

Avec ses 4,52 m de long et surtout un empattement de 2,735 m, le Leapmotor B10 exploite plutôt bien son architecture électrique. Ce n'est d'ailleurs pas le coffre qui en profite le plus mais les occupants, et notamment ceux installés au deuxième rang. L'espace aux jambes est vraiment généreux et même des adultes de grande taille peuvent s'installer derrière sans avoir les genoux collés aux dossiers avant.
| Habitabilité 2ème rang : | |
| Volume de coffre (430 L) : | |
| Confort de suspension : | |
| Confort 18p 235mm : | |
| Finition / Présentation : | |
| Infodivertissement : | |
| Places assises : | |
| Empattement * : |
* : l'empattement est un indice important sur l'habitabilité
Quelques véhicules proches :
X1 / Elroq / BZ4X / C-HR II / Bigster / C3 Aircross II / T-Roc 2
La position de la banquette est également mieux pensée que sur certaines électriques où l'épaisseur de batterie fait remonter les genoux vers le menton. Ici l'assise reste suffisamment haute, on peut glisser les pieds sous les sièges avant et le plancher totalement plat évite de condamner la place centrale avec un gros tunnel. La garde au toit reste elle aussi très généreuse malgré l'immense toit panoramique. Pour voyager à quatre, c'est vraiment excellent.
La largeur permet théoriquement d'installer trois personnes derrière, mais il ne faut pas non plus transformer le B10 en monospace huit places dans notre imagination. La place centrale est moins agréable, notamment avec une assise plus ferme, et trois adultes côte à côte finiront forcément par se tenir un peu chaud. Pour deux grands passagers en revanche, c'est presque royal pour la catégorie.
Le principal souci se situe du côté de l'hybride avec seulement 330 litres de coffres, une valeur qu'on peut qualifier de ridicule.
Sur les versions électriques, le coffre annonce 430 litres sous tablette et jusqu'à 1700 litres une fois la banquette rabattue. Ce n'est pas mauvais mais c'est assez quelconque pour un SUV de 4,52 m. Un Peugeot E 3008 ou un Renault Scenic E Tech proposent sensiblement davantage. Leapmotor a manifestement préféré donner les centimètres aux passagers arrière, ce qui est un choix parfaitement défendable mais qui se paie au moment de partir en vacances avec trois poussettes, le chien et la moitié de la maison.
Le coffre reste malgré tout bien exploitable. Son ouverture est large, le plancher peut prendre deux positions et un assez grand compartiment se cache dessous. Placé en position haute, il permet d'obtenir un plancher presque continu lorsque les dossiers arrière sont rabattus. La banquette est fractionnable selon le classique 60/40. Pas de siège central indépendant ni de banquette coulissante, on reste donc sur une modularité simple mais fonctionnelle.
Le seuil de chargement est assez haut et les flancs du coffre manquent de petits renfoncements ou de compartiments permettant de retenir les objets. Le cache bagages souple fait son travail sans chercher à réinventer le couvre coffre. On trouve mieux en matière d'astuces, mais rien ici ne rend le B10 pénible à utiliser.
Les versions électriques ajoutent un petit coffre avant de 25 litres. Il n'a rien d'un second coffre et semble presque avoir été dessiné autour de la question « est ce que les câbles rentrent ? ». La réponse est oui, et c'est déjà l'essentiel : les câbles sales ou humides n'ont plus besoin de voyager sous les bagages. L'accès pourrait cependant être plus pratique si Leapmotor comptait vraiment faire utiliser ce rangement quotidiennement.
Le New e Hybrid prend beaucoup plus cher. Le quatre cylindres installé sous le capot supprime naturellement le coffre avant et le volume arrière tombe à seulement 330 litres, puis 1600 litres banquette rabattue. Cent litres perdus dans un véhicule familial de cette taille, ça commence à faire beaucoup. La batterie 12 V et les différents organes supplémentaires du prolongateur d'autonomie ont réclamé leur loyer, et ils ne sont visiblement pas venus pour négocier.
Leapmotor revendique jusqu'à 22 espaces de rangement disséminés dans l'habitacle. La boîte à gants atteint environ 8,5 litres et peut même accueillir un ordinateur portable d'environ 14 pouces, ce qui est plutôt appréciable. On trouve également de grands bacs de portières, un espace sous l'accoudoir central et différents petits emplacements répartis autour de la console.
