

L'habitacle de la Sandero 2 a été l'un des endroits où le progrès par rapport à la première génération se voyait immédiatement. La planche de bord adopte des lignes plus douces, l'ensemble paraît mieux assemblé et les versions supérieures reçoivent quelques inserts qui évitent l'ambiance utilitaire pure et dure. Il ne faut pas non plus raconter n'importe quoi, les plastiques sont presque tous durs et la qualité perçue reste très en dessous d'une Polo, d'une 208 ou même d'une Clio de la même époque. Mais c'est là que la Dacia est assez amusante, car une finition médiocre devient beaucoup plus facile à pardonner quand le prix d'achat est franchement plus bas. Pour ma part, je préfère encore ce plastique dur assumé à certaines présentations qui essayent de faire premium avec du noir brillant qui se raye au bout de trois semaines.
| Habitabilité 2ème rang : | |
| Volume de coffre (320 L) : | |
| Confort de suspension : | |
| Confort Stepway 16p 205mm : | |
| Finition / Présentation : | |
| Infodivertissement : | |
| Places assises : | |
| Empattement * : |
* : l'empattement est un indice important sur l'habitabilité
Quelques véhicules proches :
Rio / Fabia 3 / 2 / C3 II / Mini / DS3 / Yaris 3
La construction donne d'ailleurs une impression assez robuste dans son genre. Les ajustements ne sont pas raffinés, les contre portes font partie des endroits où le low cost ne se cache pas et la moquette est légère, mais les commandes principales ont le mérite d'être simples. On retrouve donc une voiture que l'on comprend en quelques minutes, sans devoir chercher dans trois menus pour régler la ventilation ou couper une fonction agaçante. Avec l'âge, quelques rossignols et bruits parasites peuvent apparaître, ce qui n'a rien de très étonnant compte tenu des matériaux employés et de l'insonorisation réduite. Il faut surtout regarder l'état réel de l'exemplaire, car une Sandero ayant passé dix ans en ville avec des enfants à bord peut évidemment être beaucoup plus fatiguée qu'une auto de retraité qui a dormi dans un garage.
La vraie force de cette Sandero reste l'espace qu'elle offre pour un gabarit d'un peu plus de quatre mètres. L'empattement de 2,59 m permet d'installer correctement deux adultes à l'arrière et la largeur de caisse donne une banquette moins symbolique que dans certaines petites citadines. Le tunnel central reste discret, ce qui facilite aussi la vie du passager du milieu, même si trois adultes de bon gabarit n'auront évidemment pas l'impression de voyager dans un monospace. La hauteur sous pavillon est correcte et l'accès par les grandes portes arrière ne pose pas de problème particulier. En gros, Dacia a évité le piège classique qui consiste à sacrifier l'habitabilité pour gagner quelques centimètres de style à l'extérieur.
Le revers se trouve surtout dans le confort de la banquette. L'assise manque de moelleux, le dossier reste assez droit et le dessin général ne cherche pas à envelopper les passagers. Sur vingt minutes ce n'est pas bien grave, mais sur plusieurs heures on comprend que le constructeur a économisé sur la mousse et le travail de sellerie. Ce défaut était déjà présent sur d'autres Dacia de cette époque et il reste assez logique au regard du prix, mais il mérite d'être signalé car la bonne habitabilité peut donner l'impression que la Sandero est une grande routière familiale. Elle peut voyager loin, bien sûr, mais les passagers arrière finiront plus vite par réclamer une pause que dans une compacte mieux rembourrée ...
La position de conduite est plutôt naturelle, avec une assise assez haute qui facilite l'installation et donne une bonne vision de l'environnement proche. Selon la finition, le siège conducteur et le volant peuvent se régler en hauteur, ce qui permet de trouver une position convenable pour la majorité des gabarits. Il manque toutefois le degré de réglage et le maintien que l'on trouve dans une citadine plus soignée, et les sièges avant restent eux aussi assez simples dans leur rembourrage. La visibilité est bonne grâce à une ceinture de caisse qui ne monte pas exagérément et des montants qui restent raisonnables. Pour manoeuvrer, les versions équipées des radars de recul sont évidemment plus faciles à vivre, même si le gabarit n'a rien d'intimidant.
L'ergonomie des premiers modèles avait quelques idées franchement discutables. Les commandes de vitres électriques se trouvaient au centre et le régulateur demandait aussi de chercher certains boutons sur la console, ce qui donne l'impression que l'ingénieur a terminé son plan de câblage avant de penser au conducteur. Le restylage de fin 2016 corrige une partie de ces détails, notamment en déplaçant les commandes de vitres vers les portes sur les versions concernées et en adoptant un volant plus conventionnel avec le klaxon au centre. Ce sont de petites choses, mais ce sont justement elles qui rendent une voiture moins irritante au quotidien. La Sandero restylée est donc plus recommandable, non pas parce qu'elle devient luxueuse, mais parce qu'elle arrête de faire quelques économies à des endroits un peu trop visibles.
