Mega bilan du marché automobile français 2025

Dernière modification : 08/01/2026 -  2


L’année 2025 s’inscrit dans la continuité d’un marché automobile français affaibli, sans véritable rebond malgré un contexte logistique désormais normalisé. Les chiffres annuels confirment que le problème n’est plus conjoncturel mais structurel. Le volume reste bas, la diversité s’effondre, et les choix techniques comme économiques des automobilistes sont de plus en plus contraints. Ce bilan permet de poser à plat ce qui fonctionne encore, ce qui décline, et ce qui a tout simplement disparu.

Un marché global toujours très faible

En 2025, le marché automobile français totalise un peu moins de 2 millions d’immatriculations tous segments confondus. C’est environ 5% de moins qu’en 2024, qui était déjà une année médiocre.
Si l’on remonte dans le temps, la comparaison est parlante : entre 2016 et 2019, le marché oscillait régulièrement entre 2,2 et 2,3 millions d’unités. En 2025, on reste donc environ 300 000 véhicules en dessous d’un niveau historiquement normal.

Effectivement, seule l’année 2022 a fait pire, dans un contexte très particulier mêlant pénuries, crise énergétique et désorganisation industrielle. En 2025, ces excuses n’existent plus. Le niveau bas devient la norme.

Détail par segment

  • Voitures particulières (VP) : environ 1,63 million d’unités, en baisse d’environ 5%.
  • Véhicules utilitaires légers (< 5,1 t) : un peu plus de 360 000 unités, également en recul.
  • Véhicules industriels (> 5,1 t) : environ 44 000 unités, avec une baisse proche de 10%, signe d’un ralentissement économique plus large.

Le repli est donc général, et ne touche pas qu’un type de clientèle.

TOP10 meilleures ventes (modèles)

En 2025, le top 10 des voitures particulieres (VP) est assez parlant: Clio V en tete avec 100 101 ventes, suivie par la 208 II (73 092) et la Sandero 3 (64 399). Derriere, on retrouve surtout des valeurs sures du marche (2008 II, C3 IV, 3008 III, Captur II, Duster 3), avec une vraie particularite cette annee: la Renault 5 (37 997) s’invite deja dans le haut du classement. Cote VUL (utilitaires legers), le podium est tres net avec Trafic (28 915), Kangoo III (24 402) et Partner (20 012), puis un bloc de fourgons et derives utilitaires classiques (Expert, Master, Ducato, Transit Custom, Berlingo, Jumpy, Boxer).

Top 10 VP (voitures particulieres) Ventes 2025
Renault Clio V 100 101
Peugeot 208 II 73 092
Dacia Sandero 3 64 399
Peugeot 2008 II 54 634
Citroen C3 IV 41 127
Peugeot 3008 III 38 603
Renault 5 E-Tech 37 997
Renault Captur II 36 912
Dacia Duster 3 36 687
Toyota Yaris 33 437

Top 10 VUL (utilitaires legers) Ventes 2025
Renault Trafic 28 915
Renault Kangoo III 24 402
Peugeot Partner 20 012
Peugeot Expert 18 555
Renault Master IV 18 544
Fiat Ducato 16 160
Ford Transit Custom 16 053
Citroen Berlingo 3 14 692
Citroen Jumpy 11 520
Peugeot Boxer 11 125

Énergies : des choix de plus en plus tranchés

L’électrique franchit un cap

La voiture électrique atteint 20% de part de marché en 2025, contre 16,9% en 2024, 13,3% en 2022 et à peine 9,8% en 2021.
La progression est nette, et surtout rapide. En quinze ans, on est passé de 0% en 2010 à un véhicule neuf sur cinq aujourd’hui.

En volume, cela représente un peu plus de 327 000 voitures électriques sur l’année. Pour la première fois, un modèle électrique dépasse à lui seul les 35 000 ventes, ce qui marque un vrai changement d’échelle.

L’hybride rechargeable décroche franchement

À l’inverse, l’hybride rechargeable envoie des signaux très inquiétants. Sa part de marché tombe autour de 6,7%, contre environ 9% en 2024 et plus de 11% en 2022.
Le recul est à la fois rapide et structurel.

Cela confirme ce que le site explique depuis longtemps. Les critiques reçues à l’époque n’ont pas changé les faits. Les chiffres de 2025 vont clairement dans ce sens.

Essence, diesel et carburants alternatifs

  • Diesel : la chute continue. Sa part de marché tombe à 4,9%, contre environ 7,3% en 2024 et encore 15% en 2019. On peut parler de mort clinique.
  • Essence : recule elle aussi, écrasée par l’hybride simple et l’électrique.
  • GPL : autour de 55 000 immatriculations, soit environ 3,4% du marché. C’est faible, mais stable sur plusieurs années.
  • GNV : encore plus marginal. On est sous le millier d’unités à l’année, avec une part de marché proche de 0,05%. Autrement dit, c’est une chimère industrielle.
  • Superéthanol e85 : 1 seule immatriculation en 2025, contre plus de 1 500 en 2024. Le marché est tout simplement éteint.

Niveau de gamme : la descente se poursuit

La répartition par niveau de gamme est l’un des indicateurs les plus parlants.

En 2025 :

  • Entrée de gamme et économique : environ 56% du marché
  • Moyenne inférieure : ~23%
  • Moyenne supérieure : ~13%
  • Haut de gamme et luxe : ~8%

À titre de comparaison :

  • en 2019, l’entrée de gamme représentait environ 45% du marché;
  • en 2016, elle était plus proche de 40%.

La progression est donc continue. Ce n’est pas un choix idéologique, c’est une contrainte budgétaire. Le marché se contracte par le bas, ce qui traduit une précarisation réelle des automobilistes, y compris parmi ceux qui achetaient encore du neuf il y a quelques années.

Carrosseries : un marché devenu monotone

La diversité des silhouettes continue de s’effondrer.

En 2025, le marché est désormais presque exclusivement composé de :

  • citadines,
  • compactes,
  • berlines,
  • SUV.

Les SUV, à eux seuls, représentent environ 50% des ventes, contre 35% en 2016.
À l’inverse :

  • les monospaces, qui pesaient encore 8 à 10% du marché en 2010, sont devenus quasi inexistants (1%, grâce uniquement au minispaces !);
  • les coupés et cabriolets, déjà marginaux, sont tombés sous la barre du 1%;

C’est un paradoxe assez cruel. Les véhicules plaisir ont été sacrifiés, mais aussi les véhicules les plus rationnels. Le monospace, pourtant imbattable en habitabilité, en modularité et en logique familiale, n’a pas survécu à la mode des SUV (pourtant moins pratiques et moins efficients).

Conclusion

L’année 2025 ne marque pas un effondrement brutal, mais une érosion continue.
Le marché est plus petit, plus pauvre en diversité, plus contraint dans ses choix techniques et financiers. L’électrique progresse enfin de manière franche, mais dans un contexte globalement dégradé. Le reste du paysage automobile se resserre, se simplifie, et perd peu à peu ce qui faisait sa richesse.

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