

Le premier Duster avait tellement placé la barre bas en matière de présentation qu'il n'était pas très difficile de faire mieux. Mais il faut reconnaître que la deuxième génération ne se contente pas de changer trois boutons et une couleur de plastique. L'habitacle est nettement mieux dessiné, les commandes tombent mieux sous la main, l'écran est enfin placé à une hauteur acceptable et l'insonorisation a fait un vrai bond. On reste dans une Dacia avec beaucoup de plastiques durs, des moquettes assez simples et quelques économies visibles, simplement cela ne donne plus l'impression de monter dans un utilitaire auquel on aurait ajouté des sièges arrière. Pour une voiture qui devait rester très bon marché, le progrès est franchement réussi.
| Habitabilité 2ème rang : | |
| Volume de coffre (445 L) : | |
| Confort de suspension : | |
| Confort Chssis 150 ch : | |
| Finition / Présentation : | |
| Infodivertissement : | |
| Infodiv. Restylage : | |
| Places assises : | |
| Empattement * : |
* : l'empattement est un indice important sur l'habitabilité
Quelques véhicules proches :
ZS / Range Rover Evoque / Puma / CX-3 / Tiguan 2 / HRV / Juke 2
Le confort commence par la suspension. Le Duster absorbe très bien les routes dégradées et les pneus à gros flancs participent énormément au résultat. En 215/65 R16, on dispose d'environ 140 mm de flanc. Cela fait une vraie différence par rapport aux SUV chaussés de pneus taille basse qui transmettent la moindre plaque d'égout dans le dossier du siège. En 215/60 R17, il reste encore environ 129 mm, ce qui est très confortable. Dacia n'a donc pas sacrifié le moelleux pour faire joli dans le catalogue, et tant mieux. Les mouvements de caisse sont plus importants lorsque la route tourne, mais dans la vie de tous les jours on profite bien davantage du filtrage que l'on ne souffre du roulis.
L'insonorisation progresse aussi. Les vitres, les joints et les matériaux absorbants sont mieux travaillés que sur le Duster I, si bien qu'on ne retrouve plus cette sensation de rouler avec une porte mal fermée dès qu'on prend l'autoroute. Les moteurs restent audibles, surtout les diesels en accélération, et les bruits d'air finissent par apparaître à vitesse élevée. Mais l'ensemble devient suffisamment reposant pour envisager plusieurs centaines de kilomètres sans fatigue particulière. Les sièges ont aussi progressé dans leur dessin et le maintien est meilleur. Ce ne sont pas des fauteuils de limousine, mais ils ne donnent plus l'impression d'être seulement là pour respecter la fiche d'homologation.
Le Duster mesure environ 4,34 m de long pour 1,80 m de large et 2,67 m d'empattement. Ce sont des dimensions raisonnables, et pourtant l'habitacle offre un espace très correct pour quatre adultes. Les places avant ne posent aucun souci particulier et la position de conduite haute convient bien à la philosophie SUV. A l'arrière, deux adultes voyagent sans se plaindre, avec un espace aux jambes correct et une garde au toit généreuse. La banquette reste assez large pour accueillir ponctuellement trois personnes, même si la place centrale n'est évidemment pas celle qu'on choisit pour traverser la France. Le tunnel de transmission des 4X4 reste suffisamment discret pour ne pas ruiner la place du milieu.

