

Xpeng continue de descendre en gamme avec le nouveau L03, un SUV coupé électrique qui démarre à 34 990 euros en France. Et pour ce prix, on ne parle pas d'une petite citadine bricolée à l'économie, mais d'une auto de 4,65 mètres de long, dotée de 245 ch dès la version de base et capable d'annoncer jusqu'à 520 km d'autonomie WLTP. Vous pensez que les constructeurs européens proposent à peu près la même chose... Pas vraiment, ou alors il faut rapidement ajouter plusieurs milliers d'euros et commencer à cocher des options. C'est donc surtout sur le rapport entre prix, technologie et prestations que ce L03 devient intéressant.

Ce nouveau modèle sera proposé chez nous uniquement en électrique lors de son lancement, même si une variante avec prolongateur d'autonomie existe ailleurs. Pour ma part, ce n'est pas une mauvaise nouvelle, car ajouter un moteur essence servant uniquement de générateur revient aussi à ajouter du poids, de la complexité et de l'entretien. Avec une recharge rapide bien pensée et une autonomie dépassant les 500 km sur la bonne version, le besoin d'un moteur thermique de secours devient déjà nettement moins évident en Europe. Le thermique finira bien par disparaître, et ce n'est pas uniquement une affaire de réglementation... L'électrique est plus agréable, plus silencieux et beaucoup plus logique mécaniquement.


Le L03 reprend la silhouette désormais classique du SUV coupé, avec un pavillon qui descend progressivement vers l'arrière et une carrosserie assez basse pour le genre. L'ensemble paraît sportif sans tomber dans les artifices grossiers, ce qui devient presque rare à une époque où certains constructeurs collent des prises d'air factices partout pour donner du caractère. Ici, les lignes sont plutôt propres, les poignées sont semi-affleurantes et les portières n'ont pas d'encadrement autour des vitres. Cela donne une allure plus cossue que ne le laisse imaginer le prix, même si ce genre de détail devra être jugé sur la durée au niveau des bruits d'air et de l'étanchéité.
On pourra toutefois regretter l'aspect contrefaçon de Volvo à l'avant, sachant en plus que les optiques auraient mérité d'être un peu moins gros. Le profil peut aussi paraître un peu trop lourd et rondouillet avec les petites jantes. L'arrière a un petit côté Purosangue, et la jonction entre montant de custode et vitrage arrière est bien inspirée, on croirait voir du premium.
Le coefficient aérodynamique descend à 0,228, ce qui est excellent pour une voiture aussi haute et large. Xpeng utilise notamment des volets actifs à l'avant, des surfaces assez lisses et un dessin de carrosserie destiné à limiter les turbulences. En gros, ce travail permet de consommer moins sans avoir à ajouter une batterie énorme, donc sans faire encore grimper le poids et le prix. C'est une démarche bien plus intelligente que de fabriquer un parpaing de 2,7 tonnes puis de lui installer 110 kWh de batterie pour masquer son manque d'efficience... Même si le L03 ne sera pas une plume, il semble au moins avoir été conçu avec un minimum de logique.
Ses dimensions le rapprochent davantage d'un Tesla Model Y que d'un petit SUV urbain. Il mesure 4,65 m de long, environ 1,92 m de large et profite d'un empattement généreux de 2,85 m. Il faudra donc rester prudent dans les parkings étroits, car la largeur commence à devenir importante malgré le positionnement tarifaire relativement accessible. Ce n'est pas parce qu'une voiture coûte moins de 35 000 euros qu'elle devient petite par magie... Le marché continue de faire grossir les autos, et Xpeng ne résiste visiblement pas à cette tendance.
La gamme électrique française repose sur deux batteries LFP de 58,3 kWh et 71,2 kWh. Les versions à propulsion développent 245 ch, tandis que la Performance Ultra ajoute un second moteur pour atteindre 388 ch et quatre roues motrices. Même le modèle d'entrée de gamme n'a donc rien de poussif, puisqu'il réalise le 0 à 100 km/h en 7,5 secondes. La grande batterie améliore encore les performances avec un chrono de 6,6 secondes, ce qui suffit largement pour dépasser proprement et profiter du répondant immédiat de l'électrique.
| Version | Batterie | Puissance | Autonomie WLTP | 0 à 100 km/h | Prix |
|---|---|---|---|---|---|
| Autonomie Standard | 58,3 kWh | 245 ch | 445 km | 7,5 s | 34 990 € |
| Grande Autonomie | 71,2 kWh | 245 ch | 520 km | 6,6 s | 37 990 € |
| Grande Autonomie Ultra | 71,2 kWh | 245 ch | 480 km | 6,6 s | 42 990 € |
| Performance Ultra | 71,2 kWh | 388 ch | 440 km | 4,5 s | 46 990 € |
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La version Performance Ultra réalise le 0 à 100 km/h en 4,5 secondes, ce qui commence franchement à pousser. Certains diront évidemment que cela ne sert à rien dans un SUV familial, mais on pourrait utiliser le même raisonnement pour à peu près tout ce qui dépasse le strict minimum vital. Une belle réserve de puissance améliore aussi l'agrément, car l'auto répond immédiatement et ne semble jamais forcer, même chargée ou lancée sur autoroute. Personnellement, c'est une version qui m'intéresse davantage que la majorité des variantes soi-disant raisonnables, même si la Grande Autonomie reste objectivement le choix le plus malin.

