

Au chapitre du comportement routier, la DS3 donne d'abord l'impression d'avoir cédé à cette vieille recette qui consiste à raidir une petite voiture pour lui donner un air sportif. Heureusement, Citroën connaissait suffisamment bien son métier pour ne pas tomber complètement dans le piège. L'amortissement est ferme, surtout avec les grandes roues, mais il garde une vraie progressivité et la caisse ne rebondit pas bêtement sur chaque raccord. C'est ce qui fait encore aujourd'hui une bonne partie du charme de cette DS3. Elle reste précise et assez vive sans obliger le conducteur à accepter une suspension caricaturale, même si les versions en 18 pouces finissent forcément par rappeler qu'un pneu très bas ne peut pas fabriquer du confort à la place de l'amortisseur.
Le compromis varie beaucoup selon la monte pneumatique. En 16 pouces, la voiture absorbe mieux les petites cassures et garde un comportement très sain, avec un train avant un peu moins incisif mais suffisamment précis pour l'usage quotidien. Le 17 pouces représente probablement le meilleur équilibre, car les 205/45 donnent davantage de tenue latérale sans rendre la voiture inutilement sèche. Les 18 pouces en 215/40 servent surtout les versions sportives et l'esthétique. Ils donnent une réponse plus directe au volant, mais le gain d'efficacité sur route ouverte reste beaucoup moins spectaculaire que la hausse du prix des pneus et la sensibilité aux nids de poule.
La DS3 repose sur la plateforme PF1 partagée avec plusieurs petites PSA de son époque, avec un train avant de type MacPherson et un essieu arrière semi rigide. Sur le papier, cela la rapproche donc davantage d'une citadine généraliste que d'une petite premium sophistiquée, ce qui n'a rien de honteux tant que le réglage est bon. Citroën a justement réussi à tirer beaucoup de cette base simple. L'avant accroche bien, l'arrière suit proprement et la masse contenue aide énormément. On peut toujours regretter que les Racing et Performance de plus de 200 ch ne reçoivent pas un train arrière plus ambitieux, mais la voiture prouve aussi qu'un essieu simple correctement mis au point vaut mieux qu'un multibras mal réglé uniquement installé pour faire joli dans la brochure.
La masse constitue justement un avantage qu'on a un peu oublié avec les petites voitures récentes. Beaucoup de DS3 essence restent autour de 1,1 tonne, ce qui donne une inertie raisonnable et permet à des puissances modestes de ne pas sembler totalement ridicules. La voiture change donc volontiers de direction et les freins n'ont pas à arrêter une enclume à chaque virage. C'est aussi pour cela qu'une VTi 120 peut encore paraître vive alors que 120 ch semblent presque banals aujourd'hui. On ne gagne pas seulement avec des chevaux, on gagne aussi en évitant de transporter plusieurs centaines de kilos dont personne n'avait réellement besoin.
La direction assistée électrique est assez directe et convient bien au caractère de la DS3. Elle ne remonte pas une quantité extraordinaire d'informations mais elle place correctement les roues et ne demande pas de correction permanente. Le train avant montre une belle volonté dans les courbes et accepte un rythme soutenu sans s'écraser rapidement sur l'extérieur. Les versions les plus puissantes peuvent bien évidemment faire travailler la motricité, surtout sous la pluie, car une traction de plus de 200 ch finit toujours par demander un peu de discipline au pied droit. La Performance corrige une grande partie de ce problème grâce à son différentiel Torsen, et là on ne parle plus d'un gadget marketing mais d'une vraie modification du comportement.
Ce Torsen permet d'exploiter plus proprement les 300 Nm de la DS3 Performance en sortie de virage. Au lieu de laisser la roue intérieure gaspiller une partie du couple et de demander à l'ESP de freiner ce qui patine, le différentiel répartit mécaniquement mieux l'effort entre les roues avant. Le résultat est une motricité plus franche et un train avant qui accepte davantage de gaz sans s'élargir aussi vite. Cela ne transforme pas la DS3 en propulsion et le volant peut toujours rappeler que les roues avant doivent à la fois tourner et transmettre beaucoup de couple, mais l'efficacité progresse nettement. C'est précisément le genre de modification qui justifie davantage une appellation sportive que trois stickers et deux surpiqûres rouges.
