

On lit un peu partout que l'essence ne se conserve que 3 à 6 mois, parfois un an, et qu'au-delà elle serait bonne à jeter. Le gazole bénéficierait d'une espérance de vie un peu plus importante, mais là encore, les recommandations sont généralement assez pessimistes. Pourtant, quand on connaît un minimum la nature des carburants, difficile de croire qu'un mélange composé essentiellement d'hydrocarbures puisse devenir inutilisable aussi rapidement, surtout lorsqu'il est conservé dans un récipient parfaitement fermé.
Il ne s'agit évidemment pas de nier le vieillissement du carburant, qui est un phénomène bien réel, mais plutôt de comprendre jusqu'où il peut aller et quelles sont ses conséquences. Car il existe une différence importante entre un carburant qui ne respecte plus parfaitement les caractéristiques imposées par les normes et un carburant devenu incapable de faire fonctionner un moteur. Une essence peut avoir perdu une partie de ses propriétés tout en restant exploitable, et ce pendant une période qui peut être sensiblement supérieure aux durées habituellement conseillées.
Pour ma part, j'ai déjà conservé plusieurs années de l'essence dans des jerricanes après avoir remplacé ma tondeuse thermique par une électrique. Lorsque j'ai finalement réutilisé ce carburant, je n'ai pas constaté de problème particulier. Bien entendu, cette expérience personnelle ne permet pas de définir une durée de conservation universelle, mais elle montre qu'il faut se méfier des affirmations trop catégoriques.
Nous allons donc examiner les différents carburants, leur manière de vieillir, les durées de conservation raisonnablement envisageables et les conditions permettant de les préserver. Nous verrons également que le choix du contenant compte énormément, notamment lorsqu'on souhaite constituer une petite réserve destinée à alimenter un groupe électrogène en cas de coupure de courant.
Avant de donner des chiffres, il faut comprendre ce que signifient réellement les durées de conservation annoncées par les fabricants et les professionnels. Lorsqu'on recommande d'utiliser une essence dans les six mois, cela ne veut pas dire qu'au septième mois elle ne brûlera plus. La recommandation cherche surtout à limiter les risques de dégradation, quels que soient le carburant utilisé, le moteur concerné ou les conditions dans lesquelles le produit a été conservé.
Un fabricant de moteur n'a aucun intérêt à annoncer qu'une essence de trois ans peut encore fonctionner dans certains cas. Il lui faudrait alors gérer les réclamations de ceux qui auront laissé leur carburant vieillir trois ans dans un réservoir en plastique exposé au soleil, avec de l'humidité et des dépôts. Il préfère donc recommander une durée courte, qui évite une grande partie de ces situations. Cette prudence se comprend, mais elle ne doit pas nous empêcher de chercher les limites réelles du produit.
Il faut également distinguer trois niveaux de vieillissement : le carburant qui conserve ses caractéristiques d'origine, celui qui présente des modifications mesurables mais reste utilisable et celui qui est suffisamment dégradé pour provoquer des problèmes mécaniques. Ces trois états ne sont pas séparés par des échéances précises, et leur apparition dépend de nombreux paramètres.
Voici les ordres de grandeur que je retiendrais, en distinguant les délais prudents généralement conseillés et les durées plus ambitieuses que l'on peut envisager lorsque le stockage est particulièrement soigné.
| Carburant | Durée prudente | Conservation prolongée envisageable |
|---|---|---|
| SP95-E10 | 3 à 6 mois | 1 à 2 ans |
| SP95-E5 | 6 à 12 mois | 2 à 4 ans |
| SP98-E5 | 6 à 12 mois | 2 à 4 ans |
| E85 | 3 à 6 mois | 1 à 2 ans, avec davantage d'incertitudes |
| Gazole B7 | 6 à 12 mois | 2 à 3 ans, parfois davantage |
| Gazole B10 | 6 à 12 mois | 1 à 2 ans, selon sa stabilité |
| Gazole HVO/XTL pur | Selon le fournisseur | Plusieurs années, potentiellement bien davantage |
| Essence alkylate | 3 à 5 ans | Jusqu'à 5 ans annoncés par certains fabricants |
Ces durées prolongées sont des estimations de conservation potentielle, pas des durées garanties de conformité ou de bon fonctionnement. Les chiffres les plus ambitieux supposent un carburant initialement de bonne qualité, un contenant réellement adapté, des températures modérées et l'absence de contamination par de l'eau ou des impuretés.
J'insiste également sur le fait que toutes ces estimations ne bénéficient pas du même niveau de preuve. On dispose notamment d'études portant sur des essences stockées quatre ans et sur du gazole B7 conservé trois ans, alors que les données sont beaucoup moins nombreuses pour le comportement de l'E85 sur plusieurs années.
