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La BMW Série 3 fait partie de ces rares voitures qui ont fini par représenter à elles seules une bonne partie de l'image de leur constructeur. Elle apparaît en 1975 pour remplacer la Série 02 et va progressivement devenir le coeur de gamme de BMW, au point de dépasser les 18 millions d'exemplaires produits en un demi-siècle. Sa recette n'a finalement pas tellement changé avec les années, même si la voiture a beaucoup grossi et s'est évidemment embourgeoisée. Un moteur longitudinal, une propulsion sur la majorité des versions, un comportement routier travaillé et, pendant très longtemps, une vraie place laissée aux six cylindres en ligne.

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La Série 3 ne sort évidemment pas de nulle part. Elle reprend la succession des BMW de la famille 02, dont la fameuse 2002, apparue à la fin des années 60 et qui avait déjà largement défini la philosophie des petites BMW sportives. La première Série 3 reprend cette base intellectuelle mais en la rendant plus statutaire et plus confortable. Paul Bracq participe fortement à la définition de son style, avec notamment un habitacle déjà tourné vers le conducteur, chose qui deviendra presque une obsession chez BMW pendant plusieurs décennies.

Ce qui est assez frappant quand on regarde toute la saga, c'est que BMW a longtemps fait évoluer la Série 3 sans jamais casser complètement ce qui précédait. Certaines générations ont apporté un gros changement visuel, d'autres ont surtout perfectionné la recette. Et contrairement à beaucoup de modèles concurrents qui ont fini par perdre leur identité en route, on retrouve assez facilement la filiation d'une génération à l'autre.
La E21 est la première véritable Série 3. Présentée en 1975, elle n'existe qu'en carrosserie deux portes et reste encore très proche dans son esprit des BMW 02 qu'elle remplace. La gamme débute avec les 316, 318, 320 et 320i, cette dernière développant déjà 125 ch grâce à son injection. BMW introduit ensuite les six cylindres en ligne en 1977, notamment avec la 323i de 143 ch. C'est important car le six cylindres va ensuite devenir pendant des décennies l'une des signatures mécaniques les plus fortes de la Série 3.
Elle reste évidemment très rudimentaire par rapport aux générations suivantes, mais les ingrédients sont déjà là avec la propulsion, une position de conduite relativement basse, un train avant précis et un style immédiatement reconnaissable. La E21 dépassera finalement 1,36 million d'exemplaires, ce qui permet déjà à BMW de comprendre qu'il tient quelque chose de très sérieux.

La E21 est la première Série 3. Elle n'existe encore qu'en deux portes et son style reste très proche des BMW 02 qu'elle remplace.
Avec la E30, la Série 3 commence vraiment à devenir la voiture que l'on connaît aujourd'hui. La carrosserie quatre portes apparaît, puis viennent le cabriolet et surtout le Touring en 1987. BMW transforme donc progressivement sa petite berline sportive en une gamme complète capable de servir aussi bien de voiture plaisir que de familiale.
Les moteurs suivent la même évolution avec des quatre cylindres, des six cylindres, l'apparition du diesel et même de la transmission intégrale avec la 325iX. Mais la grosse nouveauté reste évidemment la naissance de la M3. Issue à l'origine des besoins de l'homologation en compétition, la M3 E30 reçoit un quatre cylindres 2.3 développant 200 ch dans ses premières versions. Elle deviendra l'une des BMW les plus emblématiques de l'histoire, avec aujourd'hui des cotes qui n'ont plus grand-chose à voir avec celles d'une vieille Série 3 d'occasion...
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La E30 conserve encore beaucoup de traits de la E21, mais elle devient nettement plus polyvalente avec notamment l'arrivée des quatre portes.

Le Touring apparaît et installe définitivement le break dans la gamme Série 3.
La première M3 développe 200 ch dans sa configuration initiale. Elle deviendra par la suite une véritable légende.
La E36 marque un changement bien plus important. Là où les E21 et E30 semblaient encore appartenir à la même époque, la E36 fait entrer la Série 3 dans les années 90 avec une carrosserie beaucoup plus fluide, un empattement accru et un niveau de confort qui monte franchement d'un cran. C'est aussi à partir de cette génération que la Série 3 commence vraiment à afficher son statut de petite berline premium, notion qui paraît évidente aujourd'hui mais qui l'était nettement moins quelques années auparavant.
BMW multiplie aussi les carrosseries. La berline est accompagnée d'un coupé en 1992, d'un cabriolet en 1993, de la Compact en 1994 puis du Touring en 1995. Le coupé se distingue désormais nettement de la berline et participe beaucoup à l'image sportive de cette génération.
La M3 E36 abandonne le quatre cylindres de la E30 pour adopter le fameux six cylindres en ligne. Le 3.0 développe d'abord 286 ch, avant l'arrivée du 3.2 de 321 ch. On atteint déjà ici des niveaux de performances très élevés pour une berline ou un coupé du milieu des années 90, tout en conservant des moteurs atmosphériques relativement simples dans leur principe.