Les versions classiques disposent d'un freinage parfaitement dimensionné pour leur poids et leur puissance. La pédale est assez facile à doser et l'ABSn'intervient pas trop tôt sur un bon revêtement. Sur une occasion, l'état des disques et des étriers compte évidemment plus que la fiche technique, car beaucoup de DS3 ont maintenant largement dépassé dix ans. Un volant qui tremble au freinage ou une voiture qui tire d'un côté mérite donc un contrôle. Les grosses versions demandent davantage de soin, surtout si elles ont connu les routes de montagne ou quelques sorties sur circuit.
La Performance va nettement plus loin avec des disques avant de 323 mm et un ensemble adapté à ses 208 ch. On obtient une endurance bien meilleure et une attaque plus ferme, utile lorsque le rythme augmente. La Racing de 203 ch avait déjà relevé le niveau par rapport à une THP classique. Ces freins peuvent cependant coûter plus cher à remettre en état, ce qui doit faire partie du budget d'achat. Une sportive vendue avec des disques au bord de la cote, quatre pneus fatigués et un embrayage qui commence à patiner n'est pas une bonne affaire uniquement parce que le vendeur a baissé le prix de 800 euros.
Les boîtes manuelles pilotées restent le point faible le plus évident du chapitre transmission. Leur principe est simple. On prend une boîte manuelle classique et on confie l'embrayage ainsi que la sélection des rapports à des actionneurs. Le système économise du carburant et évite la pédale d'embrayage, mais les changements de rapport sont lents et interrompent franchement la poussée. En conduite très douce, on finit par accompagner les passages en levant légèrement le pied, ce qui rend l'ensemble acceptable. Dès qu'on veut conduire vite ou s'insérer avec précision, la boîte rappelle son âge et donne l'impression qu'un apprenti conducteur change les vitesses à votre place.
Je continue donc à les déconseiller lorsque le choix existe avec une bonne boîte manuelle. Elles peuvent avoir un sens pour un conducteur qui veut absolument deux pédales et accepte leur fonctionnement, surtout si l'exemplaire est bon marché. Il faut simplement les essayer longuement parce que l'usure de l'embrayage ou un actionneur fatigué peut encore dégrader un agrément qui n'était déjà pas exceptionnel neuf. Un à coup isolé ne signifie pas automatiquement une panne, mais des passages très irréguliers, un engagement difficile de la marche arrière ou un embrayage qui patine méritent un diagnostic.
La vieille automatique à quatre rapports associée au 1.6 VTi 120 appartient à une autre époque. Elle apporte du confort en ville mais l'étagement manque de finesse, le moteur tourne davantage sur voie rapide et le convertisseur absorbe une partie de la réactivité. Avec seulement quatre rapports, il existe forcément de grands écarts de régime entre deux vitesses. Cela rend la voiture moins vive et augmente la consommation, alors que la DS3 avait justement beaucoup à gagner de sa faible masse. Je la choisirais uniquement si la conduite automatique est indispensable et si l'exemplaire est particulièrement propre.
L'EAT6 proposée plus tard avec le PureTech 110 change nettement les choses. Le convertisseur reste présent mais les six rapports resserrent les écarts et le verrouillage plus rapide limite cette sensation de moulinage. La boîte est plus douce, plus réactive et beaucoup plus cohérente avec une petite voiture qui se veut valorisante. Elle n'offre pas le claquement instantané d'une double embrayage sportive, mais ce n'est pas forcément un défaut au quotidien. Une bonne boîte automatique n'a pas besoin de donner un coup dans la nuque à chaque passage pour prouver qu'elle travaille vite.
Les 1.2 VTi 82 et 1.4 VTi 95 gardent le nez léger et rendent la voiture assez plaisante en ville. Le 82 ch finit pourtant par montrer ses limites dès que la route grimpe ou que le coffre est rempli, et on se retrouve à chercher de la puissance en montant dans les tours. Cela ne dégrade pas le châssis, mais l'ensemble donne moins envie de profiter de ce qu'il sait faire. Le 95 ch est plus cohérent et conserve une belle progressivité. Le 1.6 VTi 120 va encore mieux avec la voiture parce qu'il offre suffisamment de souffle sans ajouter beaucoup de poids sur le train avant.