Pour une essence classique, une conservation de deux ou trois ans ne me semble donc pas particulièrement extraordinaire dans de bonnes conditions. Quatre ou cinq ans deviennent plus incertains, mais ne permettent pas non plus d'affirmer que le carburant sera nécessairement inutilisable. Quant aux dix ans parfois évoqués, on entre dans un domaine où il serait difficile de donner un avis sérieux sans connaître la composition et l'état réel du produit.
Un carburant n'est pas une matière homogène composée d'une seule molécule. Une essence contient de très nombreux hydrocarbures aux caractéristiques différentes, auxquels peuvent s'ajouter de l'éthanol, des éthers et divers additifs. Certains composants servent à obtenir un indice d'octane élevé, d'autres contribuent à la volatilité nécessaire au démarrage, tandis que les additifs améliorent notamment la résistance à l'oxydation ou limitent les dépôts.
Ce mélange n'est pas chimiquement figé. Avec le temps, sa composition peut évoluer sous l'effet de l'évaporation, des réactions avec l'oxygène, de la température ou de l'arrivée de contaminants. Mais les phénomènes ne se produisent pas tous à la même vitesse et, surtout, ils n'affectent pas l'ensemble du carburant de manière uniforme.
L'essence est particulièrement volatile, ce qui signifie qu'une partie de ses molécules passe facilement de l'état liquide à l'état gazeux. C'est une propriété indispensable au fonctionnement d'un moteur à allumage commandé, puisque le carburant doit pouvoir se vaporiser avant de brûler correctement avec l'air.
Lorsqu'une essence est conservée dans un réservoir ventilé, les fractions les plus légères peuvent progressivement s'échapper. À mesure que leur proportion diminue, le carburant restant change de composition et peut devenir moins facile à vaporiser, particulièrement à basse température. On peut donc se retrouver avec une essence qui brûle toujours très bien une fois le moteur chaud, mais qui provoque des difficultés au démarrage.
Il faut toutefois comprendre qu'un jerricane étanche ne fonctionne pas comme un réservoir ouvert. Dans un contenant correctement fermé, une partie de l'essence s'évapore dans l'espace libre situé au-dessus du liquide, jusqu'à atteindre un équilibre entre les phases liquide et gazeuse. Les molécules ne disparaissent pas du récipient : elles sont simplement réparties différemment. Tant que le contenant reste étanche, il n'y a donc pas de perte continue vers l'extérieur, même si des variations de température modifient cet équilibre.
C'est une différence majeure entre une essence stockée plusieurs années dans un bon jerricane et celle qui reste dans le réservoir d'une tondeuse ou dans la cuve de son carburateur. Dans le second cas, les composants volatils peuvent réellement quitter le système, ce qui accélère la dégradation du carburant restant.
L'autre phénomène important est l'oxydation. Certains hydrocarbures, notamment ceux qui possèdent des doubles liaisons chimiques, peuvent réagir avec l'oxygène présent dans l'air. Ces réactions sont parfois lentes au départ, puis favorisent la formation de peroxydes, de composés oxygénés, d'acides et de molécules plus lourdes. Une partie de ces produits finit par former des gommes ou des dépôts que l'on ne retrouvait pas dans le carburant neuf.
Mais là encore, il faut raisonner en proportions. Une essence ne se transforme pas entièrement en gomme au bout de deux ans, et la majorité des molécules qui la composent peuvent conserver leur caractère combustible. Ce sont parfois des quantités relativement faibles de produits d'oxydation qui suffisent à modifier les propriétés mesurées du mélange ou à encrasser certains organes du moteur.
La vitesse de ces réactions dépend de la formulation du carburant, mais aussi de la température, de l'oxygène disponible et de la présence éventuelle de certains métaux pouvant accélérer l'oxydation. Une essence conservée à 15°C dans un récipient fermé peut donc évoluer beaucoup moins rapidement que la même essence exposée pendant des mois à des températures de 35 ou 40°C.
Le volume d'air présent dans le contenant compte également. Dans un récipient parfaitement fermé, la quantité d'oxygène disponible est limitée, contrairement à une cuve ventilée qui peut renouveler son atmosphère. Cela ne bloque pas nécessairement toutes les réactions chimiques, mais cela peut contribuer à ralentir certaines formes de vieillissement.
C'est probablement le point le plus souvent oublié lorsqu'on évoque la durée de vie d'un carburant. Une essence ancienne peut rester suffisamment combustible pour faire fonctionner un moteur, tout en contenant des résidus susceptibles de perturber son alimentation.
Sur les petits moteurs à carburateur, les gicleurs et certains conduits possèdent des passages très étroits. Il suffit parfois d'un dépôt minuscule pour gêner l'écoulement de l'essence et provoquer des ratés, des difficultés de démarrage ou un refus complet de fonctionner. Une partie des problèmes attribués à une essence trop vieille provient donc du carburateur encrassé, davantage que d'une incapacité du carburant à s'enflammer.
Le phénomène est particulièrement marqué lorsque l'essence s'évapore lentement à l'intérieur d'une cuve de carburateur, car les résidus et les composants les moins volatils se concentrent dans une très petite quantité de liquide. Le même carburant conservé dans un jerricane étanche ne subira pas nécessairement une dégradation comparable.
