
Sur le papier, la LOA et la LLD se ressemblent beaucoup. Un loyer mensuel, une durée définie, un kilométrage à respecter, puis une restitution en fin de contrat. Pourtant, dès qu'il s'agit d'une voiture électrique, la question devient plus complexe. Les règles ne sont plus tout à fait les mêmes que pour un modèle thermique, et les erreurs de choix peuvent coûter cher.
La raison est simple : une voiture électrique ne vieillit pas comme une thermique (surtout dans la tête des gens, car le prix est avant tout psychologique : confrontation entre offre et demande qui s'éloigne parfois des aspects rationnels).
Le principal point faible d'une voiture électrique n'est pas son moteur, ni même forcément sa batterie à court terme. C'est surtout sa valeur future. Le marché évolue vite, très vite. Autonomie en hausse, recharge plus rapide, nouvelles chimies de batteries, meilleurs rendements. Un modèle qui paraît moderne aujourd'hui peut sembler déjà dépassé quelques années plus tard. Enfin c'est davantage dans l'imaginaire car en réalité l'évolution est très lente, et les voitures électriques d'il y a 5 ans sont très comparables aux actuelles (je suis plutôt bien placé pour le confirmer, étudiant continuellement les spécifications techniques). Mais même si je proteste contre cette idée, elle est tout de même considérée comme telle dans le calcul des LOA et LLD par les marques (car les gens estimant l'obsolescence rapide, dénigrent plus facilement les VE de plus de 3 ans)
Cette évolution (théorique) rapide crée une incertitude forte sur la valeur de revente. Là où un thermique suit une courbe de décote relativement prévisible, l'électrique peut décrocher brutalement. Et c'est précisément ce risque que les différents modes de financement répartissent de manière très différente.
Pour une voiture électrique neuve, la LLD est dans beaucoup de cas la solution la plus rationnelle. Non pas parce qu'elle est la moins chère sur le papier, mais parce qu'elle protège contre l'inconnue principale : la valeur du véhicule dans trois ou quatre ans.
En LLD, la valeur de fin de contrat est fixée dès le départ. Vous n'avez pas à vous demander si le modèle sera encore désirable ou obsolète (image erronée qu'ont les gens des VE de plus de 3 ans mais qui influe véritablement sur le prix), ni à quel prix il pourra être revendu. Vous utilisez la voiture, vous la rendez, et le risque lié à l'évolution du marché n'est pas pour vous.
Malgré ces contraintes, la LLD reste souvent un bon compromis pour limiter les risques sur une électrique neuve.
La LOA peut sembler attractive parce qu'elle laisse entrevoir la possibilité de conserver la voiture en fin de contrat. Mais sur une voiture électrique, cette option est rarement (pour ne pas dire jamais) intéressante dans les faits.
L'option d'achat est généralement fixée à un niveau élevé (même chose sur les thermiques, mais ici le phénomène est encore plus accentué). Elle permet de rendre le loyer mensuel plus acceptable, mais elle correspond rarement à la valeur réelle du véhicule sur le marché à ce moment-là. Si vous souhaitez garder la voiture, vous risquez donc de payer trop cher un modèle qui a déjà subi une décote importante.
Dans la majorité des cas, la LOA se termine par une restitution (80% toutes motorisations confondues), comme une LLD, avec les mêmes contraintes de kilométrage et d'état du véhicule. La différence, c'est surtout l'illusion du choix.
La LOA peut rester pertinente dans quelques cas bien précis, mais sur l'électrique neuve, elle est en général un mauvais calcul.
Sans prétendre qu'il s'agit d'une vérité absolue, on peut résumer la logique de manière assez simple :
Sur une voiture électrique, le choix entre LOA et LLD ne se résume pas à comparer des loyers. Il s'agit surtout de savoir qui assume le risque lié à la valeur future du véhicule.
La LLD permet de transférer ce risque au constructeur ou au loueur. La LOA, elle, donne l'impression de laisser une porte ouverte, mais cette porte débouche rarement sur une bonne affaire.
Dans un marché encore jeune et instable, la solution la plus rationnelle n'est pas toujours la plus séduisante. C'est souvent celle qui limite le plus les mauvaises surprises, même si elle laisse un léger goût d'inachevé à la fin du contrat.
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