour une fois, le gadget peut avoir du sens, car un piéton ou un cycliste voit mieux ce que l'auto compte faire.
Il y a aussi les feux arrière OLED capables d'afficher plusieurs signatures et de communiquer certaines alertes aux véhicules qui suivent. Le toit panoramique peut devenir opaque par 9 segments, intègre 78 LED et bloque plus de 99,5 % des UV. La suspension pneumatique peut abaisser l'auto de 62 mm pour faciliter l'accès. Le stationnement entraîné peut mémoriser jusqu'à 5 manoeuvres de 200 m, et l'assistance de recul peut refaire environ 50 m en marche arrière. Bref, il y a du gadget de luxe, mais pas seulement. Sur une voiture aussi grosse, certaines de ces aides servent surtout à rendre vivable un objet qui, dans un parking français normal, frôle déjà l'absurde.
Au final, le Q7 III n'est pas une mauvaise voiture. Il est grand, pratique, puissant, probablement très confortable et rempli de technologies parfois utiles. Mais il garde une philosophie ancienne. Audi le rend plus lumineux, plus numérique, plus assisté, mais le fond reste celui d'un gros SUV thermique premium pensé pour une clientèle qui veut encore ses vieux repères. Le Cayenne donne l'impression d'accompagner le changement, tandis que le Q7 donne plutôt l'impression de le retarder avec beaucoup de moyens.
Ce n'est pas forcément stupide, car il existe encore des clients pour ce genre d'engin. Mais ce n'est pas très audacieux. Le diesel sera massacré par le malus, l'hybride rechargeable sauvera la présence commerciale en France, et Audi pourra dire que son Q7 reste dans la course. Pour ma part, j'y vois surtout une voiture d'ancien monde habillée en voiture moderne. Elle a les écrans, les LED, les portes électriques et les artifices du moment, mais elle garde le fond d'une époque qui se referme doucement. Et chez Audi, marque qui a longtemps prétendu avancer par la technologie, c'est quand même un peu gênant...
Derniers articles sur Audi :
Ecrire un commentaire
Que pensez-vous des 50 km/h pour le périphérique parisien ?
© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales
Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.