

Comme vous le savez probablement, la hausse du carburant ne fait pas que vider un peu plus vite le portefeuille… elle modifie aussi la manière dont les gens réfléchissent à leur voiture. Et ça, c’est beaucoup plus intéressant. Parce qu’au-delà de l’effet immédiat, celui qui pousse à moins rouler ou à lever le pied, il y a une mécanique plus profonde qui est en train de se mettre en place. Une mécanique qui, mine de rien, pourrait finir par faire remonter la valeur des voitures électriques, surtout sur le marché de l’occasion.
On a déjà vu que les recherches et les ventes ont fortement augmenté ces dernières semaines… mais ce n’est que la surface. Ce qui compte vraiment, c’est ce qu’il y a derrière, la logique économique qui commence à s’installer. Et là, quand on regarde calmement, on comprend assez vite que le marché pourrait changer de direction plus vite que prévu…
Commençons par quelque chose de simple. Quand la demande augmente fortement sur un marché qui reste limité, les prix finissent presque toujours par suivre. Ce n’est pas une théorie compliquée, c’est juste de la mécanique de base… plus d’acheteurs que de vendeurs, et forcément les tarifs s’ajustent.
Et justement, le marché de l’électrique d’occasion est encore très petit. On parle d’environ 3,6% des transactions en France début 2026. Autant dire presque rien à l’échelle globale. À côté de ça, le neuf est déjà beaucoup plus avancé, avec des parts qui tournent autour de 25 à 28% selon les mois. Ce décalage est intéressant… car il montre que l’occasion est en retard, mais pas pour longtemps.
En gros, le neuf prépare le terrain. Les voitures vendues aujourd’hui vont alimenter le marché de l’occasion demain. Mais en attendant, le stock reste limité. Donc si la demande accélère trop vite, le déséquilibre peut arriver très rapidement… et c’est généralement là que les prix repartent à la hausse.
On peut même le quantifier. Avec plus de 30 000 immatriculations électriques par mois en France début 2026, cela représente potentiellement 300 000 à 400 000 véhicules supplémentaires sur le marché de l’occasion dans les 3 à 5 ans à venir. Mais à court terme, ce flux reste encore limité, ce qui entretient la rareté.
Ces derniers mois, on a vu les prix de l’électrique d’occasion baisser. Rien de surprenant… beaucoup de modèles sont arrivés en masse après des périodes de leasing, ce qui a mécaniquement fait gonfler l’offre. Mais ce genre de phase ne dure jamais éternellement.
Car en face, la demande commence à se réveiller, et même assez vite avec le contexte actuel. Et à partir du moment où la demande rattrape l’offre, la logique s’inverse. Ce qui tirait les prix vers le bas finit par les pousser vers le haut. C’est un peu comme un ressort qu’on comprime… à un moment, il repart dans l’autre sens.
Et cette demande est très sensible au coût d’usage. À titre de repère, rouler en électrique revient souvent à environ 2 à 4 € pour 100 km à domicile, contre 10 à 15 € pour un véhicule thermique équivalent avec un carburant autour de 1.80 à 2 € le litre. L’écart devient vite significatif sur une année complète.
Autre point qu’il ne faut pas négliger… le marché du neuf continue d’alimenter la machine. Sur février 2026, on dépasse les 32 000 immatriculations électriques sur un seul mois, soit environ 27% du marché. Et ça, ce n’est pas juste un chiffre isolé, c’est une tendance de fond.
Car toutes ces voitures vont finir, tôt ou tard, sur le marché de l’occasion. Et en parallèle, elles créent aussi une base d’utilisateurs de plus en plus large. On dépasse déjà le million de véhicules électriques en circulation en France… même si ça reste encore faible à l’échelle du parc total.
Ce chiffre reste faible face à un parc total de plus de 38 millions de voitures, mais la progression est rapide. Le parc électrique a été multiplié par plus de 3 en moins de 5 ans, ce qui montre que la diffusion s’accélère clairement.
