Excès de vitesse de plus de 50 km/h : la prison devient possible dès le premier écart

Dernière modification : 05/01/2026 -  6


À partir du 29 décembre 2025, franchir la barre des 50 km/h au-dessus de la limitation ne relèvera plus seulement de la grosse infraction. Ce sera désormais un délit, même sans récidive.
Jusqu'ici, ce seuil marquait déjà une ligne rouge très nette. Mais la loi va plus loin. Beaucoup plus loin.

Concrètement, cela veut dire que le juge pourra prononcer une peine de prison, en plus de tout ce qui existait déjà. Suspension de permis. Forte amende. Retrait de points. Saisie du véhicule dans certains cas (presque tous en réalité).
Tout cela ne disparaît pas. Ça s'ajoute.

Sur le papier, l'objectif est simple : frapper fort. Très fort. Dans la réalité, la question mérite quand même d'être posée même si certains n'ont aucune tolérance pour ce genre de chose.

Des sanctions déjà lourdes, voire dissuasives

Un excès de vitesse de plus de 50 km/h n'a jamais été pris à la légère.
Aujourd'hui déjà, le conducteur encourt jusqu'à 1 500 euros d'amende, 6 points en moins, une suspension de permis pouvant aller jusqu'à 3 ans, et parfois (pour ne pas dire souvent) la confiscation du véhicule.
Ce n'est pas exactement un simple rappel à l'ordre.

On peut donc se demander si le passage au statut de délit n'est pas, au fond, disproportionné.
Quand une infraction est déjà aussi sévèrement sanctionnée, ajouter la menace de la prison pose question, surtout quand certains actes qui paraissent moins graves ne sont pas autant sanctionnés ...
Pas sur le principe de sanctionner, mais sur le niveau de réponse.

Une logique qui entretient la peur de l'excès

Cette évolution arrive aussi dans un climat très particulier autour de la vitesse.
Radars omniprésents, communication anxiogène, discours très appuyés sur la dangerosité parfois sans nuance.

Difficile de ne pas y voir une volonté de renforcer encore l'image négative de l'excès de vitesse, dans l'inconscient collectif.
Plus c'est grave dans les textes plus cela justifie le dispositif en place.
C'est une mécanique bien connue.

À force, tout dépassement devient presque perçu comme un acte quasi criminel, alors que la réalité est souvent plus complexe.

50 km/h en ville ou sur autoroute, ce n'est pas la même chose

La loi ne fait pas vraiment la différence bien que tout cela devra toutefois être statué par un juge (en tout cas la loi ne distingue pas les contextes).
Un excès de 50 km/h reste un excès de 50 km/h, peu importe le contexte.

Pourtant, prendre 50 km/h de trop en ville et sur une autoroute dégagée n'a rien de comparable.
Le risque. L'environnement. Les conséquences potentielles. Tout change.

En théorie, le juge peut tenir compte des circonstances.
En pratique, on sait très bien que la règle reste brute, parfois un peu bête, et pas toujours très fine dans son application.

Des voitures modernes très efficaces… parfois trop

Il faut aussi regarder le parc automobile actuel.
Les voitures modernes sont silencieuses, stables, puissantes, et donnent rarement une vraie sensation de vitesse.
Atteindre des vitesses élevées est devenu presque banal, parfois sans même s'en rendre compte immédiatement (dépasser de 50 km/h la vitesse autorisée se ressent malgré tout, je le concède).

Ce n'est pas une excuse mais c'est un fait.
La voiture d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celle d'il y a vingt ou trente ans, sur laquelle 150 km/h faisait déjà lever les sourcils et trembler toute la caisse.

La loi, elle, semble parfois figée dans une autre époque.

Un délit en France, une banalité ailleurs

La comparaison avec l'étranger est inévitable.
En Allemagne, certains (énormément même) tronçons d'autoroute restent sans limitation, alors même que leur état n'est pas toujours meilleur que celui des réseaux français. Pourtant, l'Allemagne n'est pas un pays bananier il me semble.

Ce qui est désormais considéré comme un délit pénal en France peut être totalement banal à quelques kilomètres de là.
Ce décalage met en évidence certains illogismes, surtout dans une Europe où les voitures circulent librement d'un pays à l'autre.

Ni banaliser, ni diaboliser

Soyons clairs.
Un excès de vitesse de cette ampleur n'est pas anodin. Il peut être dangereux et létal. Il doit être sanctionné.
Personne ne plaide pour une banalisation totale.

Mais le diaboliser à l'extrême au point d'y associer systématiquement l'idée de prison, pose aussi un problème d'équilibre.
Entre prévention, répression et bon sens, la ligne est parfois mal tracée.


Ecrire un commentaire

Ce site est le vôtre ! Interrogation, complément d'information, conseil, anecdote etc... Toutes vos remarques sont les bienvenues.

Pseudonyme :


Mail (facultatif / être prévenu d'une réponse) :


Votre commentaire :



Sondage au hasard :

Avez-vous déjà roulé sous l'emprise de l'alcool ?

Mon point de vue / Information complémentaire :
(votre commentaire sera visible sur la page de résultats)


Sur le même sujet

Nouveautés auto

Choisir une voiture

Fiabilité / Entretien

 

© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales

Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.