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Mercedes renouvelle son SUV compact et en profite pour faire disparaître le nom EQA. Ce changement n'a rien d'anodin, car le flop monumental des EQE et EQS a rendu le label EQ presque embarrassant. Il est désormais associé à des voitures très coûteuses, au style discutable et aux ventes largement inférieures aux ambitions de Mercedes. La marque revient donc à un nom connu avec ce GLA électrique, histoire de tourner la page sans avoir à reconnaître trop bruyamment que sa première stratégie électrique s'est mal terminée.
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Le nouveau modèle progresse par rapport à l'ancien EQA. Il consomme moins, va plus loin et profite surtout d'une architecture 800V capable d'accepter jusqu'à 320 kW. Mais cette évolution n'a rien de transcendant. Les proportions restent celles d'un SUV thermique, le coffre arrière manque de volume et la version d'entrée de gamme se contente d'une batterie LFP de 58 kWh, beaucoup trop petite pour un véhicule qui prétend jouer dans la cour du premium. Le GLA cherche davantage à faire le snob qu'à être vraiment smart.
Mercedes présente la plateforme MMA comme une base pensée en priorité pour l'électrique. La formulation est maligne, car elle évite de dire qu'elle est exclusivement électrique. Des versions essence hybrides du GLA arriveront d'ailleurs en 2027, ce qui confirme qu'il s'agit bien d'une architecture multienergie.
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Ca se voit immédiatement dans les proportions. Le capot reste long et plat, le pare-brise relativement reculé et la silhouette pourrait accueillir un moteur thermique sans que personne ne remarque quoi que ce soit. Mercedes a amélioré l'ancien EQA, mais n'a pas repensé son SUV autour des possibilités offertes par l'électrique.
Une voiture électrique dédiée peut raccourcir son capot, avancer l'habitacle et consacrer davantage de longueur aux passagers et aux bagages. Le tesla Model Y illustre assez bien cette logique, avec une architecture développée sans devoir prévoir l'arrivée future d'un quatre cylindres. Le GLA conserve au contraire une silhouette rassurante pour la clientèle traditionnelle et pratique pour les usines Mercedes. C'est rationnel pour le constructeur, moins pour le client.
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Le nouveau GLA n'est pas laid. Ses lignes sont propres, ses proportions équilibrées et l'ensemble paraît moins lourd que l'ancien EQA. Le problème vient plutôt du manque d'audace pour un véhicule présenté comme une nouvelle génération électrique.
Mercedes avait essayé de bouleverser ses habitudes avec les EQE et EQS. Leur forme très aérodynamique et presque monovolume cherchait réellement à rompre avec les berlines thermiques traditionnelles. Les ventes ont été mauvaises et la marque semble désormais terrorisée à l'idée de recommencer. Le GLA revient donc vers un dessin classique, immédiatement identifiable et beaucoup plus facile à vendre.
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Quelques trait du Stelvio semblent émerger des optiques
L'avant essaie de compenser cette prudence avec une grande calandre fermée couverte d'étoiles et d'éléments lumineux. C'est spectaculaire quelques instants, mais aussi assez puéril. Les constructeurs allemands semblent parfois plus préoccupés par la manière dont leur voiture clignote sur un parking que par son poids, son espace intérieur ou ses équipements de série.
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Un popotin qui peut rappeler une certaine Polo
L'arrière manque davantage de prestance. Le bandeau lumineux traversant toute la largeur suit une mode désormais utilisée par presque tout le monde, tandis que les feux en forme d'étoile cherchent un peu trop visiblement à rappeler l'identité de la marque. Une Mercedes devrait pouvoir être reconnue sans répéter son logo dans chaque élément lumineux.
Le GLA mesure désormais 4,565 m de long, soit 143 mm de plus que son prédécesseur. Son empattement gagne 61 mm pour atteindre 2,790 m, ce qui améliore l'espace aux jambes à l'arrière. Les passagers profitent donc d'une habitabilité plus généreuse qu'auparavant.
Le coffre arrière se limite pourtant à 410 litres, avec un maximum de 1 400 litres lorsque les sièges sont rabattus. Ce n'est pas ridicule, mais c'est peu impressionnant pour une électrique récente de plus de 4,56 m. Un BMW iX1 plus court annonce davantage de volume, tandis qu'un Tesla Model Y montre ce qu'une conception exclusivement électrique permet d'obtenir.
Le GLA se rattrape avec un coffre avant de 107 litres, assez grand pour accueillir les câbles et plusieurs sacs. C'est appréciable et beaucoup plus utile que les petits compartiments symboliques proposés par certains concurrents. Cela ne suffit cependant pas à masquer une exploitation assez moyenne du gabarit. Le nouveau GLA est plus grand, mais pas spécialement plus intelligent.
