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Le DS7, c’est simple, c’est la bouée de sauvetage de DS, puisqu’il représente à lui seul environ 50 % des ventes de la marque, ce qui veut dire que sans lui, l’édifice devient rapidement fragile. Et c’est justement ce modèle que DS a décidé de transformer en profondeur avec ce nouveau "DS numéro 7", un nom plus pompeux, plus statutaire, mais qui sonne presque décalé quand on regarde la situation actuelle de la marque.
Le timing est assez particulier, pour ne pas dire maladroit.
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Le premier DS7 n’était pas parfait, mais il faisait le job, avec un design plutôt doux, pas trop clivant, une certaine élégance et un format bien calibré qui lui permettait de séduire une clientèle assez large, notamment en entreprise où il réalisait l’essentiel de ses ventes. C’était une voiture facile à vendre, ce qui est finalement le plus important dans ce segment.
Ici, DS décide de tout revoir, que ce soit le style, les motorisations, le positionnement ou même la philosophie globale, ce qui ressemble davantage à une remise à zéro qu’à une simple évolution. Et ce genre de virage est toujours inquiétant quand il concerne le seul modèle qui fonctionne vraiment.
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Difficile dans ce contexte de ne pas repenser à la DS3, qui était une citadine à succès avant d’être transformée en SUV urbain DS3 Crossback, avec le résultat que l’on connaît aujourd’hui. Le parallèle n’est pas parfait, mais il reste assez parlant, et la question se pose naturellement : DS est-elle en train de refaire la même erreur ? DS serait-elle encore en train de massacrer une recette qui a marché ? Le but est-il se s'auto-saboter comme le font les politiciens européens avec leurs nations ?
Le DS numéro 7 change complètement de ton, avec un style beaucoup plus démonstratif qui repose sur des lignes tendues, des arêtes marquées et des surfaces très travaillées, ce qui donne une impression de complexité assumée.
Le problème, c’est que cela se ressent immédiatement, avec une voiture qui paraît plus statutaire et plus impressionnante, mais aussi moins naturelle dans ses proportions, avec une perte de fluidité et d’évidence dans le dessin. Là où l’ancien modèle proposait quelque chose de cohérent et assez apaisé, celui-ci cherche clairement à en faire plus, quitte à perdre en harmonie.

Le DS(numéro)7 a les crocs ? Peugeot, que fais-tu là ?
C'est l'escalade à l'arrière ... L'escalade façon Cadillac (ceux qui connaissent la marque américaine comprendront le jeu de mots)
Et surtout, ce choix stylistique arrive à contre-courant, car la tendance actuelle revient vers des formes plus simples et plus arrondies, alors que DS prend ici le chemin inverse, avec un résultat qui peut impressionner au premier regard mais qui ne séduit pas forcément sur la durée.
Le problème, c’est que DS n’a pas beaucoup de marge de manœuvre, car la marque peine encore à s’imposer durablement et certains modèles récents, comme le DS numéro 8, n’ont pas rencontré le succès attendu, ce qui commence à entamer sérieusement son image.
On se retrouve donc dans une situation où les voitures ne sont pas forcément mauvaises, mais où les clients ne suivent pas, ce qui est bien plus problématique. Dans ce contexte, transformer profondément le seul modèle qui fonctionne ressemble à un pari risqué, surtout quand il s’adresse en grande partie à des flottes qui recherchent avant tout de la cohérence et de la simplicité.
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On notera d’ailleurs que la voiture est clairement plus réussie en couleur unie (capot, car elle est forcément bicolore), où ses lignes passent mieux et paraissent moins forcées, alors qu’en bi-ton elle en fait un peu trop, avec ce capot contrasté très mis en avant qui cherche clairement à attirer l’attention. À vouloir jouer les petites Maybach sans en avoir ni l’image ni la légitimité, DS prend un risque, car ce genre d’effet fonctionne surtout quand la marque a déjà une aura installée. Ici, cela peut donner une impression un peu forcée, un peu comme celui qui colle un gros aileron sur une voiture de 150 ch pour se donner un genre. N'omettons pas non plus la signature lumineuse sur la calandre, qui manque de raffinement et d'inspiration (même si j'arrive à comprnedre l'idée et le niveau de prestance qu'elle apporte).
On arrive au point le plus délicat, avec une entrée de gamme qui repose sur un 1.2 PureTech 3 cylindres hybridé de 145 ch, un moteur déjà largement diffusé dans le groupe et qui se retrouve ici dans une voiture affichée à 50 000 €, ce qui commence sérieusement à poser question.
Dans une voiture de ce standing, un 3 cylindres ne fait déjà pas vraiment rêver, mais le problème ne s’arrête pas là, car ce moteur traîne une réputation compliquée en matière de fiabilité, avec des soucis bien connus sur les premières générations qui ont laissé des traces dans l’esprit des clients. Même si des corrections ont été apportées, l’image reste, et dans le premium, c’est souvent rédhibitoire.
