

La C5 II cherche clairement à donner une impression plus statutaire que la première génération et cela se voit dès qu'on ouvre la porte. La planche de bord est massive, les lignes sont enveloppantes et la quantité de commandes rappelle une époque où un constructeur pensait qu'un bouton physique supplémentaire était plus rassurant qu'un sous menu tactile. La finition est sérieuse et les parties hautes utilisent des matériaux agréables, avec des assemblages qui vieillissent plutôt bien. On n'atteint pas la précision d'une Audi A4 de la même époque sur tous les petits détails, mais l'écart est bien plus faible que sur l'ancienne C5. Avec le recul, l'habitacle a même gagné un certain charme parce qu'il ne ressemble pas à une tablette posée sur une planche.
| Habitabilité 2ème rang : | |
| Volume de coffre (470 L) : | |
| C5 Tourer (500 L) : | |
| Confort de suspension : | |
| Confort Hydractive : | |
| Confort 19p 245mm : | |
| Finition / Présentation : | |
| Infodivertissement : | |
| Places assises : | |
| Empattement * : |
* : l'empattement est un indice important sur l'habitabilité
La position de conduite est assez basse et typique d'une berline, ce qui change agréablement de la position perchée devenue presque obligatoire aujourd'hui. Les sièges offrent de nombreux réglages selon les finitions et les versions hautes peuvent ajouter commandes électriques, mémoire, chauffage et massage côté conducteur. Le maintien latéral n'a rien de sportif mais le dessin convient bien aux longs trajets. On peut rester plusieurs heures à bord sans chercher en permanence une nouvelle position, ce qui est finalement le meilleur compliment pour une routière. Le volant à moyeu fixe demande en revanche un petit temps d'adaptation, car la couronne tourne autour d'un centre qui reste immobile et concentre une quantité impressionnante de boutons.
Citroën avait visiblement envie de montrer qu'elle pouvait encore faire différemment et ce volant en est probablement l'exemple le plus visible. Le principe permet de garder les commandes toujours au même endroit et, en théorie, d'optimiser certains éléments de sécurité. Dans la pratique, tout le monde n'accroche pas et l'accumulation de boutons peut devenir plus compliquée que le problème qu'elle était censée résoudre. Après quelques jours on s'y fait, donc je ne parlerais pas d'un défaut rédhibitoire. Mais quand on remonte dans une voiture avec trois commandes simples sur chaque branche, on comprend aussi que l'originalité n'est pas toujours synonyme d'ergonomie supérieure.
Avec 2,82 m d'empattement, on pourrait s'attendre à une habitabilité arrière gigantesque. Elle est bonne mais pas exceptionnelle, car la structure, les sièges avant et le dessin de la voiture mangent une partie du potentiel. Deux adultes voyagent confortablement avec une bonne largeur et une assise agréable. La place centrale reste moins séduisante et le tunnel au sol complique un peu la vie du passager du milieu. Pour une famille, il y a largement de quoi vivre, mais une Skoda de gabarit voisin exploite souvent mieux ses centimètres.
La hauteur sous pavillon est correcte en berline et meilleure dans le Tourer, dont la ligne de toit reste naturellement plus haute jusqu'à l'arrière. Les portes ouvrent largement et l'accès ne pose pas de difficulté particulière. Les enfants profitent d'une banquette confortable et d'un niveau sonore bien contenu, deux qualités bien plus utiles sur 600 km que trois prises USB colorées. Le confort des passagers arrière bénéficie aussi directement du train multibras, car les mouvements de roue sont mieux gérés qu'avec un simple essieu de torsion. Citroën n'a donc pas seulement travaillé la mousse des sièges pour parler de confort, le châssis fait une vraie partie du travail.
Le coffre de la berline est probablement l'un des points qui déçoivent le plus quand on regarde les 4,78 m de carrosserie. Les premières fiches donnent autour de 439 litres VDA, certaines versions et évolutions sont annoncées autour de 467 litres, mais dans tous les cas on ne parle pas d'un record. La forme reste correcte et la banquette se rabat en deux parties, mais l'absence de hayon limite forcément l'accès aux objets volumineux. C'est assez amusant car la première C5, bien moins statutaire visuellement, était plus intelligente sur ce point avec son grand hayon. Citroën a voulu donner à la deuxième une vraie silhouette de berline premium et a sacrifié un peu de praticité pour y arriver.
Pour celui qui utilise réellement sa voiture en famille, le Tourer me semble beaucoup plus convaincant. Son coffre annonce autour de 505 litres VDA avec roue de secours et peut monter davantage selon l'équipement, puis dépasser 1400 litres banquette rabattue. Surtout, le hayon ouvre un espace large et la forme du compartiment est bien plus facile à exploiter. Certaines versions disposent même d'un hayon motorisé, assez rare à l'époque sur une française. Avec l'Hydractive, on profite en plus de la correction automatique d'assiette et de la possibilité de jouer sur la hauteur pour faciliter certaines manipulations, ce qui donne au Tourer une vraie cohérence de grande familiale.