La E36 prend un sérieux coup d'avance sur la E30, aussi bien à l'extérieur que dans l'habitacle.
Le Touring permet à la Série 3 de mieux jouer les familiales, même si l'habitabilité n'a jamais été sa qualité principale.


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Le coupé E36 reste probablement l'une des silhouettes les plus facilement identifiables de la Série 3.
La M3 passe au six cylindres avec 286 ch puis 321 ch.
La E46 reprend finalement la formule de la E36 en la poussant beaucoup plus loin. Elle reste immédiatement identifiable comme une Série 3 mais gagne énormément en finition, en insonorisation et en qualité perçue. C'est probablement l'une des générations qui représente le mieux la Série 3 traditionnelle, avec encore des dimensions raisonnables, beaucoup de propulsion, des six cylindres atmosphériques et une électronique présente sans avoir complètement envahi la voiture.
Le diesel prend aussi beaucoup d'importance à cette époque. La 320d inaugure l'injection directe diesel dans la gamme tandis que la 330d adopte le six cylindres Common Rail. Ces moteurs participeront énormément au succès européen de la E46, même si certains exemplaires ont connu leur lot de soucis, notamment du côté des turbos sur certaines séries.
La M3 E46 reste quant à elle sur un six cylindres atmosphérique 3.2 mais grimpe à 343 ch. La CSL pousse la mécanique à 360 ch tout en réduisant le poids grâce notamment à l'utilisation de carbone. C'est aujourd'hui l'une des M3 les plus recherchées et probablement l'une des dernières à représenter une certaine simplicité mécanique avant l'arrivée massive de la suralimentation et de l'électronique.


La E46 ne cherche pas à révolutionner la formule E36, elle la perfectionne..jpg)
Le restylage modifie surtout la face avant et les optiques.

Le coupé E46 reste aujourd'hui encore particulièrement recherché.
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La M3 E46 développe 343 ch, ou 360 ch dans sa fameuse déclinaison CSL.
La cinquième génération provoque une nouvelle rupture esthétique. La E90 abandonne les rondeurs de la E46 pour adopter des lignes beaucoup plus tendues, dans la période Chris Bangle de BMW. La berline porte le code E90, le Touring E91, le coupé E92 et le cabriolet E93. Cette séparation des codes montre d'ailleurs à quel point BMW commence à multiplier les variantes.
La technologie prend également davantage de place avec l'iDrive, les moteurs à injection directe et le développement du programme EfficientDynamics. BMW introduit alors plusieurs systèmes différents comme la récupération d'énergie au freinage et le Stop & Start. Il ne faut donc pas confondre les deux, le Stop & Start se contente principalement de couper le moteur lors des arrêts tandis que la récupération d'énergie utilise davantage l'alternateur pendant les décélérations.
La E90 correspond aussi à une époque mécanique assez particulière. On y trouve encore d'excellents six cylindres atmosphériques, mais aussi l'arrivée du 335i biturbo de 306 ch. Et pour la M3, BMW fait carrément une exception dans l'histoire du modèle en installant un V8 atmosphérique 4.0 de 420 ch. Ce sera la seule génération de M3 équipée d'un huit cylindres.



L'écart entre la E46 et la E90 est important et BMW adopte un style nettement plus tendu.

La E91 correspond au Touring.
Le coupé E92 prend encore davantage ses distances avec la berline. A la génération suivante, BMW ira au bout de cette logique en le renommant Série 4.
La M3 E92 et son V8 atmosphérique de 420 ch constituent une parenthèse unique dans l'histoire de la M3.
La F30 arrive en 2012 et paraît au premier regard assez proche de la E90, même si elle grandit sensiblement. BMW commence surtout à changer profondément sa gamme mécanique. Les moteurs turbo se généralisent et les gros atmosphériques disparaissent progressivement, y compris chez M. Le downsizing est désormais bien installé.


La F30 reste similaire dans ses proportions de la E90 (même base technique). 

Le restylage reste relativement discret.
L'ActiveHybrid 3 associait déjà essence et électricité mais avec une batterie minuscule selon les standards actuels. Elle illustre assez bien les tâtonnements du début de l'hybridation rechargeable et électrifiée.
Le Touring F31 gagne en allure et en polyvalence.
Version équipée du Pack M.
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La Série 3 GT tente quant à elle de mélanger berline, coupé et familiale avec un hayon. Le concept n'aura finalement pas de descendance.
C'est aussi avec cette génération que BMW sépare définitivement les carrosseries. La berline et le Touring restent des Série 3 tandis que le coupé et le cabriolet deviennent des Série 4. Conséquence logique, la M3 ne désigne plus que la berline tandis que le coupé sportif devient M4.