C'est pourquoi un groupe électrogène inutilisé pendant deux ans peut refuser de démarrer alors que son carburant, s'il avait été conservé séparément dans de bonnes conditions, aurait encore pu servir. Le stockage du moteur et celui du carburant sont deux problèmes distincts.
Le SP95-E10 contient jusqu'à 10% d'éthanol en volume, contre 5% au maximum pour les essences E5. Cet alcool possède une particularité importante : il se mélange facilement avec l'eau, contrairement aux hydrocarbures qui constituent l'essentiel de l'essence.
On parle d'une substance hygroscopique, car elle possède une affinité avec l'humidité. Mais il faut éviter d'imaginer que l'éthanol va automatiquement remplir un jerricane d'eau au fil des années. Si le récipient est vraiment étanche et que le carburant était initialement sain, aucune quantité importante d'eau ne peut apparaître mystérieusement. L'humidité doit provenir de quelque part, que ce soit d'une contamination initiale, d'une entrée d'air humide, d'une infiltration ou de condensation liée aux échanges avec l'extérieur.
Le problème apparaît lorsqu'une quantité excessive d'eau entre dans un mélange essence-éthanol. Jusqu'à une certaine limite, cette eau peut rester dissoute, mais si les conditions de température ou de composition changent, une séparation peut se produire. Une phase riche en eau et en éthanol se retrouve alors au fond du réservoir, tandis que la partie supérieure contient une essence appauvrie en éthanol. Le moteur peut aspirer ce mélange anormal et rencontrer de grosses difficultés de fonctionnement, voire caler, sans compter les risques de corrosion.
Ce phénomène de séparation est l'un des vrais handicaps de l'E10 pour un stockage prolongé dans de mauvaises conditions. Ce n'est pas nécessairement sa dégradation chimique qui pose le plus de problèmes, mais sa sensibilité à une éventuelle contamination par l'eau.
Il serait toutefois excessif de considérer qu'une essence E10 devient mauvaise après six mois. Conservée correctement, elle peut très bien rester utilisable au-delà, et une durée d'un ou deux ans ne paraît pas inconcevable. Il est simplement plus difficile d'en garantir le comportement, notamment si le contenant n'est pas parfaitement étanche.
Le SP95-E5 et le SP98-E5 partent avec un avantage potentiel sur l'E10, puisqu'ils contiennent au maximum 5% d'éthanol. Il faut toutefois rappeler que l'appellation E5 n'indique pas une proportion fixe d'alcool : selon la formulation, une essence peut contenir moins d'éthanol que cette limite, et une partie de ses composants renouvelables peut être incorporée sous forme d'ETBE, un éther dont le comportement vis-à-vis de l'eau est différent.
Quant au SP98, son indice d'octane supérieur ne signifie pas qu'il est automatiquement plus stable au stockage. Cet indice mesure avant tout sa résistance à l'auto-inflammation dans un moteur, pas sa capacité à traverser les années sans se dégrader. Un SP95-E5 bien formulé peut donc parfaitement mieux vieillir qu'un SP98 de composition différente. Il faut également se méfier de l'idée qu'un SP98 vieillissant finirait simplement par devenir un SP95 : le vieillissement modifie plusieurs paramètres à la fois, et pas seulement l'indice d'octane.
Pour constituer une réserve destinée à une tondeuse ou à un groupe électrogène, je privilégierais néanmoins une essence E5 compatible avec le moteur, notamment du SP98 si c'est le produit le plus facilement disponible. L'intérêt vient surtout de sa faible teneur maximale en éthanol, et non d'une prétendue longévité garantie par les 98 points d'octane.
Le cas de l'E85 est plus particulier. Il contient une proportion très importante d'éthanol, comprise en France entre 60 et 85% selon la saison et la formulation. On pourrait penser que ce carburant se conserve nécessairement moins bien parce qu'il contient beaucoup plus d'alcool, mais la réalité est plus compliquée : un mélange fortement concentré en éthanol peut dissoudre davantage d'eau avant de subir une séparation de phases qu'un E10. Cela ne supprime pas les risques de contamination, de corrosion ou de modification de la composition, mais interdit de conclure trop rapidement que l'E85 vieillit forcément plus vite que tous les autres carburants.
Pour l'E85, je resterais donc plus réservé sur les durées chiffrées. Une conservation d'un à deux ans dans d'excellentes conditions paraît envisageable, mais les données disponibles ne permettent pas de lui attribuer une durée de vie fiable, et sa formulation saisonnière peut aussi compliquer son utilisation ultérieure, notamment pour les démarrages à froid.
Il existe heureusement des travaux expérimentaux permettant de dépasser les simples recommandations commerciales. Dans une étude consacrée au vieillissement des carburants, publiée en 2015, des chercheurs ont notamment examiné l'évolution d'essences stockées pendant quatre ans dans des fûts en acier, avec des conditions météorologiques variables.