Et c’est là que ça devient intéressant. Parce qu’un marché qui grossit vite, mais qui reste encore petit, est souvent instable. Les variations de prix peuvent être plus marquées, dans un sens comme dans l’autre. Et avec la pression actuelle sur le carburant, on a tous les ingrédients pour que ça bouge…
Pendant longtemps, la peur principale concernait la batterie. Et il faut être honnête, c’était logique… personne n’avait vraiment de recul. Acheter une électrique d’occasion, c’était un peu comme acheter quelque chose qu’on ne comprenait pas totalement.
Aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas. Les retours d’expérience s’accumulent, et ils vont globalement dans le même sens… la dégradation est progressive, souvent limitée, et surtout beaucoup moins dramatique que ce qu’on imaginait au départ. En gros, le fantasme s’effondre petit à petit.
Les données disponibles montrent généralement une perte de capacité de l’ordre de 1.5 à 2% par an (ça ralentit après 4 ans) en moyenne sur les modèles récents. Cela signifie qu’après 5 ans, une batterie conserve souvent plus de 90% de sa capacité initiale, ce qui reste largement exploitable au quotidien. D'autant plus qu'encore une fois le rythme de la chute ralentit, si vous ne faites pas n'importe quoi avec évidemment (le pire est de laisser la batterie des moins à 0 ou 100%, en encore, avec un BMS judicieusement paramétré ça ne posera pas de problème, car le 0% équivaudra à 5/10% et le 100% à 90%, en gros on vous affiche dans votre voiture un pourcentage qui n'est pas le vrai pour éviter les surcharge et décharge profonde, ce qu'on appelle le tempon) Et en chimie LFP c'est encore plus résistant ...
Et ça change tout. Parce que lever un frein psychologique, c’est souvent ce qui permet à un marché de s’élargir. Plus d’acheteurs potentiels, donc plus de pression sur la demande… et on revient encore à cette fameuse mécanique.
Dans le même temps, le thermique a perdu une partie de son aura. Alors bien sûr, il reste dominant… mais il traîne aussi quelques casseroles. Certains moteurs récents ont laissé des traces, et pas des petites. Entre les problèmes de fiabilité largement relayés et les coûts d’entretien qui peuvent grimper vite, il y a désormais un doute qui s’installe.
À l’inverse, l’électrique apparaît plus simple dans sa conception. Moins de pièces, moins de contraintes mécaniques, et une expérience utilisateur souvent plus fluide. Ce n’est pas parfait, loin de là… mais dans la tête de beaucoup, le rapport risque/simplicité commence à pencher en sa faveur.
Il y a aussi quelque chose qu’on sous-estime souvent… c’est l’effet des utilisateurs eux-mêmes. Quand quelqu’un passe à l’électrique, il en parle autour de lui. Et dans la majorité des cas, le retour est plutôt positif. Le silence, la souplesse, le confort… ce sont des choses qui marquent rapidement.
Et forcément, ça intrigue. Les proches posent des questions, testent parfois… puis finissent par s’y intéresser sérieusement. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est extrêmement efficace. Et surtout, c’est crédible… bien plus qu’un discours marketing.
Si on prend un peu de recul, on voit apparaître une logique assez simple. Le carburant agit comme un déclencheur, il pousse à s’intéresser à l’électrique. Cet intérêt se transforme en achats, puis ces acheteurs influencent leur entourage. Et au final, la demande continue de monter presque toute seule…
Dans ce contexte, la baisse récente des prix pourrait n’être qu’un épisode temporaire. Si la pression sur le carburant se maintient, et que la demande continue de progresser plus vite que l’offre, une remontée des valeurs devient assez logique, surtout sur les modèles les plus recherchés.
