

L’année 2025 s’inscrit dans la continuité d’un marché automobile français affaibli, sans véritable rebond malgré un contexte logistique désormais normalisé. Les chiffres annuels confirment que le problème n’est plus conjoncturel mais structurel. Le volume reste bas, la diversité s’effondre, et les choix techniques comme économiques des automobilistes sont de plus en plus contraints. Ce bilan permet de poser à plat ce qui fonctionne encore, ce qui décline, et ce qui a tout simplement disparu.
En 2025, le marché automobile français totalise un peu moins de 2 millions d’immatriculations tous segments confondus. C’est environ 5% de moins qu’en 2024, qui était déjà une année médiocre.
Si l’on remonte dans le temps, la comparaison est parlante : entre 2016 et 2019, le marché oscillait régulièrement entre 2,2 et 2,3 millions d’unités. En 2025, on reste donc environ 300 000 véhicules en dessous d’un niveau historiquement normal.
Effectivement, seule l’année 2022 a fait pire, dans un contexte très particulier mêlant pénuries, crise énergétique et désorganisation industrielle. En 2025, ces excuses n’existent plus. Le niveau bas devient la norme.
Le repli est donc général, et ne touche pas qu’un type de clientèle.
En 2025, le top 10 des voitures particulieres (VP) est assez parlant: Clio V en tete avec 100 101 ventes, suivie par la 208 II (73 092) et la Sandero 3 (64 399). Derriere, on retrouve surtout des valeurs sures du marche (2008 II, C3 IV, 3008 III, Captur II, Duster 3), avec une vraie particularite cette annee: la Renault 5 (37 997) s’invite deja dans le haut du classement. Cote VUL (utilitaires legers), le podium est tres net avec Trafic (28 915), Kangoo III (24 402) et Partner (20 012), puis un bloc de fourgons et derives utilitaires classiques (Expert, Master, Ducato, Transit Custom, Berlingo, Jumpy, Boxer).
| Top 10 VP (voitures particulieres) | Ventes 2025 |
| Renault Clio V | 100 101 |
| Peugeot 208 II | 73 092 |
| Dacia Sandero 3 | 64 399 |
| Peugeot 2008 II | 54 634 |
| Citroen C3 IV | 41 127 |
| Peugeot 3008 III | 38 603 |
| Renault 5 E-Tech | 37 997 |
| Renault Captur II | 36 912 |
| Dacia Duster 3 | 36 687 |
| Toyota Yaris | 33 437 |
| Top 10 VUL (utilitaires legers) | Ventes 2025 |
| Renault Trafic | 28 915 |
| Renault Kangoo III | 24 402 |
| Peugeot Partner | 20 012 |
| Peugeot Expert | 18 555 |
| Renault Master IV | 18 544 |
| Fiat Ducato | 16 160 |
| Ford Transit Custom | 16 053 |
| Citroen Berlingo 3 | 14 692 |
| Citroen Jumpy | 11 520 |
| Peugeot Boxer | 11 125 |
La voiture électrique atteint 20% de part de marché en 2025, contre 16,9% en 2024, 13,3% en 2022 et à peine 9,8% en 2021.
La progression est nette, et surtout rapide. En quinze ans, on est passé de 0% en 2010 à un véhicule neuf sur cinq aujourd’hui.
En volume, cela représente un peu plus de 327 000 voitures électriques sur l’année. Pour la première fois, un modèle électrique dépasse à lui seul les 35 000 ventes, ce qui marque un vrai changement d’échelle.
À l’inverse, l’hybride rechargeable envoie des signaux très inquiétants. Sa part de marché tombe autour de 6,7%, contre environ 9% en 2024 et plus de 11% en 2022.
Le recul est à la fois rapide et structurel.
Cela confirme ce que le site explique depuis longtemps. Les critiques reçues à l’époque n’ont pas changé les faits. Les chiffres de 2025 vont clairement dans ce sens.
La répartition par niveau de gamme est l’un des indicateurs les plus parlants.
En 2025 :
À titre de comparaison :
La progression est donc continue. Ce n’est pas un choix idéologique, c’est une contrainte budgétaire. Le marché se contracte par le bas, ce qui traduit une précarisation réelle des automobilistes, y compris parmi ceux qui achetaient encore du neuf il y a quelques années.
La diversité des silhouettes continue de s’effondrer.
En 2025, le marché est désormais presque exclusivement composé de :
Les SUV, à eux seuls, représentent environ 50% des ventes, contre 35% en 2016.
À l’inverse :
C’est un paradoxe assez cruel. Les véhicules plaisir ont été sacrifiés, mais aussi les véhicules les plus rationnels. Le monospace, pourtant imbattable en habitabilité, en modularité et en logique familiale, n’a pas survécu à la mode des SUV (pourtant moins pratiques et moins efficients).
L’année 2025 ne marque pas un effondrement brutal, mais une érosion continue.
Le marché est plus petit, plus pauvre en diversité, plus contraint dans ses choix techniques et financiers. L’électrique progresse enfin de manière franche, mais dans un contexte globalement dégradé. Le reste du paysage automobile se resserre, se simplifie, et perd peu à peu ce qui faisait sa richesse.
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