Les résultats sont intéressants parce qu'ils montrent un vieillissement très inégal selon les propriétés mesurées. Après quatre ans, certains paramètres comme la densité, la pression de vapeur et les caractéristiques de distillation n'avaient que faiblement évolué. En revanche, les indices d'octane, la teneur en gommes et la stabilité à l'oxydation avaient subi des modifications plus importantes.
Plus précisément, toutes les essences étudiées conservaient un indice d'octane RON conforme aux exigences considérées, mais une seule respectait encore l'exigence portant sur l'indice MON, qui mesure la résistance au cliquetis dans des conditions d'essai plus sévères.
Ces résultats sont particulièrement instructifs : après quatre ans, les essences n'avaient pas perdu toutes leurs propriétés, mais certaines n'étaient plus conformes aux exigences initiales.
Il ne faut pas non plus tirer de conclusions exagérées de cette étude, car les formulations étudiées ne correspondent pas nécessairement aux carburants E5 et E10 actuellement distribués en France. Elle ne démontre pas davantage que ces essences auraient pu alimenter sans problème n'importe quel moteur. Elle apporte néanmoins une confirmation scientifique à une idée assez logique : le vieillissement est progressif, plusieurs propriétés peuvent rester satisfaisantes pendant des années, et ce sont parfois certains paramètres bien précis qui finissent par devenir limitants.
Pour un moteur peu exigeant, on peut imaginer qu'un carburant ayant légèrement dérivé par rapport à ses spécifications d'origine reste exploitable. Pour un moteur moderne fortement suralimenté, qui fonctionne déjà avec des contraintes thermiques élevées, un indice d'octane insuffisant peut au contraire devenir problématique.
La notion de carburant encore utilisable dépend donc aussi de ce qu'on cherche à alimenter.
Le gazole présente un avantage important par rapport à l'essence : sa volatilité est beaucoup plus faible. Il est donc nettement moins exposé à la disparition de ses composants par évaporation, ce qui pourrait laisser penser qu'il se conserve naturellement plus longtemps.
Mais les gazoles modernes présentent un autre problème, lié à l'incorporation de biocarburants. Dans le gazole B7, on peut trouver jusqu'à 7% d'esters méthyliques d'acides gras, souvent désignés par les termes FAME ou EMAG. Le B10 peut en contenir jusqu'à 10%. Ces composants sont issus notamment d'huiles végétales ou de graisses transformées chimiquement, et certains présentent une sensibilité assez importante à l'oxydation.
Avec le temps, ils peuvent former des composés oxygénés, des acides et des dépôts susceptibles d'altérer le carburant. Le gazole est également exposé à la contamination biologique lorsque de l'eau se retrouve dans le réservoir. Des bactéries et des champignons peuvent alors se développer principalement à l'interface entre l'eau et le carburant, puis produire des boues qui risquent de colmater les filtres.
Cela explique pourquoi un gazole ne se conserve pas indéfiniment, malgré sa faible volatilité. Mais là aussi, les durées classiques de six mois ou un an sont loin de correspondre à une limite systématique.
Une étude publiée en 2022 par le Malaysian Palm Oil Board s'est intéressée à la conservation de gazoles B7 commerciaux pendant trois ans. Les résultats ont montré que les échantillons conservaient une bonne apparence et que plusieurs caractéristiques, notamment la viscosité, l'acidité, la densité et la teneur en eau, restaient dans les limites imposées par les spécifications malaisiennes applicables.
La résistance à l'oxydation avait cependant sensiblement diminué, ce qui indique que le carburant vieillissait réellement et disposait d'une réserve de stabilité plus faible. Les chercheurs estimaient néanmoins que le B7 pouvait être conservé pendant trois ans pour un usage industriel, à condition de respecter de bonnes conditions de stockage.
Il ne s'agit pas d'une garantie concernant tous les gazoles européens, mais c'est une démonstration expérimentale qu'un gazole contenant du biodiesel peut rester conforme sur certains paramètres après trois années de conservation.
Je considérerais donc qu'un B7 de deux ou trois ans peut parfaitement être encore exploitable s'il a été stocké dans une cuve propre, protégée de l'eau et correctement entretenue. Au-delà, quatre ou cinq ans restent possibles pour certains carburants, mais les incertitudes deviennent beaucoup plus grandes, notamment en matière de dépôts et de contamination.
Le problème est aussi que les moteurs diesels modernes disposent de systèmes d'injection particulièrement sensibles. Entre un ancien diesel agricole doté d'une injection mécanique relativement simple et un common rail récent fonctionnant à plus de 2000 bars, la tolérance aux impuretés n'a rien de comparable. Un carburant encore capable de brûler ne mérite pas nécessairement qu'on lui confie une pompe haute pression et des injecteurs qui peuvent coûter plusieurs milliers d'euros.
Il existe un autre type de gazole qui mérite une attention particulière, le HVO, également appelé gazole paraffinique ou XTL selon les familles de produits et les appellations commerciales.