Le Duster n'est pas immense à l'extérieur mais exploite bien son volume. Le tunnel central reste raisonnable même sur les versions 4X4
Le coffre est surtout intéressant par sa forme carrée et facile à charger
Le coffre des 4X2 tourne autour de 445 litres sous tablette selon la méthode de mesure et la configuration. C'est un peu moins que le premier Duster, ce qui peut sembler étonnant puisque la nouvelle génération cherche justement à progresser partout. Une partie du volume a été sacrifiée pour mieux travailler l'insonorisation et la structure. Dans la pratique, le coffre reste très exploitable parce qu'il est large et assez carré. On peut charger des valises sans devoir faire un Tetris de niveau expert. Le seuil n'est pas particulièrement bas mais l'ouverture est grande, ce qui compte davantage pour un usage familial.
Les versions 4X4 perdent du volume car le train arrière multibras, l'arbre de transmission et le pont prennent de la place. On descend autour de 411 litres sur certaines configurations, et encore moins avec la roue de secours. C'est le prix d'une vraie transmission intégrale. Pour ma part, cela ne me choque pas. Celui qui n'a pas besoin du 4X4 prend le 4X2 et récupère le coffre. Celui qui roule dans la neige ou sur les chemins accepte de perdre quelques sacs de courses. Il vaut mieux cette logique que de vendre une fausse transmission intégrale qui ne change rien au volume mais ne sert presque à rien hors bitume.
La banquette se rabat classiquement en 1/3 et 2/3 sur les finitions qui le permettent. Il n'y a pas de sièges individuels, pas de banquette coulissante et pas de système permettant de faire disparaître les dossiers dans le plancher. Dacia fait simple et cela fonctionne. Une fois rabattue, la banquette laisse une marche et le plancher n'est pas parfaitement plat. Pour transporter un meuble long, ce n'est pas idéal mais cela ne rend pas l'opération impossible. Le volume maximal devient très généreux et la forme cubique du coffre aide beaucoup.

Les finitions de moquette et de garnitures dans le coffre rappellent le positionnement de la voiture. Les ajustements peuvent être sommaires et certains plastiques marquent vite. Mais c'est justement dans ces zones peu visibles que je préfère voir Dacia économiser plutôt que sur les sièges, les amortisseurs ou la mécanique. Une belle feutrine dans le coffre ne change pas la vie, une suspension mal réglée oui. Le Duster fait donc des compromis assez logiques, même si les maniaques de la finition trouveront facilement de quoi s'occuper.
Le Duster II propose plusieurs bacs de portes, une boîte à gants correcte, des emplacements autour de la console et, selon les versions, un rangement sous le siège passager. Cela suffit au quotidien mais il n'y a pas de trouvaille particulière. Les familles qui accumulent bouteilles, lunettes, câbles et petits objets finiront vite par remplir tous les espaces disponibles. Le restylage de 2021 améliore les choses avec une console centrale haute et un accoudoir coulissant qui intègre un rangement plus pratique. Ce genre de modification paraît anecdotique sur une photo, mais c'est exactement ce qu'on apprécie après six mois d'utilisation.
Les prises USB deviennent également plus nombreuses en fin de carrière, jusqu'à deux à l'avant et deux à l'arrière sur les versions les mieux équipées. A notre époque, cela compte davantage qu'un chrome autour d'un aérateur. Les enfants peuvent brancher leurs appareils sans tendre un câble de trois mètres depuis la planche de bord, et les parents évitent une partie des disputes. Comme quoi, le raffinement automobile tient parfois à des choses beaucoup moins prestigieuses qu'un toit panoramique.

La planche de bord est probablement l'une des plus grosses réussites du Duster II. Elle reste entièrement ou presque en plastique dur, mais le dessin est beaucoup plus moderne et cohérent avec l'esprit baroudeur. Les trois aérateurs centraux, les commandes de climatisation rondes et les touches façon aviation donnent un peu de personnalité sans coûter une fortune. Dacia montre ici qu'un plastique bon marché n'est pas obligé d'être laid. Le grain choisi et les différentes formes limitent l'impression de pauvreté, surtout sur les finitions supérieures avec quelques éléments satinés.
Il suffit évidemment de toucher la partie haute de la planche de bord pour comprendre que personne n'a essayé de concurrencer Audi. Tout est dur. Les contreportes ne sont pas beaucoup plus nobles et certaines commandes restent très simples. Mais l'assemblage est globalement correct et le mobilier supporte plutôt bien les années. Quelques bruits parasites peuvent apparaître, notamment au niveau du pavillon ou de certains habillages, et des infiltrations d'eau par les fixations de barres de toit ont été signalées. Ce sont des points à contrôler sur une occasion, surtout si le ciel de toit présente des auréoles.