La console flottante comprend notamment un rangement fermé sous l'accoudoir et deux porte gobelets escamotables. Cela évite de sacrifier définitivement la moitié de la console à deux trous circulaires lorsque personne ne transporte de café. J'ai toutefois relevé quelques craquements au niveau de l'accoudoir central, détail peu flatteur dans un intérieur qui présente pourtant plutôt bien.
On dispose également d'un emplacement pour deux téléphones mais une seule zone recharge réellement sans fil. Et cette recharge réclame que le smartphone soit correctement positionné : quelques centimètres trop loin et il ne se passe plus rien. Un petit témoin permet heureusement de vérifier immédiatement si la charge est active.
Les passagers arrière ne sont pas oubliés avec des prises USB A et USB C et des aérateurs dédiés. Pour une voiture pensée comme familiale, c'est bien le minimum mais au moins tout le nécessaire est là.
Le confort ne vient pas seulement de la suspension extrêmement souple. Les sièges eux mêmes sont assez moelleux, avec des mousses qui privilégient clairement la détente au maintien latéral. Ce n'est pas ce que je choisirais pour faire le Monte Carlo, mais vu les mouvements de caisse du B10 ce serait assez optimiste d'espérer en arriver là.
Sur la finition Design, la dotation devient franchement impressionnante pour le prix : sellerie Eco cuir, siège conducteur électrique à six réglages, siège passager électrique à quatre réglages, chauffage et ventilation des deux sièges avant. Le système peut même commander automatiquement chauffage ou ventilation selon la température. Le volant chauffant complète l'ensemble sur les configurations concernées.
Les sièges avant peuvent aussi être fortement inclinés jusqu'à former une sorte de couchette. Ce n'est pas une fonction indispensable pour aller chercher du pain, mais pendant une recharge de trente minutes elle prend déjà un peu plus de sens. Leapmotor propose d'ailleurs plusieurs scénarios dédiés à ce type d'usage, notamment un mode camping.
Le toit panoramique fixe participe énormément à l'ambiance. Surtout, il possède un véritable store occultant électrique. Ce détail devrait presque être banal, mais après avoir vu quelques constructeurs supprimer le store et expliquer que le traitement du verre suffit largement sous 38 degrés au soleil, je finis par féliciter les gens qui ont simplement conservé une solution qui fonctionne.
L'intérieur du B10 reprend les recettes devenues classiques des voitures chinoises modernes : planche de bord très horizontale, immense écran flottant au centre, petit combiné derrière le volant et quasiment aucun bouton physique. Ça rappelle beaucoup Xpeng, un peu Tesla et quelques autres. L'originalité absolue n'est donc pas son principal talent, mais le résultat est propre et assez élégant.
La qualité perçue est franchement bonne au regard du tarif. Tout n'est évidemment pas moussé et les parties basses utilisent des plastiques durs, mais les zones les plus visibles et celles qu'on touche régulièrement sont suffisamment soignées pour éviter tout sentiment de low cost. L'assemblage paraît sérieux dans l'ensemble, même si j'ai relevé quelques petits bruits de mobilier et cet accoudoir central un peu bavard qui rappellent qu'on ne se trouve pas non plus dans une Lexus.
La finition Design renforce encore cette impression avec la sellerie Eco cuir, les vitres arrière teintées et surtout un éclairage d'ambiance à 64 couleurs, capable de réagir à la musique. Ça ne rend pas la voiture meilleure, mais quand on voit ce que certaines marques facturent pour trois LED cachées derrière une baguette de tableau de bord, autant profiter du spectacle.
Deux ambiances Eco cuir sont proposées sur Design dans la brochure française, Gris Clair et Gris Ombre. Cela permet au moins d'éviter l'éternel intérieur intégralement noir dans lequel certaines marques semblent encore vouloir nous faire vivre comme dans une boîte à chaussures.
C'est probablement ici que le B10 fait le plus mal à des voitures beaucoup plus chères. L'écran central mesure 14,6 pouces et affiche une définition 2,5K. Surtout, il conserve des proportions proches d'un véritable écran informatique plutôt que de s'étirer en une interminable bande horizontale haute comme une boîte aux lettres. Pour afficher une carte, plusieurs applications, une page Internet ou une vidéo, c'est infiniment plus logique.
