Vie à bord Ariya (2022)

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Une habitabilité plutôt généreuse

Avec ses 4.60 mètres de long et son empattement de 2.78 mètres, l'Ariya dispose de dimensions assez favorables à l'habitabilité, d'autant qu'il repose sur une plateforme entièrement dédiée à l'électrique. Il n'y a donc pas de tunnel de transmission encombrant ni de mécanique thermique imposant de grosses contraintes dans l'aménagement intérieur, ce qui a permis à Nissan de dégager un volume assez important pour les occupants. Le résultat est plutôt convaincant, avec une impression d'espace qui dépasse même ce que les dimensions extérieures pourraient laisser espérer, particulièrement à l'avant.

Habitabilité 2ème rang :
Volume de coffre (468 L) :
Confort de suspension :
Confort 20p + eForce :
Confort Nismo :
Finition / Présentation :
Infodivertissement :
Infodiv. Android automotive :
Places assises :
5
Empattement * :
2.77 m

* : l'empattement est un indice important sur l'habitabilité

Quelques véhicules proches :
Countryman 3 / Bigster / ID4 / Q3 Sportback / Enyaq / Rafale / Sportage / C5 Aircross 2

C'est en effet à cet endroit que l'Ariya se montre le plus original, puisque la planche de bord ne se prolonge pas jusqu'au plancher par une console centrale traditionnelle. L'espace situé entre les deux occupants est donc entièrement dégagé, ce qui permet de passer assez facilement du siège conducteur au siège passager. Cette architecture rappelle un peu celle de certains anciens monospaces, qui cherchaient eux aussi à libérer un maximum de place à l'avant. Nissan a toutefois préféré conserver une console centrale flottante entre les sièges, sur laquelle on retrouve notamment le sélecteur de transmission et l'accoudoir.

Les places avant sont donc très agréables, avec beaucoup d'espace pour les jambes et une sensation de liberté assez inhabituelle. La largeur intérieure est également satisfaisante, sans donner pour autant l'impression de voyager dans un véhicule particulièrement imposant. L'Ariya reste un SUV de taille moyenne et non un gros modèle familial, mais l'exploitation du volume intérieur est plutôt réussie.

Les places arrière

A l'arrière, l'espace aux jambes est également généreux grâce à l'empattement assez long, avec une banquette qui permet d'accueillir confortablement deux adultes de grande taille. Le plancher est parfaitement plat, ce qui constitue un avantage pour le passager central, puisqu'il n'a pas à composer avec un tunnel encombrant. La largeur disponible permet d'ailleurs d'envisager trois occupants, même si la place centrale reste naturellement moins confortable que les deux autres et que l'Ariya ne devient pas pour autant une voiture idéale pour transporter régulièrement trois adultes à l'arrière.

La position d'assise mérite toutefois quelques remarques. Comme sur de nombreuses électriques, la batterie placée sous le plancher impose une hauteur relativement importante à ce dernier, ce qui peut conduire les occupants les plus grands à avoir les genoux légèrement relevés. Le soutien sous les cuisses n'est donc pas toujours aussi bon que dans une voiture thermique dont les pieds peuvent descendre davantage. Nissan a toutefois prévu des dossiers assez inclinés, ce qui permet de conserver une posture relativement agréable et de limiter les conséquences de cette architecture.

La garde au toit est correcte malgré la silhouette assez fuyante de la carrosserie, mais elle n'est pas non plus exceptionnelle pour un SUV de cette hauteur. Les occupants de très grande taille pourront donc se sentir un peu plus à l'étroit qu'ils ne l'espéraient. La présence du toit panoramique peut également modifier légèrement la perception de l'espace au-dessus de la tête.

Les passagers arrière disposent de buses de ventilation, de deux prises USB et d'un accoudoir central avec porte gobelets. Les finitions supérieures ajoutent également des sièges chauffants, ce qui participe à l'impression assez haut de gamme de l'habitacle. La banquette reste toutefois assez classique dans son fonctionnement, puisqu'elle ne coulisse pas et ne permet donc pas de répartir librement l'espace entre les passagers et les bagages. C'est dommage, car cette possibilité aurait été particulièrement intéressante sur une voiture dont le coffre n'est justement pas très grand.

