
Le mois de janvier 2026 n'a pas vraiment décidé de remonter le moral des professionnels de l'automobile. Qu'on regarde le neuf, l'occasion ou même les carnets de commandes, le constat est globalement le même : ça recule, ça hésite, et ça temporise.
Côté véhicule d'occasion, le démarrage de l'année est clairement en demi-teinte selon Autoscout24 qui partage ses chiffres. Avec 416 960 immatriculations, le marché recule de 9,8 % par rapport à janvier 2025. Même en tenant compte d'un jour ouvrable en moins, la baisse reste bien réelle à -5,5 %.
Le plus frappant, c'est que cette faiblesse n'est pas seulement conjoncturelle. Par rapport à janvier 2019, période pré-Covid devenue référence nostalgique, le marché de l'occasion reste en retrait de 8,3 %. Autrement dit, malgré des volumes toujours élevés, le niveau d'activité n'a jamais réellement retrouvé sa trajectoire d'avant-crise.
Le marché du véhicule neuf n'apporte aucun effet de rattrapage. En janvier, il recule lui aussi de 6,6 %, avec 107 157 immatriculations. Et le décrochage est encore plus brutal si on compare à janvier 2019 : -30,9 %.
Le rapport VO/VN grimpe ainsi à 3,89. L'occasion domine toujours largement, mais dans un marché globalement contracté. Ce n'est pas une victoire, plutôt un symptôme.
Les données de commandes du CCFA viennent renforcer ce tableau peu réjouissant. En janvier 2026, les commandes de voitures particulières s'établissent à 144 501 unités, contre 153 298 un an plus tôt, soit une baisse de 5,7 %.
Ce chiffre est important, car il donne une vision avancée du marché à venir. Et pour l'instant, il n'indique clairement pas de rebond. Les particuliers commandent moins, hésitent davantage, et arbitrent leurs achats.
Fait notable, les véhicules utilitaires légers prennent le contre-pied. Les commandes progressent de 6,9 % en janvier 2026, avec 21 852 unités contre 20 446 l'année précédente.
Cela traduit un marché à deux vitesses. Les particuliers freinent, tandis que certaines activités professionnelles continuent d'investir, souvent par nécessité plus que par enthousiasme. Un signal qui confirme que la consommation automobile n'est plus un réflexe, mais un calcul.
Sur le marché de l'occasion, la plus forte baisse concerne les véhicules de 2 à 5 ans, avec un recul de 19,7 % en volume. C'est le coeur du marché moderne qui se vide, faute de renouvellement suffisant du parc neuf ces dernières années.
À l'inverse, les voitures de plus de 16 ans continuent de bien se vendre. Non pas par passion patrimoniale, mais parce qu'elles restent souvent les seules financièrement accessibles. Le marché s'étire par le bas, pas par le haut.
Après plusieurs années de tension, les prix commencent enfin à céder un peu. Le prix moyen des annonces sur AutoScout24 descend à 30 679,51 €, soit une baisse de 4,5 % sur un an. Il s'agit même du niveau le plus bas observé depuis avril 2023.
Reste que la correction est modérée. Les prix demeurent largement supérieurs à ceux d'avant la crise sanitaire. On parle davantage d'un ajustement que d'un véritable retour à la normale.
La transition énergétique continue de remodeler le marché. Les hybrides et les électriques progressent encore, pendant que les hybrides rechargeables marquent le pas. Les motorisations uniquement thermiques encaissent logiquement la baisse, avec un léger regain du diesel, mais on est sur un plancher donc difficile de s'effondrer encore plus ...
Du côté des constructeurs, une seule famille de marques échappe à la baisse : les marques chinoises. Leur croissance reste modeste en volume, mais elle confirme une dynamique désormais bien installée, principalement portée par l'électrification.
Neuf, occasion, commandes… tous les indicateurs convergent. Le marché automobile français commence 2026 dans une phase de contraction généralisée. L'offre reste contrainte, la demande prudente, et les budgets sous pression.
Le marché ne s'effondre pas, mais il avance au ralenti, en cherchant un nouvel équilibre. Un équilibre qui passera sans doute par moins de volume, des arbitrages plus sévères, et une durée de détention plus longue. Bref, une automobile moins impulsive, plus subie… et clairement moins insouciante qu'avant.
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