En quoi roulent les professionnels en France ?

Dernière modification : 19/01/2026 -  5


Le parc automobile des professionnels obéit à des logiques très différentes de celui des particuliers. Contrairement aux ménages, les entreprises renouvellent leurs véhicules (âgés d'environ 4 ans contre plus de 11 pour les particuliers ...) selon des critères économiques, fiscaux et comptables précis, ce qui se reflète directement dans la répartition des motorisations. En comparant la structure du parc professionnel entre 2011 et 2025, on observe une transformation profonde des carburations utilisées, avec un net recul du diesel et une montée en puissance rapide des solutions électrifiées.

En 2011, le parc professionnel compte 2 187 229 véhicules. En 2025, il atteint 3 395 842 véhicules, soit une hausse de plus de 55 % en quatorze ans. Mais cette croissance s’accompagne surtout d’un bouleversement du mix énergétique.

Diesel : d’ultra-dominant à simple pilier parmi d’autres

En 2011, le diesel écrase littéralement le parc professionnel. Avec 1 709 122 véhicules, il représente environ 78,1 % des voitures utilisées par les entreprises. À cette époque, le diesel est la solution évidente : fiscalité favorable, consommation réduite, et amortissement parfaitement maîtrisé.

En 2025, le paysage est méconnaissable. Le nombre de diesels tombe à 1 070 745 unités, soit seulement 31,5 % du parc professionnel. En valeur absolue, le recul est massif, et en part relative, le diesel perd près de 47 points. Il reste une motorisation importante, mais il n’est plus du tout hégémonique.

Essence : un retour en force spectaculaire

L’essence, longtemps marginalisée chez les professionnels, opère un retour très net. En 2011, on recense 451 836 véhicules essence, soit environ 20,7 % du parc.

En 2025, ils sont 1 033 374, ce qui représente 30,4 % du parc professionnel. L’essence devient ainsi la première motorisation thermique chez les pros, profitant de la chute du diesel, de la disparition progressive des anciens avantages fiscaux, et de moteurs modernes plus compatibles avec les contraintes réglementaires actuelles.

Hybrides HEV : la vraie révolution du parc pro

L’hybride simple est quasiment inexistant en 2011. On compte seulement 2 437 véhicules, soit à peine 0,1 % du parc. Autant dire un détail statistique.

En 2025, la situation est totalement différente. Le parc atteint 553 619 hybrides HEV, soit environ 16,3 % des véhicules professionnels. Cette progression fulgurante illustre parfaitement le rôle stratégique de l’hybride non rechargeable. Il remplace mécaniquement les thermiques classiques tout en limitant l’exposition aux malus, sans les contraintes d’usage de la recharge.

Hybrides rechargeables PHEV : une montée rapide mais fragile

En 2011, les hybrides rechargeables représentent 5 157 véhicules, soit environ 0,24 % du parc professionnel. Ils restent alors confidentiels.

En 2025, leur nombre grimpe à 344 179 véhicules, ce qui correspond à 10,1 % du parc. La progression est réelle, mais elle reste plus modérée que celle des HEV. Surtout, cette motorisation montre des signes de fragilité, pénalisée par un durcissement fiscal, la remise en cause des avantages en nature et une efficacité environnementale souvent jugée insuffisante en usage réel.

Électrique : une percée désormais visible

L’électrique est quasi absent du parc professionnel en 2011, avec seulement 1 095 véhicules, soit 0,05 % du total.

En 2025, il atteint 305 592 véhicules, représentant environ 9,0 % du parc. Sans être dominant, l’électrique devient un acteur crédible du parc professionnel, notamment pour les flottes urbaines, les véhicules de service et les usages bien identifiés, souvent soutenus par des politiques internes de décarbonation.

GPL, hydrogène et autres motorisations marginales

Le GPL reste très marginal sur toute la période. Il représente 14 115 véhicules en 2011 (0,6 %) et 20 242 en 2025 (0,6 % également). Sa part reste stable mais insignifiante à l’échelle du parc.

L’hydrogène et autres technologies alternatives restent anecdotiques, avec 1 véhicule en 2011 et 1 288 véhicules en 2025, soit environ 0,04 % du parc. Leur impact sur la structure globale est aujourd’hui négligeable.

Conclusion

Entre 2011 et 2025, le parc automobile des professionnels a profondément changé de visage. Le diesel, autrefois ultra-dominant, devient une motorisation parmi d’autres. L’essence, l’hybride simple et l’électrique occupent désormais une place centrale, portés par des logiques de fiscalité, d’amortissement comptable et de conformité réglementaire.

Les professionnels roulent aujourd’hui majoritairement dans des véhicules électrifiés ou thermiques récents, bien plus rapidement renouvelés que ceux des particuliers. Cette évolution confirme que le parc professionnel agit comme un laboratoire du marché automobile, souvent en avance sur les transformations qui toucheront ensuite le reste du parc français.


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