Dernière modification 06/01/2023

Le gazole brûle-t-il aussi facilement que l'essence ?


Le gazole et l'essence sont deux types de carburants utilisés dans les moteurs à combustion qui ont des caractéristiques qui les distinguent bien l'un de l'autre :

  • Composition chimique : l'essence est plus léger que le gazole et contient plus d'aromatiques (des molécules composées de carbone et d'hydrogène, qui ont une odeur caractéristique).
  • Point d'inflammation : le point d'inflammation d'un carburant est la température à laquelle il s'enflamme lorsqu'il est mis en contact avec une source de chaleur. Le gazole a un point d'inflammation plus élevé que l'essence, ce qui signifie qu'il est moins facilement inflammable. L'indice d'octane et l'indice cétane sont deux mesures de qualité qui indiquent respectivement la résistance à l'inflammation / détonation entre les moteurs essence et diesel. Plus précisément, l'indice d'octane est utilisé pour mesurer la qualité des carburants à essence. Plus l'indice d'octane est élevé, moins le carburant est sujet à la détonation. En général, les moteurs à essence ont besoin d'un carburant à haute teneur en octane pour fonctionner correctement et éviter d'endommager le moteur. L'indice cétane, quant à lui, mesure la qualité des carburants diesel. Plus l'indice cétane est élevé, plus le carburant est facile à enflammer et plus le moteur sera performant. Un carburant diesel de haute qualité aura un indice cétane élevé et sera moins sujet aux démarrages difficiles et à la fumée noire. Au passage, parler d'auto-inflammation est en réalité faux, car rien ne s'enflamme seul ... On utilise ce terme pour indiquer que le carburant peut parfois s'enflammer avant que cela soit voulu (car la détonation ne doit pas être produite n'importe quand évidemment), à savoir quand l'air dans la chambre de combustion est trop chaud (en phase de compression, l'air comprimé chauffe et peut produire une détonation du carburant alors qu'on ne le souhaite pas. Ca s'enflamme mais pas seul, c'est initié par une chaleur, un peu comme le fait une bougie d'allumage finalement).
  • Point d'éclair : cela rejoint le point précédent. Le point d'éclair d'un carburant est la température la plus basse à laquelle il s'enflamme lorsqu'il est exposé à une source d'inflammation. Le point d'éclair est une mesure de la stabilité d'un carburant et de sa sécurité lorsqu'il est manipulé et stocké. Le point d'éclair du gazole est généralement plus élevé que celui de l'essence. Cela signifie que le gazole a besoin d'une température plus élevée pour s'enflammer que l'essence. Par conséquent, le gazole est généralement considéré comme plus sûr à manipuler et à stocker que l'essence, car il a moins de chances de s'enflammer accidentellement.Cependant, il est important de noter que le point d'éclair varie selon la composition exacte du carburant. De nombreux facteurs peuvent affecter le point d'éclair d'un carburant, tels que la teneur en impuretés, les additifs et les contaminants.
  • Volatilité : l'essence a une volatilité relativement élevée, ce qui signifie qu'elle s'évapore facilement à des températures relativement basses. Le diesel est en revanche plus difficile à faire évaporer, et il faut bien rappeler que le carburant ne brûle que lorsqu'il atteint un état gazeux. Une flaque de carburant qui brûle le prouve : la flamme fait chauffer le carburant qui s'évapore et brûle à nouveau, dans un cycle répétitif jusqu'à ce que la totalité du carburant ait disparu. Si le carburant liquide brûlait la flaque se transformerait instantanément en une boule de lumière très lumineuse et l'ensemble se consumerait en une poignée de secondes.
  • Pouvoir calorifique : le pouvoir calorifique d'un carburant est la quantité d'énergie qu'il libère lors de sa combustion. Le gazole a un pouvoir calorifique inférieur à celui de l'essence, ce qui signifie qu'il libère moins d'énergie lors de sa combustion.


En résumé, ces deux liquides sont de même nature, ils sont volatiles et peuvent brûler si ils sont chauffés au contact de l'oxygène. Ils ont justes des caractéristiques différentes qui induisent une utilisation de ces derniers dans des moteurs adaptés spécifiquement pour.
Vous aurez plus de mal à allumer du gazole par terre mais en insistant un peu vous y arriverez (les fortes chaleurs permettent d'y arriver plus facilement).

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Dernier commentaire posté :


Par Fab i trois TOP CONTRIBUTEUR (Date : 2023-01-05 15:45:23)

Bonjour,

Comme toujours un bon article de vulgarisation, qui permet à tout à chacun, de comprendre le sujet et d'en avoir les clefs.

