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On est tout d'accord, une Série 7 est censée représenter le sommet du savoir-faire BMW. C'est la grande berline qui doit mélanger puissance, confort, silence, technologie et surtout raffinement, car à ce niveau de prix on n'achète pas seulement une voiture, on achète une certaine idée du luxe allemand. Or cette génération G70 a toujours eu un problème de ton, car elle donne plus l'impression de vouloir intimider que de vouloir séduire. Le restylage 2026 ne change pas vraiment cette impression, même si la face avant est retouchée, que les optiques évoluent, que la calandre éclairée Iconic Glow reste au programme et que la partie arrière reçoit des feux redessinés. En gros, BMW a légèrement repris le costume, mais le personnage reste le même... et ce personnage ressemble toujours un peu trop à Robocop sortant d'une usine de Détroit.
Cette comparaison peut faire sourire, mais elle colle plutôt bien à l'auto. La Série 7 actuelle a ce côté massif, vertical, presque blindé, avec une présence visuelle très froide qui évoque davantage une machine de maintien de l'ordre qu'une grande limousine élégante. Les jantes peuvent désormais monter jusqu'à 22 pouces, ce qui renforce encore cette sensation d'objet lourd, spectaculaire et presque caricatural. Bien évidemment, certains aimeront cette brutalité assumée, car elle donne une vraie présence à la voiture. Mais pour ma part, je trouve qu'une Série 7 devrait savoir impressionner sans forcément écraser tout ce qui l'entoure, et c'est précisément là que cette génération manque de subtilité.
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Tout le monde le sait ou presque, BMW a pris depuis quelques années un virage très démonstratif sur le haut de gamme. La Série 7 actuelle en est probablement l'exemple le plus parlant, car elle ne cherche plus vraiment l'élégance discrète d'une grande berline allemande. Elle cherche l'impact immédiat, la présence, la domination visuelle. C'est pour ça que la comparaison avec Robocop fonctionne aussi bien : il y a cette froideur un peu mécanique, cette face avant comme un masque, cette impression que la voiture a été dessinée pour patrouiller dans un Détroit futuriste plutôt que pour se glisser devant un palace avec retenue.
Le restylage adoucit quelques détails, mais il ne change pas la philosophie générale. On retrouve toujours une grande masse très verticale, des volumes tendus, une calandre qui veut exister à tout prix et une signature lumineuse pensée pour se faire remarquer. Avouons quand même que dans certaines configurations sombres, avec la calandre éclairée, l'effet peut être assez puissant. Mais puissant ne veut pas forcément dire raffiné, et c'est là que le bât blesse. Le luxe allemand a longtemps été associé à une forme de maîtrise froide mais élégante, alors qu'ici on sent parfois une envie de faire du spectaculaire pour le spectaculaire.
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Voyons maintenant l'habitacle, car c'est là que BMW change le plus de choses. La Série 7 adopte le BMW Panoramic iDrive, le BMW Operating System X, un écran central de 17,9 pouces, un écran passager de 14,6 pouces de série et toujours le Theatre Screen arrière de 31,3 pouces en 8K. Sur le papier, c'est très complet, et on ne peut pas dire que BMW se soit contenté de changer deux menus dans le système multimédia. Il faut aussi reconnaître que cette interface venue de l'univers Neue Klasse a du sens dans un modèle comme l'iX3, où elle apporte une forme de modernité assez cohérente. Mais dans cette Série 7, l'intégration me semble moins naturelle, car l'écran paraît davantage posé dans l'habitacle que réellement fondu dans le mobilier.
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C'est justement là que le problème apparaît. L'intérieur impressionne, mais il manque d'harmonie, et c'est assez embêtant pour une voiture de ce rang. On sent une accumulation d'effets, avec du numérique, de la lumière, des écrans, du cinéma, du cristal, des textures, des commandes tactiles, bref tout l'attirail du luxe moderne, mais sans cette sensation d'évidence que l'on attend dans une limousine. Avouons quand même que Mercedes réussit mieux cet exercice avec sa Classe S, et même avec l'EQS dont le style extérieur reste pourtant discutable. Au niveau de l'habitacle, Mercedes gagne haut la main, car elle donne davantage l'impression d'un vaisseau amiral cohérent, tandis que BMW donne plutôt l'impression d'avoir assemblé plusieurs idées fortes dans un même salon roulant.
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Il faut être précis ici, car parler de progrès technique sans comparer avec l'ancienne version serait un peu léger. L'ancienne i7 xDrive60 disposait d'une batterie nette de 101,7 kWh, avec une recharge rapide limitée à 195 kW, un 10 à 80 % en 34 minutes et une autonomie WLTP pouvant atteindre environ 624 km selon configuration. La nouvelle i7 60 xDrive passe à 112,5 kWh de capacité nette, grimpe à 250 kW en charge rapide, annonce 28 minutes pour passer de 10 à 80 % et peut atteindre environ 727 km WLTP. Là, oui, le gain existe, car la batterie progresse, la puissance de charge progresse et l'autonomie grimpe nettement. En revanche, il faut aussi noter que le 0 à 100 km/h passe de 4,7 s à 4,8 s, donc on ne peut pas parler d'amélioration totale, surtout quand la masse reste évidemment énorme.