Il faut simplement accepter que la Performance limite son autonomie à 440 km WLTP, car le second moteur, les roues plus imposantes et les accélérations potentiellement plus fréquentes finissent forcément par réclamer de l'énergie. Celui qui cherche avant tout à voyager choisira donc probablement la Grande Autonomie de 245 ch, tandis que celui qui aime les autos plus démonstratives pourra se tourner vers les 388 ch. Ce sont deux logiques différentes et aucune n'est vraiment absurde. Avouons quand même que pouvoir choisir entre une version rationnelle et une autre franchement rapide reste plus sympathique qu'une gamme composée de trois variantes molles séparées par 15 ch...
Xpeng n'a pas repris l'architecture 800 volts des G6 et G9, probablement pour réduire le coût de fabrication. Le L03 fonctionne donc en 400 volts, mais cela ne l'empêche pas d'accepter jusqu'à 193 kW sur la petite batterie et 236 kW sur la grande. La recharge de 10 à 80 % est annoncée en 20 minutes dans les deux cas. C'est très rapide, surtout pour une voiture vendue sous les 35 000 euros, et cela montre qu'il ne suffit pas d'afficher 800 volts dans une brochure pour obtenir une bonne recharge.
La puissance maximale ne raconte cependant qu'une partie de l'histoire, car une voiture peut atteindre un gros pic pendant quelques secondes puis s'écrouler assez vite. Il faudra donc attendre les mesures réelles pour observer la courbe complète, la stabilité thermique et la capacité à répéter les charges rapides sur un long trajet. Xpeng maîtrise plutôt bien ce sujet sur ses modèles récents, ce qui rend optimiste, mais autant éviter de transformer une donnée constructeur en vérité absolue. Encore une fois, les 20 minutes seront obtenues dans de bonnes conditions, avec une borne adaptée et une batterie préparée à la bonne température.
Pour un usage quotidien, la recharge en courant alternatif atteint 11 kW, ce qui convient parfaitement à une borne domestique ou publique classique. Avec une batterie de 71,2 kWh, une nuit suffit donc largement pour retrouver une charge complète dans la plupart des situations. Il faut d'ailleurs rappeler qu'on ne rentre pas chaque soir avec une batterie totalement vide, pas plus qu'on n'attend d'avoir utilisé la dernière goutte d'essence avant de refaire le plein. L'électrique change surtout les habitudes, car on branche l'auto lorsqu'elle stationne au lieu de se déplacer spécialement dans une station. Une fois cette logique assimilée, les contraintes sont souvent bien moins importantes que ce que racontent ceux qui n'en utilisent jamais...

L'habitacle adopte une présentation épurée organisée autour d'un écran tactile central de 15,6 pouces. Il gère l'infodivertissement, la navigation et une grande partie des réglages de la voiture, avec Apple CarPlay, Android Auto et une intégration native de Google Maps. Pour ma part, je préfère nettement ce type d'environnement à une planche de bord remplie de petits boutons mal rangés et d'écrans minuscules. Une bonne interface tactile est rapide, évolutive et permet de présenter beaucoup plus d'informations sans transformer l'habitacle en tableau électrique.


