Les Allemandes n'ont jamais fait autant de camelote, et rarement elles l'ont vendue aussi cher

Dernière modification : 11/06/2026 -  3

Comme vous le savez probablement, je n'ai jamais eu pour habitude de taper sur une marque par plaisir, ni de défendre les françaises par réflexe patriotique (mes lecteurs le savent assez bien, je pense). Quand une voiture est bonne, je le dis, et quand elle sent l'économie faite au mauvais endroit, je le dis aussi. Or depuis quelques années, il devient franchement difficile de rester poli avec les marques allemandes, car le décalage entre leur image et ce qu'elles livrent réellement devient presque grotesque. BMW, Audi, Volkswagen et dans une moindre mesure Mercedes continuent de vendre l'idée d'une supériorité allemande, mais quand on pose les mains sur les plastiques, qu'on regarde les contre-portes, les assemblages ou les choix de matériaux, on se demande parfois si la voiture n'a pas été développée par un service comptable en burn-out. Ce n'est pas un secret, les prix ont explosé, mais le plus agaçant est ailleurs... jamais la qualité n'a semblé régresser aussi vite. A tel point que j'ai l'impression que le monde glisse vers une sorte de caricature, comme si la réalité fusionnait avec les Guinglos de l'info ou le Gorafi ! C'est incroyable, depuis 2008 que je tiens ce site, j'ai pu voir l'évolution des choses de près, et jamais, au grand jamais, je n'aurais imaginé ce futur, qui est désormais notre présent.

Il faut bien comprendre le fond du problème. On ne parle pas ici d'un simple détail de finition, d'une moquette un peu fine dans un coffre ou d'un bouton moins agréable que prévu. On parle d'une chute de standing sur des marques qui ont bâti leur réputation sur la solidité, la précision, la rigueur et ce petit sentiment très agréable d'acheter quelque chose de mieux que le voisin. Dans les années 2000 et 2010, même une Polo, Audi A3, une Série 3 ou une Golf vous donnaient cette impression de sérieux que beaucoup de généralistes n'arrivaient pas à reproduire. Aujourd'hui, cette avance a fondu, et même disparu. En gros, on paie encore le souvenir de l'excellence allemande, mais on repart avec une voiture qui en propose parfois moins qu'une Peugeot ou Renault équivalente.

Audi

Audi est probablement le cas le plus stupéfiant, car la marque a longtemps été l'étalon de la qualité perçue. Audi a vendu pendant des années des voitures dont l'intérieur faisait parfois plus premium que certaines marques positionnées encore plus haut, avec des boutons denses, des matériaux flatteurs, des ajustements impeccables et cette ambiance sérieuse qui rassurait immédiatement. Aujourd'hui, on monte dans certains modèles récents et on a presque envie de regarder deux fois le logo sur le volant pour vérifier qu'on ne s'est pas trompé de voiture. Le dernier Q3 donne par exemple une impression assez catastrophique pour une Audi, avec un habitacle qui évoque davantage un généraliste un peu ambitieux qu'une marque premium sûre d'elle. Avouons quand même qu'à ce niveau de prix, c'est difficile à accepter sans avoir l'impression d'être pris pour quelqu'un de très distrait.


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Une banale A3 de 2012 anéantit une A6 d'aujourd'hui ...




Le Q3 avait une planche de bord pas très séduisante, mais la qualité était au top




Audi était au top dans les années 2000 et 2010 ...

Le plus dérangeant, c'est que cette baisse ne touche pas seulement les modèles d'accès. Même une A6, censée encore porter une certaine idée du raffinement, ne provoque plus ce petit silence admiratif qu'une Audi savait déclencher il y a quinze ans. Les plastiques sont quelconques, l'ambiance est froide sans être vraiment luxueuse, ça sonne creux et l'ensemble donne parfois l'impression d'avoir été pensé pour bien rendre sur les photos de configurateur plutôt que pour séduire celui qui va vivre dedans tous les jours. Notez que je ne cherche pas ici à faire une caricature ou un papier à sensation, car il suffit de monter à bord et de toucher deux ou trois zones pour comprendre le problème. Même une e-tron GT, pourtant située dans des sphères tarifaires très élevées, laisse apparaître des matériaux trop ordinaires et une absence assez gênante de noblesse. Quand le haut de gamme lui-même commence à sentir l'économie, c'est que le mal est profond.