Avec 320 litres banquette en place, le coffre est très correct pour la catégorie et il reste surtout facile à exploiter grâce à une ouverture assez large. En rabattant la banquette, on peut atteindre environ 1200 litres, ce qui permet de transformer cette petite berline en déménageuse occasionnelle sans trop réfléchir. Il faut en revanche oublier les raffinements de modularité, car le plancher n'est pas plat une fois les dossiers rabattus et il n'y a pas de système sophistiqué de double fond. Le seuil impose aussi de lever un peu les objets lourds et le cric fixé sur le côté rappelle encore une fois la philosophie générale. Cela dit, quand une voiture de ce prix donne autant de volume, il serait un peu ridicule de lui reprocher de ne pas avoir une cinématique de sièges de monospace.
La banquette fractionnable en 60/40 apporte l'essentiel de la modularité et suffit dans la majorité des usages. On peut donc charger un objet long tout en gardant une place arrière, ce qui paraît banal mais n'était pas toujours acquis sur les finitions les plus dépouillées des voitures bon marché. La Stepway conserve le même esprit pratique et ne sacrifie pas le volume au style de baroudeuse. C'est d'ailleurs l'une des raisons de son succès, car elle donne l'impression d'une voiture plus valorisante sans demander au propriétaire de renoncer au coffre ou à l'espace. Dacia a compris assez tôt qu'une décoration de crossover se vend mieux quand elle ne détruit pas les qualités rationnelles du modèle de base.
Les rangements sont présents sans être particulièrement ingénieux. On trouve ce qu'il faut pour les objets courants, avec des bacs de porte, des porte gobelets et des espaces sur la console, mais rien qui donne envie de faire une démonstration à ses voisins ... Le restylage ajoute quelques emplacements mieux pensés et une prise 12 V supplémentaire à l'arrière selon les versions, ce qui améliore un peu la vie familiale. C'est typiquement le genre d'évolution utile que j'apprécie davantage qu'un éclairage d'ambiance à vingt couleurs. Une voiture économique doit d'abord éviter de compliquer la journée de ses occupants, et la Sandero s'en sort plutôt bien de ce côté.
Il faut toutefois faire attention au niveau de finition, car l'équipement varie beaucoup entre une version d'accès presque monastique et une Lauréate ou une Stepway Prestige bien plus fréquentable. Certaines Sandero de base ont été vendues avec le strict nécessaire, ce qui veut vraiment dire le strict nécessaire et pas le vocabulaire marketing habituel. Climatisation, vitres électriques arrière, régulateur ou Media Nav ne sont donc pas à considérer comme acquis sur toutes les autos d'occasion. Avant d'acheter, mieux vaut regarder la voiture et ses boutons plutôt que de se fier au mot Sandero dans l'annonce. Cela paraît évident, mais le nombre de finitions et d'évolutions de gamme finit vite par rendre les annonces assez approximatives.
L'apparition du Media Nav tactile de 7 pouces était une vraie bonne surprise à l'époque. Dacia proposait enfin une interface qui réunissait navigation, radio, USB et Bluetooth dans quelque chose de simple et lisible, sans demander le tarif d'une option allemande un peu prétentieuse. L'écran n'est plus impressionnant aujourd'hui, sa définition et sa vitesse rappellent son âge et les fonctions connectées sont évidemment très limitées par rapport à une voiture moderne. Mais il reste facile à comprendre, ce qui vaut beaucoup au quotidien. Tout le monde n'a pas besoin d'une tablette géante si c'est pour attendre trois secondes avant que le menu de climatisation s'affiche.
Le système peut connaître des bugs et redémarrages sur certains exemplaires, donc il faut le tester correctement lors d'un achat. Vérifiez le tactile, le Bluetooth, la navigation si elle vous intéresse et les commandes au volant, car une panne d'écran sur une voiture peu chère paraît toujours plus coûteuse psychologiquement qu'elle ne l'est sur une auto premium. Sur les versions sans Media Nav, la radio classique avec USB et Bluetooth fait finalement très bien le travail pour qui utilise son téléphone comme source. Le principal problème vient davantage de la qualité sonore et de l'insonorisation générale que de la source audio elle même. A 130 km/h, monter le volume sert parfois surtout à lutter contre les bruits d'air ...
Le confort de suspension est assez bon tant que la route et le rythme restent raisonnables. La Sandero filtre correctement les petites irrégularités grâce à des réglages souples, ce qui correspond bien à une voiture pensée pour des marchés où le bitume n'a pas toujours la perfection d'une piste d'aéroport. Sur des bosses plus marquées, l'amortissement se montre moins subtil et la caisse peut trépider ou rebondir davantage qu'une bonne citadine européenne de la même époque. Ce n'est pas une catastrophe, mais on sent que la mise au point privilégie la robustesse et le coût à la sophistication. Les roues de 15 pouces de la Sandero classique restent pour ma part le meilleur Accord avec ce châssis.
