
Ce n'est pas un secret, le diesel n'a plus l'aura qu'il a connue pendant des décennies, et cela ne devrait jamais revenir. Pendant très longtemps, il tenait grâce à une promesse toute simple, rouler beaucoup en dépensant moins à la pompe. C'était son socle, son argument massue, presque sa raison d'être sur le marché français. Et c'était d'ailleur ma carburation favorite : 1.9 TDI puis 30d BMW, du couple, de la sobriété et un bruit pas toujours aussi désagréable qu'on le prétend (surtout pour les deux moteurs cités). Le problème, c'est que ce socle s'effrite depuis plusieurs années, et aujourd'hui on commence à voir très clairement les conséquences sur le marché de l'occasion. Ce qui se passe n'a donc rien d'anecdotique, on assiste à une vraie sortie progressive du diesel du coeur du marché.
Comme vous le savez probablement, le marché de l'occasion réagit toujours avec un temps de retard par rapport au neuf. Tant qu'il entrait encore beaucoup de diesels neufs dans le parc, l'occasion restait mécaniquement alimentée. Mais quand le neuf se détourne d'une motorisation, l'occasion finit tôt ou tard par suivre, car il n'y a plus assez de sang neuf pour renouveler l'offre. C'est exactement ce qu'on voit ici, et c'est pour ça que le recul du diesel sur la seconde main n'est finalement que la conséquence logique d'un effondrement déjà visible depuis longtemps dans les concessions.
Essayons de voir les choses simplement... En 2008, le diesel représentait encore 77% des immatriculations neuves. En 2019, il était déjà tombé à 34%, ce qui était en soi un décrochage très violent. Et en 2026, on est autour de 5%, avec même seulement 2,6% des ventes en mars selon les données citées par AutoScout24. En gros, cela veut dire qu'en moins de vingt ans, le diesel est passé du statut de norme quasi imposée à celui de motorisation résiduelle. Quand l'alimentation du parc s'effondre à ce point, il ne faut pas être devin pour comprendre ce qui va arriver quelques années plus tard sur l'occasion.
Pour ma part, je pense que beaucoup ont encore du mal à mesurer ce basculement parce qu'ils continuent de croiser énormément de diesels sur la route. Mais c'est justement le piège... Le parc français reste très dieselisé, car il a accumulé pendant des années des volumes énormes. Cela donne l'illusion d'une domination encore solide, alors qu'en réalité la base se fragilise déjà depuis longtemps. On peut avoir beaucoup de voitures en circulation et en même temps une motorisation qui n'a plus vraiment d'avenir commercial. C'est d'ailleurs exactement ce qui arrive ici.
Et même si je préfère personnellement le diesel à l'essence, je me dois de reporter la réalité des choses : il est en état de mort clinique ...
Sur le marché des véhicules d'occasion, le diesel tenait encore remarquablement bien il y a peu. Entre 2012 et 2015, il représentait environ 68% des immatriculations, ce qui restait colossal. Même en 2019, sa part atteignait encore 61%, donc il gardait un poids très important. Aujourd'hui, on tombe autour de 43%, et depuis le début de l'année la baisse continue avec un recul annoncé de près de 7%. Bref, on n'est plus dans une simple érosion lente, on est dans une vraie décrue qui devient visible même pour ceux qui ne suivent pas le marché de près.
Ce recul s'explique assez bien quand on remet bout à bout les éléments du dossier. Le diesel a perdu son avantage économique à la pompe, ou en tout cas une bonne partie de cet avantage. Il subit aussi une pression fiscale, réglementaire et environnementale plus forte qu'avant, sans oublier l'image qui s'est clairement dégradée. Et quand on ajoute à cela la quasi-disparition du diesel sur le neuf, on comprend que la machine tourne désormais à l'envers. Ce qui entrait massivement dans le parc pendant des années n'entre presque plus du tout aujourd'hui.
Là où le communiqué a raison, c'est qu'il ne faut pas regarder seulement la part de marché, il faut aussi regarder l'âge des véhicules. Car un diesel qui résiste encore en occasion n'est pas forcément un diesel désirable ou renouvelé, c'est parfois juste un diesel ancien qui reste dans le circuit faute de relève. Et c'est là que le phénomène devient parlant. Les modèles récents se raréfient, tandis que les plus vieux prennent de plus en plus de place, ce qui montre bien que la motorisation se replie sur la fin de vie du parc plutôt que sur son renouvellement.
Les chiffres par tranche d'âge sont assez révélateurs. Les diesels de 1 an et moins reculent de 5% en 2022 à 2% en 2026, tandis que ceux de 2 à 5 ans passent de 22% à 11%. A l'inverse, les véhicules diesel de 16 ans et plus montent de 20% à 36% sur la même période. En gros, le diesel ne disparaît pas totalement, il se déplace vers les voitures âgées, celles qui restent attractives parce qu'elles sont abordables ou adaptées à certains usages bien précis. C'est un détail important, car il montre qu'on ne parle pas seulement d'un recul commercial, mais aussi d'un vieillissement structurel de l'offre.