Un coffre qui manque de volume

Le coffre constitue l'une des principales déceptions de l'Ariya, car ses dimensions extérieures et son architecture électrique laissaient espérer quelque chose de plus généreux. Les versions à deux roues motrices disposent de 468 litres sous cache bagages, tandis que les déclinaisons e4ORCE descendent à seulement 415 litres en raison de l'encombrement supplémentaire lié à la motorisation arrière. Cela représente 53 litres de moins, ce qui commence à compter lorsqu'on part en vacances.




Pour situer les choses, un Volkswagen ID.4 dispose de 543 litres et un Skoda Enyaq dépasse les 580 litres, alors que leurs dimensions extérieures restent assez proches. L'Ariya se retrouve donc nettement derrière plusieurs concurrents directs, ce qui n'est pas très flatteur pour une voiture qui cherche à séduire les familles. Et contrairement à certaines électriques, il n'existe pas de coffre supplémentaire sous le capot avant. Les câbles de recharge doivent donc être rangés dans le coffre principal, éventuellement sous son plancher lorsque la configuration le permet.

La forme du compartiment est heureusement assez régulière, ce qui permet d'exploiter correctement le volume disponible. Le hayon offre une ouverture satisfaisante et l'on dispose d'un plancher relativement pratique pour charger les bagages. Le seuil de chargement reste toutefois assez haut, tandis que la ligne de toit fuyante limite la hauteur disponible lorsqu'on cherche à transporter des objets volumineux. Le hayon électrique, proposé selon les finitions, améliore évidemment l'agrément au quotidien.

Une fois la banquette rabattue selon une répartition 60/40, le volume atteint 1350 litres sur les versions à deux roues motrices et 1280 litres sur les e4ORCE. Cela permet d'envisager le transport d'objets relativement longs, même si la modularité reste assez ordinaire. Nissan n'a pas prévu de système particulièrement ingénieux pour faciliter le chargement ni de banquette coulissante permettant de gagner ponctuellement quelques dizaines de litres. Le bilan est donc moyen pour une voiture de cette taille, surtout dans ses versions à transmission intégrale.

Les rangements et les originalités pratiques

L'Ariya possède une particularité assez rare, avec une console centrale qui peut coulisser électriquement sur certaines finitions, notamment les Evolve des premiers millésimes. Il suffit d'actionner une commande pour faire avancer ou reculer l'ensemble, comprenant notamment l'accoudoir et les commandes de transmission. Cela permet d'adapter légèrement leur position à sa morphologie et de modifier l'espace disponible entre les deux sièges avant.


C'est assez original, mais on peut aussi se demander si Nissan n'a pas un peu compliqué les choses pour un bénéfice finalement limité. Le déplacement est relativement lent et nécessite un mécanisme électrique qui prend de la place sous la console. Un simple système de coulissement manuel aurait probablement été plus rapide et tout aussi efficace, sans imposer de moteurs supplémentaires et de mécanismes susceptibles de vieillir.


Le principal problème vient finalement du volume de rangement disponible, car cette console est beaucoup moins logeable que ce que son encombrement pourrait laisser espérer. Une bonne partie de l'espace est occupée par le mécanisme de déplacement, tandis que le chargeur à induction des premières versions est installé sous l'accoudoir, à un endroit qui aurait pu servir à ranger davantage d'objets. Le résultat est donc assez paradoxal, avec une voiture qui dispose d'un espace central très dégagé mais dont les rangements ne sont pas particulièrement généreux.


Nissan a également prévu un rangement escamotable dans la partie inférieure de la planche de bord, avec une ouverture électrique sur les versions équipées. Une fois déployé, il dévoile un tiroir accompagné d'une petite tablette qui peut notamment servir à poser un ordinateur lorsque la voiture est à l'arrêt. Là encore, l'idée est intéressante mais la réalisation semble surtout chercher l'originalité. Le tiroir empiète sur l'espace des jambes du passager, son mécanisme est lent et son couvercle ne donne pas une impression de qualité exceptionnelle. Il faut même remettre la voiture sous tension pour pouvoir actionner le dispositif électrique, ce qui peut être agaçant lorsqu'on a simplement oublié quelque chose à l'intérieur.