Si le point d'inflammation (point éclair) est bien abordé quoi que quelques détails en plus n'auraient pas dépareillé l'article, l'aspect point d'auto-inflammation, primordial en motorisation diesel, ainsi que le rôle de l'indice d'octane pour l'essence ont curieusement été zappés.

Je vois aussi que nous partageons la même habitude étourdie d'inverser les sujets, sans doute par mégarde ou rippage de relecture, donc pour le pouvoir calorifique, c'est le gaz oil qui est plus calorifique que l'essence et non l'inverse..., même en me relisant je suis foutu de faire les mêmes, ce qui m'oblige régulièrement à un correctif sur mes messages de réponse :-) .

Bien à vous

Il y a 8 réaction(s) sur ce commentaire :

  • Par Admin ADMINISTRATEUR DU SITE (2023-01-05 17:16:36) : Je me demande parfois si nous n'avons pas des connexions télépathiques, car vos remarques sur les carences de l'article m'avaient aussi effleuré l'esprit. Je m'étais dit que sur ce coup là j'étais possiblement trop resté dans une théorie trop générale et approximative.

    En revanche, pour le pouvoir calorifique, vous parlez en poids ou en volume ?... Ici est la subtilité petit scarabée ;-)
  • Par Fab i trois TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-05 20:05:57) : Oui, c'est toute la difficulté de la vulgarisation, à savoir à quel niveau on place les barres de limite en bas et en haut de connaissances de sorte à ce que cela soit accessible à toute personne, sans pour autant perdre l'essence, si je puis dire du sujet de départ.

    Pour le gaz oil, je pars bien sur des litres et donc une masse volumique, puisque c'est sous cette forme que l'on nous le vend et que notre auto le stocke, dès lors à volume de réservoir égal une diesel dispose de plus d'énergie stockée qu'une essence. Mais il est vrai qu'un kilo d'essence est plus calorifique qu'un kilo de gaz oil, alors qu'en litre c'est le contraire, 1 litre de gaz oil pesant plus lourd qu'1 litre d'essence....:-)

    Nous reste plus qu'à refaire la même en charbon vs bois de chauffe versus volume ou poids...., pour les autos au gazogène (si Vladimir l'emporte) 😁, quoi que l'un est vendu au kg ou à la tonne et l'autre en stère, voir à la corde 🙄, au moins cela servira à respecter le ptac 😇

    Bien à vous
  • Par Admin ADMINISTRATEUR DU SITE (2023-01-06 10:11:55) : J'ai complété l'article, en espérant que ça vous convienne un peu plus ;-)

    Quant à la différence de densité énergétique, il est probable qu'on continue à se mélanger les pinceaux longtemps à cause de cette inversion entre volume et masse ...

    Encore merci à vous.
  • Par Fab i trois TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-06 20:00:16) : Oui, effectivement l'article est bien mieux comme cela, reste juste le point d'auto-inflammation non abordé alors qu'il rentre dans le mode fonctionnement du moteur diesel (le mélange s'auto-enflamme de lui même par la température atteinte, sans nécessité d'une flamme pilote).

    Après j'ai plutôt une approche du sujet, liée à la règlemention sur les atmosphères à risques d'explosion (ATEX) bien différente de celles des motoristes. Cela dit l'approche par le point d'auto-inflammation permet en expertise sur recherche des causes d'un sinistre d'expliquer et de solutionner l'origine d'un incendie, auto-inflammation des poussières d'un convecteur électrique classe II non nettoyé régulièrement dans une maison individuelle ou incendie d'un entrepôt construit sur un ancien marécage par émanation du méthane naturel provenant du sol lequel prend feu spontanément au contact de l'air, par exemple.

    Cordialement
  • Par Ray Kourgarou TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-06 20:58:06) : Même les silos à grains qui peuvent parfois exploser et/ou s'enflammer.
    Les céréales dégagent du gaz quand elles fermentent et surtout beaucoup de poussières qui restent en suspension. Pour éviter tout rique, des ventilateurs sont installés au sommet des silos mais s'ils tombent en panne ou qu'ils sont défaillants les poussières et les gaz s'accumulent dans le silo et à la moindre étincelle le silo s'embrase.
    Des travaux de maintenance mal maîtrisés qui ont lieu sur ces installations peuvent être à l'origine de l'ignition des gaz/poussières (flamme d'un chalumeau, étincelles provoquées par des outils, inconscient qui allume sa clope à la pause...)".
  • Par Admin ADMINISTRATEUR DU SITE (2023-01-09 16:52:54) : @Fab : avec tout mon respect, je ne suis pas tout à fait d'accord de parler d'auto inflammation. J'en parle d'ailleurs dans l'article. A savoir que n'importe quoi s'enflamme quand on le chauffe suffisamment. Cela amène un biais trompeur qui viserait à dire que le diesel a cette capacité magique de "s'auto-enflammer", ce qui n'est pas vrai ;-) Si je fais la même chose avec l'essence j'aurai aussi une combustion.

