Quand certains influenceurs (youtube, Facebook ...) se fichent vraiment de vous

Dernière modification : 11/05/2026 -  0

Les réseaux sociaux ont donné une belle tribune à des passionnés d'auto, et c'est plutôt une bonne chose. On y trouve des gens sincères, des essais intéressants, des avis de terrain, des bricolages improbables, des coups de gueule utiles, bref un joyeux bazar souvent plus vivant que les médias traditionnels.

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Mais forcément, quand il y a de l'audience, il y a aussi de l'argent. Et quand il y a de l'argent, certains commencent à regarder le public comme un banc de sardines prêt à foncer dans le filet. Titres énormes, fausses images, vidéos alarmistes, partenariats qui sentent un peu trop la boutique, tout cela finit par donner une impression assez moyenne.

Le but de cet article n'est pas de jouer au procureur de YouTube, car je n'ai ni la robe, ni le marteau, ni l'envie de finir en recommandé avec accusé de réception. Il s'agit plutôt de pointer des pratiques qui me semblent discutables, parfois amusantes tellement elles sont grosses, parfois plus gênantes quand elles trompent vraiment le public.

Cette liste pourra donc évoluer avec le temps. Vous pouvez aussi proposer vos exemples dans les commentaires, si possible avec des faits précis. Pas besoin de venir hurler que tel ou tel est Satan avec une GoPro, il suffit d'expliquer ce qui vous paraît douteux.

Ecki, ou l'art de dramatiser au point de changer les faits


La chaîne Ecki illustre assez bien cette mécanique du clic qui me fatigue de plus en plus. Il ne s'agit pas forcément d'inventer une information à partir de rien, ce qui serait encore autre chose. Le procédé est plus subtil, et c'est peut-être justement pour cela qu'il fonctionne. On prend une information réelle, souvent un rappel constructeur trouvé sur le site officiel européen qui recense les rappels liés à la sécurité, puis on la gonfle jusqu'à lui donner une importance qu'elle n'a pas forcément.

Le problème vient du choix et de l'emballage. Des rappels constructeurs, il y en a des centaines, sur toutes les marques, pour des causes très variées. Certains sont sérieux, d'autres beaucoup plus bénins, et beaucoup passent totalement inaperçus pour les clients tant ils relèvent d'une procédure administrative ou technique assez classique. Chez Ecki, on a pourtant parfois l'impression qu'un rappel pris un peu au hasard au milieu de cette masse devient soudainement une affaire énorme, presque un scandale industriel.

Un petit souci identifié sur un véhicule, parfois très limité, peut alors être présenté comme si les clients venaient de découvrir une trahison majeure. Le titre, la miniature, le ton employé, tout semble fait pour laisser penser que l'affaire est brûlante, que la marque est prise la main dans le sac, que les propriétaires sont furieux ou qu'ils se sont fait avoir. Alors que, dans bien des cas, on parle simplement d'un rappel officiel parmi beaucoup d'autres, parfois tellement discret que les propriétaires concernés n'en ont même pas conscience avant de recevoir une notification.

C'est cela qui me gêne le plus. Parler des rappels constructeurs est utile, et même nécessaire. Mais encore faut-il hiérarchiser les faits. Un rappel sur un risque réellement grave ne doit pas être traité de la même manière qu'un rappel mineur noyé dans la routine administrative des constructeurs. Si tout devient énorme, alors plus rien ne l'est vraiment. On ne rend pas service au public, on l'habitue juste à paniquer devant chaque micro-signal.

Le fond anti-voiture électrique qui ressort souvent de ses contenus vient encore accentuer cette impression. Critiquer l'électrique, oui, évidemment. Il y a beaucoup à dire sur les prix, la recharge, les batteries, le poids ou les discours parfois bien trop optimistes des marques. Mais quand chaque rappel ou petit défaut semble devenir une nouvelle preuve que l'électrique serait une vaste entourloupe, on sent bien que l'analyse est partie se promener sans son gilet jaune.