Le restylage de 2026 apporte une console centrale redessinée, avec un rangement dont le volume peut atteindre 3.2 litres et un chargeur de smartphone à induction de 15 W désormais placé à un endroit plus accessible. C'est une évolution bienvenue, car il était plus utile d'améliorer les aspects pratiques que d'ajouter de nouveaux mécanismes originaux. L'Ariya reste néanmoins une voiture dont l'architecture intérieure aurait permis de proposer davantage de rangements.

Une planche de bord qui possède une vraie personnalité

La présentation intérieure fait partie des aspects les plus réussis de l'Ariya, car Nissan a réellement cherché à proposer une ambiance différente de celle des autres SUV électriques. La planche de bord est très horizontale et relativement fine, avec une partie inférieure entièrement dégagée et des décors qui évoquent certains éléments de l'artisanat japonais. L'ensemble paraît assez léger visuellement, ce qui renforce l'impression d'espace déjà favorisée par l'architecture particulière de l'habitacle.


On retrouve notamment un grand bandeau imitation bois qui traverse la planche de bord, des motifs géométriques inspirés de l'art Kumiko et des éclairages d'ambiance Andon qui diffusent une lumière assez douce au niveau des pieds et des contreportes. Nissan a également travaillé la forme des aérateurs, qui sont intégrés dans une longue ligne horizontale afin de ne pas perturber la présentation générale. Le résultat est assez original et conserve une véritable personnalité malgré les années, ce qui n'est pas toujours le cas des habitacles conçus autour d'une simple accumulation d'écrans.


L'une des particularités les plus marquantes concerne les commandes de climatisation, directement intégrées dans le bandeau imitation bois. Il s'agit de surfaces tactiles dont les inscriptions sont rétroéclairées lorsque la voiture est allumée, puis disparaissent lorsqu'elle est éteinte. Nissan a ajouté un retour haptique qui produit une petite vibration à chaque pression afin de confirmer la prise en compte de la commande. Le résultat est intéressant visuellement et donne l'impression d'avoir affaire à un mobilier assez sophistiqué.

Mais il faut reconnaître que cette solution est surtout réussie sur le plan esthétique. Les touches sont totalement plates et ne possèdent aucun relief permettant de les identifier facilement avec les doigts. Le conducteur doit donc regarder la planche de bord pour trouver la bonne commande, ce qui n'est pas aussi pratique qu'une véritable rangée de boutons physiques. Le retour haptique permet simplement de confirmer qu'une action a été effectuée, il ne remplace pas la possibilité de repérer une commande au toucher.

On peut toutefois reconnaître à Nissan le mérite d'avoir conservé un accès direct aux principales fonctions de climatisation plutôt que de les avoir enfouies dans les menus du système multimédia. C'est toujours préférable à certains intérieurs modernes dans lesquels il faut manipuler l'écran central pour modifier la température ou la ventilation. L'Ariya utilise donc une solution intermédiaire, intéressante dans son principe mais qui n'apporte pas de véritable avantage ergonomique par rapport à de bons boutons traditionnels. On retrouve également des commandes tactiles sur la console centrale, notamment pour sélectionner certains modes de conduite.

Une finition respectable

La qualité de présentation est globalement très convaincante, avec des matériaux assez agréables et des assemblages (à part certains ...) qui donnent une impression de sérieux. Les surfaces supérieures sont bien traitées, les contreportes sont relativement soignées et les différents décors permettent de donner un caractère assez haut de gamme à l'ensemble. On est nettement au-dessus de certaines électriques généralistes qui utilisent des plastiques durs à peu près partout en essayant de faire passer cette économie pour du minimalisme.