Même logique pour l'entrée de gamme électrique. L'ancienne i7 eDrive50 annonçait 455 ch, 650 Nm, 5,5 s au 0 à 100 km/h, 101,7 kWh de batterie nette, 195 kW de recharge rapide et environ 574 à 612 km WLTP. La nouvelle i7 50 xDrive garde 455 ch, monte à 660 Nm, gagne la transmission intégrale, passe à 112,5 kWh, grimpe à 250 kW en charge rapide et annonce jusqu'à 728 km WLTP selon configuration. En gros, la voiture devient plus polyvalente, surtout grâce à sa batterie et à sa recharge, mais elle ne devient pas franchement plus sportive ni radicalement plus avancée. C'est pour ça qu'il faut parler d'évolution technique mesurable, pas de révolution.
C'est ici que l'on touche un point assez révélateur. Passer de 34 à 28 minutes sur le 10 à 80 % est objectivement une amélioration par rapport à l'ancienne i7, surtout avec une batterie plus grosse. Mais il faut aussi arrêter de se satisfaire de peu sous prétexte que le badge est allemand et que la voiture coûte très cher. 28 minutes pour une limousine censée représenter le sommet technologique de BMW, ce n'est pas impressionnant en 2026. C'est même assez décevant quand on regarde ce que certains constructeurs chinois annoncent déjà avec des recharges inférieures à 15 minutes sur des batteries de grande capacité. Alors oui, la batterie de cette i7 est énorme, et oui, une recharge rapide se juge aussi sur la courbe complète, la température, la durabilité et la régularité, mais le symbole reste mauvais.
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Ce détail dit quelque chose de plus large. Pendant des décennies, les marques allemandes ont donné l'impression d'avoir toujours une génération d'avance sur les autres en matière de haut de gamme. Aujourd'hui, on sent que cette hégémonie s'effrite. Les Chinois ne se contentent plus de copier ou de proposer moins cher, ils attaquent désormais sur la vitesse de charge, les architectures électriques, les batteries, les écrans, les équipements et parfois même le confort. Bien évidemment, tout n'est pas parfait chez eux, et il ne faut pas tomber dans l'enthousiasme naïf. Mais quand une Série 7 électrique restylée, vitrine absolue de BMW, demande encore 28 minutes pour une recharge rapide classique, on se dit que le vieux monde premium commence à prendre du retard sur des sujets qu'il ne peut plus se permettre de traiter tranquillement.
La gamme repose toujours sur plusieurs approches. On retrouve la i7 50 xDrive de 455 ch, la i7 60 xDrive de 544 ch, mais aussi la 750e xDrive hybride rechargeable de 489 ch et la M760e xDrive de 612 ch. Les hybrides rechargeables gardent donc un six cylindres 3.0 litres associé à un moteur électrique, avec une autonomie électrique suffisante pour effectuer une bonne partie des trajets quotidiens sans réveiller le thermique, à condition de jouer le jeu de la recharge. C'est sérieux, surtout pour ceux qui veulent conserver une grande routière thermique capable de rouler en électrique en ville. Mais là encore, on reste dans une logique très lourde, très complexe, très chargée technologiquement, comme si BMW avait voulu faire tenir tout son savoir-faire dans une seule carrosserie.
Les dimensions évoluent très peu, mais elles racontent quand même quelque chose. La voiture reste autour de 5,40 m de long, conserve un immense empattement et garde une largeur qui en fait un véritable salon roulant. Ce n'est donc pas une transformation de proportions, mais plutôt un ajustement. En revanche, l'impression visuelle reste énorme, car le dessin joue sur des masses très droites et des surfaces très tendues. Tout bêtement, cette Série 7 ne cherche pas à alléger son apparence, elle assume son côté coffre-fort technologique, avec ce que cela implique de présence mais aussi de lourdeur esthétique.
Cette Série 7 restylée est donc plus moderne, surtout dans sa version électrique. La batterie plus grosse, la recharge à 250 kW, le 10 à 80 % en 28 minutes et l'autonomie qui grimpe jusqu'à environ 727 ou 728 km WLTP donnent davantage de marge à l'i7. C'est important, car une grande berline électrique doit rassurer sur les longs trajets, et l'ancienne version restait correcte sans vraiment dominer son sujet. Mais BMW conserve une approche qui ne donne pas l'impression d'un saut technologique absolu, surtout à une époque où la concurrence chinoise accélère brutalement. Bref, l'i7 progresse, mais elle ne ridiculise pas l'ancienne et elle ne donne plus cette impression d'avance naturelle que l'on associait autrefois aux grandes allemandes.
Et c'est peut-être ça, le fond du sujet. BMW améliore une voiture déjà très ambitieuse, mais ne règle pas ce qui dérangeait le plus dans cette génération. Le style reste brutal, l'intérieur reste étrange, la technologie semble parfois prendre le dessus sur le raffinement, et l'ensemble continue de manquer de subtilité. Cette Série 7 restylée est plus endurante, plus numérique et plus polyvalente en électrique, mais elle reste prisonnière de son personnage. Robocop a reçu une mise à jour logicielle, une meilleure batterie et une nouvelle interface... mais il marche toujours dans Détroit avec la même démarche métallique.
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