Le plus étonnant reste la fidélité de l'audience. Normalement, quand on clique plusieurs fois sur une vidéo en pensant tomber sur un gros scandale, puis qu'on découvre au final un rappel assez banal emballé comme un épisode de catastrophe nucléaire, on finit par se méfier. Mais non, ça revient. Et cela me rappelle une vieille histoire personnelle. Plus jeune, avec mon père, on pêchait des gobies en Méditerranée. Ces poissons étaient tellement peu méfiants qu'on pouvait attraper plusieurs fois le même, le remettre à l'eau, puis le reprendre un peu après. On riait de cette naïveté, mais elle les rendait presque attachants. Devant certaines audiences qui remordent au même hameçon vidéo après vidéo, je repense parfois à ces gobies.

Le plus drôle, c'est qu'à force d'être énorme, le procédé finit presque par devenir divertissant. Il m'arrive de regarder certaines vidéos juste pour voir comment un simple rappel officiel va être transformé en feuilleton sulfureux. On part d'une ligne dans une base européenne de rappels, et quelques minutes plus tard on a l'impression que toute l'industrie automobile vient d'être prise en flagrant délit de trahison. C'est presque un art, mais pas forcément celui de bien informer.

Le reproche est donc assez simple. Quand un créateur prend un rappel constructeur bénin, le sort de son contexte, lui donne un habillage dramatique et laisse croire qu'il s'agit d'un problème majeur ou scandaleux, il ne fait pas vraiment de pédagogie. Il fabrique surtout du clic, de la tension et de la méfiance. Pour rire, pourquoi pas. Pour s'informer sérieusement, mieux vaut garder une bonne distance.

Les Pilotes du Dimanche : vendre ce qui existe gratuitement ailleurs !


Je vais aussi citer Les Pilotes du Dimanche, car l'exemple m'a personnellement assez stupéfait. En octobre 2024, lors du salon de Paris, j'ai découvert un peu par hasard que Baptiste proposait des fiches fiabilité payantes sur son site. Jusque-là, pourquoi pas, chacun tente de faire vivre son travail. Sauf qu'en regardant de plus près, j'ai eu la très nette impression que ces fiches reprenaient largement ce que l'on trouvait déjà gratuitement sur Fiches-auto.fr et Caradisiac, sachant au passage que Caradisiac s'est lui-même souvent beaucoup nourri de Fiches-auto sur ce genre de sujets (ça me parait vraiment évident d'après ce que j'ai pu voir). Le plus gênant, c'est que la fiche exemple que j'ai pu consulter ressemblait fortement (pour ne pas dire plus ...) à une fiche fiabilité Caradisiac (c'était même, il me semble, une banale réécriture faite par IA, tout était pareil, même l'ordre des idées était respectés). Si ce que j'ai vu est représentatif du reste, on n'est plus vraiment dans l'inspiration, mais dans une compilation payante de contenus déjà disponibles gratuitement, avec un parfum de plagiat assez prononcé. Après, si certains veulent payer cher ce qu'ils peuvent trouver librement sur Internet, grand bien leur fasse, et tant mieux pour Baptiste. Mais d'un point de vue moral, je trouve la ficelle franchement grosse.

Dashcam France et Camroute France : faire du vrai avec du faux

Autre cas assez savoureux, certaines pages Facebook comme Dashcam France ou Camroute France semblent beaucoup jouer avec des images générées par intelligence artificielle. Le scénario revient souvent avec une régularité presque industrielle. Des gendarmes, une voiture, une infraction, une situation très "France des ronds-points", et une image qui semble sortie d'un générateur IA bien nourri aux faits divers routiers.