La Stepway utilise des pneus plus larges en 16 pouces et une caisse nettement plus haute. Elle garde un confort acceptable, mais la combinaison d'une garde au sol accrue et d'un amortissement qui doit contenir les mouvements de caisse donne un ressenti un peu différent. Les flancs restent heureusement assez généreux pour ne pas transformer chaque raccord de chaussée en sanction. Là encore, ce n'est pas le diamètre de jante qui fait tout, et les 205 mm de largeur apportent surtout davantage d'assise que les 185 mm de la version classique. Le principal bénéfice de la Stepway reste donc son style et sa position un peu plus haute, pas une prétendue transformation en SUV de franchissement.
L'insonorisation est nettement moins convaincante. Les bruits d'air apparaissent assez vite, les roulements se font entendre sur les revêtements granuleux et les moteurs doivent hausser la voix quand on leur demande de travailler. Le 1.5 dCi reste relativement discret au ralenti mais se rappelle à votre souvenir en accélération, tandis que le 0.9 TCe a le petit grondement typique d'un trois cylindres sans devenir insupportable. Sur autoroute, le problème vient surtout de l'ensemble des bruits qui s'additionnent. Une Sandero peut tout à fait traverser la France, mais elle vous rappellera davantage le voyage qu'une Clio ou une Polo mieux isolée.
La Stepway mérite un chapitre à elle seule parce qu'elle a fini par devenir presque plus emblématique que la Sandero classique. Son allure plus haute, ses protections, ses barres de toit et ses roues de 16 pouces donnent une présence que la version normale n'a pas vraiment. La garde au sol dépasse 20 cm sur certaines configurations, ce qui est réellement utile pour passer un chemin dégradé, une bordure ou une entrée de terrain sans frotter le dessous. Mais il faut rappeler une chose toute simple, elle reste une traction. Les habillages de baroudeuse ne créent ni arbre de transmission ni différentiel arrière, donc celui qui pense acheter un petit 4X4 risque d'être assez surpris au premier terrain gras.
Ce costume reste malgré tout cohérent avec l'auto. La Sandero n'étant pas une sportive, perdre un peu de précision à cause de la hauteur supplémentaire n'est pas un drame et l'agrément quotidien peut même profiter de l'accès plus facile. Le surcoût était raisonnable et l'équipement souvent plus riche, ce qui explique très bien pourquoi tant de clients ont choisi la Stepway. C'est un peu du marketing, bien sûr, mais du marketing qui apporte tout de même quelques avantages concrets. Quand une marque vous vend un look de SUV sans prétendre vous facturer une transmission intégrale imaginaire, j'ai du mal à lui en vouloir ...
Avec le recul, l'intérieur de la Sandero 2 a mieux vieilli dans sa logique que dans son apparence. Les écrans sont petits, les plastiques sont datés et l'équipement de sécurité active paraît pauvre selon les références modernes, mais l'espace, le coffre et la simplicité restent exactement aussi utiles qu'au premier jour. C'est pour ça qu'une belle Sandero 2 restylée peut encore être une occasion très rationnelle. Il faut simplement accepter qu'elle ne cherche pas à masquer son âge et son prix de conception. Celui qui veut du silence, des sièges raffinés, une finition flatteuse et une interface moderne devra regarder plus haut en gamme, avec le budget d'achat et d'entretien qui va avec.
Pour ma part, c'est précisément cette honnêteté qui reste son meilleur argument. On voit où l'argent n'a pas été dépensé, mais on voit aussi qu'il a été conservé pour l'essentiel avec cinq vraies portes, un coffre généreux, une habitabilité correcte et des commandes faciles à comprendre. La version restylée corrige quelques mesquineries ergonomiques et mérite donc d'être privilégiée. Une Lauréate ou une Stepway bien équipée représente souvent le meilleur équilibre, car l'entrée de gamme pousse un peu trop loin le dépouillement. Bref, la Sandero 2 ne fait pas semblant d'être plus chic qu'elle ne l'est, et c'est probablement pour cela qu'elle reste plus sympathique que beaucoup de voitures qui essayent très fort de paraître ce qu'elles ne sont pas.
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Dernier avis : 1.5 dCi 90 ch Stepway 2017 - 192000 km
Posté le : 2026-02-20 10:58:18
Utilisation du véhicule : 1/3 ville - 2/3 route
Qualités : Fiabilité remarquable
Entretien courant facile et peu coûteux
Confortable
Spacieuse pour son gabarit
Le look en Stepway
Ne bouffe ni pneus (+60.000km avec du Pirmacy 4 à l'avant et +120.000 à l'AR) ni freins (disque comme plaquette)
Système son - autoradio plus que satisfaisants
Défauts : Consommation sur autoroute (5 vitesses seulement)
Insonorisation bof
Consommation moyenne : Route 90 kmh : 4.5L / 100 km
Route 110 kmh : 5.5L / 100 km
Autoroute 130 kmh : 6.5L - 7L / 100km
Problèmes rencontrés : Aucun à part le thermostat autour de 185000km que j'ai remplacé moi même.
Note : 18/20
Prix assurance : 600 euros/an (Assureur : Direct assurace) (type de contrat : Tous risques) (Bonus/Malus : 75)
Véhicule acheté neuf en 2017 je n'ai eu aucun souci hormis le pulseur d'air d'habitacle et le thermostat d'eau (pièce d'usure). Toutes les autres pièces sont d'origine à 192000km.

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