.jpg)
Hyundai vient de lever le voile sur sa nouvelle Ioniq 3, une compacte électrique de 4,15 m pensée pour l’Europe, posée sur la plateforme e-GMP en 400 V avec deux batteries de 42,2 et 61 kWh. Sur le papier, elle coche les cases du moment : aérodynamique soignée, coffre généreux, grand écran, promesse d’usage simple. Dans les faits, elle donne surtout l’impression d’une auto qui surjoue l’originalité pour masquer une fiche technique qui, elle, reste très sage. Le seul vrai bond en avant, il est ailleurs : l’interface multimédia Pleos Connect, enfin moderne, enfin crédible, enfin au niveau de ce que Hyundai aurait dû proposer depuis un moment.
Hyundai parle d’“Aero Hatch”, d’“Art of Steel”, de volumes tendus, de surfaces pures. Très bien. En vrai, on se retrouve avec une compacte qui multiplie les effets de style, comme si la marque avait eu peur de dessiner quelque chose de simplement juste. Le profil est étrange, l’arrière cherche à être spectaculaire, les détails pixelisés commencent à tourner en système, et l’ensemble a ce côté “regardez-moi” un peu forcé.
.jpg)
Le problème, ce n’est pas qu’elle soit originale. Le problème, c’est qu’elle l’est sans vraie grâce. On pense un peu à certaines Toyota Prius d’ancienne génération : une auto qu’on remarque, mais pas forcément pour de bonnes raisons. Il y a aussi quelque chose d’une vieille Honda CR-Z, avec ce mélange de compact, de coupé contrarié et de silhouette un peu trop travaillée. Ça peut séduire deux minutes en photo. Vieillir bien, c’est une autre histoire. La bonne aérodynamique annoncée, avec un Cx de 0,263, ne suffit pas à sauver un dessin qui donne surtout l’impression d’avoir été poussé trop loin.
.jpg)
C’est là qu’il faut remettre un peu d’ordre dans le discours habituel sur l’électrique “qui progresse à toute vitesse”. Non, les voitures électriques ne deviennent pas obsolètes tous les six mois. La Ioniq 3 en est une bonne illustration. On a une base sérieuse, cohérente, exploitable au quotidien, mais rien ici n’a quoi que ce soit de révolutionnaire. Plateforme 400 V, traction avant, puissances modestes, recharge rapide correcte sans plus : c’est du rationnel, pas du futur tombé du ciel.
Vu comme ça, la voiture n’a rien de honteux. Le souci, c’est qu’en 2026 Hyundai nous présente ça comme une proposition très aboutie alors que la partie technique est surtout honnête et ordinaire. La recharge rapide en 29 à 30 minutes n’a rien d’un exploit aujourd’hui. Les batteries sont bien dimensionnées, mais sans coup d’éclat. Même la version la plus puissante reste sur 147 ch, donc on est clairement sur une compacte électrique tranquille, pas sur une référence technique du segment. Et ce n’est pas grave : il faut juste arrêter de maquiller le raisonnable en rupture technologique.
Là, pour une fois, Hyundai tient quelque chose. La Ioniq 3 inaugure en Europe Pleos Connect, le nouveau système maison basé sur Android Automotive OS, avec un écran 12,9 pouces ou 14,6 pouces selon les versions. Et surtout, Hyundai ne parle pas seulement d’un écran plus grand : la marque met en avant une interface plus nette, plus intuitive, plus personnalisable, avec une logique très proche de celle d’un smartphone ou d’une tablette. C’était franchement nécessaire, parce que l’infodivertissement Hyundai accusait du retard depuis un moment.
.jpg)
Sur le fond, l’inspiration est assez claire. Pleos Connect adopte une interface “smartphone-like”, avec split-view, multi-fenêtres, profil utilisateur Pleos ID, assistant vocal Gleo AI, compatibilité renforcée avec l’écosystème Android et une ouverture à un App Market qui doit permettre de télécharger et mettre à jour des applications comme sur un appareil mobile. Hyundai promet aussi un environnement propice au contenu embarqué, avec des partenaires annoncés autour de l’IA, de la cartographie, du divertissement et du rendu 3D. Là oui, il y a quelque chose de consistant. Là oui, on sent enfin une marque qui a compris que l’expérience logicielle compte autant que la fiche moteur-batterie.
C’est même assez ironique : la partie la plus moderne de cette Ioniq 3 n’est pas la voiture, c’est son logiciel. Hyundai essaye de vendre du design, de l’efficience et de la simplicité. Au final, le seul domaine où la Ioniq 3 semble vraiment prendre un coup d’avance sur les anciennes Hyundai, c’est bien l’interface. Pour regarder des contenus, faire tourner plusieurs fenêtres, retrouver un univers proche de celui d’une tablette ou d’une tesla, il y a enfin du répondant.
Hyundai annonce un habitacle de “segment supérieur”, un plancher plat, de la place pour cinq, un coffre de 441 litres avec Megabox sous plancher, et un empattement de 2 680 mm dans seulement 4 155 mm de long. Très bien. Sur le plan pratique, la proposition semble sérieuse. C’est même probablement l’un des arguments les plus solides de l’auto.
.jpg)
En revanche, sur la présentation pure, ça reste assez banal. L’ambiance intérieure paraît correcte sans impressionner, et la qualité perçue ne saute pas aux yeux sur les premières images. Hyundai promet des sièges chauffants et ventilés, des Relaxation Seats selon version, un système Bose, une clim bizone, des matériaux recyclés ou biosourcés. Très bien là aussi. Mais tout ça ne change pas le fond du problème : sans le nouveau système Pleos Connect, cet intérieur serait assez quelconque. C’est lui qui rehausse vraiment l’ensemble. Pas les matériaux. Pas le dessin. Pas une montée en gamme flagrante.
.jpg)
Hyundai n’a pas encore communiqué de prix officiel au moment de la présentation. En revanche, plusieurs premières estimations britanniques tournent autour de 25 000 livres en entrée de gamme, avec une arrivée commerciale européenne évoquée à partir de septembre 2026. Si cela se confirme, on parlerait grosso modo d’un positionnement autour de 29 000 à 31 000 euros avant ajustements selon marchés, versions et équipements.
Et c’est là que tout se joue. À ce tarif, la Ioniq 3 peut exister. Au-dessus, elle risque vite de se retrouver coincée. Parce que son style ne fera pas l’unanimité, parce que sa technique ne fait pas rêver, et parce que son principal argument est un système multimédia enfin digne de ce nom. Une bonne interface ne suffit pas à faire avaler n’importe quel prix.
La Hyundai Ioniq 3 n’est pas ratée. Elle est plus discutable que séduisante. Son design en fait trop, sa technique reste sérieuse mais sans éclat, et son habitacle semble surtout sauvé par sa nouvelle interface. Le vrai progrès est là, pas ailleurs. Pleos Connect donne enfin à Hyundai un système moderne, crédible et compétitif. Pour le reste, on est sur une compacte électrique qui fera le travail, mais qui n’a rien d’un tournant majeur.
Derniers articles sur Hyundai :
Ecrire un commentaire
Avez-vous déjà roulé sous l'emprise du cannabis ?
© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales
Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.