Avec du bon sens vous pourrez vite déceler les fausses images. ici par exemple, quand on est assis par terre c'est qu'on vient de tomber. Mais les pompiers sont déjà en train d'arriver. Bref, l'image est trop parfaite pour exister : homme par terre, gendarmes bien en évidence, pompiers qui arrivent ... Personnellement, je me fie aussi à d'autres signaux pour les détecter, des signaux plus techniques en rapport avec l'image

Le souci n'est pas d'utiliser l'IA. Après tout, on peut très bien créer des images humoristiques, illustrer une scène ou fabriquer une petite fiction. Mais encore faut-il le dire. Là, beaucoup de publications donnent plutôt l'impression de vouloir se faire passer pour du réel. On va même parfois jusqu'à flouter des plaques qui sont déjà fausses, ce qui est assez magnifique dans le genre théâtre de boulevard numérique.

Ce petit floutage est presque un aveu artistique. La plaque n'existe pas, la scène n'existe probablement pas, la photo n'est pas une photo, mais on floute quand même pour donner une odeur de vrai. C'est un peu comme mettre de la farine sur une perruque pour faire croire qu'on sort d'une boulangerie.

Plusieurs internautes ont aussi le sentiment que les commentaires mentionnant l'IA ne restent pas toujours visibles. Je le dis avec prudence, car il est difficile de vérifier ce genre de chose proprement depuis l'extérieur. Mais si c'est exact, ce serait quand même assez révélateur. Car une image IA assumée, ce n'est pas le même produit qu'une image IA qui joue à cache-cache derrière un faux réalisme.

Et malheureusement, beaucoup tombent dans le panneau. On voit des commentaires indignés, des gens qui discutent de l'infraction, de la sanction, du comportement du conducteur, alors que tout semble partir d'une scène fabriquée. Les réseaux sociaux ont cette capacité magique à transformer une image douteuse en vérité collective, surtout quand elle confirme ce que les gens ont déjà envie de croire.

Là encore, le gobie n'est jamais très loin. On remet le même appât à l'eau, avec une fausse scène, deux gendarmes, une histoire bien énervante, et ça mord. C'est triste, mais c'est aussi très instructif sur le niveau de vigilance d'une partie du public. Certains médias sociaux ont bien compris qu'il y avait une rente à exploiter la naïveté, surtout chez ceux qui regardent vite, lisent peu et commentent beaucoup.

Ce type de pratique me semble donc franchement discutable. Quand une page publie du faux en laissant croire au vrai, même pour faire rire ou faire réagir, elle abîme un peu plus la confiance générale. Et on n'avait déjà pas besoin de ça, le carburant de la bêtise étant déjà vendu sans plomb depuis longtemps.

tesla Geek : VRP ou Youtuber ?


Tesla Geek est un cas plus léger, et je ne veux pas le mettre dans le même sac que les contenus trompeurs. Je n'ai rien contre lui, et je l'aime même plutôt bien quand il intervient dans le podcast de la Chaîne EV. Il a souvent une présence agréable, il connaît son sujet, et il n'a pas l'air d'être quelqu'un de désagréable.

Mais sur ses contenus, on a parfois l'impression que la passion Tesla passe assez vite par le rayon accessoires. Supports, gadgets, protections, câbles, rangements, objets plus ou moins utiles, liens Amazon et compagnie. A force, on ne sait plus toujours si on regarde un passionné qui conseille un produit ou un vendeur qui a trouvé un excellent décor avec quatre roues et un écran central.

Encore une fois, gagner de l'argent avec son travail n'a rien de honteux. Je serais mal placé pour dire le contraire. Mais quand l'affiliation prend trop de place, la confiance se grippe un peu. Le spectateur peut se demander si le produit est vraiment conseillé parce qu'il vaut le coup, ou parce qu'il rapporte quelques euros au passage.


Le problème n'est donc pas la vente en elle-même. Le problème, c'est la dose. Un peu d'affiliation, pourquoi pas. Une chaîne qui finit par ressembler à un catalogue Norauto pour Tesla, c'est déjà plus délicat. A un moment, il faut savoir ranger le terminal de paiement et revenir à la voiture.

Je ne dis pas qu'il manque de déontologie, car ce serait trop dur et je n'ai pas les éléments pour l'affirmer. Mais je trouve que ses intérêts commerciaux paraissent parfois tellement visibles qu'ils posent une question légitime. Quand on influence, on doit faire attention à ne pas devenir uniquement un vendeur avec une caméra.