La Série 4 récupère à partir de cette époque les coupés et cabriolets auparavant intégrés à la gamme Série 3.
La G20 apparaît fin 2018 avant sa commercialisation en 2019. Elle repose sur l'architecture modulaire CLAR de BMW et grandit encore avec près de 7,6 cm supplémentaires en longueur par rapport à la F30. Malgré cela, BMW travaille beaucoup sur le poids, la rigidité et l'aérodynamique, avec un Cx pouvant descendre jusqu'à 0,23 selon les versions.
C'est aussi une génération charnière pour l'intérieur. La première partie de carrière conserve encore une organisation assez classique avec beaucoup de commandes physiques et la molette iDrive, tandis que le restylage de 2022 introduit le grand Curved Display. C'est le début d'une Série 3 nettement plus numérique, pas forcément pour le meilleur en ce qui concerne l'ergonomie puisque BMW commence elle aussi à transférer de nombreuses fonctions dans les écrans.
La gamme mécanique reste malgré tout très large. Essence, diesel, transmission intégrale et hybride rechargeable cohabitent encore. La 330e devient surtout beaucoup plus crédible qu'avec les premières tentatives hybrides de la F30. Au sommet de la gamme classique, la M340i xDrive conserve le six cylindres en ligne avec 374 ch.
La M3 G80 provoque davantage de débats avec son immense calandre verticale, largement inspirée de la nouvelle identité visuelle de la Série 4. Elle abandonne aussi progressivement l'image de berline sportive relativement discrète des anciennes générations, mais conserve le six cylindres en ligne et pousse les performances très loin. La grande nouveauté arrive en 2022 avec la première M3 Touring de série.

Avec la G20, les haricots commencent à prendre de l'ampleur mais BMW reste encore nettement plus mesuré que sur la Série 4 et la M3.
Les feux arrière beaucoup plus fins ont parfois été comparés à ceux de Lexus. La silhouette générale reste toutefois particulièrement équilibrée..jpg)
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La huitième génération arrive en 2026 avec la G50, mais cette fois BMW fait quelque chose d'assez particulier. Quelques mois auparavant, la marque a lancé la nouvelle BMW i3, qui reprend le nom de l'ancienne petite électrique mais désigne désormais la Série 3 électrique. Visuellement, i3 et G50 sont presque jumelles, et BMW fait d'ailleurs tout pour les présenter comme les deux faces d'une même nouvelle Série 3. Pourtant, sous la carrosserie, ce sont bien deux voitures différentes.
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L'i3, code interne NA0, repose sur la toute nouvelle architecture électrique Neue Klasse. La G50 thermique conserve pour sa part une évolution de la plateforme CLAR déjà utilisée par la G20. BMW a donc fait exactement l'inverse de ce que l'apparence pourrait laisser penser. La vraie révolution technique est du côté de l'i3 tandis que la G50 fait plutôt évoluer une base parfaitement connue et largement amortie.
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Cette différence se voit d'ailleurs dans les proportions. L'i3 profite de son architecture électrique pour réduire la longueur de son capot et repousser davantage les roues vers les extrémités. La G50 doit toujours loger des moteurs longitudinaux et notamment un gros six cylindres en ligne. Elle conserve donc le fameux long capot qui fait partie de l'identité de la Série 3 depuis des décennies.
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BMW a toutefois énormément travaillé pour masquer cette différence. Les deux voitures partagent pratiquement la même identité extérieure, le même langage Neue Klasse et surtout le même habitacle avec le Panoramic iDrive, le grand écran central de 17,9 pouces et le nouveau BMW Operating System X. Il faudra donc regarder les proportions ou certains détails pour distinguer rapidement une i3 d'une Série 3 thermique.
Côté moteurs, BMW garde encore une vraie Série 3 thermique malgré les prédictions répétées sur sa disparition. La gamme débute avec des quatre cylindres essence électrifiés en 48 V tandis que la M350 xDrive conserve un six cylindres en ligne 3.0 turbo. Avec 443 ch, cette dernière développe même davantage de puissance qu'une M3 F80 de première génération. Une version hybride rechargeable doit également rejoindre la gamme en 2027. En revanche, aucun diesel n'est annoncé au lancement, ce qui constitue une sacrée rupture quand on se rappelle l'importance qu'ont eue les 320d et 330d en Europe pendant plus de vingt ans.
La Série 3 thermique quitte aussi Munich. La G50 est produite à Dingolfing, tandis que l'usine historique de Munich assemble désormais l'i3 et doit se consacrer exclusivement aux modèles électriques à partir de 2027. Là encore, le symbole est assez fort. La Série 3 thermique continue, mais elle laisse physiquement sa place à sa soeur électrique dans l'usine qui l'a vue naître en 1975.
On arrive donc à une situation assez inhabituelle dans l'histoire de la Série 3. BMW propose sous une apparence presque identique deux berlines qui n'ont ni la même plateforme, ni la même architecture mécanique, ni même le même lieu de production. C'est probablement la meilleure manière pour la marque de ne pas choisir trop tôt entre thermique et électrique. Et pour une fois, derrière le discours marketing autour de la Neue Klasse, il y a réellement une particularité technique intéressante à observer...
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