Les rangements ne sont pas aussi nombreux qu'on pourrait l'espérer dans une voiture aussi grosse. La console centrale est occupée par beaucoup de commandes, le frein de stationnement électrique et l'accoudoir, ce qui limite les grands espaces ouverts qu'on trouve dans des voitures plus récentes. La boîte à gants n'est pas minuscule mais ne transforme pas l'habitacle en monospace. On sent que la C5 a été pensée comme une berline statutaire avant d'être une boîte à astuces. Ce n'est pas dramatique, simplement les familles qui viennent d'un C4 Picasso risquent de chercher quelques bacs qui n'existent pas.
La qualité perçue est l'un des vrais progrès de cette génération. Les plastiques supérieurs sont agréables, les contre portes sont correctement traitées et les commandes donnent globalement une impression plus sérieuse que sur la C5 I. Les versions Exclusive avec cuir, inserts et sièges électriques arrivent même à créer une ambiance qui n'a pas grand chose de populaire. Il reste quelques plastiques moins nobles dans les zones basses et certains détails ne résistent pas à une comparaison directe avec les meilleures Allemandes. Mais pour une voiture dont la cote est aujourd'hui très basse, le niveau de présentation peut devenir franchement impressionnant.
Une C5 de quinze ans peut évidemment montrer des traces d'usage, mais les habitacles bien entretenus vieillissent plutôt correctement. Le cuir peut se marquer sur les bourrelets, certains boutons deviennent brillants et les surfaces les plus manipulées peuvent perdre leur aspect d'origine. Le ciel de toit, les garnitures et les petits moteurs électriques doivent être contrôlés comme sur toute voiture de cet âge. Ce qui compte surtout est de tester toutes les fonctions, car une Exclusive cumule beaucoup d'équipements et une panne de siège, de phare directionnel ou de climatisation peut vite devenir agaçante. Une voiture qui semble belle mais dont trois boutons ne fonctionnent déjà plus raconte souvent quelque chose sur la manière dont elle a été suivie.
L'insonorisation est une autre grande qualité. Le vitrage acoustique disponible sur certaines finitions, les joints de portes et la masse générale de la voiture filtrent efficacement les bruits aérodynamiques. Un 2.0 HDi reste audible à froid, bien évidemment, mais il disparaît largement une fois stabilisé sur autoroute. Les V6 vont encore plus loin et donnent cette sensation de mécanique lointaine qui colle parfaitement à la philosophie de l'auto. Les bruits de roulement augmentent avec les grandes roues, ce qui est encore une bonne raison de ne pas choisir automatiquement les 19 pouces sous prétexte qu'ils remplissent mieux les ailes.
Le multimédia accuse franchement son âge. Les systèmes MyWay et eMyWay étaient corrects à leur sortie, mais les graphismes, la vitesse de calcul et les possibilités de connexion sont aujourd'hui très loin d'un smartphone. La navigation d'origine peut encore dépanner, mais personne ne va acheter une C5 II en 2026 pour son GPS. Des solutions existent pour ajouter Bluetooth, CarPlay ou Android Auto tout en conservant une présentation propre. Pour ma part, mieux vaut une intégration discrète qu'un énorme écran universel collé au milieu d'un habitacle qui avait justement été dessiné comme un ensemble cohérent.
L'ergonomie demande un peu d'apprentissage parce que les commandes sont nombreuses et réparties sur la console, le volant et les satellites. Cela peut paraître chargé aujourd'hui, mais il y a un avantage que les voitures modernes ont parfois oublié... une fois qu'on connaît la position des boutons, on peut régler beaucoup de choses sans traverser plusieurs pages tactiles. La climatisation dispose de commandes physiques, les fonctions essentielles restent accessibles et l'instrumentation est lisible. Ce n'est pas minimaliste, mais c'est fonctionnel une fois les habitudes prises. Le vrai problème vient surtout de la quantité de fonctions concentrées sur le moyeu fixe, qui donne parfois l'impression de piloter un Airbus pour changer de station de radio.
La dotation pouvait être très riche selon les finitions. Climatisation bizone, xénon directionnels, radars avant et arrière, sièges électriques, cuir, chauffage, massage conducteur, vitrage feuilleté, navigation et hayon motorisé sur le Tourer permettaient d'obtenir une voiture vraiment cossue. Cela explique pourquoi deux C5 apparemment identiques peuvent donner des impressions très différentes. Une Attraction sur petites roues reste assez simple, tandis qu'une Exclusive + bien configurée ressemble presque à une autre voiture. En occasion, l'écart de prix entre les deux est souvent beaucoup plus faible qu'à l'époque du neuf, donc il serait dommage de ne pas attendre une configuration intéressante.