Contrairement au biodiesel traditionnel de type FAME, le HVO est obtenu par un traitement à l'hydrogène qui permet de produire des hydrocarbures paraffiniques. Il ne possède donc pas les mêmes fonctions chimiques oxygénées sensibles au vieillissement que les esters de biodiesel, ce qui lui donne généralement une excellente stabilité.
Les données industrielles sont particulièrement intéressantes sur ce point. Le fabricant Neste indique notamment avoir observé une stabilité à l'oxydation de son gazole renouvelable sur des essais couvrant au moins quinze ans. Il s'agit d'un résultat concernant une formulation donnée, qu'on ne peut évidemment pas généraliser à tous les HVO disponibles sur le marché, mais cela montre qu'un carburant diesel correctement conçu peut présenter une longévité bien supérieure aux recommandations habituellement associées aux gazoles contenant du biodiesel.
Pour une installation de secours fonctionnant au gazole, le HVO pur peut donc constituer une solution intéressante lorsque le moteur est compatible. Il faut simplement vérifier sa disponibilité, les caractéristiques de tenue au froid et les indications du fournisseur, car un produit commercialisé sous l'appellation XTL ne possède pas nécessairement exactement la même formulation qu'un autre.
Pour les moteurs à essence, on trouve aussi des carburants dont la formulation privilégie la stabilité et la propreté de combustion. C'est notamment le cas des essences alkylates, vendues dans les magasins de motoculture pour les tronçonneuses, tondeuses, débroussailleuses et parfois les groupes électrogènes.
Ces essences contiennent des hydrocarbures sélectionnés et très peu de composés particulièrement sensibles à l'oxydation. Elles sont généralement exemptes d'éthanol et présentent une meilleure stabilité que les essences automobiles ordinaires, ce qui explique leur intérêt pour des machines utilisées de manière saisonnière.
Certains fabricants, notamment Aspen, annoncent jusqu'à cinq ans de conservation dans de bonnes conditions. Ce chiffre est intéressant, car il prouve qu'on ne parle pas d'une durée physiquement extraordinaire pour un carburant liquide. Il faut simplement que sa composition soit adaptée et que les conditions de stockage ne viennent pas gâcher ses propriétés.
Il existe cependant deux inconvénients. Le premier est son prix, nettement supérieur à celui du SP95 ou du SP98 de station-service. Le second est qu'il faut choisir un produit adapté à son moteur : une essence alkylate pour deux temps peut contenir de l'huile déjà mélangée, alors qu'un moteur quatre temps classique utilise normalement un carburant sans huile ajoutée.
Pour un groupe électrogène qui ne doit fonctionner qu'en cas de coupure de courant, l'essence alkylate peut donc être une solution assez pertinente. Sur un appareil qui consomme plusieurs litres à l'heure et que l'on utilise régulièrement, son coût devient toutefois beaucoup moins intéressant.
C'est sans doute la question la plus intéressante de ce dossier, car elle permet de distinguer ce qui relève de la dégradation réelle du carburant et ce qui relève des marges de précaution.
Prenons une essence conservée cinq ans dans un jerricane métallique de bonne qualité, avec un joint parfaitement étanche et une température de stockage relativement stable. À moins qu'elle ait subi une contamination ou des réactions chimiques particulièrement importantes, il est très probable qu'elle contienne encore une grande quantité d'hydrocarbures capables de brûler. Ces molécules ne deviennent pas soudainement incombustibles sous prétexte qu'elles ont passé plusieurs années dans un récipient.
Mais un moteur thermique ne demande pas uniquement un produit capable de dégager de la chaleur. Il lui faut un carburant qui se vaporise convenablement, résiste suffisamment au cliquetis, ne laisse pas trop de dépôts et puisse circuler correctement dans le système d'alimentation. C'est sur ces critères que le vieillissement finit par devenir gênant.
À deux ou trois ans, je ne serais donc pas particulièrement surpris qu'une essence conservée dans de très bonnes conditions fasse encore fonctionner normalement un petit moteur thermique. À cinq ans, cela reste envisageable, mais on ne peut plus compter sur ses caractéristiques d'origine sans vérification. À dix ans, il me paraît raisonnable d'admettre que certaines essences pourraient encore être combustibles, tout en reconnaissant qu'il serait hasardeux de les verser directement dans un moteur sans analyse.
L'autre erreur serait d'imaginer que l'absence de problème immédiatement visible prouve que le carburant n'a subi aucune dégradation. Un moteur peut continuer à fonctionner malgré une légère perte d'indice d'octane, une modification de volatilité ou un début de formation de dépôts. Cela ne signifie pas que le carburant est aussi bon qu'au premier jour.
En théorie, mélanger un carburant légèrement dégradé avec du carburant neuf permet de modifier les caractéristiques moyennes du mélange. Si une propriété s'est modérément écartée de sa valeur initiale, il est donc possible que la dilution améliore le résultat final.