Il ne faut pas non plus exagérer la qualité réelle de tous les matériaux, car on retrouve évidemment des plastiques assez ordinaires dans les parties basses et quelques éléments qui ne semblent pas totalement au niveau du reste. La console centrale motorisée, par exemple, ne donne pas toujours une impression de grande robustesse, tandis que le petit tiroir électrique de la planche de bord possède une finition plutôt quelconque lorsqu'on le manipule. Le grand bandeau imitation bois reste lui aussi un matériau décoratif qui cherche surtout à donner une impression de raffinement.

Mais l'ensemble reste assez supérieur à la moyenne des constructeurs généralistes, avec un soin particulier apporté aux matériaux visibles et à l'ambiance intérieure. Les versions supérieures disposent notamment de selleries mêlant suédine et matériaux synthétiques, de sièges ventilés, d'un éclairage d'ambiance plus élaboré et, sur certaines configurations, d'une sellerie en cuir matelassé Bleu Sukumo. La finition Evolve ajoute également du double vitrage, ce qui contribue à l'excellente insonorisation de l'Ariya.

La Nismo adopte quant à elle une présentation plus sportive, avec des sièges noirs à surpiqûres rouges, des éléments spécifiques et plusieurs touches de couleur rappelant les modèles sportifs de Nissan. Cela modifie assez nettement l'ambiance sans remettre en question l'architecture générale du mobilier.

Deux écrans de 12.3 pouces, mais une partie matérielle assez décevante

L'Ariya dispose depuis son lancement de deux écrans de 12.3 pouces réunis sous une même surface vitrée, avec l'instrumentation devant le conducteur et l'infodivertissement au centre. L'ensemble est légèrement incurvé et donne l'impression de former un grand bandeau numérique, ce qui s'intègre plutôt bien à la planche de bord. Nissan a également prévu une communication entre les deux affichages qui permet de transférer certaines informations par un geste de balayage, ce qui constitue une particularité assez intéressante.


L'instrumentation propose plusieurs présentations et permet d'afficher notamment la vitesse, les aides à la conduite, les données énergétiques ou les informations de navigation. L'organisation reste globalement lisible, avec suffisamment d'informations pour suivre la consommation et le fonctionnement de la voiture. On peut toutefois regretter une personnalisation assez limitée et des graphismes qui ne sont pas particulièrement modernes. L'interface conserve une présentation très automobile traditionnelle, loin de ce que proposent certains systèmes numériques plus élaborés.


L'écran central est plus critiquable, notamment en raison de sa définition et de la qualité des graphismes. Malgré sa diagonale relativement généreuse, l'affichage manque de finesse et la cartographie peut apparaître assez grossière, particulièrement lors des changements de niveau de zoom. La précision visuelle est nettement inférieure à celle des meilleurs systèmes actuels, avec des icônes et des caractères qui paraissent parfois assez ordinaires. La dalle tactile n'est pas non plus particulièrement rapide, même si le problème provient autant de la partie logicielle que du matériel lui-même.


Ce qui est assez regrettable, c'est que Nissan n'a pas profondément revu cette partie matérielle lors du restylage de 2026. On conserve les deux écrans de 12.3 pouces et une présentation très proche, alors que la qualité d'affichage était déjà assez moyenne au lancement de la voiture. Le nouveau logiciel améliore nettement l'expérience, mais les limites des écrans restent perceptibles. C'est un peu dommage sur une voiture qui possède par ailleurs une finition intérieure très valorisante.

Le NissanConnect d'origine : un système dépassé dès sa sortie

Sur les Ariya commercialisés à partir de 2022, l'infodivertissement repose sur l'ancienne génération de NissanConnect, avec une interface développée spécifiquement par Nissan et non sur l'environnement Android Automotive avec les services Google intégrés que l'on retrouve sur les versions restylées. Le constructeur n'a pas largement documenté l'architecture informatique sous jacente de cette première génération, mais son fonctionnement est celui d'un système propriétaire, avec ses propres menus, son système de navigation, ses services connectés et ses applications intégrées.

Et il faut reconnaître que Nissan n'a pas particulièrement brillé sur ce point. L'interface propose plusieurs pages d'accueil personnalisables, avec des raccourcis vers les fonctions principales, mais la présentation paraît assez vieillotte et l'organisation générale manque de simplicité. Certains menus nécessitent plusieurs manipulations pour accéder à des fonctions pourtant assez courantes, tandis que les icônes relativement petites ne facilitent pas l'utilisation en roulant. On retrouve aussi des temps de chargement parfois longs, des réactions hésitantes au toucher et quelques dysfonctionnements logiciels relevés lors des essais, notamment avec les fonctions multimédias.