Le Duster II corrige l'une des erreurs les plus étranges du premier opus restylé, à savoir l'écran placé tellement bas qu'il fallait presque regarder le levier de vitesses pour suivre le GPS. Ici l'écran remonte sur la console et devient enfin utilisable sans quitter la route trop longtemps des yeux. C'est déjà un gros progrès. Hélas, le Media Nav de première phase reste très lent. Les graphismes sont basiques, les transitions prennent leur temps et la réactivité tactile peut agacer quand on a pris l'habitude d'un smartphone moderne.
Il faut remettre les choses à leur place. Le Duster était vendu beaucoup moins cher que les SUV concurrents et proposait malgré tout navigation, Bluetooth, caméra de recul et parfois vues multivues. Le système n'est donc pas ridicule au regard du prix de l'auto. Il vieillit simplement mal parce que l'électronique grand public a progressé à une vitesse énorme. A notre époque, le plus simple consiste souvent à utiliser le téléphone pour la navigation et à conserver l'écran d'origine pour les fonctions de base.


Le restylage ne redessine pas complètement l'habitacle, ce qui aurait été une dépense assez inutile. Il apporte plutôt ce qui commençait à manquer. La console centrale haute avec accoudoir coulissant est plus pratique, l'écran passe à 8 pouces et les versions supérieures peuvent proposer la réplication smartphone sans fil. Android Auto et Apple CarPlay changent beaucoup la perception du système, car on n'est plus prisonnier de la navigation et des logiciels internes de Dacia. Le Media Display et le Media Nav restent simples mais deviennent bien plus rapides et supportables.