Après

Les Audi d'aujourd'hui semblent faites d'un matériaux biodégradable tellement les matériaux semblent légers: laissez votre auto sans la toucher 20 ans et elle aura été absorbée par la nature










On peut même arracher des morceaux à la main, sans forcer ...


Plastiques durs qui brilles, qui sonnent creux, l'espèce d'alcantara qui fait penser à de la camelotte Gifi etc. Les Audi d'aujourd'hui sont des taudis 

Volkswagen

Chez Volkswagen, le problème est presque plus irritant, car la marque continue de se vendre comme une sorte de généraliste supérieur, plus sérieux, plus solide, plus rationnel. C'était vrai pendant longtemps, notamment à l'époque où une Golf donnait vraiment l'impression d'être mieux construite que ses rivales (je me rappel de mon ancienne Golf 4, qui était à l'époque, et comparativement au premium, exceptionnellement bien construite Les 5, 6 et 7 ont aussi réussi à faire durer la tradition). Hélas, cette époque semble s'éloigner à grande vitesse, et le dernier T-Roc résume assez bien cette dérive. Son intérieur paraît daté, franchement pauvre, et certains choix auraient déjà pu sembler discutables en 2020 (voyez cet habitacle à la fois triste, peu qualitatif et qui reprend les codes d'un monde révolu). Le prix, lui, n'a évidemment pas oublié de prendre de l'altitude, ce qui donne lieu à une équation assez absurde où l'on paie plus cher pour recevoir moins bien. Oui, un T-Roc se paie facilement dans les 50 000 euros ! Pour une planche de bord qui est moins qualitative qu'une Polo 5 de 2008 !!

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Même une Polo proposait quelque chose de premium (sauf Finition Trend, qui proposait une planche de bord distincte en plastique dur)




Matériaux, assemblages, tout était vraiment excellent pour du généraliste chez Volkswagen

Vous pensez que j'exagère peut-être, mais il faut se rappeler ce qu'était Volkswagen il y a encore quelques années. Une Passat, une Golf ou même un Touran donnaient une sensation de sérieux qui justifiait une partie du supplément demandé. Aujourd'hui, on a parfois l'impression que Volkswagen conserve la facture premium tout en ayant glissé vers une qualité d'habitacle très ordinaire. C'est pour ça que la pilule passe mal, car le client ne paie pas seulement une voiture, il paie une promesse. Et quand cette promesse devient surtout un vieux réflexe marketing, ça commence à ressembler à une forme d'abus. Le dernier T-Roc, à ce titre, est presque un résumé roulant de ce que Volkswagen ne devrait jamais devenir.

Après

Voici un T-Roc actuel à 55 000 euros ... Matières bas de gamme, intérieur vide, austère ... Une Polo de 2008 l'enterre littéralement




BMW

BMW, de son côté, joue une partition un peu différente. La marque sait encore donner de l'allure à ses habitacles grâce aux écrans, aux interfaces modernes et aux éclairages d'ambiance, notamment sur les modèles les plus récents inspirés par la nouvelle génération Neue Klasse. Sur ce plan, il faut reconnaître qu'il reste un vrai savoir-faire, car l'effet visuel peut être très réussi au premier regard. Mais ensuite on touche, on observe, on appuie, et là le décor commence à se fissurer. Les matériaux sont quelconques, les plastiques sonnent creux, et certains éléments feraient presque désordre dans une voiture généraliste bien conçue. Pour ma part, je trouve même assez fou d'en arriver à se dire qu'une Tesla peut désormais donner une impression plus sérieuse sur la qualité de fabrication ou de cohérence intérieure.

