
L'information est passée relativement discrètement, mais elle est révélatrice.
Stellantis a décidé d'arrêter progressivement les hybrides rechargeables sur le marché nord-américain. Cela concerne bien les États-Unis, et non l'Europe. Il ne s'agit donc pas d'un abandon global de l'hybride rechargeable, mais d'un retrait ciblé sur une zone précise.
Ce choix mérite qu'on s'y attarde, car il va à l'encontre du discours tenu par le groupe il y a encore peu de temps.
Sur fiches-auto.fr, les hybrides rechargeables ont toujours été regardés avec beaucoup de prudence. Non pas par idéologie (à part celle d'atteindre la "vérité" objective), mais pour des raisons très concrètes (cliquez sur le lien). Ces véhicules cumulent deux chaînes de traction complètes : un moteur thermique et tout ce qui va avec, plus une chaîne électrique avec batterie, moteur et électronique de puissance.
Sur le papier, certains y voient le meilleur des deux mondes. Dans la réalité, on se retrouve souvent avec le cumul des contraintes. Poids élevé, moins d'espace à bord (par rapport à VT mais aussi VE !) complexité accrue, coûts de fabrication importants et fiabilité potentiellement moins pérenne sur le long terme etc. etc. (suivre le lien encore une fois) Sans parler d'un usage réel qui ne correspond pas toujours à la promesse initiale, notamment lorsque la recharge n'est pas régulière.
Cette analyse, on l'avait formulée bien avant que le marché ne commence à douter sérieusement du PHEV.
Ok. On fait simple. Court. Chiffré. France + USA uniquement. Et on n’y revient plus.
En France, les hybrides rechargeables sont clairement en perte de vitesse. En 2025, ils représentent environ 6 % des immatriculations, alors que les voitures 100 % électriques atteignent près de 19 à 20 % du marché, soit plus de trois fois plus. Aux États-Unis, le contraste est différent mais tout aussi parlant : les véhicules électriques pèsent environ 10 % des ventes, tandis que les hybrides rechargeables restent marginaux, autour de 2 % seulement. Dans les deux cas, le PHEV apparaît comme une motorisation secondaire, loin d’être centrale dans les choix des acheteurs.

Ce recul n'est pas anodin. Il montre que le PHEV n'est pas une étape naturelle vers l'électrique pour une majorité d'acheteurs. Beaucoup préfèrent désormais soit rester sur du thermique simple, soit basculer directement vers l'électrique, sans passer par cette solution intermédiaire lourde et coûteuse.
La situation est encore plus claire aux États-Unis. Le PHEV y a toujours représenté une part marginale du marché. Les habitudes de recharge sont différentes, les distances parcourues plus longues, et l'intérêt pour ce type de motorisation est resté limité.
Dans ce contexte, il est beaucoup plus facile pour Stellantis d'abandonner l'hybride rechargeable. Il n'y a pas de malus à contourner, pas de quotas européens à respecter de la même manière, et une clientèle moins demandeuse. Le retrait est donc rationnel d'un point de vue industriel et commercial.
Ce qui interpelle, c'est le contraste avec la communication passée du groupe. Stellantis expliquait encore récemment que l'hybride rechargeable était une solution d'avenir, une étape clé de la transition, presque un pilier stratégique.
Avec le recul, ce discours apparaît surtout comme une tentative de justifier des choix techniques coûteux, imposés par les contraintes réglementaires européennes plus que par une réelle conviction produit. Le marché nord-américain, moins contraint sur ce point, agit ici comme un révélateur.
Si Stellantis ne fait pas la même chose en Europe, ce n'est pas par amour du PHEV. C'est par nécessité. Les règles européennes, et notamment les malus CO2, rendent presque impossible une gamme thermique pure sans passer par quelques hybrides rechargeables bien placés dans les catalogues.
Le PHEV devient alors un outil de conformité plus qu'un produit pensé pour le client. Une solution de contournement réglementaire, pas une réponse naturelle à un besoin du marché.
L'arrêt du PHEV aux États-Unis ressemble donc à un aveu tardif. Celui d'une technologie qui n'a jamais vraiment trouvé son public, qui coûte cher à produire, et qui complique fortement les véhicules sans apporter de bénéfice clair dans la majorité des usages.
Ce que Stellantis fait aujourd'hui en Amérique du Nord, beaucoup l'avaient anticipé depuis longtemps. La vraie question n'est plus de savoir si l'hybride rechargeable est une solution durable, mais combien de temps encore l'Europe continuera à le maintenir artificiellement en vie.
Sur ce point, le marché semble déjà avoir commencé à répondre.
Aux États-Unis, l’hybride pourrait revenir, mais sous une forme nettement plus pragmatique. Le déclic vient en grande partie des échecs commerciaux des pick-up 100 % électriques, qui ont coûté très cher aux marques. Autonomie qui s’effondre en charge ou en remorquage, temps de recharge incompatibles avec un usage pro, infrastructures absentes hors des grandes villes… le réel a vite rattrapé le discours.
Face à ces flops, les constructeurs ne veulent pas revenir au thermique pur, ni aux PHEV classiques trop lourds et complexes. La solution envisagée est donc l’électrique à prolongateur d’autonomie : un véhicule qui roule comme une électrique la majorité du temps, avec un petit moteur thermique qui sert uniquement de générateur quand la batterie est vide. Cette architecture permet de rassurer sans renier l’électrique, et surtout de sauver des segments entiers, pas seulement les pick-up, mais aussi certains SUV et véhicules à usage intensif. Renault travaille déjà sur ce principe, et aux États-Unis plusieurs projets suivent la même logique. Ce n’est pas un retour idéologique de l’hybride, c’est une tentative de corriger des échecs bien réels sans repartir de zéro.
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