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Une simple ligne sur le configurateur américain de Tesla suffit à révéler un virage stratégique important. L'Autopilot de base, tel qu'on l'a connu jusqu'ici, est en train d'être supprimé. Sur les Model 3 et Model Y, le maintien automatique dans la voie (appelé Autopilot, appellation qui pose d'ailleurs des soucis juridiques à Tesla) n'est plus inclus de série là-bas. Il ne reste par défaut qu'un régulateur adaptatif de vitesse, c'est-à-dire un simple dispositif qui évite surtout de tamponner la voiture de devant. Toute assistance un peu évoluée devient optionnelle.
Tesla ne laisse désormais qu'une seule porte d'entrée vers ces fonctions : le Full Self-Driving, proposé uniquement sous forme de location mensuelle.
En France, cette option (FSD total) était facturée 7 500 euros, tandis que l'Enhanced Autopilot (EAP), plus cohérent dans notre cadre réglementaire, était affiché à 3 800 euros avant sa disparition. Des montants élevés, d'autant plus difficiles à justifier que les fonctionnalités restent largement bridées en Europe.

Comme souvent chez Tesla, ce changement débute sur le marché américain. Mais l'histoire récente montre que ce type de décision finit systématiquement par être déployé à l'international. L'Europe et la France n'ont aucune raison objective d'y échapper, même si des ajustements de calendrier ou de présentation peuvent intervenir.
Sur le plan commercial, l'impact est loin d'être neutre. Certes, ni l'EAP ni le FSD ne se vendaient réellement en France, leur prix élevé et leur intérêt limité par la législation européenne freinant fortement leur adoption. En revanche, l'Autopilot de base inclus de série constituait un véritable levier d'attractivité. C'était un argument concret, immédiatement perceptible, qui renforçait la compétitivité des Tesla face à une concurrence souvent plus avare sur les aides à la conduite.
Tesla ne renonce donc pas à une source de revenus optionnels significative, mais prend le risque de fragiliser l'un de ses avantages commerciaux les plus visibles sur le marché européen.
L'Autopilot gratuit de base présentait un avantage clé : il proposait gratuitement le maximum autorisé par la loi européenne. Régulateur adaptatif et maintien dans la voie formaient un ensemble pertinent, utilisable au quotidien, sans promesse excessive ni surcoût.
Cette versions disparaît en poussant vers un FSD à 99 euros/mois dont 30 jours gratuits (si 99$ aux USA alors ce sera ce même montant en Europe) dans une région où il ne peut pas s'exprimer pleinement, Tesla supprime ce qui faisait la pertinence et l'attractivité de son offre européenne. Le FSD est encore une fois bien plus adapté au contexte américain, où la réglementation autorise des usages plus avancés depuis longtemps.

Ce repositionnement arrive dans un moment délicat pour la marque. Les ventes de Tesla sont en baisse en France et plus largement en Europe. L'Autopilot de base faisait partie des éléments qui rendaient la marque attractive, en apportant un avantage concurrentiel réel sans complexité ni supplément tarifaire.
Tesla enlève ce qui faisait que ses voitures se distinguaient immédiatement des autres. Rien n'indique que cette stratégie permettra de relancer la dynamique commerciale. Elle pourrait au contraire accentuer la perte d'attractivité dans une période où Tesla aurait plutôt intérêt à consolider ses points forts.
Il faut aussi tenir compte d’un point technique souvent passé sous silence. Une large partie du parc Tesla en circulation repose encore sur le Hardware 3, dont les capacités de calcul montrent aujourd’hui leurs limites pour exploiter pleinement le FSD. Si ce matériel reste suffisant pour des aides à la conduite classiques, il n’offre pas les marges de performance nécessaires pour tirer parti des évolutions les plus avancées promises par Tesla. Dans ce contexte, certains propriétaires pourraient hésiter à souscrire un abonnement mensuel coûteux pour des fonctionnalités qui ne s’exprimeront pas pleinement sur leur véhicule. Ce décalage entre la promesse logicielle et les capacités matérielles réelles risque de freiner l’adoption du FSD, en particulier chez les clients déjà équipés de modèles plus anciens.

Ce changement pourrait en revanche revaloriser certaines Tesla d'occasion. Les modèles équipés de l'Autopilot de série deviennent mécaniquement plus intéressants, et ceux disposant de l'EAP ou du FSD encore davantage.
La situation rappelle celle des Model S bénéficiant de la recharge gratuite à vie. Une fonctionnalité devenue indisponible sur les modèles neufs, mais qui continue de soutenir la valeur des véhicules qui en sont dotés. À terme, l'Autopilot de série pourrait devenir un critère différenciant à part entière sur le marché de l'occasion.
L'assistance à la conduite n'est plus une caractéristique intrinsèque du véhicule, mais un service facturé dans le temps.

Cette nouvelle manière de facturer représente très probablement le business model que Tesla envisage depuis le début (et on peut donc aussi anticiper que les futurs robots Optimus seront probablement proposés en location ...). Contrairement aux constructeurs historiques, dont une grande majorité des revenus repose encore sur l’entretien, la réparation et le réseau après-vente, Tesla cherche plutôt à générer des loyers récurrents via des services logiciels. L’objectif n’est plus seulement de profiter des contraintes techniques et d'entretien d'une voiture (plus difficile avec l'électrique, moins laborieux mécaniquement parlant, et on avouera que la précarité des thermiques favorise la rentabilité des marques ...), mais de vendre un véhicule capable de proposer des services payants facturées dans le temps. L’Autopilot, puis le FSD, sont dans cette logique : transformer une fonction en flux de revenus mensuels, indépendants de l’usage réel du véhicule et de son vieillissement mécanique. Dans cette optique, la disparition de l’Autopilot de série n’est pas une anomalie, mais une étape supplémentaire vers une voiture conçue comme une plateforme de services plus que comme un produit fini.
C4est juste que la transition sera sans doute mal vécue par la demande, qui va peut-être protester de ne plus avoir l'Autopilot de série, et qui dénature donc un peu les Tesla (qu'est-ce qu'une Tesla sans Autopilot sérieusement ?!).
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