Les PureTech 110 et 130 apportent davantage de couple à bas régime et donnent une sensation de vigueur supérieure, surtout en reprises. Le trois cylindres peut se faire entendre lorsque l'on charge le moteur mais reste discret à vitesse stabilisée. Sur le plan dynamique, le 130 ch en boîte six exploite très bien la petite masse de la DS3 et constitue l'une des configurations les plus agréables de fin de carrière. Hélas, l'excellent agrément ne suffit pas à faire oublier la question de la courroie humide sur ces moteurs, ce qui change fortement leur intérêt en occasion. Une voiture peut être très bonne à conduire et demander en même temps beaucoup de prudence à l'achat.
Avec le THP, la DS3 devient vraiment rapide. Les 240 Nm arrivent tôt et la voiture repart fort sans avoir besoin de monter très haut dans les tours. Le 156 ch donne déjà beaucoup de rythme et le 165 ch affine encore la réponse tout en profitant des évolutions techniques apparues plus tard. Le train avant encaisse correctement la puissance sur le sec et la faible masse rend les accélérations franchement amusantes. On comprend mieux ici pourquoi l'amortissement a été réglé avec un peu de fermeté dès les versions normales.
Le revers vient de la motricité lorsque le sol devient humide. Sans différentiel mécanique comme celui de la Performance, le train avant peut patiner et l'antipatinage doit remettre un peu d'ordre. Des pneus de qualité changent beaucoup la situation. Il est assez absurde d'acheter une THP pour ses performances puis d'installer les gommes les moins chères disponibles sur Internet, mais c'est malheureusement quelque chose que l'on retrouve sur le marché de l'occasion. L'état des pneus et leur marque racontent donc souvent une partie du soin Accordé à la voiture.
La Racing de 203 ch a donné à la DS3 une vraie crédibilité sportive au début des années 2010. Moins de sept secondes pour atteindre 100 km/h avec une petite Citroën de ce gabarit restait très sérieux, et le couple de 275 Nm donnait beaucoup de vigueur sur route. La voiture reste une traction à essieu arrière simple, mais les réglages spécifiques, les freins et les pneumatiques lui permettent d'exploiter correctement la puissance. Elle demande surtout de respecter la motricité et de ne pas rentrer dans chaque virage en imaginant que le logo Racing abolit les lois de la physique.
La Performance de 208 ch est pour ma part la version la plus aboutie. Le gain de cinq chevaux n'a pratiquement aucun intérêt en soi, alors que le couple de 300 Nm, le Torsen, l'assiette abaissée de 15 mm, les voies élargies et les freins avant de 323 mm changent beaucoup plus la voiture. Le train avant tire mieux en sortie, la caisse semble plus soudée à la route et la direction gagne en autorité. C'est une sportive qui repose toujours sur une base de citadine, ce qui fait justement son charme. Elle n'a pas la sophistication d'une transmission intégrale ou d'un train arrière multibras, mais elle utilise intelligemment ce qu'elle a au lieu d'empiler de la technologie pour alourdir la fiche technique.
Les diesels rendent le train avant un peu plus lourd et donnent moins envie de jouer, mais le couple apporte beaucoup de facilité sur route. Le 1.6 HDi 92 reste suffisant et très sobre, tandis que les 112, 115 et BlueHDi 120 rendent les reprises nettement plus confortables. On perd la montée dans les tours d'un THP et la sonorité n'a rien de passionnant, mais la DS3 devient une petite routière capable d'enchaîner les kilomètres avec une consommation très basse. Ceux qui faisaient beaucoup d'autoroute au moment de sa sortie avaient de bonnes raisons de les choisir.
En 2026, la question se pose différemment. Une DS3 diesel reste pertinente pour un conducteur qui roule beaucoup sur route, mais beaucoup moins pour une utilisation urbaine composée de petits trajets. Le FAP et l'EGR n'aiment pas ce programme et les règles d'accès aux centres urbains rendent aussi le choix moins serein selon l'endroit où l'on vit. Le comportement routier reste bon dans tous les cas, mais le bon moteur est celui qui correspond à l'usage réel. Acheter un diesel uniquement parce qu'il consomme 1,5 litre de moins n'a plus grand sens si la voiture ne voit jamais une voie rapide.