Mais il ne faut pas croire que cette opération constitue une réparation chimique. Les produits d'oxydation, les résidus, l'eau ou les particules ne disparaissent pas parce qu'on ajoute de l'essence neuve. Certains contaminants peuvent simplement se retrouver moins concentrés, sans que l'on sache si le mélange obtenu convient réellement au moteur.
Le raisonnement peut donc avoir un intérêt pour un carburant ancien dont la qualité a été vérifiée, mais pas pour une essence manifestement contaminée ou dont les caractéristiques sont inconnues. Si le carburant présente une séparation de phases, des dépôts importants ou de l'eau visible, le mélanger à du neuf ne constitue pas une solution sérieuse.
La qualité du récipient joue probablement un rôle aussi important que la nature du carburant lorsque l'on parle de plusieurs années de stockage.
Un jerricane métallique conçu pour les hydrocarbures offre généralement une excellente barrière aux vapeurs. Il protège également le carburant de la lumière et peut limiter les pertes progressives de composants volatils, à condition que son bouchon et son joint soient en bon état. Son principal point faible est la corrosion : si de l'eau pénètre dans le récipient, elle peut finir par provoquer de la rouille, qui se retrouvera ensuite dans le carburant.
Les jerricanes plastiques spécialement conçus pour les carburants peuvent également convenir, notamment ceux fabriqués en polyéthylène haute densité adapté à cet usage. Ils ne rouillent pas et sont plus légers, mais certains matériaux sont légèrement perméables aux hydrocarbures. Sur une longue période, de petites quantités de vapeurs peuvent traverser les parois, même si le bouchon est correctement fermé. Un jerricane plastique homologué n'est donc pas nécessairement mauvais, mais il faut éviter d'assimiler tous les bidons à des contenants présentant la même étanchéité.
Pour une conservation de plusieurs années, je privilégierais personnellement un récipient de qualité spécifiquement prévu pour le carburant concerné, plutôt qu'un bidon de récupération. Il vaut mieux aussi ne pas multiplier les ouvertures inutiles, puisque celles-ci favorisent les échanges avec l'air extérieur.
Il existe un autre phénomène physique à prendre en compte : l'essence possède une pression de vapeur relativement élevée, ce qui signifie qu'une partie du liquide cherche naturellement à passer à l'état gazeux, même à température ambiante.
Dans un récipient fermé, les vapeurs d'essence et l'air éventuellement présent au-dessus du liquide exercent une pression. Lorsque la température augmente, la pression de vapeur augmente également, tandis que l'air se dilate et que le volume du carburant liquide progresse légèrement. On peut alors observer une déformation du récipient si celui-ci n'est pas suffisamment rigide ou s'il n'a pas été conçu pour supporter ces variations.
Il ne faudrait donc surtout pas remplir un jerricane jusqu'au bouchon en pensant améliorer la conservation en supprimant la totalité de l'air. Un volume libre doit être conservé pour permettre la dilatation, selon les indications du fabricant.
À l'inverse, il ne faut pas improviser une mise à l'air permanente pour empêcher la pression de monter, car on favoriserait ainsi les émissions de vapeurs inflammables et la perte des fractions légères de l'essence. Certains contenants possèdent des dispositifs de gestion de pression prévus par leur fabricant, mais ce n'est pas une raison pour bricoler un évent sur un jerricane ordinaire.
L'essence présente aussi une particularité qui la rend nettement plus dangereuse que le gazole en cas de fuite : elle produit facilement des vapeurs inflammables à température ambiante. Ces vapeurs, plus lourdes que l'air dans de nombreuses conditions, peuvent s'accumuler dans des zones basses ou insuffisamment ventilées. Il ne faut donc pas sous-estimer les conséquences d'un mauvais stockage, même avec une quantité de carburant relativement limitée.
Une cuve peut permettre de conserver plusieurs centaines ou milliers de litres de carburant, mais son fonctionnement est très différent de celui d'un jerricane étanche. Une cuve atmosphérique possède généralement une ventilation adaptée à sa conception, destinée notamment à éviter les surpressions ou les dépressions pendant les variations de température et les opérations de remplissage ou de soutirage.
Ces échanges peuvent introduire de l'humidité, tandis que l'eau éventuellement présente au fond favorise la corrosion et, pour le gazole, le développement de micro-organismes. Les réservoirs de grande capacité nécessitent donc une gestion plus attentive de la contamination, parfois avec des contrôles de qualité, des purges et des opérations de filtration.
Une cuve destinée au fioul ou au gazole ne peut pas non plus être utilisée automatiquement pour stocker de l'essence. Les contraintes liées aux vapeurs inflammables sont nettement plus importantes, et les équipements doivent être spécifiquement adaptés.
Le stockage en grande quantité peut donc être techniquement intéressant, mais il exige une installation conçue pour cet usage et conforme à la réglementation. Ce n'est pas simplement une question de trouver une vieille cuve et de la remplir.