La climatisation automatique, souvent bizone sur les finitions intermédiaires et hautes, participe beaucoup au confort des longs trajets. Les commandes restent physiques et permettent de modifier la température ou le débit sans devoir quitter la route des yeux, ce qui paraît presque luxueux aujourd'hui pour une raison que les ingénieurs de 2008 n'avaient probablement pas imaginée. Les aérateurs arrière ne transforment pas la voiture en salon quatre zones, mais l'ambiance thermique reste homogène et la grande surface vitrée n'impose pas de compromis particulier. Il faut évidemment vérifier que le compresseur, les volets de distribution et toutes les vitesses de ventilation fonctionnent correctement sur une occasion. Une climatisation faible peut sembler être une simple recharge, puis finir par révéler un compresseur ou un condenseur à remplacer. Comme souvent sur cette C5, rien n'est inquiétant en soi, mais le nombre d'équipements impose de prendre vingt minutes pour tout tester plutôt que de signer après avoir seulement admiré le cuir.
La C5 II est devenue bon marché parce que les grandes berlines françaises n'ont plus vraiment la cote, pas parce qu'elle serait devenue mauvaise. Pour quelques milliers d'euros, on peut obtenir une voiture très bien insonorisée, confortable, correctement finie et parfois équipée d'une suspension hydraulique que personne ne propose plus à ce niveau de prix. C'est évidemment tentant. Il faut seulement comprendre que la valeur de marché n'a plus grand rapport avec la complexité technique, donc une pompe hydraulique, une BVA ou un V6 ne coûtent pas moins cher à réparer parce que la voiture vaut 5000 euros. C'est probablement la meilleure manière de résumer la vie à bord et l'achat de cette C5 aujourd'hui... beaucoup de voiture pour l'argent, mais à condition de garder assez d'argent après l'achat.
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Dernier avis : 1.6 HDI 115 ch Boite robotisée 6 rapports, 2015, Stop and start, 160000km
Posté le : 2026-06-17 12:39:46
Utilisation du véhicule : 100% route
Qualités : Confortable malgré l'absence de suspension hydraulique. Silencieuse, économique malgré son poids. Pratique avec son grand coffre.
Défauts : Ne voyant pas vraiment de défaut à cette voiture, hormis son poids, c'est à Citroën que je pourrais faire des reproches car en arrêtant la production de la C5 Tourer, Citroën a mis à plus de 50 ans de production de voiture break !
DS ou ID, Ami 6, Ami 8, GS, CX, XM, ZX, Xantia, Xsara et C5 avaient toutes une version break.
Pour les remplacer, on a droit à des SUV qui consomment 20 à 30 % de plus grâce à l'absence de version diesel, à la prise au vent supplémentaire et au surpoids. Sans parler du phénomène hybride ou plutôt du leurre de l'hybride qui fait espérer faire des économies qui ne permettront même pas de payer le surcout du rajout de l'ensemble batterie moteur électrique sauf en roulant dans un rayon de 25 km autour de chez soi !
Sans parler du remplacement de cette batterie au bout de 8 à 10 ans qui vaudra plus que la valeur de la voiture...
On nous pousse à passer à l'électrique pour des raisons environnementales mais cela ne gêne personne que les les voitures aient pris 20 cm en hauteur et 10 à 20% de poids en plus pour des questions de mode SUV oblige...
Consommation moyenne : 5l au 100 km
Problèmes rencontrés : Injecteur à 130000 km (à cause de présence excessive d'eau dans le réservoir et manque d'efficacité du filtre à gasoil ?!?)
Changement ventilateur habitacle.
Parebrise décollé à 150000 km.
Note : 18/20
Prix assurance : 720 euros/an (Assureur : Pacifica) (type de contrat : Tout risque) (Bonus/Malus : 50)
Véhicule acheté neuf il y a bientôt 11 ans. J'avais prévu de la remplacer au bout de 2 ou 3 ans. Finalement, je n'envisage plus de la remplacer et de tenter de la garder jusqu'au bout.
TOP CONTRIBUTEUR (2026-06-22 12:00:37) : Votre analyse est tout fait pertinente. 
Coffre du break : 500 litres. En version break, la Citroën C5 ne fait pas exploser son volume de coffre en configuration cinq places assises puisque celui-ci atteint seulement 500 litres de contenance soit la même quantité que la version berline classique. Encore une fois bien sûr il faut prendre en compte que ce volume exclu ce qui est au-dessus de la plage arrière. Ce qui veut dire par exemple que dans une C5 berline vous ne pourrez mettre que 500 litres de contenu alors que sur une C5 break vous pourrait aller au-delà de la plage arrière est donc y faire rentrer plus que 500 litres. Bien sûr la visibilité arrière sera alors réduite... À noter la vitre de la lunette arrière qui peut s'ouvrir permettant ainsi de prendre ou déposer des objets sans avoir à ouvrir entièrement le coffre à la manière d'un Range Rover. Lorsque les sièges arrière sont rabattus il est possible d'obtenir un peu plus de 1200 litres de contenance. La Citroën C5 berline n'ayant pas de hayon, il est d'autant plus attirant et intéressant de choisir la version break.
Sujets pris au hasard
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