Avouons quand même une chose, le diesel n'est pas en train de mourir du jour au lendemain. Il garde encore un socle solide chez ceux qui roulent beaucoup, chez certains gros rouleurs, dans des usages autoroutiers, ou encore chez les acheteurs qui cherchent un véhicule bon marché avec une grosse autonomie. Le problème, c'est qu'il n'occupe plus du tout la même place qu'avant. Il n'est plus la solution évidente, il devient une solution de niche, ou au minimum une solution de plus en plus conditionnelle. Et ça, pour une motorisation qui a dominé le marché français pendant un demi-siècle, c'est quand même un renversement spectaculaire.
On le voit aussi dans les annonces. D'après AutoScout24, le volume d'offres diesel a quasiment été divisé par deux depuis 2021. Cela peut sembler contradictoire avec l'idée d'un parc encore très dieselisé, mais en réalité non, car le marché ne se renouvelle plus au même rythme. Il y a moins de modèles récents à remettre en circulation, moins d'arrivées intéressantes, et donc un stock qui se contracte peu à peu. Depuis un an, les volumes semblent se stabiliser, mais cette stabilisation ne change pas le fond du problème, l'offre reste vieillissante.
Autre élément intéressant, les prix des diesels baissent encore. AutoScout24 évoque un recul moyen de 5,7% sur un an, ce qui traduit assez bien l'ambiance du marché. Quand une offre vieillit et que la demande devient moins enthousiaste, les valeurs finissent forcément par s'ajuster. C'est tout bêtement la loi du marché, et il n'y a pas de miracle. Le diesel n'est plus porté par un imaginaire favorable, donc il doit souvent compenser par le prix.
Je pense évidemment que cette baisse des prix va parler à beaucoup d'acheteurs, car certains y verront une bonne affaire. Et dans certains cas, ce sera vrai. Mais encore faut-il regarder ce qu'on achète, car un diesel moins cher peut aussi cacher un véhicule plus vieux, plus exposé aux restrictions de circulation et potentiellement plus coûteux à conserver dans le temps. C'est pour ça qu'un tarif intéressant ne suffit plus, il faut désormais replacer l'achat dans un usage réel et dans un horizon de détention. Sinon, on croit économiser à l'achat et on découvre plus tard que l'équation était moins brillante que prévu.
Bien évidemment, la place laissée par le diesel ne reste pas vide. Elle est de plus en plus occupée par les modèles électrifiés, qu'il s'agisse des hybrides ou des électriques. Selon les chiffres cités dans le communiqué, le marché de l'occasion a vu en mars les immatriculations de modèles 100% électriques bondir de 43,2%, tandis que les hybrides non rechargeables progressaient de 28,2%. Cela ne veut pas dire que tout le monde se rue sur l'électrique, il ne faut pas caricaturer, mais cela montre clairement où va la dynamique.
Et au fond, c'est assez logique. Beaucoup d'automobilistes ne quittent pas le diesel pour l'essence classique, ils cherchent plutôt une solution qui colle mieux au climat réglementaire actuel, à la fiscalité, à l'image, et parfois aussi à l'usage urbain. Le diesel perd donc sur plusieurs fronts à la fois. Il perd sur le neuf, il perd en attractivité, il perd en renouvellement, et il perd enfin en valeur symbolique. Quand une motorisation commence à cumuler autant de handicaps, elle peut encore durer un moment dans le parc, mais elle ne peut plus prétendre mener le jeu.
Au fond, le point important n'est même pas de savoir si le diesel va totalement disparaître demain, car ce n'est évidemment pas le cas. Le vrai sujet, c'est qu'il n'est plus central. Pendant des années, il structurait la colonne vertébrale du marché français, aussi bien dans le neuf que dans l'occasion. Aujourd'hui, il recule, il vieillit, il se concentre sur les voitures anciennes et sur quelques usages spécifiques. Ce n'est donc plus une motorisation dominante, c'est une motorisation de transition qui termine lentement son cycle.
Bref, le diesel reste là, mais il n'est plus chez lui partout comme avant... Et c'est probablement ce que montrent le mieux ces chiffres. On ne voit pas seulement une baisse, on voit un déplacement progressif vers le bas du parc, vers les véhicules âgés, vers les budgets plus serrés, vers une clientèle plus ciblée. Pour ma part, c'est sans doute ce point qui résume le mieux la situation actuelle. Le diesel ne s'effondre pas d'un coup, il se retire morceau par morceau.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Part du diesel dans le neuf en 2008 | 77% |
| Part du diesel dans le neuf en 2019 | 34% |
| Part du diesel dans le neuf en 2026 | 5% |
| Part du diesel en occasion entre 2012 et 2015 | environ 68% |
| Part du diesel en occasion en 2019 | 61% |
| Part du diesel en occasion en 2026 | 43% |
| Part des diesels de 16 ans et plus en 2022 | 20% |
| Part des diesels de 16 ans et plus en 2026 | 36% |
| Evolution moyenne des prix sur 1 an | -5,7% |
Source des données citées dans le communiqué repris ici NGC Data, AutoScout24 Data Analytics.
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