En réunissant les différents phénomènes que nous venons de décrire, plusieurs facteurs ressortent. Le premier est la température : plus elle est élevée, plus les réactions chimiques de vieillissement ont tendance à s'accélérer. Un carburant conservé dans un endroit frais et relativement stable vieillira généralement moins vite que le même produit exposé à des températures élevées pendant tout l'été.
Le deuxième est la qualité de l'étanchéité. Pour un jerricane, un contenant conçu pour le carburant, fermé conformément aux indications du fabricant, limite les pertes de produits volatils et l'arrivée d'humidité. Cela ne signifie pas qu'il faut supprimer tout espace libre ou modifier les dispositifs de sécurité du récipient.
Enfin, il faut éviter les contaminations. Un carburant propre versé dans un contenant propre possède évidemment de meilleures chances de se conserver correctement qu'un mélange stocké dans un bidon ayant déjà contenu d'autres produits. Le contact prolongé avec de l'eau, les impuretés et certains métaux peut accélérer différents phénomènes de dégradation.
Un stabilisateur de carburant peut également présenter un intérêt. Ces additifs contiennent notamment des substances qui ralentissent certaines réactions d'oxydation et limitent la formation de dépôts. Ils ne rendent pas l'essence éternelle, ne compensent pas un contenant mal fermé et ne permettent pas de récupérer miraculeusement un carburant déjà très dégradé, mais ils peuvent améliorer sa conservation lorsqu'ils sont utilisés dès le départ, conformément aux indications du fabricant.
Il faut également comprendre qu'un carburant commercialisé en été et un carburant commercialisé en hiver ne possèdent pas toujours exactement les mêmes caractéristiques de volatilité. Une essence conservée longtemps peut donc présenter un comportement différent de celui du carburant frais distribué à la saison où elle sera finalement utilisée, même si elle a relativement peu vieilli.
Le groupe électrogène de secours illustre parfaitement les difficultés posées par le stockage du carburant. On peut acheter un appareil pour faire fonctionner quelques équipements pendant une coupure de courant, puis le laisser inutilisé durant plusieurs années. Et lorsqu'une panne électrique finit par survenir, on découvre parfois que le moteur refuse de démarrer.
Ce n'est pas nécessairement parce que toute l'essence a perdu sa capacité à brûler. Sur les petits moteurs à carburateur, la cuve est souvent ventilée et ne contient qu'un faible volume de carburant. Avec le temps, celui-ci peut s'évaporer en laissant des résidus qui finissent par perturber les gicleurs. Quelques millilitres d'essence abandonnés dans un carburateur peuvent donc poser davantage de problèmes que dix litres conservés dans un jerricane de qualité.
Pour un groupe électrogène de secours, je trouve donc plus cohérent de séparer la question de la réserve de carburant de celle de l'entretien du moteur. On peut parfaitement tester un groupe neuf, s'assurer qu'il fournit correctement de l'électricité, puis le préparer à une immobilisation prolongée selon les instructions du fabricant, notamment en vidangeant le circuit de carburant lorsque cette procédure est prévue.
Le faire fonctionner régulièrement permet aussi de vérifier son état, mais cela ne suffit pas si l'on conserve indéfiniment la même essence dans le réservoir. Par ailleurs, un essai sérieux doit permettre de vérifier la production électrique, idéalement sous une charge adaptée, et pas simplement de faire tourner le moteur au ralenti pendant deux minutes.
Pour une réserve rarement utilisée, une essence E5 bien conservée peut être un compromis économique. Une essence alkylate est plus coûteuse, mais son intérêt augmente à mesure que l'on cherche à espacer les renouvellements. Dans tous les cas, un groupe thermique doit fonctionner à l'extérieur, suffisamment loin des ouvertures du bâtiment : les risques liés au monoxyde de carbone n'ont rien à voir avec l'âge du carburant.
Il existe quelques indices permettant de soupçonner une dégradation avancée. Une essence très ancienne peut devenir plus foncée, présenter une odeur inhabituelle ou laisser apparaître des dépôts. Un gazole contaminé peut contenir des particules, des boues ou une phase aqueuse au fond du récipient.
Mais ces signes ne suffisent pas à déterminer la qualité du carburant. Une essence apparemment parfaitement limpide peut avoir perdu une partie de son indice d'octane ou présenter une volatilité différente de celle prévue à l'origine. À l'inverse, un léger changement de couleur ne prouve pas nécessairement qu'elle est devenue inutilisable.
La vraie difficulté vient du fait que certaines propriétés ne peuvent être mesurées correctement qu'en laboratoire. Les normes relatives aux carburants imposent des essais précis pour déterminer leur stabilité à l'oxydation, leur volatilité, leur indice d'octane ou encore leur teneur en eau. Un simple examen visuel ne permet pas d'obtenir toutes ces informations.
Pour plusieurs milliers de litres conservés en cuve, une analyse peut donc être économiquement justifiée. Pour un jerricane de dix litres, elle coûterait probablement davantage que le carburant lui-même.