La gamme débute avec trois motorisations électriques. Les deux versions à propulsion utilisent un moteur arrière, tandis que le GLA 350 4MATIC ajoute un second moteur sur le train avant.
| Version | Batterie utile | Chimie | Puissance | Transmission | Autonomie WLTP | Recharge DC | Prix |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| GLA 200 | 58 kWh | LFP | 224 ch | propulsion | 445 km | 200 kW | 44 400 euros |
| GLA 250+ | 85 kWh | NMC | 272 ch | Propulsion | 657 km | 320 kW | 50 700 euros |
| GLA 350 4MATIC | 85 kWh | NMC | 354 ch | Intégrale | 642 km | 320 kW | 54 700 euros |
Le GLA 200 sert avant tout à afficher un prix de départ raisonnable. Sa batterie LFP supportera bien les recharges fréquentes à 100 %, mais sa capacité de 58 kWh reste trop limitée pour un SUV premium de ce gabarit. Une voiture de plus de 44 000 euros ne devrait pas obliger son propriétaire à calculer aussi souvent ses arrêts sur autoroute. Les 445 km WLTP deviendront évidemment beaucoup moins dans le froid ou à 130 km/h.
Le GLA 250+ est la seule version réellement cohérente. Sa batterie NMC de 85 kWh utiles permet d'annoncer jusqu'à 657 km WLTP, avec une puissance de recharge de 320 kW. Ses 272 ch suffisent largement, mais restent assez modestes pour un véhicule premium électrique dépassant les 50 000 euros. Des modèles moins chers proposent aujourd'hui plus de 300 ch sans en faire un événement.
Le GLA 350 4MATIC développe 354 ch et 515 Nm. Il passe de 0 à 100 km/h en 5,4 secondes, ce qui est rapide sans être impressionnant selon les standards électriques actuels. Là encore, Mercedes semble retenir volontairement les performances afin de préserver de futures versions AMG plus coûteuses.
Une batterie intermédiaire de 71 kWh doit arriver ensuite. Elle pourrait offrir un compromis plus convaincant, à condition que le prix ne soit pas artificiellement rapproché de celui du GLA 250+. Mercedes ne précise pas encore clairement le fournisseur ni le format exact des cellules utilisées sur le GLA.
Le vrai point fort du GLA se trouve dans son architecture 800V. Les versions équipées de la batterie de 85 kWh peuvent accepter jusqu'à 320 kW sur une borne adaptée. Mercedes annonce environ 270 km d'autonomie récupérés en dix minutes dans de bonnes conditions.
La petite batterie de 58 kWh accepte jusqu'à 200 kW, ce qui reste une excellente valeur compte tenu de sa capacité. La recharge en courant alternatif atteint 11 kW de série, tandis que le chargeur 22 kW est proposé en option.
Le convertisseur permettant d'exploiter certaines bornes rapides 400 V fait également partie des options. C'est plus gênant, car le réseau compte encore de nombreuses installations de ce type. Mercedes vend donc une excellente architecture de recharge, puis facture séparément l'équipement nécessaire pour profiter correctement de toutes les bornes. La technique est brillante, la politique commerciale beaucoup moins.
Malgré cela, le GLA prend une vraie avance sur plusieurs concurrents européens. Un BMW iX1 plafonne autour de 130 kW et un Audi Q4 e-tron reste nettement moins rapide à recharger. Le 800V est le seul domaine où cette Mercedes se montre réellement en avance sur sa catégorie.
L'habitacle reprend l'architecture commune aux CLA, GLB et GLA. On trouve un écran conducteur de 10,25 pouces, un écran central de 14 pouces et un second écran de 14 pouces devant le passager sur les versions équipées du MBUX Superscreen.
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L'ensemble est spectaculaire sur les photos, mais la mutualisation devient très visible. Mercedes utilise la même recette sur plusieurs modèles afin de réduire ses coûts, avec de grandes surfaces brillantes, beaucoup d'éclairage d'ambiance et des aérateurs démonstratifs. Sous cette décoration, certains plastiques semblent désormais proches de ce que proposent de bonnes marques généralistes.
Le problème n'est pas que les généralistes fabriquent de mauvais intérieurs. C'est même l'inverse. Ils ont tellement progressé que Mercedes doit faire davantage pour justifier ses tarifs, et non se contenter d'ajouter des étoiles lumineuses sur des matériaux ordinaires. Le GLC électrique a montré que la marque savait encore produire un habitacle réellement valorisant. Le GLA paraît beaucoup plus calculé.