Le système Leap OS 4.0 Plus repose sur une puce Qualcomm Snapdragon 8155 et se montre particulièrement fluide. Les animations sont rapides, les menus réagissent correctement et il est possible de passer d'un affichage plein écran à des configurations avec plusieurs informations simultanées. Une mise à jour de 2026 a également ajouté un affichage partagé permettant notamment de conserver la navigation sur une partie de l'écran lorsqu'une autre fonction est utilisée.
La présentation est aussi très personnalisable. Un appui prolongé sur la barre inférieure permet de réorganiser les raccourcis et d'y placer ses commandes préférées. Si je trouve idiot de devoir passer par un menu pour fermer le store de toit, je peux donc ajouter directement son icône dans la barre permanente. C'est précisément le genre de souplesse qui rend une interface tactile beaucoup moins agaçante.
Le système contient aussi un vrai catalogue d'applications et pas uniquement la radio et une météo qui met huit secondes à charger. On retrouve notamment Spotify, Amazon Music, Tidal, Deezer, TikTok et YouTube selon les versions logicielles. Il est donc parfaitement possible de s'occuper pendant une recharge sans sortir systématiquement son téléphone.
Un navigateur Internet Vivaldi est également accessible sur certaines versions récentes du logiciel. Cela transforme réellement le grand écran en tablette de bord et permet de consulter des sites Internet depuis la voiture. Les services de vidéo accessibles par navigateur ouvrent aussi la porte à certains contenus télévisés ou plateformes web lorsque la voiture est immobilisée. Il ne faut toutefois pas imaginer que Netflix, Prime Video et toute la planète du streaming fonctionneront systématiquement, certaines protections DRM pouvant empêcher la lecture.
C'est malgré tout très supérieur aux systèmes fermés où l'on dispose d'un écran gigantesque uniquement pour afficher un GPS et trois menus de climatisation. Ici la taille de la dalle sert réellement à quelque chose.
Le système de scénarios automatisés est probablement l'une des fonctions les plus intéressantes du B10. Le principe rappelle les X Combo de Xpeng : on choisit un déclencheur, puis une ou plusieurs actions exécutées automatiquement. C'est finalement le système des routines d'un smartphone ou d'une maison connectée appliqué à l'automobile.
J'ai par exemple créé un scénario demandant à la voiture de fermer automatiquement les vitres au dessus de 80 km/h. Une fois la règle enregistrée, je pars vitres ouvertes, je dépasse la vitesse définie et le B10 les ferme tout seul. On peut également utiliser l'état du siège conducteur comme déclencheur. Comme la musique continue normalement lorsque le conducteur quitte son siège tant que la voiture n'est pas verrouillée, il suffit de créer une règle « conducteur absent = mettre le lecteur en pause ». Le podcast ne continue ainsi plus tout seul pendant que je suis sorti chercher un café.
Ce système reste moins complet que celui de Xpeng, avec moins de déclencheurs et moins d'actions disponibles, mais l'idée est excellente. Au lieu d'attendre qu'un ingénieur imagine exactement la façon dont chacun souhaite utiliser sa voiture, on laisse une petite partie de la logique à l'utilisateur. Ça devrait exister partout.
Leapmotor ajoute aussi plusieurs scénarios prédéfinis, avec notamment des modes camping, animal, lavage ou maintien de l'alimentation électrique. On commence donc à sortir du simple infodivertissement pour arriver à une vraie logique de voiture configurable.
Apple CarPlay et Android Auto sont désormais proposés, en filaire comme sans fil, grâce aux mises à jour OTA. Leur intégration est plutôt intelligente puisque Leapmotor conserve une partie de sa barre de commandes lorsque l'interface du téléphone est affichée. Je peux donc toujours accéder rapidement à la climatisation ou aux sièges chauffants sans devoir quitter CarPlay ou Android Auto.
Ce point compte beaucoup, car un bon système natif ne justifie pas d'emprisonner l'utilisateur dedans. Celui qui préfère Waze, Google Maps ou ses propres applications peut les récupérer sans sacrifier totalement les commandes de la voiture.
Le conducteur dispose d'un écran séparé de 8,8 pouces. Il n'a rien de spectaculaire mais il fait correctement son travail et je ne vois pas vraiment ce qu'il faudrait lui reprocher. Les informations essentielles restent directement dans l'axe du volant au lieu de forcer à regarder systématiquement la grande dalle centrale.