Pour une DS3 normale, les roues de 16 ou 17 pouces gardent le meilleur compromis entre confort, précision et coût. Le 1.6 VTi 120 manuel reste assez cohérent pour celui qui veut de l'essence sans turbo, tandis que le THP 165 donne beaucoup plus de caractère à condition d'acheter sur historique. Les PureTech sont agréables à conduire mais imposent une vigilance très sérieuse sur la distribution et l'entretien. En diesel, le 1.6 HDi 92 suffit largement pour rouler calmement et les 115 ou BlueHDi 120 intéressent surtout celui qui fait vraiment de la route.
La DS3 n'a jamais été la petite premium la plus sophistiquée techniquement, et c'est toujours visible lorsqu'on regarde son essieu arrière ou certaines boîtes de début de carrière. Pourtant, elle reste plus amusante que beaucoup de voitures plus modernes parce qu'elle est légère, bien amortie et correctement dirigée. Citroën a donc réussi quelque chose d'assez simple sur le papier et finalement assez rare. Faire une voiture chic qui ne soit pas uniquement un objet de mode et qui donne encore envie de prendre une petite route pour rentrer chez soi.
Compléter cet article
Dernier avis : 1.2 VTi 82 ch Ds3 Cabrio 82ch 2013 17
Posté le : 2026-03-31 23:32:21
Utilisation du véhicule : 2/3 ville - 1/3 route
Qualités : Le Style : Elle est encore belle et reste moderne
Le Toit (Cabrio) : En été cela devient un vrai plaisir à conduire, le toit est fait sur la base d'une fiat 500, les montant de portes reste à leur place, seulement le toit et le lunette arrière peuvent être rétracté
La Conduite en Ville : Elle se faufile partout, tourne ultra facilement et relance à basse vitesse très simple
La Consommation : Assez Raisonnable
Sono : Le son est vraiment sympa pour l'époque, avec le Bluetooth d'origine
Qualité Perçue & Confort : Intérieur sobre et chic, et sièges très confortables avec bon maintien
5 Places : Dans la catégorie (encore plus en petit cabrio), c'est vraiment un plus mais si cela reste serré
Défauts : Sur Autoroute : Le bruit de la voiture à 134 Km/h est dérangeant, (la finition Cabrio n'améliore pas les choses)
Manque de puissance : En ville ce n'est pas perceptible mais à haute vitesse ou lors d'une insertion ou d'un dépassement, elle peine à monter en régime et se met très vite à vibrer passé les 3000trs/mn
Moteur : Je n'ai pas eu de problèmes mais la DS3 reste une voiture à risque, des amis avec le même véhicule ont connu bcp de soucis
Légèrement Raide : Sur des bosses ou route mal entretenu, cela se ressens un peu dans l'habitacle (surtout si véhicule chargé)
Coffre : (PARTICULARITÉ CABRIO) Volume de coffre assez petit mais surtout l'ouverture du coffre est très réduite donc très peu pratique (placement du toit rétractable)
Consommation moyenne : 6.5L/100 km
Problèmes rencontrés : Problèmes bénins au niveau de l'arrière des sièges décousus (maladie très connu sur les DS3)
Note : 13/20
Prix assurance : 1190 euros/an (Assureur : AXA) (type de contrat : Tout-Risques +) (Bonus/Malus : 0.90 / 10% bonus)

| Pneus | Confort | sur DS3 (~1100 kg) |
Commentaire |
|---|---|---|---|
| 195/55 R16 Flancs : 10.7 cm |
7.3/10 | 7.3/10 | Roulis maitrisé / Jantes exposées aux trottoirs / Confort dégradé / Consommation raisonnable |
| 205/45 R17 Flancs : 9.2 cm |
6.2/10 | 8.2/10 | Sur un rail ! / Jantes exposées aux trottoirs / Confort dégradé / Consommation raisonnable |
| 215/40 R18 Flancs : 8.6 cm |
5.6/10 | 8.9/10 | Sur un rail ! / Jantes exposées aux trottoirs / Confort dégradé |
| Comportement (17p) : | |
| 16p 195mm : | |
| Racing : | |
| Générosité/calibre pneus : | |
| Tolérance à la charge : | |
| Stabilité haute vitesse : | |
| Agilité basse vitesse : | |
| Confort de suspension : | |
| 16p 195mm : | |
| Racing : | |
| Motricité : | |
| Hauteur : | |
| Longueur : | |
| Poids moy. approx. : | |
| Empattement : | |
|
(Plateforme PF1) Quelque(s) véhicule(s) proche(s) : Yaris 3 / Polo V / Sandero 2 |
|
© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales
Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.