Pour ma part, je pense qu’on est dans une phase charnière… pas encore un basculement total, mais clairement un changement de rythme. Le marché ne s’est pas retourné, mais il commence à accélérer. Et dans ce genre de situation, les ajustements peuvent être plus rapides qu’on ne l’imagine…
Si on regarde les choses d'un point de vue purement technique, la décote des électriques a longtemps été assez incohérente car une voiture électrique vieillit cent fois mieux. La vraie question s'est toujours concentrée sur la batterie, mais là aussi il faut nuancer. Les pertes de capacité marquées à 10 ans concernent surtout les premières générations de citadines, avec des batteries petites (souvent 20 à 30 kWh), sans gestion thermique sérieuse et avec des BMS encore assez rudimentaires. Dès qu'on passe sur des modèles de la fin des années 2010, on change clairement de monde, avec des batteries plus grosses (40, 50, 60 kWh et plus) et donc plus durables, des systèmes de refroidissement actifs et une gestion BMS bien plus fine. Et c'est assez logique, car une batterie de grande capacité est moins sollicitée à usage équivalent, ce qui ralentit son vieillissement. Résultat, ces modèles deviennent aujourd'hui beaucoup plus crédibles en occasion, car leur durabilité n'a plus grand-chose à voir avec celle des pionnières (qui vont hélas influencer négativement le marché, hélas ... Une ancienne Zoe 1 ou Leaf 1 peut parfois proposer à peine 40 km d'autonomie ! Moyen niveau image ... Et il y a en effet de quoi être effrayé). D'une certaine manière, on assiste aussi à un rééquilibrage assez logique du marché. Les électriques ont longtemps subi des décotes très fortes, souvent exagérées par méfiance ou méconnaissance, alors que dans le même temps les thermiques conservaient des valeurs élevées malgré une complexité mécanique bien supérieure. On était presque dans un raisonnement inversé, illogique au possible. Aujourd'hui, les perceptions évoluent, et les prix commencent à refléter un peu mieux la réalité technique... ce qui n'est finalement qu'un retour à une certaine logique.
“Ah bah voilà, il aura fallu attendre que le litre frôle les 2 € pour que certains découvrent ce qu’on répète depuis 10 ans… incroyable. Il faut un choc pour ouvrir l'esprit rationnel de certains. Pendant ce temps-là, nous on recharge à 2 à 4 € les 100 km, on regarde les autres faire la queue à la pompe en se demandant encore s’ils vont mettre du SP95 ou du E10…
Bref, et comme par hasard, tout le monde commence à reconsidérer l’électrique. On sent déjà le petit retournement de veste arriver, la mauvaise foi des "anti" qui vont devenir "pro" comme des anguilles, ou plutôt des girouettes. Le meilleur dans tout ça ? C’est que ceux qui rigolaient hier vont venir faire monter les prix de l’occasion demain. Merci les gars, on apprécie l’effort et votre soutien inattendu.
Quant à la batterie qui ne tient pas… oui bien sûr, on en reparle quand vous achèterez une tesla de 6 ans après vous être renseignés. Allez, encore un petit coup de carburant et vous allez finir par comprendre définitivement.”
“Oui enfin bon, faut pas s’emballer non plus… L’électrique c’est bien quand tout va bien. Mais dès qu’il faut partir à 500 km, bizarrement il n’y a plus personne. Et puis votre électricité à 2 € les 100 km, on en reparlera quand tout le monde sera branché en même temps. Sans parler des batteries ‘qui tiennent bien’… oui, jusqu’au jour où il faut les remplacer, et là on rigole moins. Et puis cette histoire de hausse de valeur… ça sent surtout la petite bulle entretenue par deux-trois convaincus. Le thermique a peut-être ses défauts, mais au moins on sait où on met les pieds. Et bizarrement, quand il faut tracter, rouler longtemps ou juste ne pas se poser de questions, il est toujours là. Alors oui, le carburant augmente… mais ça veut dire que le thermique est devenu un luxe et que c'est donc d'une classe supérieure à l'électrique !”
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