Le L03 utilise un combiné numérique de 8,8 pouces derrière le volant et un grand affichage tête haute de 26,8 pouces, ce qui permet de garder les informations essentielles directement dans le champ de vision.
L'intégration récente de Google Maps sur les Xpeng est particulièrement intéressante, et elle ne consiste pas simplement à afficher l'application d'un téléphone sur l'écran. Xpeng utilise les données et les services de Google Maps dans sa propre interface, ce qui doit permettre d'améliorer la navigation, le trafic en temps réel, la recherche de lieux et l'estimation de l'énergie nécessaire pour un trajet. Cela paraît presque banal en 2026, pourtant beaucoup de constructeurs vendent encore des GPS internes moins pratiques qu'un smartphone à 200 euros. Ce genre de retard devient difficile à pardonner sur une voiture moderne, surtout quand le système multimédia est utilisé à chaque déplacement.

Le L03 ne reprend pas simplement le système des G6 et G9 avec quelques couleurs différentes, puisqu'il inaugure la version internationale de XOS 6. L'interface a été revue et s'accompagne d'un assistant vocal plus évolué, capable de mieux comprendre le contexte et les demandes formulées naturellement. C'est une évolution importante, car le logiciel occupe désormais une place centrale dans une voiture électrique moderne. Pour ma part, une belle tablette ne sert pas à grand-chose si le système qui tourne derrière est lent, mal organisé ou déjà dépassé au moment de la livraison...
Le L03 sera le premier modèle international à profiter de cette nouvelle interface, mais il ne devrait pas rester le seul. Xpeng laisse entendre qu'elle sera ensuite étendue à d'autres voitures de la gamme par mise à jour, sans indiquer pour le moment les modèles concernés ni le calendrier. Il faut donc éviter de promettre que tous les anciens G6, G9 ou P7 recevront l'intégralité de XOS 6, car certaines fonctions dépendront forcément du matériel embarqué. Mais cette logique d'évolution par OTA reste un vrai avantage... Une voiture moderne ne devrait pas voir son système multimédia figé le jour où elle quitte l'usine.
Selon les versions, le L03 peut aussi recevoir des sièges chauffants, ventilés et massants, un système audio à 20 haut-parleurs, un toit panoramique de 1,31 m², une pompe à chaleur et un éclairage d'ambiance à 256 couleurs. Certains considéreront forcément tout cela comme des gadgets, mais ce sont justement ces équipements qui améliorent l'expérience quotidienne. Une voiture ne sert pas uniquement à relier deux points avec quatre roues et un volant... Elle est aussi un espace dans lequel on passe du temps, et l'agrément technologique compte désormais autant que la qualité des sièges ou l'insonorisation.
Xpeng présente le L03 comme un SUV défini par l'intelligence artificielle. La formule fait moderne, elle permet de mettre deux lettres à la mode sur les affiches et elle aide probablement beaucoup les équipes marketing. Concrètement, les versions hautes utilisent des puces développées par Xpeng pour gérer les aides à la conduite, la reconnaissance de l'environnement et certaines fonctions de l'habitacle. Cela peut réellement améliorer la voiture, notamment grâce aux mises à jour, mais le mot IA ne transforme pas le L03 en taxi autonome capable de tout gérer seul.
Le conducteur devra donc rester attentif et responsable, y compris lorsque les fonctions de conduite assistée les plus évoluées seront déployées en Europe. Xpeng prévoit d'enrichir ses systèmes à partir de 2027, en utilisant notamment les données cartographiques de Google pour mieux adapter les assistances aux routes européennes. C'est prometteur, car les marques chinoises avancent très vite dans le logiciel et ne semblent pas considérer l'électronique comme une fonction secondaire confiée au dernier moment à un sous-traitant. Il faudra seulement vérifier que le système ne devient pas trop envahissant avec des alertes incessantes, maladie désormais très répandue sur les voitures neuves.
Toutes les versions du L03 profitent de la nouvelle interface XOS 6, mais les variantes Ultra vont nettement plus loin côté matériel. Elles ajoutent davantage de caméras ainsi que trois puces Turing, dont deux réservées aux aides à la conduite, pour une puissance de calcul cumulée pouvant atteindre 2 250 TOPS. Cela leur permet d'accéder aux fonctions XNGP les plus évoluées, alors que les versions normales restent sur une configuration plus classique. En gros, une mise à jour pourra bien faire évoluer le logiciel des modèles moins chers, mais elle ne pourra pas leur inventer les caméras et les processeurs absents... C'est donc un vrai élément à prendre en compte au moment de choisir la finition, car les 5 000 euros séparant la Long Range de la Long Range Ultra ne paient pas uniquement quelques équipements de confort.