On se retrouve donc avec une voiture qui prétend monter en gamme tout en s’appuyant sur une base mécanique qui envoie un signal inverse, ce qui crée un décalage assez difficile à justifier.
Autre choix discutable, le diesel disparaît complètement, alors même que ce type de motorisation reste particulièrement adapté à ce genre de SUV, notamment pour les gros rouleurs et les usages autoroutiers. Le remplacer par un petit moteur essence hybridé n’offre pas du tout le même type de prestations ni la même logique d’usage.
Et pour ne rien arranger, l’hybride rechargeable n’est pas disponible au lancement, même s’il pourrait arriver plus tard, ce qui laisse une gamme assez pauvre dans un premier temps, surtout pour une voiture qui vise en grande partie les entreprises.
Heureusement, le DS numéro 7 propose une version 100 % électrique, et c’est clairement celle qui s’en sort le mieux dans l’ensemble, avec une batterie pouvant atteindre environ 97 kWh, une autonomie annoncée autour de 740 km WLTP et des puissances allant jusqu’à 345 ch, ce qui permet d’avoir quelque chose de crédible.
DS a également travaillé l’aérodynamique avec un Cx de 0,26 et différents dispositifs pour canaliser les flux d’air, ce qui permet de gagner de l’autonomie par rapport à des modèles techniquement proches, un point qu’il faut reconnaître.
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Mais tout n’est pas parfait pour autant, car la plateforme STLA Medium n’est pas dédiée à l’électrique, ce qui impose certains compromis, notamment avec une architecture en 400 V et une recharge limitée à 160 kW, ce qui commence à faire un peu juste face à la concurrence actuelle.
Cela reste malgré tout la version la plus cohérente, et personnellement, c’est celle que je retiendrais, car revenir à une motorisation thermique ne m’attire plus vraiment aujourd’hui.
À l’intérieur, DS reste fidèle à ce qu’elle sait faire de mieux, avec un travail très poussé sur les matériaux et l’ambiance, notamment grâce au cuir Nappa, au bois véritable et à une attention particulière portée aux détails.
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L’ensemble est raffiné, valorisant et agréable à vivre, avec des éléments comme les sièges travaillés (qui sont exceptionnels, soyons honnêtes), le système audio Focal ou encore la vision nocturne, qui participent à cette impression de montée en gamme. J'apprécie aussi beaucoup le volant qui, je ne sais pourquoi, me font penser à l'aviation des années 30/40.
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Sur ce point, difficile de faire de reproche, car c’est clairement l’un des points forts du modèle.
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En revanche, le système multimédia pose un vrai problème, car il est à la fois daté dans sa conception et peu pratique dans son utilisation, notamment à cause du format très allongé de la dalle qui n'est pas fonctionnel ni adapté à toutes les utilisations (ex : regarder une vidéo ou surfer sur internet).
On se retrouve avec une interface qui manque d’intuitivité, qui demande de quitter la route des yeux plus longtemps que nécessaire et qui n’est tout simplement pas au niveau de ce que l’on attend aujourd’hui dans une voiture premium, où l’infodivertissement est devenu un critère déterminant pour beaucoup d’acheteurs.
Cela donne presque l’impression que DS mise sur une clientèle qui ne s’attardera pas trop sur ces aspects, peut-être plus âgée, mais dans un segment aussi concurrentiel, c’est un pari qui peut vite devenir risqué.
Le DS numéro 7 repose sur une base technique partagée avec les Peugeot 3008 et 5008, ce qui permet de garantir un certain niveau de cohérence mais limite aussi les ambitions, car on reste sur une architecture généraliste.
Les suspensions ont été assouplies pour améliorer le confort, l’empattement évolue légèrement et l’habitabilité progresse avec davantage de surfaces vitrées, notamment à l’arrière, ce qui apporte plus de luminosité, même si le coffre, avec environ 560 litres, reste simplement dans la moyenne haute sans être particulièrement marquant.
Il faut quand même mentionner Thierry Metroz, qui est quelqu’un de très respectable, impliqué et sincèrement passionné par son travail, ce qui rend la critique un peu délicate.
On sent qu’il y a une vraie réflexion derrière cette voiture, une volonté d’aller plus loin et de proposer quelque chose de différent, mais le problème ne vient pas de l’engagement ou du talent, il vient des choix techniques et de la faiblesse de l'offre sur cet aspect encore. Car pour assoire un style premium et luxueux, pouvoir le faire vire, il faut que ce soit crédibiliser par les spécificités intrinsèques du véhicule, le ramage doit se rapporter au plumage, et Thierry fait ce qu'il peut avec ce qu'il a.
Le DS numéro 7 n’est pas une mauvaise voiture, loin de là, mais il donne le sentiment d’en faire trop là où il aurait peut-être fallu rester simple, avec un design plus clivant, une base mécanique discutable en entrée de gamme, un positionnement tarifaire élevé et un système multimédia en retrait.
En voulant monter en gamme et impressionner, DS complique une formule qui fonctionnait plutôt bien, et dans le contexte actuel de la marque, ce genre de pari peut s’avérer dangereux.
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