Le système audio dépend de la finition. La Life reçoit six haut parleurs, tandis que la Design passe à douze. Ce dernier accompagne l'éclairage d'ambiance et offre une restitution plutôt agréable. J'ai toutefois trouvé le volume maximal assez limité, ce qui gênera surtout ceux qui considèrent qu'un bon morceau doit également être entendu par le véhicule qui roule trois files plus loin.
Le revers du grand écran est prévisible : presque tout passe par lui. Réglages des rétroviseurs, store du toit, modes de conduite, nombreuses fonctions de climatisation ou paramètres des aides doivent être cherchés dans l'interface. Les raccourcis personnalisables améliorent énormément les choses, mais quelques commandes physiques supplémentaires auraient certainement évité de transformer certaines opérations élémentaires en interaction informatique.
Les commandes de vitres elles mêmes ne sont pas les plus agréables à manipuler et la commande vocale française reste encore assez approximative. Je lui ai par exemple demandé d'ouvrir la vitre passager et elle m'a ouvert celle du conducteur. Un assistant vocal qui répond avec assurance tout en faisant autre chose, on a déjà suffisamment de collègues comme ça.
La situation devrait cependant continuer à évoluer puisque Leapmotor a déjà démontré qu'il pouvait modifier significativement le véhicule par mise à jour OTA. CarPlay, Android Auto, le One Pedal, les raccourcis personnalisables ou encore différentes améliorations de l'affichage ont été ajoutés après le lancement. C'est plutôt rassurant, à condition de juger la voiture sur ce qu'elle sait faire aujourd'hui et pas sur une hypothétique fonction promise pour après demain.
L'application Leapmotor permet de consulter l'état de la voiture, sa charge et sa localisation, de programmer la recharge, de commander la climatisation et différentes fonctions à distance. Selon les équipements, elle peut également intervenir sur les sièges chauffants ou ventilés, le volant chauffant, les vitres, le hayon ou le store. Elle n'est pas particulièrement spectaculaire mais elle couvre les usages réellement utiles.
Le téléphone peut aussi servir de clé et le comportement de l'accès est assez finement configurable. Je peux demander l'ouverture à l'approche, préférer une action sur la poignée, choisir le verrouillage automatique à l'éloignement ou mélanger les différents comportements. Cette personnalisation est excellente.
Son exécution l'est beaucoup moins. Le bouton extérieur n'est disponible que sur la porte conducteur et l'accès direct au coffre ou à la porte passager avec le téléphone peut devenir inutilement compliqué. J'ai même constaté que le verrouillage automatique pouvait être tellement pressé de bien faire qu'il fermait la voiture pendant que je la contournais simplement pour rejoindre le coffre.
La carte NFC fournie en secours ressemble beaucoup au principe Tesla : on la présente près du rétroviseur pour ouvrir la voiture. Mais devoir ensuite la placer sur une zone précise de la console pour démarrer casse complètement l'intérêt d'une clé numérique. Leapmotor permet également de démarrer avec un code à quatre chiffres saisi sur l'écran. C'est technologiquement amusant, mais prendre quinze secondes pour taper un code afin de mettre une voiture en marche n'est pas exactement ma définition du progrès.
Le B10 est particulièrement convaincant à vivre au quotidien. L'espace arrière est excellent, les sièges sont confortables, le toit panoramique possède intelligemment un store, les rangements sont nombreux et l'ambiance générale n'a absolument rien d'une voiture vendue au rabais. Le coffre électrique aurait pu être plus grand et celui du New e Hybrid est franchement trop petit, mais l'essentiel de l'habitacle familial est très réussi.
C'est surtout son univers numérique qui le distingue. Grand écran réellement exploitable, interface rapide, applications natives, vidéo, Internet, CarPlay, Android Auto, scénarios automatisés X Combo, personnalisation poussée et mises à jour régulières : le B10 fait partie des rares voitures où l'infodivertissement ressemble vraiment à un système informatique moderne plutôt qu'à un autoradio auquel on aurait greffé une dalle tactile.
Tout n'est pas encore poli, notamment la commande vocale, quelques automatismes ou cette fichue gestion de clé, mais sur le fond Leapmotor a compris quelque chose que plusieurs constructeurs historiques semblent encore découvrir : si on décide de supprimer les boutons et de mettre un ordinateur au milieu du tableau de bord, autant fabriquer un bon ordinateur.
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