Avant











Le cas BMW est d'autant plus regrettable que la marque avait une identité forte. On acceptait parfois une ambiance un peu austère, car il y avait une vraie densité dans la construction, une sensation mécanique, une manière de faire qui donnait l'impression d'avoir acheté une voiture pensée par des ingénieurs avant d'être pensée par des financiers. Aujourd'hui, tout semble plus démonstratif, plus numérique, plus lumineux, mais aussi plus fragile dans la perception. En gros, BMW met des paillettes sur une base qui devient moins noble. Ce n'est pas forcément visible sur une vidéo de présentation, mais ça saute aux yeux quand on prend le temps de regarder l'auto comme un acheteur et pas comme un influenceur invité à boire un café dans un studio bien éclairé. Bref, le blason reste fort, mais la matière derrière le blason n'a plus la même consistance.

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Voici la pognée d'un engin à 80 000 euros, que vous toucherez à chaque entrée et sortie du véhicule











Oui, c'est devenu lamentable ... Vide, matériaux qui donnent la nausée etc.

Mercedes : la rescapée ?

Mercedes mérite d'être séparée des autres, car la marque s'en sort mieux dans l'ensemble. Bien évidemment, tout n'est pas parfait, et la baisse existe aussi, notamment sur les modèles les plus compacts où certains choix font franchement tiquer. Une CLA 3, par exemple, peut donner envie de discuter sérieusement du mot premium, surtout quand on regarde le tarif demandé et la qualité réelle de certaines zones. Mais Mercedes conserve encore une forme d'intelligence dans la mise en scène, dans le dessin, dans l'éclairage et dans l'assemblage général. Le dernier GLC, par exemple, impressionne encore par sa qualité perçue, même si celui qui regarde avec précision trouvera vite des économies et des astuces un peu moins nobles qu'avant.












La dernière CLA est quand même limite ... 

C'est justement là que Mercedes garde une avance relative. La marque sait encore maquiller ses compromis avec talent, et je ne dis pas cela de manière méprisante, car bien présenter une économie fait aussi partie du savoir-faire automobile. Là où Audi ou Volkswagen semblent parfois avoir abandonné l'effort, Mercedes donne encore l'impression d'avoir réfléchi à l'expérience client. On peut critiquer, bien sûr, car les prix sont eux aussi devenus très élevés, mais on sent encore une volonté de préserver une certaine tenue. En ce qui me concerne, je ne mettrais donc pas Mercedes dans le même panier que les autres. La marque baisse, oui, mais elle ne s'est pas encore effondrée dans cette logique de camelote arrogante que l'on voit ailleurs.

Porsche, le dernier refuge de l'aveuglement premium

Porsche mérite aussi d'être cité, car la marque profite peut-être encore plus que les autres de la protection quasi religieuse de son blason. Voyons donc les derniers Macan électrique, Taycan ou même 911 type 992, et essayons de regarder les choses sans se laisser hypnotiser par l'écusson au centre du volant. Les plastiques ont chuté en qualité, c'est visible, palpable, et franchement assez difficile à nier quand on a connu les générations précédentes.

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Le plus surprenant est presque de voir à quel point beaucoup de commentateurs et de journalistes semblent passer à côté, au point qu'on finit par se demander s'ils ne choisissent pas de ne pas voir ce qui saute pourtant aux yeux (ou aux doigts, devrait-on dire). Mais il faut aussi reconnaître que les biais cognitifs jouent à plein régime, car un logo Porsche a cette capacité assez fascinante à court-circuiter le cerveau de certains (pas le mien, je le remercie au passage), comme si la noblesse supposée de la marque rendait automatiquement noble le moindre plastique dur. Encore une fois, je ne cherche pas à accentuer le trait, les matériaux sont aujourd'hui dignes d'une Cupra, ni plus ni moins, et ce n'est pas une insulte envers Cupra mais bien un problème quand on parle de Porsche. Dans une 911 type 991, tout était presque parfait, tout comme dans les Cayenne 2, Panamera et Macan 1, malgré quelques plastiques moyens sur les fameux boutons de console centrale (ceux qui disaient assez vite si vous aviez coché beaucoup d'options ou pas...).

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Le vrai problème, c'est que les Allemandes ont perdu leurs avantages

Voyons maintenant ce qu'il reste vraiment aux Allemandes. Pendant longtemps, elles avaient plusieurs atouts très concrets, et pas seulement une image. Elles proposaient des habitacles supérieurs, des moteurs nobles, des boîtes convaincantes, des châssis sérieux et une sensation globale de robustesse que beaucoup de concurrents n'arrivaient pas à égaler. Mais avec l'électrification, une partie de ces avantages disparaît mécaniquement, car les 6 et 8 cylindres sont devenus des dinosaures obsolètes. Et dès qu'on enlève ce prestige mécanique, il reste quoi si l'habitacle devient banal et si le prix continue de grimper ? Pas grand-chose, ou alors surtout une image que les marques exploitent jusqu'à la corde.