Le défaut n'est donc pas simplement esthétique, même si les graphismes sont déjà loin d'être flatteurs. C'est surtout la qualité générale de l'interface qui paraît en retard, avec une navigation dans les menus moins immédiate et une réactivité qui manque de constance. On peut finir par s'y habituer, comme avec n'importe quel système, mais il faut reconnaître que les réalisations de tesla, de Hyundai ou même de Renault proposaient déjà quelque chose de nettement plus moderne au moment de la sortie de l'Ariya.

Et la comparaison avec Renault est particulièrement difficile à digérer, puisque la Mégane E Tech commercialisée à la même période utilisait déjà OpenR Link, basé sur Android Automotive avec les services Google intégrés. On disposait donc d'un système beaucoup plus moderne, avec Google Maps directement embarqué, une meilleure intégration des applications et une interface globalement plus agréable. Les deux voitures reposaient pourtant sur la même Plateforme CMF EV et appartenaient à la même Alliance. Nissan a donc pris le parti de conserver sa propre solution, alors qu'une architecture logicielle nettement plus convaincante existait déjà chez son partenaire.

Le NissanConnect d'origine proposait malgré tout les fonctions attendues, avec une navigation embarquée, des informations de trafic, des mises à jour à distance et une commande vocale propre à Nissan. Certaines versions disposaient également de l'intégration d'Amazon Alexa, mais il ne faut pas confondre ces fonctions avec un véritable système Android Automotive. Elles ne donnaient pas accès à un environnement d'applications aussi étendu ni à la même intégration des services Google. On restait dans un système fermé dont les évolutions dépendaient essentiellement de Nissan et de ses partenaires techniques.

Le planificateur de recharge, l'une des principales faiblesses de l'ancien système

Le NissanConnect d'origine proposait bien un planificateur d'itinéraire destiné aux voitures électriques, mais son fonctionnement n'était pas particulièrement convaincant. Le principe consistait à calculer un trajet en tenant compte de l'autonomie disponible et à proposer des arrêts de recharge lorsque cela devenait nécessaire. Sur le papier, c'était donc exactement ce qu'il fallait pour un véhicule électrique familial, mais dans la pratique les calculs pouvaient manquer sérieusement de pertinence.

Plusieurs essais ont notamment relevé des arrêts proposés à des endroits peu judicieux, avec des temps de recharge parfois beaucoup trop longs et une prise en compte insuffisante de la puissance des bornes ou du temps réellement perdu sur le trajet. Les prévisions de consommation pouvaient également être assez éloignées de la réalité, avec des résultats parfois différents entre la navigation embarquée et l'application NissanConnect utilisée sur smartphone. On pouvait donc se retrouver avec un itinéraire parfaitement réalisable, mais pour lequel la voiture prévoyait une recharge inutilement longue ou mal positionnée.

C'est un défaut particulièrement gênant pour une électrique, car la qualité d'un planificateur ne se résume pas à savoir si l'on peut atteindre sa destination. Il faut également être capable de sélectionner les bornes les plus pertinentes, d'estimer correctement l'état de charge à l'arrivée, de privilégier les infrastructures rapides lorsque cela permet de gagner du temps et d'éviter les détours absurdes. Sur ces points, l'ancien NissanConnect était assez loin des meilleurs systèmes du marché, au point que l'utilisation d'un planificateur extérieur pouvait être préférable pour organiser les longs voyages.

La gestion du préconditionnement de la batterie constituait également une limite. L'Ariya disposait bien d'un système permettant de réchauffer ou refroidir sa batterie, mais les premiers millésimes ne bénéficiaient pas de la même automatisation que les systèmes les plus récents. Le conducteur devait notamment pouvoir anticiper lui-même la préparation thermique avant une recharge rapide, au lieu de laisser la navigation gérer entièrement cette opération. Cela ajoutait une manipulation supplémentaire et pouvait pénaliser la vitesse de recharge lorsque la batterie arrivait trop froide à la borne.