Les finitions évoluent aussi. Essentiel reste volontairement basique, Confort apporte déjà la climatisation, l'écran 8 pouces, le radar de recul et les jantes alliage, tandis que Prestige ajoute la climatisation automatique, l'avertisseur d'angle mort, la caméra de recul, le Media Nav, les prises USB arrière et les jantes de 17 pouces. Plus tard, la nouvelle identité Dacia et les finitions Journey ou Extreme modernisent encore l'ensemble sans changer la structure de l'habitacle. On peut donc trouver des Duster II de fin de carrière qui ne donnent plus du tout l'impression d'être des voitures au rabais, même si les plastiques restent exactement aussi durs lorsqu'on les tapote.
Une des choses qui vieillissent le mieux dans ce Duster est finalement l'ergonomie. Les commandes de climatisation sont physiques, les fonctions principales ont leurs boutons et on ne passe pas par trois menus pour désembuer le pare brise. Il y a certes quelques commandes Renault recyclées à droite et à gauche, mais rien de franchement pénible. Le volant tombe correctement sous la main et la position de conduite s'est améliorée par rapport au premier Duster. Le siège conducteur peut recevoir un réglage lombaire sur les finitions hautes, ce qui aide sur les longs trajets.
La visibilité est assez bonne vers l'avant grâce à la position haute. Vers l'arrière, les montants et la lunette réduisent un peu le champ, mais les radars et la caméra de recul compensent bien sur les versions équipées. Les caméras multivues sont presque un luxe sur une Dacia de cette période et peuvent même servir en tout terrain pour surveiller les roues ou un obstacle proche. Pour une fois, un équipement un peu spectaculaire a donc une utilité concrète.
Le choix du moteur change sensiblement l'ambiance à bord. Les 1.3 TCe sont les plus agréables sur route, avec suffisamment de couple pour ne pas avoir à monter souvent dans les tours. Le 1.0 TCe est discret tant qu'on le ménage mais devient plus présent lorsqu'on lui demande toute sa puissance. Le 1.6 SCe doit monter plus haut dans les régimes pour relancer, et sa boîte cinq rapports maintient davantage de bruit sur autoroute. Les diesels restent audibles à froid et en accélération, mais une fois stabilisés ils correspondent bien au Duster qui est de toute façon plus sensible aux bruits d'air au fur et à mesure que la vitesse augmente.
La monte pneumatique joue aussi. Le 215/65 R16 garde beaucoup de caoutchouc et absorbe mieux les petites cassures, ce qui réduit les bruits secs dans l'habitacle. Le 215/60 R17 reste confortable mais transmet un peu plus les chocs. La largeur reste identique à 215 mm, donc il n'y a pas de grosse différence de bruit de roulement uniquement à cause de la surface de gomme. La qualité du pneu fait bien davantage. Une monte premium silencieuse en 16 pouces peut transformer le confort acoustique d'un Duster qui avait été livré avec des gommes plus rustiques.
Au delà du moteur, je vérifierais d'abord les infiltrations autour du pavillon et des barres de toit, le fonctionnement de la ventilation, tous les lève vitres, l'écran multimédia et les caméras. Sur les premiers modèles, le Media Nav peut buguer et certaines commandes de climatisation ont connu des soucis de câbles ou de résistance. Après restylage, quelques écrans noirs ont aussi nécessité une reprogrammation ou un remplacement du calculateur radio. Rien de dramatique, mais ce sont des dépenses faciles à repérer avant achat.
Regardez aussi l'état du siège conducteur. Certaines armatures peuvent prendre du jeu et les mousses souffrent davantage sur les voitures qui ont fait beaucoup de petits trajets avec des montées et descentes permanentes. Inspectez les plastiques du coffre et les bas de portes si le Duster a servi comme vrai véhicule de loisirs. Une carrosserie rayée n'est pas très grave sur ce type d'auto, mais un dessous cabossé ou des fixations arrachées racontent une utilisation tout terrain plus intensive.
Le Duster II vieillit plutôt bien à bord parce qu'il n'a jamais cherché à impressionner avec des matériaux fragiles ou des écrans gigantesques. Les plastiques sont durs mais solides, les commandes physiques restent faciles à utiliser et le restylage de 2021 a corrigé le principal retard technologique avec un écran plus réactif et la réplication du smartphone. Le coffre n'est pas le plus grand de la catégorie mais sa forme est bonne, l'habitabilité suffit à une famille et le confort de suspension reste l'un des meilleurs arguments de la voiture.
Pour ma part, je chercherais une finition Confort ou Prestige de phase 2. On y gagne la climatisation, un multimédia moins pénible, des aides au stationnement et une présentation plus agréable sans basculer dans des équipements coûteux qui vieillissent mal. Le 16 pouces reste mon choix pour le confort, le 17 apporte un peu plus de netteté sans devenir cassant. Le Duster n'est toujours pas luxueux et il n'a aucune raison de le devenir. Son talent est plutôt de donner l'essentiel d'un SUV familial pour beaucoup moins cher, tout en évitant qu'on ait l'impression de voyager dans une voiture punition. C'est déjà pas mal ...
Compléter cet article
Dernier avis : 1.5 dCi 110 ch 260000 km - acheté neuf en 2018 - boîte mécanique
Posté le : 2026-05-03 00:14:51
Utilisation du véhicule : 1/3 ville - 2/3 route
Qualités : Tout est parfait : moteur, freinage, confort, agrément de conduite... Aucun signe de faiblesse malgré son fort kilométrage.
Défauts : Aucun
Consommation moyenne : 4.5 l
Problèmes rencontrés : Aucun problème, hormis une panne de ventilateur.
Note : 20/20
Prix assurance : 500 euros/an (Assureur : ) (type de contrat : ) (Bonus/Malus : 50)

© CopyRights Fiches-auto.fr 2026. Tous droits de reproductions réservés.
Nous contacter - Mentions légales
Fiches-auto.fr participe et est conforme à l'ensemble des Spécifications et Politiques du Transparency & Consent Framework de l'IAB Europe. Il utilise la Consent Management Platform n°92.
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment en cliquant ici.