Il faut savoir que le premium ne peut pas vivre éternellement sur ses souvenirs. À un moment, le client finit par ouvrir les yeux, surtout quand il compare avec ce qui arrive de Chine. Et là, avouons quand même que la situation devient presque humiliante pour les marques allemandes. Un XPeng G9, pour prendre un exemple parlant, peut impressionner davantage qu'une bonne partie des modèles allemands vendus 30 à 50% plus cher, avec une qualité perçue, une technologie embarquée et une générosité d'équipement qui mettent mal à l'aise les vieux champions européens. Ce n'est pas très agréable à dire, car personne n'aime voir l'industrie européenne se faire bousculer ainsi, mais nier la réalité ne rendra pas les plastiques plus doux ni les contre-portes mieux finies.

À l'inverse, les marques françaises ont progressé, et il serait malhonnête de ne pas le dire. Je rappelle que je n'ai jamais cherché à les favoriser, et ceux qui lisent régulièrement mes essais savent très bien que je peux être sévère avec Renault, Peugeot, Citroën ou DS quand il le faut. Pourtant, il faut reconnaître que la qualité perçue, le dessin intérieur, l'assemblage et même la tenue générale ont souvent gagné en sérieux ces dernières années. Une Peugeot moderne, certaines Renault récentes ou même une DS bien configurée peuvent désormais donner une impression plus cohérente que des allemandes pourtant vendues beaucoup plus cher. Ce qui aurait semblé presque ridicule à écrire il y a quinze ans devient aujourd'hui assez facile à défendre.

Hélas, les françaises ne sont pas devenues des modèles de vertu pour autant. Elles aussi se vendent bien trop cher, elles aussi profitent du marché, elles aussi ont compris que l'automobile moderne permettait de facturer beaucoup en donnant parfois moins. La différence, c'est que leur progression est visible, tandis que les allemandes régressent en continuant de réclamer un respect automatique. Et c'est peut-être ça le plus agaçant dans cette histoire. Quand une marque monte en gamme et augmente ses prix, on peut discuter. Quand une marque baisse en qualité tout en augmentant encore plus vite ses tarifs, on commence à parler d'un mépris assez palpable du client.

Acheter une Allemande aujourd'hui, c'est s'arnaquer soi-même

Encore une fois, je ne dis pas qu'il n'existe plus aucune bonne allemande. Certaines restent très réussies, certains moteurs thermiques ont encore un charme réel (quoi que, comparé à l'électrique ça reste dépassé), certaines architectures conservent un agrément que beaucoup d'autres n'offrent pas. Mais la tendance générale est suffisamment lourde pour qu'on arrête de faire semblant. Acheter allemand aujourd'hui n'est plus automatiquement acheter mieux, et dans certains cas, c'est même acheter moins bien en payant plus cher. Avouons que c'est quand même un retournement assez inattendu tellement leur domination était écrasante.

Le plus triste, finalement, c'est que les marques allemandes avaient tout pour garder leur avance. Elles avaient l'image, la clientèle, l'argent, les ingénieurs et l'histoire. Elles ont choisi (par dépit, je ne suis pas naïf : Dieselgate, plus de gaz Russe etc.) de rogner, de simplifier, de remplacer la matière par de l'écran et de vendre l'ancien prestige comme si personne n'allait s'en rendre compte. Mais les conducteurs ne sont pas tous dupes, surtout ceux qui ont connu les Audi, BMW, Volkswagen et Mercedes des années 2000 et 2010. Pour ma part, je trouve cette dégringolade presque plus choquante que les prix eux-mêmes, car elle casse une forme de confiance qui avait été construite lentement. Et une fois que cette confiance se fissure, il ne suffit pas de mettre un grand écran incurvé et trois LED violettes dans l'habitacle pour la réparer...


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