Il faut enfin rappeler que l'utilisation de Google Maps ou de Waze via Android Auto ou Apple CarPlay ne corrigeait pas automatiquement ces lacunes. Ces applications pouvaient évidemment assurer une bien meilleure navigation routière, mais elles ne disposaient pas nécessairement d'un accès direct aux informations de la batterie pour calculer précisément les besoins de recharge. C'est justement toute la différence entre une application simplement projetée depuis un téléphone et un système de navigation réellement intégré au véhicule.

Restylage 2026 : passage à Android Automotive et Google intégré

Le restylage de 2026 apporte enfin un changement beaucoup plus profond, puisque Nissan abandonne son ancienne architecture d'infodivertissement au profit d'une nouvelle génération de NissanConnect reposant sur Android Automotive, avec les services Google intégrés. Il ne faut pas confondre Android Automotive avec Android Auto. Le premier est un système d'exploitation directement installé dans la voiture, alors que le second permet simplement de projeter les applications d'un smartphone Android sur l'écran du véhicule.

Android Automotive constitue donc la base logicielle du système embarqué, sur laquelle Nissan conserve ses propres menus et ses fonctions spécifiques au véhicule. Les services Google viennent ensuite compléter cette architecture, avec Google Maps pour la navigation, Google Assistant pour les commandes vocales et Google Play pour installer certaines applications directement dans la voiture. Il ne s'agit pas d'un simple affichage de l'interface d'un téléphone, puisque les applications fonctionnent dans le système embarqué lui-même. Leur disponibilité reste toutefois limitée aux logiciels compatibles avec l'environnement automobile, et non à l'ensemble des applications Android.

Cette évolution permet enfin à l'Ariya de disposer d'une véritable intégration de Google Maps, avec une navigation qui peut exploiter directement les informations de la batterie. Le système est ainsi capable de calculer les arrêts de recharge en fonction du niveau d'énergie disponible, puis de les intégrer à l'itinéraire. On retrouve également les informations de trafic et la recherche de destinations de Google, avec une interface beaucoup plus familière et généralement plus efficace que l'ancienne cartographie NissanConnect.

Le progrès ne concerne pas uniquement l'affichage de la carte, puisque la navigation peut aussi commander automatiquement le préconditionnement thermique de la batterie lorsqu'une borne de recharge est prévue sur le trajet. La voiture peut donc préparer sa batterie avant l'arrivée afin de favoriser une puissance de charge élevée dès le branchement. C'est une fonction particulièrement utile en hiver, lorsque la température des cellules peut limiter la puissance acceptée par la batterie. Nissan rejoint ainsi les constructeurs qui proposent depuis plusieurs années une gestion automatique de la recharge directement liée au calcul d'itinéraire.

Google Assistant améliore également la commande vocale, avec la possibilité de rechercher une destination, de lancer un itinéraire ou d'utiliser certaines fonctions compatibles sans passer par les menus. On ne parle donc plus uniquement d'un assistant vocal développé par le constructeur pour reconnaître quelques commandes prédéfinies, mais d'un environnement bien plus étendu reposant sur les services de Google. La présence de Google Play permet également d'installer certaines applications adaptées à l'automobile, notamment dans le domaine de l'audio et du divertissement, sans devoir systématiquement passer par un smartphone.

Il faut toutefois reconnaître que Nissan arrive très tard avec ce changement. En 2026, Android Automotive n'a plus rien d'une nouveauté et Renault l'utilisait déjà depuis quatre ans sur la Mégane E Tech. Volvo et Polestar avaient également adopté cette architecture bien avant Nissan, tandis que Tesla disposait depuis longtemps d'un environnement logiciel particulièrement complet, même s'il repose sur une solution différente. L'Ariya ne prend donc aucune avance sur ce point, il rattrape simplement une partie du retard qu'il avait accumulé.