Ici la conduite autonome est en quelque sorte en option, ce qui permet de faire économiser pour les clients qui veulent s'en passer.
Grâce à son empattement de 2,85 mètres, le L03 promet beaucoup de place pour les passagers arrière. La banquette se rabat en trois parties selon un découpage 40/20/40, ce qui permet de transporter un objet long sans condamner toutes les places. Xpeng annonce aussi 37 espaces de rangement, ainsi qu'un coffre avant pouvant dépasser 100 litres selon la méthode de mesure et la version. Ce dernier sera pratique pour stocker les câbles, quelques sacs ou les objets qu'on préfère ne pas laisser se promener dans le coffre principal.
Le coffre arrière semble en revanche assez moyen pour une voiture de ce gabarit (comme toute Chinoise, on privilégie l'habitabilité du deuxième rang au coffre). Les différentes méthodes de mesure utilisées compliquent les comparaisons directes, mais les premiers contacts montrent qu'il n'est clairement pas le point fort du véhicule.
La version de base à 34 990 euros reste déjà bien placée avec ses 245 ch, sa batterie LFP de 58,3 kWh et ses 445 km WLTP. Elle peut suffire à la majorité des usages, notamment pour celui qui recharge à domicile et effectue peu de très longs trajets. Le passage à la Grande Autonomie coûte seulement 3 000 euros de plus et ajoute près de 13 kWh de batterie, une recharge plus puissante et jusqu'à 520 km WLTP. C'est donc probablement la version la plus cohérente de la gamme, car le supplément reste raisonnable au regard du gain obtenu.
Le L03 est fabriqué en Chine au lancement et ne profite donc pas des principales aides françaises accordées aux modèles répondant aux critères environnementaux de production. Cela réduit une partie de son avantage tarifaire contre des concurrents assemblés en Europe. Il faut donc comparer les prix réellement payés, avec les remises et les aides disponibles au moment de la commande, plutôt que d'opposer uniquement les tarifs catalogue. Le résultat restera probablement favorable au Xpeng, mais l'écart sera moins énorme que le prix de départ pourrait le laisser penser.
Les commandes ont ouvert en juillet 2026, avec une arrivée prévue en concession à partir de la mi-septembre et les premières livraisons au début du mois d'octobre. Les versions équipées de la grande batterie doivent arriver en premier, tandis que la petite batterie suivra un peu plus tard. Cette stratégie paraît assez logique, car le modèle de 520 km devrait attirer davantage les premiers clients européens. Les acheteurs de voitures électriques veulent encore être rassurés par une grosse autonomie, même lorsqu'ils parcourent rarement plus de 100 km dans la journée... C'est humain, on préfère toujours disposer d'une marge qu'on n'utilisera presque jamais.
Le L03 semble réunir beaucoup de qualités avec un prix encore relativement contenu, une interface moderne, une recharge très rapide et des performances déjà solides dès la version de base. Il ne donne pas l'impression d'être une voiture au rabais conçue uniquement pour afficher 34 990 euros dans une publicité. Xpeng a manifestement compris qu'une électrique moderne doit être bonne dans le logiciel autant que dans le matériel, car l'écran, la navigation, les mises à jour et la gestion de la recharge font désormais partie du coeur de l'auto. Les marques qui continuent de traiter ces éléments comme de simples accessoires risquent de prendre un sacré retard.
Pour ma part, le Xpeng L03 représente exactement le genre de voiture qui montre pourquoi l'électrique va finir par s'imposer. Il propose beaucoup de puissance, un habitacle technologique, une mécanique relativement simple et une recharge qui ne demande plus de passer une éternité sur une borne. Tout cela n'est pas encore parfait, mais on s'éloigne rapidement de l'époque où une voiture électrique imposait de choisir entre une autonomie ridicule et un prix délirant. Le plus gênant pour les constructeurs historiques n'est donc pas que Xpeng vende moins cher... C'est qu'il commence aussi à vendre quelque chose de franchement désirable.
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