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Le système MB.OS propose Google Maps, plusieurs assistants utilisant l'intelligence artificielle et différentes applications multimédias. L'équipement est sérieux, mais les écrans restent moins polyvalents que chez Tesla ou certains constructeurs chinois. La navigation internet, les services vidéo et l'ajout de nouvelles fonctions ne donnent pas encore la même sensation de liberté.
Mercedes offre beaucoup d'écrans, mais pas forcément beaucoup plus de possibilités. C'est joli, lumineux et efficace pour impressionner lors d'une première visite en concession. Cela ressemble moins à une véritable avance technologique.
Des versions essence hybrides arriveront en 2027. Elles utiliseront un moteur turbo de 1,5 litre, associé à une machine électrique de 22 kW intégrée dans une boîte à double embrayage à huit rapports. Une petite batterie de 1,3 kWh permettra de rouler brièvement en électrique à faible vitesse.
Le système sera proposé avec plusieurs niveaux de puissance, en traction ou avec la transmission intégrale 4MATIC. Mercedes a donc consacré beaucoup d'ingénierie à maintenir en vie un moteur thermique, sa boîte de vitesses, son échappement et tout l'entretien qui va avec.
Ces versions auront une utilité sur les marchés où la recharge reste difficile. En Europe occidentale, elles ressemblent surtout à une solution destinée aux acheteurs qui refusent encore de changer leurs habitudes. Acheter en 2027 un SUV premium électrifié par une batterie de 1,3 kWh aura quelque chose d'assez pathétique, surtout lorsque la version électrique pourra récupérer plusieurs centaines de kilomètres en quelques minutes.
Le GLA 200 débute à 44 400 euros, le GLA 250+ à 50 700 euros et le GLA 350 4MATIC à 54 700 euros. Les premières livraisons sont annoncées pour novembre 2026.
Le prix de départ paraît raisonnable pour une Mercedes, mais il concerne une version dotée d'une petite batterie de 58 kWh. Ce modèle sert surtout à placer un chiffre séduisant dans les publicités et les comparateurs. Mercedes sait que beaucoup de clients préféreront la grande batterie, puis ajouteront une finition supérieure et plusieurs options.
La dotation de base n'est pas totalement misérable. On trouve notamment l'écran central de 14 pouces, la pompe à chaleur, le toit panoramique et une caméra de recul. La concurrence de Tesla, des marques chinoises et des généralistes bien équipés oblige enfin les constructeurs allemands à fournir autre chose qu'un volant et quatre roues.
Le configurateur permettra toutefois de rétablir les habitudes. Chargeur 22 kW, compatibilité complète avec les bornes 400 V, écran passager et différents équipements de confort feront rapidement grimper la facture. Le GLA 250+ correctement équipé risque ainsi de coûter le prix de véhicules plus grands, plus puissants ou mieux finis.
Le BMW iX1 offre un coffre plus généreux et une présentation intérieure assez sérieuse, mais sa recharge rapide paraît dépassée à côté des 320 kW du GLA. L'Audi Q4 e-tron propose aussi davantage de volume, avec une architecture électrique devenue moins impressionnante.
Le Tesla Model Y est légèrement plus grand, mais il offre beaucoup plus d'espace, de meilleures performances dans plusieurs versions et un système multimédia plus polyvalent. Sa finition ne plaira pas à tout le monde, mais sa conception exclusivement électrique reste plus intelligente.
Les constructeurs chinois proposent souvent de meilleurs écrans, davantage d'équipements et des puissances supérieures pour moins cher. Leur image et leur réseau restent moins solides, mais cela ne suffira pas éternellement à protéger Mercedes.
Le marché généraliste a beaucoup progressé, tandis que les marques premium ont parfois surtout appris à mieux éclairer leurs plastiques. Le GLA illustre assez bien ce problème.
Le nouveau GLA est meilleur que l'ancien EQA. Il consomme moins, va plus loin, recharge beaucoup plus vite et profite d'un coffre avant réellement utile. Son architecture 800V est excellente et fera une vraie différence lors des longs trajets.
Pour le reste, Mercedes manque d'ambition. Les proportions restent pensées comme celles d'un véhicule thermique, le coffre arrière est très très moyen, les puissances sont timides et la petite batterie de 58 kWh n'a pas sa place dans un SUV premium. L'intérieur veut impressionner avec ses écrans et son éclairage, tout en laissant apparaître une rationalisation difficile à accepter à ce niveau de prix.
Le GLA 250+ pourra devenir une bonne voiture électrique de voyage. Il ne deviendra vraiment attractif que si Mercedes reste raisonnable sur les tarifs et les options, ce qui n'est pas exactement sa spécialité.
Le nouveau GLA progresse, mais il continue à vendre beaucoup de statut autour d'un produit devenu assez généraliste. Il est plus snob que smart, sauf lorsqu'il se branche sur une borne 800V.
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