100Bornes : conflits d'intérêts persistants ?


100Bornes est un cas que je traite avec prudence, car au fond je les apprécie plutôt. Leur contenu est accessible, leur énergie est réelle, et ils ont sans doute aidé pas mal de gens à mieux comprendre la voiture électrique. Ce ne sont donc pas des ennemis publics, loin de là. On ne va pas sortir la fourche et la torche pour un essai un peu trop souriant.

Mais plusieurs internautes m'ont fait remonter des critiques assez proches. Le reproche revient souvent autour du même point, à savoir une impression de mélange entre avis personnel, relation avec les marques, intérêts de chaîne et jugement produit. Certains essais peuvent donner le sentiment d'être très arrondis, très gentils, presque trop propres sur eux.

Quand une voiture a des défauts visibles mais que la critique reste molle comme un siège de monospace fatigué, le public finit par se poser des questions. Est-ce que le produit est vraiment aussi bon ? Est-ce que la chaîne veut rester dans les petits papiers des marques ? Est-ce que l'essai est libre ou un peu trop cadré ? Je ne peux pas répondre à leur place, mais je comprends que certains spectateurs puissent tiquer.

Je ne dis pas que leurs essais sont achetés ou malhonnêtes. Ce serait excessif, et je n'ai pas de preuve de cela. En revanche, je peux dire que l'impression laissée par certains contenus peut donner envie de chercher un deuxième avis. Et dans l'automobile, c'est souvent bon signe de croiser les sources, surtout quand une voiture est présentée avec un enthousiasme qui semble avoir été lavé avec un adoucissant premium.

Le problème des influenceurs auto vient souvent de là. Plus ils grandissent, plus ils dépendent des prêts presse, des invitations, des événements, des contacts avec les marques et parfois de partenariats directs ou indirects. Ce n'est pas forcément sale. Mais cela demande une transparence béton, car le public n'est pas idiot non plus. Enfin, pas toujours. Disons qu'il y a des gobies et des poissons plus prudents.

Je n'aurais probablement pas cité 100Bornes si les remarques n'étaient pas revenues plusieurs fois chez mes lecteurs. Je les garde donc dans une catégorie à part, avec un reproche plus doux. On peut aimer leur travail tout en souhaitant plus de recul, plus de critique et un peu moins de parfum marketing dans certains essais.

Une liste qui pourra évoluer

Cette page pourra être enrichie au fil du temps. Il ne s'agit pas de faire une chasse aux sorcières, ni de distribuer des baffes numériques au hasard. L'idée est plutôt de repérer les méthodes qui finissent par salir l'information automobile, qu'il s'agisse de titres catastrophistes, de fausses images, de pubs déguisées ou d'essais trop gentils pour être vraiment rassurants.

Il faut aussi garder un peu de mesure. Un mauvais titre ne fait pas de quelqu'un un escroc. Un lien Amazon ne transforme pas automatiquement un YouTuber en marchand de tapis. Un essai trop positif ne prouve pas qu'une marque a sorti le chéquier. Mais quand les mêmes ficelles reviennent encore et encore, il devient normal d'en parler.

Les créateurs ont gagné beaucoup de liberté grâce aux réseaux sociaux. Tant mieux. Mais avec l'audience vient aussi une petite responsabilité. Quand on parle à des milliers de personnes, on ne peut pas toujours se cacher derrière le divertissement, surtout si le contenu donne au public une vision déformée de la réalité.

Si vous avez d'autres exemples, vous pouvez les proposer dans les commentaires. Le plus utile sera de citer des cas précis, avec des titres exagérés, des images douteuses, des partenariats flous ou des essais qui sentent un peu trop le dossier de presse recraché à température ambiante. On fera le tri calmement, sans sortir la guillotine, mais sans non plus avaler tous les hameçons comme nos bons vieux gobies.

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