    Bon après il est vrai, et c'est peut-être là où vous voulez en venir, qu'il était approprié de parler ici de la manière dont le gazole est enflammé dans les moteurs diesel, juste pour rappel.
  • Par Fab i trois TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-10 14:52:56) : 😅, en fait on parle de la même chose, mais sous deux approches différentes.

    Dans ma vie d'avant je travaillais surtout avec les points éclair (pe) et d'auto-inflammation (paf), et d'autres données specifiques notamment pour les analyses de risque ou les adéquations d'installations électriques en ATEX. D'ailleurs pour ces 2 données cela peut bouger sensiblement suivant la composition et les additifs (hexane, octane, cétane....etc) utilisés d'où l'obligation de travailler avec les données fabricants de ces derniers du moins en sites industriels car en stations services c'est normalisé, tant en automobiles qu'en aviation ou en plaisance par exemple.

    Oui n'importe quel solide (par sublimation) ou liquide (par évaporation) aura un point d'auto-inflammation, à partir d'une température x ou y suivant sa nature pour une pression donnée en regard des gaz émis sous ces conditions. Cette auto-inflammation ayant pour définition une ignition spontanée sans besoin d'une flamme pilote. Pour un gaz oil lambda le pe est à partir de +55°c et le paf est démarre à +210 °c, tandis qu'une essence lambda sera respectivement jusqu'à -46°c en pe, et démarra à +280°c pour le paf, mais ces valeurs pour les raisons décrites ci-avant peuvent varier. Avec sa t° de paf plus basse, le gaz oil est de fait un plus craignos que l'essence sur ce point.

    Effectivement l'auto-inflammation dans l'idée, concernerait plutôt le moteur diesel, avec une température d'auto-inflammation modifiée par le taux de compression (voir physique liée aux tensions de vapeur). A froid, ce sont les bougies de pré-chauffage qui donnent un coup de main en préchauffant le mélange gaz oil + air, comprimé en chambre haute du piston, d'ailleurs c'est cette non optimisation de départ qui donne lieu aux claquements à froid. A chaud, la chambre est à température optimale, et n'a plus besoin d'aide en préchauffage.

    Après n'étant pas motoriste j'ignore s'il est exact de parler d'auto-inflammation pour ce moteur, bien qu'en l'absence d'étincelle ou de flamme pilote on part bien sur ce principe physique, car notre diesel est un moteur à explosion....😁, et comme le terme auto-explosion relève plus du néologisme qu'autre chose, là je vous laisse la main.

    Bien à vous
  • Par Admin ADMINISTRATEUR DU SITE (2023-01-17 14:35:30) : @Fab : vous avez bien éclairci les choses ! Pour ma part je vois la température de compression comme étant une sorte de flamme qui initie la combustion. Et pour ma part je vois cette manière de déclencher exactement comme celui d'une étincelle produite par la bougie.
    C'est pour cela que j'ai voulu réagir.
    Maintenant je ne peux hélas trop rebondir dessus car j'ai du retard (un énorme) sur les commentaires ... Beaucoup de pain sur la planche !

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Suite des 2 commentaires :

Par Saxophone TOP CONTRIBUTEUR (Date : 2023-01-03 21:25:40)