Le plus regrettable concerne le matériel, puisque cette nouvelle génération logicielle doit toujours composer avec les deux écrans de 12.3 pouces dont la définition et la finesse d'affichage restent assez quelconques. Les essais du modèle restylé montrent une interface globalement plus agréable et plus facile à utiliser, mais toujours moins aboutie que les meilleures réalisations concurrentes. Nissan n'a donc pas profité de cette évolution pour revoir complètement sa chaîne d'infodivertissement, avec notamment des écrans de meilleure qualité et une expérience graphique plus travaillée.

Il faut également garder à l'esprit que les fonctions connectées reposent sur une connexion de données et que certains services peuvent dépendre d'abonnements ou de conditions commerciales susceptibles d'évoluer. Google intégré ne signifie pas non plus que toutes les applications Android sont disponibles ni que l'ensemble des fonctions de la voiture deviennent librement personnalisables. Les constructeurs conservent le contrôle de leur interface et des applications autorisées, ce qui limite forcément les possibilités par rapport à un téléphone ou une tablette.

Enfin, cette évolution concerne bien les nouvelles versions restylées et non les Ariya déjà commercialisés. Les premiers modèles disposent certes de mises à jour à distance, mais ces dernières servent à faire évoluer leur logiciel existant. Elles ne doivent pas être confondues avec une migration complète vers Android Automotive, qui implique une architecture informatique différente. Les propriétaires des premiers millésimes ne peuvent donc pas compter sur une simple mise à jour pour bénéficier de la nouvelle interface Google.

Instrumentation, audio et services connectés

En dehors de l'écran central, l'Ariya dispose d'une instrumentation numérique assez complète, avec une présentation qui permet de suivre la vitesse, les données de consommation et les différentes informations liées au fonctionnement électrique. On peut également consulter les aides à la conduite et certaines indications de navigation, tandis qu'un affichage tête haute de 10.8 pouces est disponible sur les finitions supérieures. Ce dernier est particulièrement appréciable, car il permet de conserver les informations essentielles dans le champ de vision sans devoir regarder constamment l'instrumentation.

La partie audio repose sur une installation classique à six haut parleurs sur les versions les plus modestes, tandis que les finitions supérieures peuvent bénéficier d'un système Bose Premium avec dix haut parleurs et un caisson de basses Acoustimass. Ce dernier offre une restitution plus convaincante et profite de l'excellente insonorisation de l'habitacle, même si l'on reste sur un équipement relativement conventionnel pour une voiture qui cherche à se rapprocher du segment premium.

Concernant les smartphones, les premiers Ariya disposent d'Apple CarPlay sans fil et d'Android Auto par câble, avec une prise en charge des fonctions habituelles de navigation, de téléphonie et d'audio. On retrouve également un chargeur à induction ainsi que quatre ports USB répartis entre l'avant et l'arrière, avec des connecteurs de types A et C. Le restylage améliore surtout l'emplacement et la puissance du chargeur sans fil, qui atteint désormais 15 W. Les conditions exactes de connexion des smartphones peuvent évoluer selon les millésimes et les marchés.

L'application NissanConnect Services permet de consulter à distance plusieurs informations du véhicule, notamment le niveau de batterie, l'état de la recharge et certains paramètres de climatisation. Il est ainsi possible de préparer la température de l'habitacle avant un départ ou de surveiller une recharge sans rester à proximité du véhicule. Ce type de fonction est devenu assez banal sur les voitures électriques, mais il reste pratique au quotidien. Sa disponibilité dépend évidemment des services activés et de la couverture réseau, avec des fonctionnalités dont la gratuité n'est pas nécessairement garantie pendant toute la durée de vie de la voiture.

Les aides à la conduite sont également nombreuses, avec notamment le ProPILOT Assist qui associe régulation de vitesse et maintien dans la voie. Certaines versions disposent également du ProPILOT Park, capable de gérer automatiquement des manoeuvres de stationnement. On peut enfin profiter d'une vision périphérique à 360 degrés particulièrement appréciable compte tenu de la visibilité arrière médiocre. L'équipement est donc plutôt généreux sur les finitions supérieures, même si l'accumulation des avertissements sonores et des alertes de sécurité peut finir par devenir agaçante.


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