Il faut enfin rappeler qu'un essai consistant à enflammer une petite quantité d'essence ne permettrait pas de juger sa qualité pour un moteur. Une essence dégradée peut rester extrêmement inflammable, tout en ayant perdu certaines caractéristiques nécessaires à son bon fonctionnement.
Un point mérite d'être précisé, car la réglementation française est plus restrictive qu'on pourrait le penser, notamment lorsqu'il s'agit de conserver de l'essence dans une habitation ou son garage.
Depuis le 1er octobre 2023, l'article R1331-38 du Code de la santé publique prévoit que les dépôts de liquides inflammables sont interdits dans les locaux d'habitation et leurs dépendances, garages compris. Il autorise toutefois des réserves destinées à l'usage domestique, dans la limite totale de 20 litres, à condition qu'elles soient conservées dans des récipients parfaitement étanches, dans des pièces ne comportant aucun foyer ni appareil de chauffage ou d'éclairage à flamme nue.
On peut donc conserver une petite réserve d'essence pour sa tondeuse ou son groupe électrogène, mais il serait faux d'en conclure qu'un particulier peut librement entreposer plusieurs centaines de litres dans son garage. La limite des 20 litres doit être prise en compte pour les liquides inflammables concernés par cette disposition.
Il existe par ailleurs des réglementations particulières pour les installations de stockage de gazole et de fioul, notamment l'arrêté du 1er juillet 2004, qui prévoit des règles dépendant du volume, du type de réservoir et de son emplacement. Ce texte concerne ces produits pétroliers précis et ne constitue pas une autorisation générale de stocker de l'essence dans une cuve domestique. Les règles applicables à une installation doivent être examinées dans leur ensemble, notamment lorsque plusieurs dispositions réglementaires se cumulent.
La confusion vient également des règles de transport. L'ADR, qui encadre le transport des marchandises dangereuses, prévoit une exemption pour certains transports de liquides inflammables réalisés par des particuliers pour leur usage personnel, avec des limites de 60 litres par récipient et 240 litres par unité de transport. Mais ces chiffres concernent une exemption de transport routier, et non une quantité que l'on serait automatiquement autorisé à stocker chez soi.
Des arrêtés préfectoraux peuvent aussi imposer des restrictions temporaires sur l'achat ou le remplissage de jerricanes, notamment pendant les périodes de difficultés d'approvisionnement.
Bref, la possession de carburant en réserve n'est pas systématiquement illégale, mais le stockage domestique est réglementé, avec des restrictions qui deviennent rapidement importantes lorsqu'on dépasse les petits volumes usuels. Pour une cuve extérieure ou une installation de grande capacité, il faut examiner les règles propres à l'installation envisagée, sans supposer qu'un emplacement situé sur un terrain privé échappe automatiquement aux obligations.
Je trouve excessif de considérer qu'un carburant devient inutilisable dès qu'il dépasse les six mois ou l'année de conservation souvent recommandés. Les hydrocarbures ne possèdent pas de date de péremption magique, et plusieurs travaux montrent que les propriétés des carburants peuvent évoluer sur des périodes de plusieurs années sans que le mélange perde immédiatement toutes ses caractéristiques.
Il faut cependant reconnaître que le vieillissement n'est pas qu'une affaire de combustion. Le carburant peut encore brûler tout en ayant perdu une partie de sa volatilité, de sa stabilité ou de son indice d'octane, avec des conséquences qui dépendront fortement du moteur utilisé. On ne peut donc pas assimiler une légère dérive des caractéristiques à une destruction complète du produit, mais on ne peut pas non plus supposer que toutes ces modifications sont sans importance.
Pour ma part, je ne considérerais pas une essence de deux ou trois ans comme systématiquement bonne à jeter, surtout si elle a été conservée dans un jerricane de qualité, dans un endroit frais et sans contamination. À quatre ou cinq ans, je resterais ouvert à la possibilité qu'elle fonctionne encore, tout en reconnaissant que les risques augmentent suffisamment pour ne pas recommander son utilisation sans vérification. Et à dix ans, il faudrait vraiment des conditions favorables et des analyses pour envisager sérieusement de l'utiliser dans un moteur.
Le gazole peut également dépasser les durées habituellement conseillées, comme le montrent les essais menés sur du B7 pendant trois ans. Les carburants spécialement formulés pour le stockage, qu'il s'agisse des essences alkylates ou de certains gazoles paraffiniques, vont encore plus loin en matière de stabilité.
Je retiendrais finalement une chose : la durée de conservation d'un carburant dépend beaucoup plus de sa composition, de son contenant et des conditions de stockage que d'une date fixée arbitrairement à six ou douze mois. Il est donc parfaitement raisonnable de remettre en question les recommandations les plus courtes, à condition de ne pas tomber dans l'excès inverse en croyant qu'un carburant peut vieillir indéfiniment sans aucune conséquence.
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