Mon histoire vécue vers 1983..
Lorsque j'étais adolescent, mon père avait des fanes de pommes de terre à brûler après la récolte ( afin d'éviter d'avoir des déchets verts développant le mildiou sur le tas de fumier de poulets et lapins car à cette époque les déchèteries n'existaient pas). Il me dit de prendre de l'essence et d'en mettre pour faire reprendre le feu qui avait du mal à se consumer. Je lui dit l'essence ça explose et il n'y a presque plus rien comme huile de vidange pour en mettre un peu. (Pas de déchèterie je vous ai dit... et les supermarchés ne reprenaient pas les huiles de la 4L , tondeuse Bernard et motoculteur !)
Donc j'enlève le siphon de décantation à la sortie du réservoir du motoculteur Iseki pour récupérer 1/3 d'une boîte de conserve 4/4. Je jette à distance cette essence plombée sur les braises éteintes mais encore chaudes. Il ne se passe rien. Je vais chercher la bassine de vidange et je la frotte avec un chiffon pour nettoyer les traces d'huile moteur et peureux, j'accroche ce chiffon aux dents d'un croc (griffe de jardin au long manche). J'allume le chiffon et j'approche à deux mètres, bras tendus en tenant le croc à l'extrémité de son manche.
Une déflagration énorme retentit me tendant par son souffle le bas du pantalon sur les jambes. Un nuage de poussière de terre à la forme d' un champion d'une déflagration atomique se crée instantanément. Une poule qui cherchait des vers dans le potager récolté, ayant ouvert les ailes durant le bruit de la déflagration retomba d'environ 4 m de haut ! Je n'ai eu aucun dommage physique, la poule non plus, mais je dûs aller uriner en urgence suite à cette peur !...
Tu vois papa quand je te disais que l'essence ça explose !...
Depuis 40 ans, je n'ai plus jamais pris de risques avec ce carburant !...


Il y a 4 réaction(s) sur ce commentaire :

  • Par Ray Kourgarou TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-04 01:28:44) : Tout à fait normal, l'essence sur des braises à l'air libre s'enflamme difficilement instantanément, comme l'alcool pour les inconscients qui s'en servent pour ranimer leur barbecue, il faut au moins une flamme 'vivante'.

    Ces combustibles légers en revanche s'évaporent alors sans pourtant forcément s'enflammer en créant des vapeurs qui, elles, sous l'effet d'une flamèche ou d'un boute-feu provoquent alors une inflammation explosive égale au volume des gaz émis, donc une "boule de feu".

    D'ailleurs quand dans les films on voit le "méchant" enflammer une voiture, la grange du voisin ou un bâtiment en jetant sa clope dans une flaque d'essence c'est du bidon à 90% ; dans une flaque d'essence en plein air donc sans vapeurs la clope va tout bêtement s'éteindre en faisant 'pshitt' la plupart du temps, comme dans une flaque d'eau.
    Mais vaut mieux pas essayer quand même...
  • Par taurus TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-04 09:47:56) : Ne pas oublie qu'aucun liquide ne brule, seuls les vapeur qui avec une certaine chaleur sent dégage peu s'enflammer.
  • Par Admin ADMINISTRATEUR DU SITE (2023-01-05 11:35:16) : J'ai adoré les détails du récit, on aurait cru voir le passage d'un bon film comique (même si ça aurait pu mal tourner).
    Le coup de la poule était excellent, et elle aussi a certainement allé du faire ses besoins juste après ;-)

    Vous avez sans faire exprès réuni des conditions "extrêmes" : l'essence jetée sur les braises a créé un gros nuage de vapeur au dessus du feu. En mettant à feu ce nuage, vous avez consumé en une fraction de seconde la totalité de ce dernier ...

    Si vous aviez fait la même chose sur un sol non chauffé, il y aurait eu bien moins de vapeur, et il n'y aurait pas eu cette combustion violente. Ca aurait brûlé petit à petit, en transformant au fur et à mesure le liquide en vapeur.
  • Par Fab i trois TOP CONTRIBUTEUR (2023-01-05 15:20:56) : Bonjour à vous,

    Ah oui, le brûlage d'ordures ménagères et de végétaux coupés, que de souvenirs d'un temps résolu, les feux dit ouverts étant bien souvent interdits par arrêté municipal. Quant aux brûlages d'ordure ménagère heureusement cet usage banal jusque dans les années 80 a été banni, mais à l'époque cela ne choquait personne, y'avait même un feu permanent à la décharge municipale entretenu par les pères la pouque du coin.

    A cet exercice, j'ai bien du faire "péter" un ou deux aérosols oubliés et je me rappelle d'un tube usagé, et sans doute fermé, de colle scotch qui m'avait fait une belle frayeur me laissant dans une nuée de cendre après une explosion sourde.

    Pour votre histoire, de l'essence au point éclair négatif (-26°C) sur des braises...., cela serait parti tout de suite. Plus vraisemblablement versée sur un tas très chaud d'un feu couvant, elle a eut le temps de former un beau nuage de vapeur avec la bonne densité avec l'air, sans rencontrer de flamme ou d'étincelles, ni atteindre son point d'auto-inflamation (env. +210°C), et avec votre torche...., baoum !!

    Bien à vous

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